L’univers DC a subi plusieurs événements, plusieurs crises au fil des décennies. Et nous sommes ici dans une nouvelle phase. Celle qui nous met deux univers emblématiques face à face. Deux univers qui se rencontrent de manière inattendue :  le DC Universe et Watchmen. Ceci n’est en rien un spoiler puisqu’il s’agit du postulat de cet arc, The Button, traduit par Le Badge en VF.

Badge véloce, force narrative

L’événement est ce mélange du crossover entre deux héros et d’annonce des enjeux de la prochaine « crise ». Une collaboration qui sonne comme un événement, mettant en avant deux personnages les plus populaires de l’univers DC actuel : Flash et Batman. Si l’événement divisait déjà lors de sa sortie kiosque, Urban décide de présenter l’intégralité de l’événement en librairie, ce qui suit cette première politique éditoriale cherchant à rendre accessible les comics aussi bien en kiosque qu’en librairie.

La première partie est assurée par le duo Tom King/Jason Fabok. Une sorte de dream-team connue, le premier pour Batman, l’autre pour La Guerre de Darkseid aux côtés de Geoff Johns. Les deux assurent une qualité à travers leurs maîtrises du récit mainstream. Ensemble ils gèrent une tension forte. Un climax permanent, à travers le danger soudain auquel Batman doit faire face seul. Une complication qui cache et assure une explication à la nécessité de Batman de faire appel à l’un des ses collègues de la Justice League. Jason Fabok joue parfaitement de son talent et de son trait précis.

Tom King impose une mise en page à laquelle on l’associe et bouleverse les attentes du lecteur. Alors que Jason Fabok est souvent mis en avant pour ses grandes pages détaillées, Tom King va prendre à contre-pied cette attente du comic-book grand public pour y incruster certaines techniques moins communes. Du jeu de couleurs vives aux gros plans, cette première partie joue bien plus sur l’émotion, tantôt par la tension, tantôt par une rencontre inattendue.

Perditions révélatrices

La seconde partie est assurée par Joshua Williamson et Howard Porter. Le passage de flambeau est bien mené. On ne peut blâmer cette seconde équipe de prendre une autre direction. Seulement, face à la première partie, et dans ce format relié, le contraste n’est que d’autant plus fort. Un contraste non seulement graphique, mais aussi sur le ton du récit qui change du tout au tout. L’aspect sombre, sérieux et violent de la première partie, s’oppose frontalement à une seconde qui se veut plus légère, colorée tout en devant y incruster certaines scènes révélatrices nécessaires.

On ne sait ce qui a pu être prévu par Tom King ou ce qui a été modifié/créé par Joshua Williamson. Le scénariste, non pas dénué d’un certain talent, possède une écriture bien différente. Ce qui laisse entendre que cet arc ne tient qu’à sa fonction de teaser d’un événement à venir. La déception se trouve sur ce point. Après une première partie qui sonnait comme la rencontre entre le travail narratif et l’événement impliquant l’univers DC, cette seconde apparaît comme un manque de sérieux de l’éditeur et le système de production ne laissant le temps aux artistes de conclure leurs créations. Un empressement qui s’en ressent jusque dans cette édition.

Le Badge est assurément un arc à posséder. Malgré la division dans sa construction et son statut de déception aux yeux de son public, il n’en reste pas moins un récit qui a su bouleverser et révéler le talent de Tom King à l’écriture d’un « événement ».

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- Une double équipe artistique de qualité...
- Une première partie impressionnante
- Matière à accepter la fusion des univers
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- ... contrastées.
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Watchful
Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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