Ne nous mentons pas, j’ai vu ce film, et pas dans sa version soft, et il est plus que probable si ce n’est certain que vous avez déjà visionné du contenu à caractère pornographique sur internet. Pourtant, cette simple affirmation se verra la plupart du temps remettre en question par l’hypocrisie générale concernant le genre cinématographique le plus consommé de la planète. Étrangement, alors que les préadolescents et adolescents avouent à 90% s’être rendus sur des sites X, moins de 50% des adultes entre 18 et 30 ans interrogés répondent positivement lors du sondage. Et cela peut se comprendre, car la pornographie et particulièrement la masturbation intrinsèquement liée à cette dernière est un sujet tabou, notamment chez la gente féminine.  Mais alors d’où proviennent  les 13,3 milliards de recettes annuelles de cette industrie et cela rien que pour les USA ? Les 80 milliards de vues annuelles rien que sur Porn Hub –vous connaissez- ? Mystère…

Ainsi, essayons ici de dépasser l’aspect primaire de la chose en fermant quelques secondes les valves de nos systèmes hormonaux, et d’analyser le succès critique et commercial de la dernière parodie d’Axel Braun.

L’Empire Braun

Chez les Braun, la pornographique est un business de famille. Son père, Lasse Braun, fils d’un diplomate franco-italien,  connu comme le « Roi du Porno », est un des pionniers de la défense de cette industrie si particulière en Europe, faisant campagne pour une législation plus souple en matière de films pour adultes. En effet, en 1964, le crime d’outrage à la pudeur était encore en vigueur et menaçait tous les metteurs en scène et réalisateurs voulant montrer du nu à l’écran, allant de la scène de sexe présente dans le cinéma dit classique, à la pornographie hardcore. Au fil des années, Lasse Braun a construit un véritable empire, faisant tourner de nouveaux talents dans des endroits de plus en plus prestigieux tel un château près d’Amsterdam avec une certaine Lolita Da Nova que la France connaitra plus tard comme Catherine Ringer, la chanteuse des RitaMitsouko. Néanmoins, le réalisateur se désole de plus en plus de la qualité des nouvelles productions peu onéreuses et de la vulgarité du catalogue proposé par certains distributeurs, les mœurs ayant évolué en une trentaine d’années, et quitte l’industrie, amer.

Et arrive son fils, Axel Braun, afin de faire tourner la boutique. Pourtant, tout n’est pas si simple car le jeune homme ne se destine pas à travailler dans cette industrie. Avant de commencer à travailler pour son père à l’âge de 23 ans, il est d’abord pilote de course, puis joueur de poker au niveau professionnel, et enfin gérant de boîte de nuit. Le jeune homme finit par reprendre le business familial et, les réalisateurs de films X étant, contrairement aux acteurs, pour la plupart totalement inconnus, Alex a l’idée d’accoler trois X derrière le titre de chacune de ses œuvres. Braun Junior veut se faire un nom mais aussi de l’argent, et quoi de mieux que parodier un univers qu’il ne connait que trop bien, celui des super-héros, univers  revenant progressivement sur le devant de la scène.

Dès 2010, il réalise Batman XXX, parodiant la série Batman de 66, et fort de ce succès, Vivid Entertainment, sorte de Victoria Secret de la pornographie que seules les actrices d’élite peuvent rejoindre, décide de créer une nouvelle ligne de produits répondant au nom de Vivid Superhero. De ce fait, depuis 2010, Marvel a par exemple eu droit à ses parodies Spider-Man, Iron Man, She-Hulk ou Wolverine, et l’univers DC a été adapté dans des productions du type Superman, Suicide Squad, Man of Steel et même BvS –mais nous en reparlerons-. Et tout cela nous amène enfin à Justice League XXX, sorti en 2017, qui a très récemment reçu les prix de meilleur réalisateur, meilleurs effets spéciaux, meilleur maquillage, meilleure direction artistique, et meilleure campagne marketing.

Les raisons d’un succès

Le prix remporté par Justice League XXX pour meilleure campagne marketing ne sort pas de nulle part.  L’ingéniosité a été principalement dans la manière de communiquer autour du film en proposant une version soft. En effet, qui dit version soft, dit trailer soft, et par conséquent diffusable sur les réseaux classiques de communication. Ainsi, une bande annonce a pu être proposée sur YouTube mais aussi dans les cinémas, sachant très bien que les individus l’ayant visionné ne se contenteraient pas de ça, et iraient chercher la version non-censurée. De plus, en proposant une sortie concomitante au film de la Warner, Axel Braun s’est assuré d’une publicité gratuite, les fans attendant le film de Snyder/Whedon étant facilement redirigés et intrigués par la parodie. Le réalisateur ne s’en cache pas, ayant proposé des affiches parfois meilleures que celles de l’original tout en reprenant les codes.

