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Début des années 2000, Semic est à la recherche d’un filon pour implanter DC en France de manière continue. La maison d’édition tente le tout pour le tout en enchaînant les publications plus ou moins risquées. Parmi les plus risquées : Legion. Dans sa collection des Semic Books on trouve (ou trouvait) de tout. Et la plupart sont désormais de petites pépites pour les collectionneurs de VF.

Legion n’est Legion que par l’esprit d’équipe

Review VF - Legion 15Le souci majeur dans cette collection, et dans ces tirs d’essai, est que le lecteur se retrouve face à un arc complet. Mais sans aucune information, sinon un bref résumé en quatrième de couverture, n’aide le lecteur à s’y retrouver. On souligne bien l’effort de publier la Légion, qui est très risqué en France. Mais est-ce bien la Légion qui est promu à travers cet album ?

L’arc est pourtant très bien choisi. Il est le climax d’un début de run, celui de Dan Abnett et Andy Lanning. Les deux scénaristes sont de jeunes talents, et à peine arrivés sur la Légion, ils en font un titre à posséder. Ils dynamisent l’équipe. Ils la rendent plus attrayante pour un public qui grandi avec les séries Star Trek de nouvelle génération. Et où Stargate-SG1 devient le nouveau canon de la série de science-fiction.

Review VF - Legion 16Les héros de la Légion se retrouvent de suite dans une situation pour le moins désastreuse. On suit une équipe de réfugiés qui font face à une menace mystérieuse, mais terriblement puissante. Une menace inconnue qui prend possession des corps des membres de la Légion. Les motivations sont inconnues et résident dans la nature d’un ennemi en quête d’une situation nouvelle. Tout semble assez flou, mais s’affirme comme une raison d’être. Bien plus qu’un conflit entre héros et méchants, l’histoire présente les héros comme des réfugiés, des survivants.

La dernière Legion

Review VF - Legion 17L’histoire présente une ambiance oppressante, où les héros sont démunis avant d’être malmené par cette menace. Certaines scènes provoquent un réel déchirement. L’équipe est brisée contre sa volonté. La Légion se présente sous un autre jour (ou une autre nuit). Les scénaristes développent le scénario de sorte à ce que la menace ne se révèle qu’au fur et à mesure. Sans jouer la grande révélation, les scènes de révélation sont humbles. Ce qui vient même accentuer les effets.

La présence d’Olivier Coipel est certainement la raison pour laquelle Semic a décidé de publier cet arc. Le jeune artiste français apporte son grain de sel à l’ambiance. La légion ressemble à des enfants perdus. Un ajout de taille à l’aspect malsain et au contexte d’une légion désarmée face à la menace. Les décors portent en grande majorité l’ambiance. Les ruines relèvent d’un scénario catastrophe. Et les tunnels rappellent la saga Alien, avec ses traits souples interminables en spirale. Son style particulier présente l’artiste dans un genre très éloigné du mainstream blockbusteresque pour lequel on le connaît aujourd’hui. Olivier Coipel apporte une personnalité au titre, et surprend. Il a sa vision d’une légion et son travail est en harmonie complète avec le scénario des deux génies de l’univers cosmique Marvel.

Cet album de la Légion est un véritable coup de cœur. Il est à part de tout ce qu’on peut lire sur l’équipe, et figure par le peu d’histoires de celle-ci parues en France. Cet arc est un compromis, une introduction complexe dans l’univers. La faute à de nombreux personnages peu connus du lectorat francophone. Il est bien dommage de devoir se limiter à cet arc fulgurant, sans en savourer les conséquences qu’il a par la suite sur l’équipe.

Watchful

Watchful

Rédacteur depuis 2015, j'écris dans le but de partager ma passion pour les comics et entretenir ce sentiment de découverte. Bercé par Batman, mon cœur se dirige toujours vers l'éditeur aux deux lettres capitales.