– Faith, arrête d’accélérer, j’ai l’impression que mon cœur et mes poumons vont exploser.
– Je cours toujours à la même vitesse, c’est vous qui n’arrêtez pas de ralentir !
– Billy, tu t’en sors ?
– Je… Je vais mourir ! On peut faire faire une pause Madame ?
– Non. Hors de question que je finisse dans une cellule de régime parce que je me trimballe deux boulets.
– Facile à dire quand on peut faire des chutes de plusieurs mètres sans aucun dommage, et que sa vitalité remonte automatiquement.
– Un problème Blue, je peux toujours vous planter là vous savez ?
– Tu bluffes Martoni, tu bluffes !
– Ok, je me tire.
– Non, attends !
– Pourquoi faire ? C’est de toute façon mission impossible pour vous, au prochain immeuble, vous devrez réaliser un saut d’au moins 6 mètres. C’est foutu. Regardez-moi faire et tentez votre chance si vous êtes suicidaires. 3… 2… 1… et Tadam.
– Co… Comment elle peut faire ça Blue ?
– Son code informatique est particulièrement puissant, et surtout terriblement efficace. Elle a été créée pour se déplacer en milieu urbain.


Le studio DICE, créé en 1992, a passé dix ans à faire des jeux de Pinball avant de se dire qu’il serait bien d’enfin faire quelque chose, a créé la licence Battlefield en 2002, et a ensuite capitalisé sur cette dernière autant que faire se peut tout en essayant tant bien que mal de ne pas se noyer face à un Call of Duty rameutant de plus en plus de joueurs. Et il faut dire que le développeur ne s’en est pas si mal sorti, en tout cas qualitativement, proposant chaque année sous le sapin des jeux alternant entre le très correct et le très bon –ce qui est une prouesse avec un système créatif si industrialisé-. En 2005, EA, aussi appelé le cancer du monde vidéo ludique qui a le même rapport aux jeux vidéo que Warner Bros à ses films, mais qui à l’époque avait encore un peu d’âme, devient l’actionnaire majoritaire de DICE et fusionne avec le studio l’année suivante. Bien que la licence militaire se vende bien, on commence dans les studios à se demander s’il ne serait pas temps d’enfin diversifier un peu ses activités. Ainsi, fort d’une expérience dans le domaine du FPS, et voyant la réussite chez les voisins des aventures d’Altaïr Ibn-La’Ahad, maitre du parkour -et des assassinats-, DICE décide de proposer un type de jeu encore jamais vu, qui, en dépit de quelques défauts, marquera une génération de consoles par son concept : Mirror’s Edge. Venant s’ajouter à la très courte liste des héroïnes de jeux vidéo aux côtés de Lara Croft et Samus Aran, Faith, armée d’un concept original, est bien partie pour détrôner commercialement les plus grands, ce qu’elle fait. En effet… Non, je déconne, le jeu, en dépit d’une bonne critique presse, se vautre lamentablement, vendant moins de 200 000 copies sur les deux/trois millions prévues. Après, sans vouloir être désobligeant, il fallait tout de même être sacrément mal avisé pour sortir le jeu le 14 novembre, date de sortie du nouveau Call of, et sept jours avant Tomb Raider : Underworld.

Néanmoins, au fil des semaines et des mois qui suivent, le jeu rentre dans ses frais, et trouve écho auprès de  la communauté speedrun. En plus de son sytème de jeu, Mirror’s Edge marque par le design de son univers urbain très épuré, usant de codes couleurs pour diriger le joueur à travers les bâtiments. L’histoire, sans non plus être d’une incroyable originalité, reste assez bien écrite, et les multiples possibilités de parcours laissées au joueur pour finir chaque niveau, poussent à recommencer l’aventure afin d’améliorer son temps et découvrir son temps. Puis vint Mirror’s Edge : Catalyst … Et tout se corse.  Jusqu’à sa sortie en 2016, le projet de faire une suite est plusieurs fois abandonné face aux résultats du premier.  Sans aller jusqu’à dire que ce second volet aurait du rester dans les cartons, le nouveau jeu a du mal à convaincre, mais cette fois-ci en terme de qualité. Passant d’un jeu couloir fragmenté en chapitres, à un monde ouvert, l’univers proposé reste toujours visuellement agréable, mais est tragiquement vide. Personne dans les rues, dans les bâtiments, l’effet ville fantôme fait un peu peine à avoir. S’ajoutent à ça des problèmes de pur gameplay avec une héroïne ne comprenant pas toujours où il faut s’accrocher –triste dans un jeu où les plateformes sont la base du jeu-, et une IA –intelligence artificielle- totalement aux fraises, permettant de se débarrasser d’un escadron en armure et armé de mitraillettes avec de simples coups de pieds. Le pire étant la politique d’EA consistant à faire démarrer l’aventure par une Faith en prison, sans jamais l’expliquer par la suite. Non non non, si le joueur veut connaitre les raisons de tout cela, il devra acheter le comics vendu en parallèle du jeu.


