Superman souffle ses 80 bougies avec un millième numéro de Action Comics qu’on pourrait bel et bien considérer de All-Star. A contrario d’un New Age of Heroes, ce numéro événement semble s’assurer un esprit nostalgique et mettre en avant le symbole et héros phare de l’éditeur. Dans ce recueil d’histoires brèves, Action Comics #1000 tient cet objectif de raviver l’esprit de Superman, à travers ses quatre-vingts années de passion et d’émerveillement.

High Hopes

Le valeur première qui ressort est, étrangement, l’espoir. Man of Steel est passé par là, et Superman s’affirme depuis comme symbole d’espoir. Si on ne peut douter de cette valeur noble qui concorde assez bien au personnage, il ne s’agit pas là de l’esprit même du personnage. Pourtant, Dan Jurgens et Bendis vont appuyer sur cette valeur « moderne » qui tend à s’ancrer profondément dans le personnage actuel. Une répétition pour appuyer le propos qui gêne quelque peu. Entre une blague répétée sur le symbole de l’espoir et/ou le port du slip, on se lasse rapidement.

Ceci ne vaut, étrangement que pour la première et la dernière histoire racontée ici. Deux histoires qui ont également leurs qualités. Et soyons clairs, chaque histoire propose une vision du personnage plus ou moins clichées ou originales. Mais tous réussissent à développer une vision du personnage qui lui correspond. Action Comics #1000 dévoile la variété des types d’écriture du personnage et ses divers traits de caractères. Étrangement, ces écritures ne varient pas d’une époque à l’autre. Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, le numéro ne s’attarde pas à une caractérisation clichée inscrite dans une époque précise.

Les artistes passent d’une vision à une autre et n’hésitent pas – en particulier l’histoire de Peter Tomasi et Patrick Gleason – à brasser les représentations du personnage et en faire ressortir une réflexion générale sur la vie du personnage. Concernant cette histoire en particulier, les artistes optent pour une narration très différente. La variété d’artistes permet de passer d’une narration de comics mainstream (Brian Bendis/Jim Lee) à une narration plus classiques (Paul Levitz/Neal Adams) en passant par le roman graphique (Peter Tomasi/Patrick Gleason) assez original, bien qu’imparfait.

Action Comics #1000 : numéro emblématique par défaut

Car le tout est imparfait. Le numéro souffre de défauts mineurs propres à chaque histoire. Les défauts sont causés par le format de l’histoire brève, que les scénaristes maîtrisent plus ou moins. Tom King livre un récit poignant et bref, là où Dan Jurgens va jouer sur l’événement dans sa forme la plus facile. Et c’est bien le plus gros défaut qui nuit au prestige de ce numéro : la facilité.

Qu’il s’agisse du thème de l’événement chez Dan Jurgens, comme du condensé d’action auquel se résume l’histoire de Biran M. Bendis. Une preview en longueur satisfaisante par une prestation graphique de la part de Jim Lee, on ne peut plus impressionnante. L’action est massive, l’écriture limitée au point où on ne sait vraiment quel caractère va donner Bendis au héros. On peut espérer un retour au classique, sans réellement posséder de preuve pour appuyer ce qui reste une théorie. Malgré cela, ce qui se limite à un spectacle se présente comme un hommage de la part de Jim Lee à travers une performance bluffante de la part du co-éditeur en chef.

Outre les artistes modernes, ce numéro tire son prestige de la véritable réunion d’artistes de tous temps. On se plait à retrouver en ce même numéro Curt Swan, Paul Levitz, Richard Donner, notre talent français Olivier Coipel, ou encore une collaboration entre Paul Dini et José Luis Garcia Lopez. Ces deux derniers livrent une histoire aussi fabuleuse que délirante. Cette « réunion » et cette numérotation élève le numéro dans sa considération au sein de la série Action Comics comme un immanquable. Il exploite une histoire du personnage à travers ses auteurs marquants et témoigne d’un résultat qui actuellement est – plus ou moins – compris de ses artistes.

L’éditeur réussit le pari d’intégrer en un seul numéro l’esprit – incomplet – de Supeman, mais suffisamment pour évoquer avec nostalgie, et souvent avec justesse, le souvenir et la passion du premier super-héros. Nous étions en droit d’en attendre mieux. Mais on ne peut pour autant cacher le plaisir de la lecture, grâce à des artistes/visions variées.

Très Bon / 10 Notre avis
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Les +
- Des artistes majeurs
- Des histoires variées
- Un Jim Lee qui se surpasse
- Esprit Superman globalement respecté
Les -
- Inquiétudes quant à l'arrivée de Bendis sur le titre
- Imperfections variées sur de nombreuses histoires
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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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Winterwing
Winterwing

Un numéro assez bon dans l’ensemble ! Parmi les mauvaises histoires, on retrouve celle de Jurgens, plutôt ennuyeuse et peu originale. Pas mieux du côté de Bendis, vu l’ampleur de l’événement c’est vraiment dommage de se servir de ça juste pour balancer 8 pages de baston et deux blagounettes sur le trunks.
Du côté des bons moments, Tomasi livre une bonne histoire avec surtout un Gleason qui, je trouve, se surpasse ! Wolfman, Levitz & Adams, bof, un peu osef. Celle de Simonson est sympathique, celle de Dini est assez originale aussi.
Gros coup de coeur pour celles de : King, Snyder, Johns & Donner, Meltzer. Elles sont toutes les 4 très courtes mais belles avec une petite touche de poésie dans la plupart d’entre elles.

Dan Didio

Je vais dire un truc un peu moche, mais j’ai bien plus vécu Superman #45 comme une célébration du Man of Steel (et tout le dernier arc de manière générale, même s’il faut être sensible à la blagounette de Tomasi) que cet AC #1000.

mavhoc
mavhoc

C’est un peu le cas : cet Action Comics #1000 est d’une superficialité à toute épreuve, ne comprenant pas absolument pas comment honorer l’univers de l’homme d’acier. Johns et King s’en sortent bien pour leur part, et quelques auteurs comme Snyder et Simonson ont de bonnes idées, mais globalement le reste fait plops.

urbanvspanini10
urbanvspanini10

Un bon numéro classique j’ai beaucoup aimé celle de Johns, Synder et King.