Les feuilles d’automne sont tombées, pour laisser parfois place à certains endroits à un épais manteau blanc, afin d’entrer dans la période de Noël du mieux possible. Un coin de cheminée (ou une fausse gagnée en kit sur les réseaux sociaux), un chocolat chaud, des gourmandises sucrées et un bon comicbook, afin d’attaquer dignement les fêtes. Et autant commencer par un marronnier DC Comics avec le DC Holiday Special #1, mettant en scène une petite flopée des personnages DC les plus emblématiques de Superman en passant par Swamp Thing jusqu’à évidemment Wonder Woman ou encore Batman.

Le miracle de Noël

Le tableau des vacances s’ouvre sur une discussion entre un Clark Kent complètement désabusé et un John Constantine hargneux, dans l’Ace Clubs of Bar de Metropolis. Dans le fond, des postes de télévision allumés avec dedans Kim Jong-un et Donald Trump. Nos deux héros (non, pas les représentants de la Corée du Nord ou des Etats-Unis) dépeints par Jeff Lemire et Giuseppe Camuncoli se retrouvent à discuter de l’inutilité de leurs actions, et de la quasi-défaite du bien dans un monde emporté par la noirceur, et la haine de l’autre. Mais là où l’ensemble de l’oeuvre excelle, c’est dans sa manière de dire : oui, le monde n’est pas au mieux de sa forme, mais il reste de l’espoir, et particulièrement dans cette période de Noël faite pour se retrouver entre amis, ou même dans la famille (et pas forcément que pour échanger des cadeaux, hein, on vous connaît). Chacune des histoires mises en scènes par des auteurs talentueux comme Denny O’Neil, Max Landis ou encore Tom King sert ce dessein. Certains des titres sont sombres, comme celui de Sgt. Rock mettant en scène dans un quasi huis-clos un Nazi et un Juif où une sorte d’espoir s’installe dans le récit. Ou dans des histoires plus enlevées, comme par exemple Hope For Holidays de Joshua Williamson dans laquelle Flash apporte simplement de la joie et du bonheur dans une famille en faisant ce qu’il sait faire de mieux : courir vite. Mais quand on évoque Noël, on pense immédiatement ou presque à la famille. Et c’est parfois, ce vers quoi s’oriente le récit comme Holiday Spirit de Shea Fontana autour des Teen Titans, et de leur amitié avec Starfire, loin des siens.

C’est dans tous ses moments attendrissants, d’espoir, de bonhomie, et, osons-le, d’émotion que DC Holiday Special #1 parvient à distiller dans ses quatre-vingt huit pages l’esprit de Noël. Le tout, bien enveloppé par Jeff Lemire dans un fil rouge autour de l’espoir de l’homme d’acier, flirte avec la magie d’une réunion de famille, l’ouverture à l’autre, le partage, et plus largement la disponibilité. Parce que c’est aussi ça le miracle de Noël.

DC holiday special

Mais un miracle à géométrie variable

Cependant, la noirceur prend parfois le dessus sur tout espoir de rédemption et de lumière. Avec un peu de mauvaise foi, force est tout de même de constater que Tom King va parfois un peu trop loin, réussissant à se rattraper aux branches (de sapin) sur la toute fin de son récit. On ne comprend pas toujours non plus l’utilité de certains contes comme celui de Dan DiDio avec les Atomic Knights. Il s’avère aussi regrettable que les dessins de Phil Hester desservent totalement You Better Think Twice de Mairghread Scott s’attachant à Ollie et Dinah. Si Ollie se sape en costume de Père Noël et que Dinah est en Black Canary, le récit de l’auteur est malheureusement trop quelconque pour basculer vers l’émotion de ces orphelins dont le Noël est sauvé par le duo de Green Arrow.

Une fois n’est pas coutume, un des grands perdants de DC Holiday Special #1 est Batman, puisque jamais le Chevalier Noir ne trouve véritablement sa place sauf peut-être dans l’histoire miroir Solstice de Greg Rucka (et malgré de très beaux dessins de Bilquis Evely) mettant en scène Wonder Woman et le Dark Knight. Si le Rebirth du personnage est bien aidé par Tom King dans sa série en cours, Denny O’Neil n’arrive pas, aussi surprenant que cela puisse paraître, à insuffler l’esprit de Noël, ou même à distribuer de l’espoir dans les pages qui lui sont attribuées. La faute peut-être à un récit un peu trop noir (Batman oblige ? ;)), et plutôt éloigné de l’esprit enfantin. Assez dommage d’ailleurs de l’avoir intitulé Twas The Night Before Christmas dans la mesure où il reprend le titre d’un célèbre poème censé raconter la légende du Père Noël, avec la visite de St Nicolas. Même constat pour Swamp Thing dont la magie ne prend finalement  jamais.

DC Holiday Special 2

Malgré tous ces petits défauts faisant de DC Holiday Special #1 un ensemble de contes inégal, tout le monde peut trouver à boire et à manger. Que ce soit grâce à la fabuleuse histoire de Superman offerte par Max Landis bien servie par les dessins de Francis Manapul qui décidément, après American Alien, semble avoir cerné le personnage, ou simplement grâce à des dialogues attendrissants entre les Teen Titans, petits et grands pourront retrouver l’esprit de Noël, et plus largement : leur bonheur. Et ça, ça n’a pas de prix sauf peut-être celui de 9,99$.

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- ho ho ho, l'esprit de Noël est là !
- le retour de Jeff Lemire sur un fil rouge plutôt sympathique
- il neige sur le Holiday Special
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- un peu cher même en période de fêtes, et malgré les étrennes de Mamie
- assez inégal, et donc anecdotique
- l'histoire de Dan DiDio (déso, pas déso)
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3 Commentaires

  1. Bonjour, je sais que ce n’est pas trop l’endroit mais sauriez vous si urban va sortir la vf du dc holiday special 2016 ?

    • Il faudrait tout simplement leur demander sur les réseaux sociaux. Pour l’instant ce n’est pas prévu dans leur planning dévoilé.

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