– Allez les garçons, je vous attends, il y a pas quarante mille solutions. Soit vous tentez votre chance, soit je vous laisse ici.
– Qu’est-ce… Qu’est-ce qu’on fait Blue ?
– Jeremy, tu en es où du programme d’apprentissage ?
*Prêt, je n’ai eu le temps d’inclure que quelques techniques basiques et deux trois mouvement d’arts martiaux.  Par contre, ce n’est qu’une alpha, il n’a jamais été testé, tu es certain que tu veux faire ça ?*
– On n’a pas vraiment le choix. Un programme de téléportation aurait été quand même plus pratique, mais bon, envoies. Billy, ferme les yeux ou tu vas gerber sur le sol.
– D’a… D’accord !
*C’est parti !*
– Les gars, ça va faire une minute que vous êtes immobiles et que vos paupières tremblent. Qu’est ce qu’il se passe ? Répon…
– Faith ! We know kung fu… and parkour.
– Show me.


Mais avant de faire des comics dans le but d’escroquer des fans fidèles à la licence, EA DICE s’était associée à DC pour adapter sur papier les aventures de Faith. Ainsi, en 2008 sort sous le label Wildstorm une mini-série centrée sur les événements survenus avant le début du jeu.

Dans la Ville, soumise à un régime de plus en plus sécuritaire, les habitants sont constamment surveillés, que ce soit leurs mails, ce qu’ils mangent à midi, où avec qui ils sortent le samedi. En gros, la situation révélée par l’affaire Snowden, mais 5 ans avant qu’elle ne soit révélée par l’ancien employé de la NSA, et avec le côté dictature en plus. En dépit des interdits, du totalitarisme lattant, et de la censure, des acrobates urbains appelés Messagers gagnent leur vie en transportant les messages et les colis d’un endroit à l’autre de la cité, à l’abri des regards. Durant The November Riots, manifestations organisées pour lutter contre la montée du totalitarisme, et organisées par Abraham Connors, la femme de ce dernier, Erika, est tuée, laissant deux jeunes filles sans mère : Faith et Caitlyn. Connors se faisant passer pour mort, Faith grandit sans parents et cambriole des appartements pour gagner sa vie tandis que sa sœur, pensant sa cadette morte dans les émeutes, privilégie très vite une carrière policière. Un jour, alors que notre héroïne s’introduit par effraction dans une maison pour y dérober des objets de valeurs, elle tombe sur le propriétaire, Mercury, qui la sort de la rue et décide de la former afin qu’elle devienne une Messagère.

Les années passent, lorsqu’un jour, lors d’un entrainement, Faith vient en aide à un autre Messagers qu’un mystérieux individu menace d’une arme. Arrivant à le mettre en déroute, elle se rend compte que le coli de son ami, malheureusement renversé sur le sol, contient des photos de son père, et que ce dernier est probablement en danger. Après une brève discussion avec sa sœur, elle se rend dans un bar dans lequel travaille un ancien révolutionnaire proche de son père. Celui-ci ne lui révèle rien, et au moment où elle sort de son bureau, la jeune femme trouve un client en train d’agresser une employée. Faith intervient, lui explosant le crane à coup d’extincteur, ce qui dérange un tantinet la sécurité qui la sort du bistrot. Une fois dehors, la barmaid qu’elle vient d’aider lui confie que le patron conserve tous les enregistrements dans une pièce secrète, et lui explique comment y accéder. Le soir même, la Messagère se rend à l’endroit indiqué et découvre dans une vidéo qu’Austen Reynolds, un autre ancien allié de son père, par la même occasion membre du mouvement de résistance Libertas, vient de réapparaitre. N’ayant pas tiré d’autres informations des enregistrements, Faith suit une autre piste, et retrouve la trace du photographe ayant pris les clichés de son père, Red, qui, la prenant pour une personne mal intentionnée, l’assomme.

