Introduction

1. Présentation de l’univers et direction artistique

2. L’univers Arkham, une histoire de chronologie : Adaptations et apports

3. Arkham : Développer son univers

4. Conclusion

L’univers Arkham, une histoire de chronologie : Adaptations et apports

Batman : Arkham Asylum

Dossier - L'Univers Batman : Arkham et ses comics 1Arkham Asylum n’a pas de comics en rapport, ni de titre lui étant consacré. Et c’est certainement une qualité, sachant que le jeu est en quelque sorte une adaptation (assez libre) du Graphic Novel du même nom. Sorti avec le premier jeu en 2009 et possédant le titre de The Road to Arkham, il s’agit d’un simple numéro introductif. Pleinement superficielles, ces quelques pages de comics dévoilent les quelques instants ayant lieu avant l’arrivée de Batman et du Joker à Arkham. Aucune narration n’est définie. On passe d’une scène introduisant un personnage de l’aventure à un autre : Gordon attend, Harley va libérer Bane, etc.

La réalisation de ce numéro est pourtant soignée. Alan Burnett se retrouve au scénario, et intègre parfaitement ce mince extrait à l’introduction du jeu. De l’autre côté, Carlos D’Anda réalise de superbes illustrations et présente un style qui suivra l’adaptation du jeu en comics, avant de prendre une toute autre direction.

Batman : Arkham City

Carlos D’Anda va définir le style même de l’adaptation d’Arkham City. Le comics Arkham City créé un lien entre le premier et le second jeu. Désormais plus étendu au vu du succès du premier jeu, la licence s’octroie un prélude complet pour assister la sortie en grandes pompes d’Arkham City en octobre 2011. Carlos D’Anda dessine le premier numéro, avant de laisser d’autres artistes copier son style et poursuivre la mini-série. Tout comme Paul Dini va présenter les pistes à suivre pour raccorder les deux jeux. Ce titre est un apport non-négligeable au jeu. Contrairement au prélude précédent, il s’agit d’une mini-série en six parties publiées chez Urban Comics.

Dossier - L'Univers Batman : Arkham et ses comics 2Le raccord au jeu est toujours aussi soigné. L’histoire est particulièrement rapide et se voit obligée d’intégrer des ellipses, ce qui ruine certains aspects comme l’ascension de Hugo Strange à des faits concrets plutôt qu’à une réalisation développée. Les ellipses ne nuisent cependant pas à la cohérence de l’univers, qui semble être le point le plus soigné de toute la gamme Arkham. Car c’est bien la gestion d’un univers complet qui fait l’objet de la série et marque dores et déjà la séparation des différents clans : Double-Face, Joker, le Pingouin. Bien plus qu’un prélude réalisé à des fins commerciales, Arkham City trouve son comics possédant des aspirations plus grandes, présentant un potentiel à travers un développement de cet univers.

Arkham City connaît une nouvelle extension, à travers des chapitres digitaux. Sans aucune importance, cet apport se présente comme associé au jeu, inscrit lors du déroulement du scénario. Si on reconnaît plus ou moins les scènes, ces chapitres manquent de pertinence et de soin. Ils ne tiennent que le rôle de contenu supplémentaire, comme pour faire patienter les amateurs. Un faux pas vers une exploitation maladroite de l’univers, et ne possédant aucune pertinence pour plusieurs raisons : les personnages engagés sont très secondaires, ceci imposé par le choix d’inscrire l’action dans le même temps que celle du jeu.

Dossier - L'Univers Batman : Arkham et ses comics 3D’une autre manière, après le prologue, Arkham City : Endgame présente l’épilogue. Après la mort du Joker, Derek Fridolfs écrit une histoire faisant le lien entre la mort du Joker et sa relation avec Batman. Un ajout tout sauf nécessaire, qui a le mérite d’exploiter une part infime du jeu pour proposer de la matière. Seulement, cette matière ne va pas quitter le personnage du Joker et jouer de jeux classiques liés à des clichés du monde des comics. Le lien avec les comics n’est pas négligé. Jason Shawn Alexander présente un nouveau style. Au risque de s’attirer les foudres des fans et des néophytes du neuvième art, il représente le Joker au travers d’un style graphique brouillon, aux traits tremblants et répétés, faisant écho avec l’oeuvre Arkham Asylum, dans un jeu de couleurs aquarelles limitées au noir et quelques nuances de marron. Un retour à un style brutal assez maladroit, même si compréhensible. De ce fait, il est assez difficile d’inclure ce récit à la continuité de l’univers Arkham, d’autant plus qu’il n’apporte aucun élément canonique.