Précédemment : Batman Rebirth Tome 2 : Mon nom est Suicide

On se retrouve donc avec la suite de Batman Rebirth chez Urban Comics trois mois après la sortie du second tome. Pour rappel, Batman a réussi à subtiliser à Bane le Psycho-Pirate ce qui va pousser l’ennemi du héros à venir directement à Gotham afin de récupérer celui qui pouvait lui faire renoncer au venin, mais aussi pour se venger de celui qui lui a brisé le dos !

La conclusion

Après Mon nom est Gotham et Mon nom est Suicide, King nous livre Mon nom est Bane qui doit conclure, en partie, ce que l’auteur raconte depuis le premier numéro. Dans un style situé entre les deux premier tomes, on aura un arc plein d’action avec peu de moments de pauses. Même si tout s’enchaîne rapidement, l’arc est assez court pour que l’on puisse l’apprécier sans s’ennuyer. On rentre dans le combat autant physique que psychologique que vont se livrer les deux ennemis. Cet arc aura aussi permis à King de brièvement mettre en avant le large éventail des ennemis de Batman. Cela ne sert pas à grand chose, si l’on excepte le petit teasing concernant l’arc suivant, mais c’est somme toute assez fun.

Néanmoins, il reste des défauts. Ce que je trouve bancal, c’est cette tendance de King à introduire des éléments pour les « retconner » en partie par la suite beaucoup trop tôt. Dans le précédent tome, vous avez l’exemple de Catwoman, dans ce tome vous en avez un autre. En résulte un certain manque de développement qui ne permet pas d’apprécier pleinement les idées proposées ou, tout du moins, tenter de les appréhender. Je vais oser une comparaison que certains trouveront à côté de la plaque : le run de Morrison. Lorsque ce dernier proposait une idée qui était censée être majeure dans l’histoire de Batman, il ne donnait pas la résolution à peine six numéros après. Il est nécessaire que le héros traverse un certain nombre d’échecs, de réussites, de sorte que la résolution signifie vraiment quelque chose. Or là, ce n’est pas vraiment le cas. On (lecteur) finit par survoler les idées sans qu’on ne s’en imprègne. De plus, même si avec le recul on peut apprécier globalement ces trois premiers arcs, on se retrouve avec une fin si abrupte que c’en est décontenançant. Il aurait peut-être été préférable de développer un peu celle-ci. Pour le reste, King promet de donner à nouveau une place importante à Gotham Girl et j’attends de voir cela, en espérant être agréablement surpris. Ensuite, rapidement pour éviter tout spoil, l’événement qui conclut véritablement ce tome est vraiment originale et plaira sans doute à beaucoup de monde. Je n’en dis pas plus, mais c’est à lire !

Le reste

Si vous voulez enfin voir ce que vaut King quand il est en forme, il suffit de lire le Batman #23, one-shot dessiné par Mitch Gerads, de retour après avoir illustré la conclusion du tome 2. Ce numéro met en scène Batman qui enquête sur la mort d’un homme et qui se retrouve accompagné de Swamp Thing. Il s’agit d’un pur chef d’œuvre (oui) en termes de narration, de dessins et de construction. King est visiblement plus à l’aise lorsqu’il s’agit de raconter sur Batman une histoire concise qui se suffit à elle-même.

Pour l’annual, on a plusieurs histoires courtes qui sont l’occasion de mettre en avant d’autres équipes créatives plus ou moins notoires. Mais avant cela, on doit passer par la première histoire qui a valu l’Eisner Award pour la meilleure histoire courte à King et Finch. Effectivement, cette histoire est superbe. Davantage centrée sur ce que peut apporter Alfred à un Batman désabusé, Good Boy, dans la langue de Cavill, nous narre l’adoption de Ace par le majordome de Bruce. Belle histoire, joliment illustré et révélatrice du potentiel de ce run. Un potentiel pas tout à fait exploité à ce jour, il faut l’avouer. D’ailleurs, cette histoire est disponible gratuitement et légalement si vous voulez la lire par curiosité. Suite à cela, on aura le droit à une excellente histoire par Scott Snyder, Ray Fawkes et Declan Shalvey en, quasiment, toute simplicité, ce qui change. Oui, Snyder a bien écrit Batman, loin (ou presque) de tout ce qui déplaît chez l’auteur. Ensuite, ce sera au tour de Paul Dini et Neal Adams de proposer une histoire avec Batman et Harley Quinn toujours aussi sympathique, mais bon Harley Quinn… On enchaîne avec quelques pages assez obscurs de Steve Orlando et Riley Rossmo pour finir sur un peu de gaz de terreur dans une aventure narrée par Scott Bryan Wilson et dessinée par Bilquis Evely. Une aventure originale et plaisante. Vous l’aurez compris. Le premier annual de la série va du bon à l’excellent en étant toujours beau, même si certains pourront le trouver anecdotique, mais bon, cela reste un annual.