La parodie a un meilleur collector que le film de Warner

Justice League XXX, de par la société Vivid Entertainement sous le label de laquelle il est produit, a pu associer au projet de grands noms de l’industrie en particulier pour le casting féminin avec la présence de Romi Rain gagnante de nombreux prix et recherchées par la plupart des agences ou bien Lena Paul. Du côté des acteurs masculins, Ryan Driller (Superman) et Giovanni Franseco (Batman) reprennent les rôles qu’ils occupaient déjà pour la parodie de BvS, et bien que le cabotinage offre certains passages étranges, ces acteurs n’ayant pas choisi la spé théâtre au lycée, certains membres du casting offrent un acting étonnement de bonne qualité, en particulier Derrick Pierce en Lex Luthor.

Malheureusement, Justice League XXX doit aussi une légère partie de sa renommée au fait qu’il est l’un des derniers films de la jeune August Ames, interprète de Lashina,  s’étant donné la mort en décembre 2017. Afin de ne pas imiter la démarche d’un tabloïd bas du front, je me contenterai de résumer les faits simplement. L’actrice canadienne a révélé un des tabous du monde de la pornographie. En effet, certains acteurs gays étant connus pour avoir des meurs plus débridés, August Ames a déclaré sur twitter qu’à l’instar de nombreuses filles dans l’industrie, elle refusait de tourner avec un de ces acteurs par peur d’attraper une MST. Suite à ce tweet plus que maladroit, la jeune femme a vu un certain nombre d’internautes de type SJW –regroupant les plus bellicistes des minorités en somme- lui envoyer des messages de plus en plus violents. Malgré les justifications de la canadienne, cette dernière étant bisexuelle, le cyber harcèlement a continué sur deux jours, conduisant l’actrice, déjà assez faible psychiquement, à se donner la mort. Une sonnette d’alarme montrant une fois de plus que le harcèlement peut toucher indépendamment de l’âge, du sexe, de l’orientation sexuelle,  de l’ethnie ou de la richesse.

Justice League XXX Abrégé

Le film s’ouvre sur un plan d’Apokolips, vue de l’espace, présentant des effets spéciaux de plutôt bonne facture.  Knockout, que vous connaissez surement si vous avez lu Secret Six de Gail Simone, vient prendre connaissance de sa prochaine mission pour Darkseid auprès de Lashina. Cette dernière lui explique que sur Terre existe un kryptonien, le fils de Jor-El, se faisant appeler Superman. L’armée d’Apokolips, étant prête à envahir la planète bleue, aimerait avoir l’extraterrestre dans ses rangs afin que sa domination soit totale lors de l’attaque. Générique sur une musique entrainante, dont le thème sera peut être plus marquant que celui du bébé de Warner.

Cat Grant présente les infos de la journée. Crise financière, désastre, criminalité, suite aux événements de Batman v. Superman XXX, les héros ont décidé de prendre leur retraite et ont raccroché le masque pour vivre en autarcie, ne se mêlant plus des affaires du monde. La journaliste annonce que plus tard dans la soirée, elle accueillera sur son plateau une des figures actuelles les plus controversées, le président des USA, Lex Luthor.  Dans un gymnase, Wonder Woman s’entraine à boxer avec sa sparring partner, Lefty, quand le capitaine Hal Jordan de L’US Air Force les interrompt. Le soldat a été envoyé par Amanda Waller après que Diana ait contacté le Pentagone pour avertir le gouvernement de la venue prochaine de Darkseid sur Terre.  Hal explique à l’amazone qu’il a été recruté il y a quelques années par une police galactique répondant au doux nom de Green Lantern, et qu’il est en mesure d’apporter son aide dans le conflit à venir.

