Harley Quinn a fêté ses 25 ans l’an passé et au fil du temps, elle a eu droit à diverses itérations, dont celle écrite par le duo Amanda Conner et Jimmy Palmiotti, qui n’a pas vraiment su séduire les critiques mais semble avoir trouvé son public selon les ventes. Est-ce pour la qualité de leur travail ou pour le personnage vendeur, le doute est de mise. Cependant, le personnage a survécu à Rebirth et voici aujourd’hui un retour sur le premier tome de cette série Harley Quinn Rebirth, tout fraîchement publié en France par Urban Comics.

Quelques bonnes idées dans une débandade de bêtises

Au lieu de tâcler gratuitement le titre qui pourtant est totalement dispensable, essayons de nous concentrer sur ces quelques bonnes idées trouvées ci et là au fil du récit décomposé en trois parties. Si, si, je vous assure qu’il y a des éléments intéressants, ne levez pas les yeux au ciel.

Tout d’abord, le premier arc, qui, après un rapide exposé des nouvelles origines de Harley, nous mêle adolescent extraterrestre fugueur et gros doigt à l’industrie de la viande. Si l’on peut voir un parallèle, probablement pas voulu, entre les maladies telles Creutzfeldt-Jakob qui a affolé les industries il y a quelques années et l’histoire, il est bon de rappeler ce qu’il se passe. Notre petit ami vert, oui c’est cliché, arrive sur Terre, et voyant la liberté des bovidés rencontrés se dit alors qu’ils sont respectés et aimés. Sauf qu’il s’agit de bovins à viande, et qu’une fois transformé, lui aussi aura droit à son abattage gratuit et irrespectueux puis à la dissémination de ses bouts de viande à Brooklyn. Jusque là, on pourrait avoir une histoire somme toute intéressante qui peut toucher le cœur des végéta*iens (d’ailleurs le duo joue assez souvent sur ce sujet). Et là où la bonne idée continue, c’est de transformer tous les consommateurs de ces morceaux de cadavres en zombies. Alors critique du monde réel ou pure histoire de fiction, de la part des auteurs, je me pose des questions, mais le parallèle reste bien là. Malheureusement, par la suite, nous avons droit à une invasion pure et dure avec Harley et ses amis qui dézinguent du zombie pour s’en sortir vivants, avec en guest Poison Ivy qui revient voir sa chair chère et tendre. On passe par du Red Tool inutile et inutilement mutilé, aux références pop-culture (Hitflix, Running Dead),  au massacre d’habitants du quartier, au temple démoniaque sous-terrain puis aux parents de l’ado vert venus récupérer les morceaux. On notera donc que d’une bonne idée vient une débandade de bêtises que ce soit au niveau de l’histoire ou des actes de l’héroïne rendue complètement écervelée encore une fois, élément qui ne colle d’ailleurs pas avec la troisième partie du tome.

Ensuite, nous avons une nouvelle fois droit à un petit fill-in, à base de robot géant. Cette fois le Transformer n’est pas conduit par Harley Quinn mais un enfant qui finit puni avec des fessées. Enough said.

Une troisième histoire qui tente de recoller les morceaux

Pour clôturer ce premier tome, Harley Quinn est envoyée en mission par le nouveau commissaire, sous-couverture, dans le milieu punk. Donc, sans rentrer dans les détails, on passe par la case keuponnisation (quoi?) du personnage, parodie du milieu, ultraviolence (mais recherchée -un peu- pour une fois). Et là encore, on nous donne des éléments de la vie passée de Harley, via une savonnette J+H. Si les parties relatives à Arkham sont intéressantes et dépeintes de manière originales, il en reste que l’histoire tourne encore une fois autour de la sexualisation, l’objectivation du personnage pour tenter de donner un semblant d’attache ou de fond à l’histoire, alors que sans ces éléments, elle ne s’en serait portée que mieux. Là où l’histoire ne prend pas vraiment non plus, reste la VF. Si les auteurs ont travaillé en VO sur les références telles que Sex Pistols en tête de liste, cela ne se retrouve que très peu en VF suite aux traductions et l’on peut facilement passer à côté.

Du coup, cette troisième histoire, nous livre un fond douteux, sur un exécution pas vraiment de grande finesse, mais tout en incluant des éléments parodiques, symboliques tels que des personnages de l’univers de Gotham ou des éléments passés de Harley et entre autre sa capacité d’établir des plans plus ou moins à long terme sans passer pour une écervelée totale.

Les parties graphiques quant à elles restent plus ou moins fidèles à ce que l’on a pu retrouver durant l’ère pré-rebirth hormis quelques surprises comme les inclusions passées du temps à Arkham.

On retrouve énormément de références à Bruce Timm (scène de la douche), à l’univers musical, à l’histoire générale du personnage, de bonnes idées malheureusement détournées en bêtises et des éléments tout à fait discutables dont Red Tool qui nous rappelle sans cesse Deadpool et qui ne sert finalement à rien, si ce n’est apporter de la lourdeur perverse supplémentaire avec un focus sur son nouveau bras totalement bidon, pour lequel un « on en a rien à branler » serait même de mise. C’est dommage. Mais lu en tome, cela reste bien plus digeste qu’en petits bouts de singles par-ci par-là. 

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Des notions relatives au passé de Harley Quinn
Des guests toujours bons à prendre
La pop-culture est reine
De bonnes idées...
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... qui partent en vrille
Un duo qui veut trop en faire au scénario
Un fill-in inutile
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