Superman a réussi à s’intégrer à l’univers DC. Et malgré son absence en kiosque, le super-héros emblématique brille en librairie. Ce troisième volume n’est certainement pas dénué d’intérêt puisqu’il s’agit de l’arc intitulé Multiplicity.

Superman et ses Supermen

Face à cet album, la première réflexion, ou le premier problème, qui se présente est celui-ci : Pourquoi nous présenter Multiplicity avant Multiversity. On connait les intentions d’Urban Comics et leur plan pour déboucher à Multiversity et rend sa lecture accessible à tous, mais une certaine gêne persiste. Multiplicity peut se suffire à lui-même et ne fait qu’intégrer officiellement l’équipe du Multiversity à l’univers canon DC. Seulement, il peut manquer un certain attachement au lecteur pour ces personnages. Car plus que des Supermen alternatifs, l’histoire se concentre sur Superman et l’équipe de Multiversity.

L’histoire est terriblement simple. Clark croise un Superman blessé et rencontre une équipe avec laquelle il va s’associer. Ensemble, ils vont contrer une menace terrifiante. On fait difficilement plus classique, voir caricatural, en terme d’histoire de super-héros. Et pourtant, celle-ci fonctionne. Le fan-service sert parfaitement l’histoire, qui tient sur trois numéros. Ce qui est assez court et ne permet pas d’introduire l’ensemble des personnages.

Beaucoup d’entre eux sont comme des éléments du décor, de simples références. On passe à côté d’un grand nombre de fonctionnalités qu’aurait pu porter le scénario. Étendre l’histoire permettrait à beaucoup de lecteurs de découvrir des versions alternatives, jamais publiées en France. Même si la plupart n’ont d’autre intérêt que le concept même d’un Superman différent, il reste intéressant de présenter certains au public. Ces Supermen alternatifs sont malheureusement réduits à leur simple récit tendant à être oublié – à quelques exceptions prêt.

The Trouble with Clones

Malgré une histoire tout à fait classique, l’aspect délirant résiduel de l’oeuvre de Grant Morrison rend le tout appréciable. En plus d’un fan-service conséquent, l’ensemble de ces Supermen procure le petit grain de folie à l’histoire. Une histoire que Peter Tomasi et Patrick Gleason orientent vers une action très présente. Est-ce vraiment un défaut lorsqu’on doit organiser un récit autour d’une véritable armée de kryptoniens ? Les scénaristes réussissent à user des éléments tout en les respectant. On prend plaisir à cette rencontre entre ces Supermen, dont ce Super-man de Chine. Il ne faudra cependant pas en attendre plus, la faute à une narration très rapide, qui ne s’arrête que pour générer des scènes de tensions efficaces.

Événement oblige, Ivan Reis (dessinateur de Multiversity) opère sur les premiers numéros, laissant le dernier à Tony Daniel et Clay Mann. Ivan Reis réalise un travail plaisant et riche en détails. Il procure à l’ensemble des personnages une aura générale, différents par la costume, mais des postures similaires – ainsi que le symbole. Tony Daniel et Clay Mann sont bien en deçà. La colorisation impose une différence. La première joue énormément avec les effets de lumière, et les nuances. La seconde est mate, généralement remarquée dans les travaux de Clay Mann (Gambit). L’encrage, très fin, donne l’impression de simples esquisses dans ce dernier numéro. La différenciation peut paraître abrupte, mais ne dérange pas.

Histoires brèves

Suite directe du titre régulier Superman, le numéro suivant Multiplicity est une histoire complète focalisée sur Jon, et très particulière. Complètement opposé à l’aspect événementiel de l’arc précédent, ce numéro de Superman #17 est orienté vers le genre horrifique. Un genre qui peut vous sembler ridicule pour le fils de Superman, le petit garçon invincible. Et pourtant, si on ne crie pas de terreur, on ressent une certaine oppression, un sentiment dérangeant au fil des pages. Jon est accompagné de son amie Kathy, et on a beau être invincible, quand on ne sait pas à qui ou à quoi on à affaire, on ne reste pas insensible à la peur. Cette petite histoire est une réussite totale, brillamment illustrée par Sebastian Fiumara (Abe Sapien).

Cet album se voit complété par le premier Annual du titre. Généralement, ce type d’ajout annonce un côté remplissage de l’album plutôt mal venu. Dans notre cas, cet ajout est assez pertinent. Loin d’être parfait, ce numéro s’intègre et fait évoluer l’état d’esprit de Superman. L’homme d’acier y croise Swamp Thing, venu s’assurer d’un état d’esprit et perturbé par les liens entre celui-ci et cet univers. Une situation très intéressante, qui malheureusement ne débouchera que sur de longues bagarres. Fort heureusement, Jorge Jimenez fait passer la pilule à l’aide de sublimes planches. L’Annual conserve ce statut de pièce rapportée, mais se fond suffisamment dans un rapport à l’univers de Superman pour être accepté. Loin de surprendre autant que l’arc qui le précède, il permet de ne pas laisser le lecteur sur sa faim, et propose une histoire brève, facile, mais porté par une certaine beauté dans sa conclusion.

Ce troisième volume est une réussite. Un petit plaisir, loin d’être dénué de défauts. Il propose un bel éventail d’histoires concernant l’univers actuel de Superman. De l’événement au genre horrifique, on se plait à tenir entre les mains ce concentré des genres pour attendre Multiversity.

Très Bon / 10 Notre avis
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Les +
- Superman #17
- Une flopée de bons artistes
- Genres variés et tons différents
- Fan-service efficace pour Multiplicity
Les -
- Multiplicity imparfait
- Un Annual à l'action facile
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Watchful
Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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Haribosaki
Haribosaki

Heureusement que ta review vient m’épauler car j’ai eu mal à avoir un avis sur ce tome. L’histoire entre Swamp Thing et Superman dont les dessins sont à tomber, on reste sur sa faim concernant le pourquoi du comment Sup’ apparaît comme une anomalie sur cette terre à l’exception du fait qu’il doit accepter de renoncer à son passé. Bref c’est un peu brouillon. Je me dis que Superman Reborn (en kiosque) est la réponse à tout ça. Concernant l’histoire avec Jon, c’est vraiment du bon taf. On ne frémit pas mais l’ambiance est excellente tout comme les dessins. Par… Read more »