Après un dialogue plutôt amusant, Hal récite la devise des Green Lanterns et se transforme. Wonder Woman refuse néanmoins de travailler avec quelqu’un dont elle ne connait pas les forces et faiblesses. Utilisant son lasso sur le militaire, ce dernier révèle qu’il n’a qu’un seul défaut à part son arrogance : une impureté jaune présente dans sa lanterne l’empêche d’utiliser son pouvoir sur les objets de cette couleur. Comme dit plus haut, Braun a lu les comics. À l’autre bout du pays, Clark Kent profite de sa vie de fermier, mais il n’est plus que l’ombre de lui-même suite à la mort de Lois. Ayant réussi à distiller une substance alcoolisée, en partie composée de kryptonite, dont il se sert pour rester dans un état second,  il se contente de gérer sa propriété. Tandis que l’homme d’acier est en train de remplir sa flasque, Knockout arrive, et tente de le convaincre de se joindre à Apokolips. Le héros hésite, refuse de donner de réponse sur le moment, puis rentre chez lui. Vivant maintenant avec Lana Lang, l’ancienne journaliste lui fait une scène, l’accusant de n’être avec elle que par dépit –ce qui est vrai-, et le fils de Jor-El, épuisé de ces jérémiades, finit par quitter la maison pour mieux retourner s’enivrer.

Bruce Wayne s’entraine dans son jardin privé lorsque Wonder Woman lui rend visite. L’amazone lui demande de se battre à ses côtés lors du conflit à venir, mais aussi de convaincre Clark de se joindre à eux. Néanmoins, Batman explique qu’il n’est pas le mieux placé pour cela, ayant eu une aventure pendant un temps avec Lois Lane, juste avant la mort de cette dernière. Bien que trois ans se soient écoulés depuis les événements de BvS, les tensions sont toujours présentes, et le chevalier noir a refait sa vie avec Selina Kyle, maintenant enceinte. La Princesse de Themyscira repart bredouille et va donc trouver la seule personne n’ayant pas abandonné ses activités de super-justicière : Batwoman. La rouquine, très énervée contre les hommes, en particulier contre un Batman l’ayant entraîné à devenir ce qu’elle est, et ayant maintenant raccroché, accepte de l’aider.

De son côté, suite aux révélations de Wonder Woman lui ayant appris que les Green Lanterns existent, Wayne commence à reprendre espoir, et se met en quête de trouver des alliés. À l’autre bout de la ville, Cat Grant interviewe Lex Luthor, président actuel des USA, après que celui-ci ait été inculpé dans diverses affaires criminelles. Alexander se défend en expliquant que bien qu’il ait été mis en examen, il n’a jamais été condamné pour aucune malversation, et que la presse en particulier Monsieur Perry White, relaie des fake news dans l’unique but de le discréditer. La journaliste l’attaque à nouveau, précisant qu’Arthur Curry, environnementaliste, a prouvé que Lex Corp a commis des expérimentations génétiques étranges et pollué l’océan. Selon Luthor, Curry a disparu de la surface de la Terre, et lui et son groupe écolo sont des terroristes, corrompus par les libéraux. Suite à cela, le président des USA annonce avoir ouvert une fondation afin de réparer les dégâts causés par les événements de BvS, gagnant l’affection d’un public suspicieux au départ.

Pendant ce temps, Bruce se rend aux locaux de Wayne Enterprise afin d’y rencontrer Barry Allen aka The Flash, un de ses employés qu’il a chargé de s’entrainer en prévention d’une crise comme celle qui s’annonce. Par chance, le bolide est plus rapide que jamais, et ce dernier a même eu le temps de terminer son costume.  Alors que le chef d’entreprise se demande où se trouve la tenue rouge, Flash lui révèle qu’il a créé une bague permettant de transporter la combinaison.

Bruce, après avoir demandé à Wonder Woman de le rejoindre, emmène Barry à la Batcave, et lui révèle qu’il est le chevalier noir. Alors qu’il explique à Flash qu’il ne veut plus se battre, l’amazone et Green Lantern arrivent sur ces entre-faits. Malheureusement, Batman continue à refuser de participer au futur conflit, déclenchant la colère de Diana, la Princesse le sommant plus ou moins d’arrêter de se foutre de la gueule monde. En effet, promettre à Selina de rester à l’écart de la guerre pour s’occuper de leur enfant à naitre est une bonne chose, encore faut-il que l’enfant puisse naitre, Darkseid ayant prévu d’exterminer l’humanité. Le Bat de Gotham revient sur sa décision, Batwoman sort de l’ombre, l’équipe est presque réunie…

