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Une fois passé le run mémorable de Grant Morrison, que va-t-il advenir de l’équipe emblématique de l’éditeur DC Comics ? Urban Comics poursuit la collection moult fois entamée par d’autres éditeurs, mais jamais conclue. On touche de nouveau à des récits déjà parus, et aux premiers numéros inédits en France post-Morrison.

La Mémoire de Babel

Review VF - Justice League of America Tome 5 : La Tour de Babel 15Cet album pose problème pour certaines. Le premier récit est celui de La Tour de Babel, et risque de faire doublon chez beaucoup d’acheteurs. Pour les autres, c’est une occasion en or pour regrouper l’ensemble des récits de la JLA. La plainte ne serait que de courte durée, puisque ce récit est un véritable plaisir, marquant l’arrivée définitive de Mark Waid sur le titre pour un run assez long, mais moins connu.

Toujours dans l’ombre de son prédécesseur, le run de Mark Waid est pourtant une nouvelle merveille. Associé à divers artistes, plus ou moins connus, le scénariste présente l’équipe sous un jour plus sobre, mêlant aventures fantasques et relations approfondies. Cet album présente l’arrivée de la Reine des Songes, dans un exercice visuel passionnant. De quoi donner envie de lire des elseworlds farfelus. A la manière d’un premier contact avec Fables, on se plaît à chercher la moindre référence.

Equipe soudée, relations humaines

Review VF - Justice League of America Tome 5 : La Tour de Babel 16Le reste de l’album fait suite à la situation de mise à l’écart de Batman. L’aspect stratège du personnage est mis en avant, mais ne délaisse pas l’amitié qui unit l’équipe et dans laquelle Batman trouve sa place malgré tout. Sa relation avec les autres personnages est particulièrement bien dirigée. L’équipe a beau trouver ses origines à travers la mythologie grecque, Mars ou Krypton, ils n’en restent pas moins des personnes réfléchies et capables de tisser des liens. Cette union se ressent à travers leurs caractères respectifs et leurs interactions nombreuses dans cet album. Rares sont les dialogues qu’on pourrait qualifier de secondaire. Chaque bulle a sa fonctionnalité, informative ou témoignant d’un caractère du personnage.

Cet album est également l’occasion pour les nouveaux lecteurs de comprendre ce qui faisait la réputation de Bryan Hitch. Si actuellement sa Justice League laisse une profonde blessure chez les fans de l’équipe, il était à l’époque un artiste réalisant des prouesses incroyables. Souvent ancré dans un style très détaillé, il profite de son talent et de sa maîtrise des perspectives pour réaliser des pages pleines somptueuses. Les pages pleines qu’il réalise sont généralement composés d’un personnage en gros plan, dirigé vers un objectif aux nombreux éléments (effets de lumière, de profondeur, …) censés attirer l’attention.

De nombreux autres artistes sont présents aux styles bien différents. On note la présence de dessinateurs aux styles plus épurés, voir cartoon, comme Ty Templeton, qu’on connaît pour ses travaux sur Batman Aventures entre autres. Mike S. Miller tient le poste de dessinateur, celui en tête d’affiche pour l’adaptation en comics de Injustice signe quelques épisodes dans un style proche de Scott McDaniel, particulier mais propre et représentatif de l’époque. A noter que son style est toujours en constante évolution, et on ne reconnaît en rien l’artiste dans une comparaison entre son travail sur JLA et sur Injustice, sinon les plans choisis pour créer un effet de profondeur. Chaque artiste tire profit de son style graphique. Et qu’on ait une affinité plus ou moins élevée avec celui-ci, on ne peut reprocher aux artistes présents leurs réalisations.

Si cette critique très générale n’a pas suffit, comprenez qu’il s’agit d’un must-have. Si ces histoires n’ont plus de répercutions avec l’univers actuel, ces histoires témoignent d’une capacité dans les comics américains à atteindre un niveau spectaculaire, autant pour l’écriture, la variété et l’originalité des thèmes que pour les performances graphiques.

Watchful

Watchful

Rédacteur depuis 2015, j'écris dans le but de partager ma passion pour les comics et entretenir ce sentiment de découverte. Bercé par Batman, mon cœur se dirige toujours vers l'éditeur aux deux lettres capitales.