Si j’ai bien suivi, la série dure cinq années, chaque années est divisée en deux tomes. Donc cet album est le dernier de la série ? Et non, on en a donc pas encore fini avec Injustice. On a constaté une baisse de qualité de cette dernière depuis l’arrivée de Brian Buccellato au poste de scénariste, le précédent tome ayant même reçu la qualification « lamentable » de ma part. Il est temps de voir si cette deuxième partie, qui contient Injustice Year Five #8-14, arrivera à redresser le niveau.

Pour faire sortir Batman de sa cachette, Superman va sombrer encore plus bas dans la cruauté. Mais l’arrivée de l’imposteur qui se prend pour l’homme d’acier commence à devenir réellement problématique.

Une très nette amélioration

Si je résume le précédent tome en quelques lignes, ça donne : des dialogues tous plus cons les uns que les autres, des personnages balancés aléatoirement et très mal écris, aucune progression dans l’histoire et aucun enjeu. Au plus grand soulagement du lecteur, l’album qui fait l’objet de cette review fait clairement mieux.

Commençons par la caractérisation. Dans le précédent tome, tous les personnages passaient leur temps à dire « tu oses ? » « tu oses me contredire ? » et des phrases du genre. Même si cette réplique apparaît à de rares reprises, les choses ont clairement évolué en bien. On nous montre un Bizarro (bien qu’il ne soit jamais appelé ainsi dans le tome) en quête de lui-même, avec son air simplet et son esprit attardé qui contraste fortement avec sa puissance, qu’il arrive à peine à maîtriser. Il ne se rend pas compte des dégâts monumentaux qu’il engendre autour de lui, et le personnage s’en retrouve plutôt attachant.

L’histoire s’attarde aussi un peu plus sur Flash. Bien que dans le camps de Superman, il s’est parfois montré critique envers la stratégie de l’homme d’acier. Ici, sa loyauté va être mise à rude épreuve à plusieurs reprises, préférant faire ce qu’il juge juste, comme commémorer un ancien adversaire en compagnie des Rogues survivants, plutôt que de suivre aveuglément les ordres. Bruce aussi n’est pas en reste. L’élément principal du tome est sujet à spoiler, je vais donc éviter de trop en dire. Mais la sempiternelle question « Batman va-t-il finir par tuer un criminel ? » est remise sur la table, et la réponse est évidemment non. Quelques soient les circonstances, jamais le croisé encapé ne franchira la ligne, ce qu’est loin d’approuver son fils Damian. Mais la caractérisation qui frappe ici est sans aucun doute celle de Clark.

Superman est désormais irrécupérable

Le début de la série Injustice nous présentait Clark comme étant un gentil dictateur. Certes il s’est accaparé le pouvoir sans être élu, mais après tout, il a amené une paix mondiale tel que l’humanité en a rarement connu. Plus la série avance, plus le personnage se met à sombrer du côté obscur et à justifier les moyens par la fin. Si cela commençait par tuer ses ennemis, comme Kalibak par exemple, il ne va pas s’arrêter là. Dans l’esprit du kryptonien, la définition de « méchant » est progressivement passé de « personne qui veut du mal à moi ou au monde » à « opposant au régime ». Il ne va pas se priver de le démontrer lors de l’intervention du Green Lantern Corps ou des dieux grecs, en ne se gênant pas pour tuer ceux qui ne font que protester. Mais dans cette cinquième année, c’est un nouveau cape qui a été franchi.

Ici, plus de faux semblant. Clark tue un groupuscule entier qui vénérait le Joker comme figure anti-système, et fait comprendre sans trop de subtilité qu’il ne tolèrerait pas les réticences des membres du régime. Il ne cherche plus à se justifier, il ne cherche plus le soutien ou l’approbation de ses proches. Ces derniers n’approuvent pas sa stratégie ? Ils ont des objections ? Qu’importe, Superman n’en à rien à faire de leur regard et de leur avis. Ils savent qu’il est plus fort qu’eux, et que s’ils changent d’allégeance, il vont connaître le même sort que les autres opposants aux régimes. Clark n’essaie même plus de convaincre, ses proches ou lui-même, que ce qu’il fait est juste. Il sait qu’il est devenu le dictateur intransigeant que tous le monde craignait, et il a l’air d’apprécier ce rôle, du moins il n’en a pas honte. Le Superman qui se battait pour la vérité et la justice a désormais totalement disparu.

Il va même tomber encore plus bas, dans son stratagème pour faire sortir Batman de sa cachette. Je ne vais rien spoiler, mais le fait qu’il n’est en rien dégouté par un acte aussi immonde montre que l’homme qui croyait aux valeurs américaines n’est plus.

Le scénario n’est cependant pas parfait

On a abordé les principaux points positifs. Mais bien évidemment tout n’est pas parfait. Il y a notamment beaucoup de bizarreries du scénario qui aurait mérité plus de soin.

Premièrement : le kryptonien met au point un petit stratagème pour faire sortir la chauve-souris de sa cave. Et ce dernier tombe dedans étonnamment facilement. Sans l’intervention de Flash, Bruce serait le prisonnier de Clark. Si l’auteur nous avait présenté à ce moment précis un Batman qui a perdu son sang-froid, ça aurait expliqué le fait qu’il fasse des erreurs, mais ce n’est pas le cas. Il a réussi pendant cinq ans à se cacher, et se fait avoir par un coup aussi bête ? Quelque chose gêne.

On pourrait aussi parler de Lex Luthor et de Doomsday. Lors d’une scène, Lex ordonne au monstre de tuer l’homme d’acier. Mais au dernier moment, il dit « Non, ce n’est pas ma méthode ». Mais alors pourquoi as-tu demandé à Doomsday de frapper ? Aussi, il y a le problème des morts gratuites. Si celle du Charlatan a un sens dans l’histoire, celle de King Shark, par exemple, n’a pas de répercussion. Enfin, d’autres éléments n’ont tout simplement aucun sens. Il sort d’où le combat entre Harley Quinn et Shazam ? Il y avait aussi ce problème dans le précédent tome : les combats aléatoires.

Jamais on aurait pu espérer un tel bond de qualité entre la première et la deuxième partie de cette cinquième année. La série abandonne son idée d’histoire unique, et le pari est gagnant : rarement ennuyeux, suffisamment riche en rebondissements, et porté par des personnages mieux écrits, sans oublier le travail sur Superman. On a désormais de l’espoir pour la suite, et tant mieux, ça nous manquait.

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Une caractérisation mieux réussie
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Encore des morts gratuites
Certains combats sonnent creux
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1 Commentaire sur "Review VF – Injustice Année 5 : Deuxième partie"

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Rhuminou
Je ne suis pas vraiment d’accord avec le fait de qualifié le stratagème de Superman de « coup bête ». Attention je Spoil en dessous. Pour attirer Bruce, Superman libère Zsasz et l’envoi tuer Alfred. Je pense que c’est la plus grande perte possible pour Batman. Plus que Jason Damian ou même Superman. C’est un peu comme si il perdait une deuxième fois ces parents. Dans un sens c’est comme si sont « plus jamais » qu’il s’est juré à la mort de ses parents se reproduisait à cause de sa résistance. Je reconnais que sa perte de sang froid ne se voie pas… Lire la suite »
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