Avant d’apparaître dans une scène post-générique de feu Justice League, le personnage créé par Marv Wolfman et George Pérez (comme Cyborg) a d’abord marqué les Teen Titans, avant de connaître un renouveau télévisuelle dans la série Arrow. Avec le relaunch de l’univers DC, l’éditeur a voulu redonner les lettres de noblesse couchées sur papier à Deathstroke – autant que faire se peut. Si d’aucuns voient Slade Wilson comme un assassin brutal et hyper entraîné, c’était le cas et ça l’est toujours un peu, mais ce ne serait pas faire hommage au talent de Christopher Priest qui rend le mercenaire intéressant, mêlant l’intime à l’action.

Deathstroke casse les codes (et un peu des gueules)

Si vous avez connu la série Lost, vous devriez être capable de suivre le récit de Christopher Priest tant les deux œuvres ont des similarités sur leurs structures temporelles. L’arc, si on peut parler d’arc dans la mesure où l’auteur privilégie un ensemble où chaque numéro est l’avancée d’un pion sur un grand échiquier, enchaîne les flashbacks, les retours au présent à un rythme un peu difficile au premier abord. Parce que oui, la lecture pourrait en déconcerter quelques uns par sa forme donnant le sentiment (compréhensible) d’une intrigue un peu lente. Pourtant, Deathstroke mérite une attention toute particulière grâce à son découpage pour peu qu’on persévère. Ne soyez pas surpris si vous devez relire plusieurs fois ce premier tome. Que ce soit en cours de route ou pour préparer les suivants. Christopher Priest donne de la hauteur à son récit au-delà de l’aspect narratif puisqu’il mélange les genres où le micro est au service du macro (genre). En effet, Priest mêle la vie intime de Slade Wilson que ce soit sa vie familiale un peu hors norme et surtout une relation conflictuelle avec sa fille Rose, à des sujets politiques où il est question d’interventionnisme militaire et de milices privées ou même sociétal à travers l’utilisation du dark web. Si vous attendez de Deathstroke que ça fourmille de bagarre et de violence déjà traitée avec peu d’intérêt par le passé, prenez un autre chemin. Évidemment, Slade met quelques mandales, et utilise aussi un peu d’armes en tous genres, mais ça ne constitue pas l’essentiel d’une œuvre qui préfère se concentrer sur le confidentiel et les problématiques contemporaines. Parce que si, pour un arc intitulé Le Professionnel, Deathstroke se veut bien sûr être un expert en science militaire aussi bien qu’en bagarre de rue maîtrisée, il est pour le moins junior quand il s’agit de relations humaines. Et c’est toute cette aventure éducative, pédagogique d’apprentissage sur le personnage en proie à des questions existentielles qui saura donner toute la saveur au run de Christopher Priest.

Deathstroke

À peine la moyenne en dessin

Si vous privilégiez la qualité graphique d’un comicbook à son histoire, alors Deathstroke n’est peut-être pas fait pour vous. Pourtant, sans être fondamentalement raté, l’artistique pêche de par son irrégularité. Carlo Pagulayan et Joe Bennett se passent le relais dans ce tome 1 et l’un souffre plus que l’autre de la concurrence. Si le premier détaille plutôt bien les visages et les décors dans un titre qui met en avant les questionnements intimes et par conséquent les dialogues, Joe Bennett est loin de décrocher les mâchoires laissant un peu une impression grossière qui peut toutefois servir dans les moments de baston intégrale.

Deathstroke

Finalement, l’inégalité des paragraphes reflète plutôt bien mon opinion sur ce tome 1 de Deathstroke où le fond occupe une place prépondérante sur la forme. Sans rejouer le couplet des dessins en moyenne passables, retenons surtout que la mission de Christopher Priest est une réussite pour ces débuts sur un personnage trop souvent caricaturé. L’auteur prend le temps de s’arrêter sur l’homme Slade Wilson plutôt que sur le costume de mercenaire, et ce n’est clairement pas pour me déplaire. Un début plus que convaincant faisant de Deathstroke une des meilleures séries de Rebirth.

Review Deathstroke Rebirth Tome 1
Très bon / 10 Notre avis
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Les +
- on s'intéresse enfin à l'homme sous l'armure
- la narration éclatée et surprenante
- des sujets de fond abordés
Les -
- les dessins en demi-teinte
- dur à suivre
- tu ne peux pas prendre le train en marche
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kasongo
kasongo

Acheté mais pas encore lu. Cette bonne review me donne envie de le lire dans peu de temps :)

Reptile
Reptile

Tu m’as convaincu, j’hésitais à l’acheter. Merci!

Mocassin

Je viens de lire le premier tome, c’est tout bonnement excellent. On voit rarement ce type de narration plus élaborée, et ça fait du bien de temps à autre, surtout quand c’est aussi bien maîtrisé. En plus, comme tu le dis, Priest aborde de nombreuses thématiques et développe plusieurs facettes de Deathstroke, ce qui rend le tout fascinant. Je trouve d’ailleurs que son style se marrie mieux avec ce personnage qu’avec la Justice League, même si c’est fort réussi également.

Maitre Bruce
Maitre Bruce

quel bordel à lire, j’ai du mal à accrocher.

Reptile
Reptile

Je vins de le finir, je sens tout le potentiel qu’il y a dedans mais comme ça a déjà été dit c’est vraiment pas facile à lire.

Je le relirai juste avant la sortie du tome 2 pour y voir un peu plus clair mais c’est ps évident. Par contre c’est riche, très riche.

trackback

[…] Pour un énième titre versus, on nous sert un peu plus qu’un combat décérébré entre deux héros/ennemis. Il y a de la recherche et même si l’enjeu est en carton, ce qui se cache derrière pourrait se révéler franchement intéressant. Priest réussit l’entame de la mini-série et met Deathstroke au même niveau que Batman, tant physiquement qu’intellectuellement pour un affrontement hautement intrigant. Évidemment, on attend bien plus vu le potentiel mais ce démarrage est suffisamment convaincant. Si vous ne vous êtes toujours pas attaque à cette série, ce numéro est l’occasion de commencer, à moins que vous ne préféreriez… Read more »