Autant ne pas se voiler la face. Si vous avez acheté les trois précédents volumes, je doute un tantinet que vous ayez besoin de moi pour acheter cet avant dernier tome, et si vous ne vous êtes pas laissés tenter, vous risquez d’être spoilés malencontreusement, et par conséquent, connaissant déjà les grands twists scénaristiques, de ne pas vous lancer dans cette aventure. Du coup, coupons la poire en deux et faisons ça en deux parties :
A) DMZ, lisez-le bande de faquins !
B) La mort vient d’en haut (débrief du Tome 4)

A/ DMZ, lisez-le bande de faquins !

Vous aimez le journalisme, vous aimez la politique, donc vous aimez DMZ. Pour ceux n’ayant pas aimé Transmetropolitan traitant de sujets similaires, l’approche est ici tout autre, bien loin de la vulgarité décomplexée d’un Warren Ellis. Brian Wood, scénariste de la série, est avant tout un auteur dont le domaine de prédilection est le réalisme. Et ce réalisme qui lui est cher, il l’a insufflé à son œuvre. Ici, pas de science-fiction, pas de blockbuster cinématographique, juste une New York gravement ravagée à la suite d’une guerre civile, et habitée par différentes factions luttant contre les autorités. Devant la violence des revendications, les autorités déclarent la ville « zone démilitarisée » (DMZ) c’est-à-dire  une zone où l’activité militaire est interdite.

Quelques temps plus tard, est envoyé dans cette forteresse le jeune Matty Roth, journaliste, qui voit l’équipe l’accompagnant se faire abattre une fois un pied posé à terre, et qui devient bien malgré lui à la fois le journaliste attitré/officiel de la zone, mais aussi, par conséquent, un acteur politique aux yeux des différentes factions. En plus de suivre notre héros un peu candide à son arrivée, Wood, dans un souci de réalisme, donne régulièrement la parole à d’autres habitants de la zone, que ce soit sous la forme d’interviews ou de reportages divers et variés. Ainsi, au fil des numéros, la DMZ, pourtant fictive, s’impose quasiment  comme un lieu réel dans la pensée du lecteur. Voilà, normalement, si vous n’allez pas y jeter un coup d’œil après ça, ce n’est plus mon problème, j’aurais de toute façon fait ce que je pouvais.

 

B/ La mort vient d’en haut  (Débrief du Tome 4)

Matty était candide à son arrivée, c’était il y a longtemps. Maintenant, il ne l’est plus. Attention, si vous avez pu être choqués par la violence assez crue des anciens tomes, ce volume les dépasse de loin. Cette fois, les autorités commencent en avoir assez de la situation, du blocus, et des habitants de la DMZ, et envoient par hélicos des dizaines de militaires armés. C’est la boucherie. Alors que Matt avait toujours pu compter sur le soutien de ses proches, il se retrouve, par un twist scénaristique arrivant très tôt dans l’aventure, seul, situation qui ronge petit à petit sa santé mentale déjà bien affaiblie. Sa relation avec son père continue d’être explorée, et alors qu’il avait jusque là réussit à conserver une certaine indépendance, il se retrouve de plus en plus dos au mur. La DMZ autrefois source de joie en dépit de la situation géopolitique se retrouve dévastée, et il devient difficile pour le lecteur d’envisager une solution autre que tragique à toute cette histoire.

Graphiquement, Riccardo Burchielli continue de livrer un travail correct, mais son style devient par moment assez brouillon. Nous n’en sommes pas au niveau d’un Frank Miller sur la fin, mais on est loin de ce que le dessinateur avait pu proposer au début de la série. Comme dans les précédents tomes, plusieurs numéros façon tranche de vie sont présents, avec des dessinateurs différents qui ne sont pour certains malheureusement pas toujours au niveau. Par ailleurs, s’il y a bien un numéro marquant dans cette intégrale, c’est le numéro anniversaire #50. Réunissant une tripotée d’artistes choisis par l’auteur pour leur style, chacun est chargé d’assurer la partie graphique d’une histoire courte se déroulant dans un quartier différents de la DMZ, donnant un style très spécifique à chacun desdits quartiers.

Je me suis pendant un moment demandé si ce tome était très bon ou juste excellent. J’étais au départ partisan de la première solution, mais la façon dont l’auteur arrive à rendre crédibles ces événements et la violence qui se dégage de ces pages me font maintenant me tourner vers la deuxième option. 

Excellent / 10 Notre avis
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Les +
- Réaliste et cru
- Ne prend pas le lecteur pour un imbécile
- Un numéro #50 marquant
Les -
- Burchielli et un ou deux dessinateurs pas toujours au top
- 12+ ? C'est un peu faible, Urban. Vraiment, n'offrez pas ça à votre gosse.
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