Après avoir compris son erreur, le photographe la relâche, et la mène à l’endroit où il a aperçu Abrahams Connors. Soudain, tandis que Faith découvre des photos de sa mère sur le sol, Austen Reynolds apparait et la menace d’une arme. La jeune coureuse  comprend alors que c’est lui qui a, la veille, agressé le Messager. L’ancien membre de Libertas lui apprend qu’il avait une liaison avec Erika, sa mère, et qu’il tient pour responsable Abe de la mort de celle-ci. De ce fait, il a bien l’intention de se la jouer Liam Neeson dans Taken, et de traquer, trouver, et tuer papa Connors. Lui ordonnant de ne pas s’en mêler, l’amant d’Erika laisse la jeune femme partir, mais la somme de ne pas se mettre en travers de sa route. Faith décide, en quête de réponse et cherchant confirmation à tout ce qu’elle vient d’entendre, de s’introduire dans les anciens bureaux de sa mère dans lesquels elle récupère un étrange circuit imprimé. Après avoir échappé à la sécurité s’étant déclenchée dans le bâtiment, Faith reçoit un message de Mercury lui indiquant que son père est réapparu dans le bar où elle était allée la veille. Sur place, elle se rend compte que la barmaid a réussi à contacter Abraham et c’est à elle qu’elle doit cette réunion de famille. Malheureusement, avant même qu’elle puisse discuter avec son paternel, Austen débarque aussi, très vite suivi par des policiers ayant appris la venu de l’ancien leader de Libertas. L’amant secret d’Erika se fait descendre, Faith assomme les gardes, puis emmènent son père en lieu sûr.

Et là, c’est le moment révélation.  La famille Connors réalise que, n’arrivant pas à payer les dettes s’accumulant, et son mari étant trop impliqué dans son combat quotidien pour les droits, Erika avait du se résoudre à travailler comme scientifique pour le compte du régime totalitaire commençant déjà à l’époque à monter. Néanmoins, juste avant les événements du November Riots, elle avait démissionné, volant par la même occasion le fameux circuit imprimé sur lequel elle était entrain de travailler. Bien qu’Austen soit hors course, le pouvoir en place recherche encore Abe, pensant qu’il est en possession de la pièce informatique dérobée. Avant de faire quoi que ce soit, notre héroïne part faire un petit tour du côté de son ancienne maison, protégée par deux grandes barricades, allant prochainement être détruite pour laisser place à un nouveau building. Par chance, sa sœur fait partie de l’équipe chargée de surveiller l’endroit. Avec son aide, elle s’introduit dans la zone protégée, trouve dans la chambre de sa mère une clé, un mot d’excuse et des documents confidentiels, d’autres raisons pour le gouvernement de courser les Connors, en particulier Abraham. Faith se lance donc dans une quête consistant à entrer par effraction dans le bâtiment principal du gouvernement, dans l’optique de déposer l’ensemble des documents et pièces sur le bureau de la vice-présidente, et se tirer ensuite. En dépit d’un début de mission très paisible, la Messagère se fait surprendre et la sécurité se met à ses trousses. La jeune femme s’en sort in extremis, courant comme une dératée à travers les couloirs du bâtiment, et réussissant à se jeter sûr le toit de la cage d’ascenseur en  train de remonter. Par ailleurs, bien qu’étant sauvée, la coureuse ne s’en sort pas indemne. Blessée, il faudra attendre les événements de Mirror’s Edge, dans lequel elle reprend du service, pour suivre ses nouvelles aventures.


– B… Blue, on a réussi, sept mètres, nouveau record !
– High Five !
– Vous… Vous deux, qu’est-ce que vous êtes exactement ?
– Des citoyens soucieux des autres.
– Ce n’est pas la première chose à laquelle j’aurais pensé.
– Vous ne venez pas de ce monde n’est-ce pas ?
– Quelque chose comme ça…
– Je vois. Enfin, comme promis à Jim Raynor, vous voici arrivés au bon endroit si vous voulez quitter cette ville.
– Le sommet d’un immeuble perdu quasiment en plein milieu de la ville ?
– Regardez en bas, vous voyez le grand bassin.
– Je vois.
– Il est maintenant temps d’éprouver ta foi.
– Tu ne va pas me dire que tu veux que je saute ? Hors de quest… Mais, qu’est ce que tu fais, tu…  WHOUAAAH !
– Mais… mais vous l’avez tué ?
– Tu vois un corps ? Non. Ne t’inquiète pas, le bassin mène à un sous-terrain qui n’a jamais été découvert par le régime, une confrérie le garde depuis des années. Maintenant, une question demeure.
–  La… Laquelle ?
– Tu sautes par toi-même ou je te jette ?

A SUIVRE

2
Poster un Commentaire

Please Login to comment
1 Comment threads
1 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
2 Comment authors
Clayganurbanvspanini10 Recent comment authors

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  Subscribe  
plus récents plus anciens
Me notifier des
urbanvspanini10
urbanvspanini10

Pas mal la vanne sur EA et SW. X)

Par contre je suis de plus en plus étonné de savoir que DC c’est associé à tant de licences de JV, surtout avec le prochain.

Claygan
Claygan

C’est clair que c’est fou, j’en avais aucune idée.
Sinon toujours un aussi bon C for Crossover, bravo Blue !