Les dessins

Alors les dessins. C’est en grande partie du David Finch dont le travail est apprécié par certains mais déplaît à d’autres. Il est cependant nécessaire de préciser que ce n’est pas le David Finch brouillon. Certaines pages, telles que celles représentant le premier combat entre Batman et Bane, sont belles. Les jeux de lumières et la mise en page sont maîtrisés. Après, et c’est là une supposition, la qualité des dessins de Finch semble grandement varier en fonction de la colorisation. En l’occurrence, Jordie Bellaire, qui est dans la moyenne haute des coloristes chez DC, sublime les dessins.

En réalité, comme d’habitude, King semble faire en sorte que les dessinateurs délivrent quelque chose de très bonne facture. L’exemple le plus parlant étant le travail de Mitch Gerads. Son style particulier est souvent mis en avant par une mise en page exemplaire, alors que sur d’autres travaux (et là j’ai en tête son Punisher de la maison d’en face) le résultat est moyen. Cela révèle quelque chose qui mériterait d’être approfondi. La qualité des dessins n’est pas toujours due à l’unique talent du dessinateur, mais aussi à la capacité du scénariste de mettre en avant le talent de l’artiste, d’écrire ce qui pourra faire ressortir les points forts de l’artiste et à la compatibilité au sein de l’équipe créative. Cela peut sembler évident au premier abord, mais c’est en étant mis face à un travail d’équipe réussi (ou l’inverse) que l’on s’en rend véritablement compte.

En conclusion, on tient là un tome plus solide que le précédent, grâce notamment à une bonne conclusion qui ouvre sur ce qui est à venir, un one-shot exemplaire et un annual de très bonne facture, le tout étant toujours servi par des dessins de qualité. Malgré tout, King a un peu de mal à aller au bout de ses idées, ce qui ne permet pas de pousser la réflexion. Avec ce tome, l’auteur conclut donc l’entame de son run et a démontré que, s’il y a encore des défauts çà et là, il excelle dans les one-shots et autres histoires courtes. Avec le prochain tome, on aura le droit à un arc conséquent de huit numéros qui prendra place dans le passé et qui apportera la réponse au cliffhanger de ce tome. Je vous donne donc rendez-vous à sa sortie pour en reparler !

À suivre : Batman Rebirth Tome 4 : La guerre des rires et des énigmes (à venir)

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L'arc global est fini, on passe à la suite, et ça promet !
Batman #23 et l'annual
La partie graphique
Belle galerie de personnages...
Les -
...même si c'est assez inutile
King ne va pas au bout de ses idées
Fin abrupte pour l'intrigue avec Bane
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Reptile
Reptile

Je te suis sur pas mal de point.

J’ai été très déçu de la résolution de l’arc avec Bane. Par contre comme tu le dis leur premier affrontement est un plaisir pour les yeux.

Je suis tout a fait de ton avis pour l’histoire avec Swamp Thing que j’ai trouvé merveilleuse.

Par contre entre ce qui se passe avec Detective Comics, la nuit des monstres etc, Batman en chie quand même…

**SPOILER**
« et qui apportera la réponse au cliffhanger de ce tome »

tu parles de ce qui se passe à la fin de Batman #24? je n’ai pas saisi…

klent081
klent081

Pour ma part je n’ai pas été seulement déçu de cette fin de bagarre. Après un parallèle entre la vie de Bane et de Batman pendant qu’ils se bagarrent, comme si une balance était en équilibre, elle penche brusquement en faveur de Batman, tant physiquement (coup de boule) que mentalement (batman a ce petit qqch en plus qui le fait triompher) : malgré ces démons, il est profondément humain et altruiste (Claire). d’où l’épilogue avec sa mère puis avec claire puis avec selina.

coma199402
coma199402

Seul tome que je n’ai pas encore pour ce mois, tellement déçu par les 2 tomes précédents qui auraient pu être résumés en une issue… Et la pauvreté narrative qui va avec :/
Cette critique me donne espoir je tenterai mais pas sur que ça arrive à la cheville du Nightwing rebirth tome 2 et Flash rebirth tome 2 sortis en même temps haha

klent081
klent081

Franchement vas-y tu ne seras pas déçu ! Je ne vais pas plus apprécié que ça et Thomas et 2 celui-là et clairement un cran au-dessus et me réconcilie avec Batman suite aux excès des new52.