C’est alors que Superman traverse le toit de la Batcave, paré d’une fusion entre la Black suit et le costume d’Injustice. Et là, gros twist scénaristique ! Le kryptonien leur explique que la Terre ne le mérite pas, ne les mérite pas, et que quelque soit la manière dont il la protège ou l’aime, il y a toujours plus de haine et de peur dans le cœur des Hommes. Peur et haine qui engendrent le chaos. Si c’est le chaos que l’humanité veut, il le leur donnera, en commençant par Metropolis et Gotham. Ensemble, la Justice League peut apprendre à l’humanité en lui donnant une leçon.  Darkseid n’est pas l’ennemi. Wonder Woman s’oppose à Clark qui balaye ces arguments en prétextant qu’elle ne connait pas la douleur. C’est à ce moment que Batman intervient, déclarant qu’il connait plus la souffrance que lui. Le fils de krypton ne doit pas se laisser gagner par la tristesse due à la mort de Lois. Et là, deuxième gros twist scénaristique ! Superman révèle que Lois était enceinte de Bruce. Étant de vieux amis, le kryptonien ne l’exterminera pas pour cette trahison, mais Batman doit le rejoindre s’il veut la vie sauve. Wayne titube sous l’effet de la surprise, puis se jette sur Superman. Générique. Fin.

Alors que retenir de ce film ? Malgré un produit visant à capitaliser sur les instincts primaires de nerds, fans de comics, et amateurs de cosplay, une volonté de bien faire transparait du projet. Les acteurs cabotinent un max, mais quelques performances assez justes à l’instar de celle de Derrick Pierce en Luthor sortent du lot.  Certains costumes font kitch mais arrivent à être largement de meilleure facture que ceux du pilote de la série JLA de 1997. De plus, l’histoire racontée s’avèrent surprenamment respectueuse du matériau de base, le Alex Braun Cinematic Universe réussissant à son échelle à créer un elseworld pas dégueu du tout et délivrant un message final inattendu pour une production de ce genre. Le prix de la meilleure campagne marketing est clairement mérité, et l’idée de proposer une version soft  a réussi à rameuter un public qui n’y serait jamais intéressé. L’humour, assez présent, notamment grâce au personnage de Green Lantern et ses punchlines, est correctement géré -bien qu’on pourra regretter un Barry Allen présenté comme un geek pitoyable au point d’en être génant-. Les effets spéciaux sont par moment étonnement réussis malgré des fonds verts assez visibles, et les envolés lyriques de la musique offrent une plus value non négligeable en particulier lors du générique final. Une bonne surprise.

XXX / 10 Notre avis
{{ reviewsOverall }} / 10 Votre avis (1 vote)
Les +
- Les prix reçus sont mérités
- Romi Rain/ Wonder Woman, Ryan Driller/Superman,Derrick Pierce/Lex Luthor
- Un final inattendu et un respect étonnant des comics
- Un elseworld intrigant
- La première apparition de Batwoman sur grand écran
- "Come together !" - Best slogan ever
Les -
- Un Flash vraiment trop pitoyable pour être appréciable
- Certains acteurs ont plus de mal que d'autres
- Un des derniers films de August Ames
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wi4552
wi4552

et bah putain le scénario lu comme ca, et sacrement couillu ( c’est le cas de le dire). je veux dire ca reste fidele et l’histoire en elle meme est plutot interessante. TU prends ce scénar sans les scenes hot, c’est un tres bon film sur la Justice League

Twelve
Twelve

Très instructif honnêtement, donc merci Blue, en espérant que les pratiques du visionnage de porn de certains ne se reportent pas ton article : hop je jump sur la conclusion.

Billy Batson
Billy Batson

Quand tu dis dans les points négatifs que « Certains acteurs ont plus de mal que d’autres », ça veut dire que certains s’en prennent plus dans la gueule (et donc souffrent davantage) que d’autres dans certaines scènes ?

Mocassin
Mocassin

De ce que tu racontes, ce n’est qu’une première partie, non ?

Mayto
Mayto

Ce soir branlette comme dirai le grand deadpool 😊😊😊

Bat-Dylan
Bat-Dylan

L’histoire a l’air pas mal ou peur on voir ça ? 😥😁🙈

Para le pacifique Parademon
Para le pacifique Parademon

ça marche comment niveau droits d’auteur les parodies pornos des grosses franchises ?

Mandalorwarrior
Mandalorwarrior

Voila comment bien gâcher des héros de ton enfance !… Au lieu de faire du porno a la con, le mec aurais dû faire quelque chose de VRAIS. Un putain de fan-film qui fait honneurs a ce merveilleux univers qu’est DC comics !

ÇA, c’est juste humiliant…

nomalez
nomalez

Joss Whedon a retourné des scènes là aussi ????! :-P ^^