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Aquaman

L’histoire est simple et symbolique : Arthur et Mera officialisent l’ouverture d’une ambassade conçue pour faciliter les relations diplomatiques entre le royaume d’Atlantide et le monde de la surface. Mais tout ne va pas se passer comme prévu, puisque bien que rapidement mis hors d’état de nuire, Black Manta complique la tâche d’Aquaman en perpétrant cet acte terroriste – la destruction de l’ambassade. Ce faisant, il brise non seulement les rêves d’Aquaman, mais aussi la relation de confiance qui s’était installée entre une partie de l’océan et les Etats-Unis.

Aquaman

Un pari réussi pour Dan Abnett

Si parfois, le titre Aquaman s’est résumé à un sempiternel affrontement entre des vilains et le roi Atlante, Dan Abnett réussit dans ce premier arc à mettre en place une thématique politique intéressante, sur fond d’interventionnisme américain, sans jamais être manichéen d’ailleurs. Le récit est l’occasion de s’arrêter sur la montée d’un sentiment “nationaliste” dans un contexte d’ouverture pacifique, en abordant le concept de groupuscule notamment, posant par conséquent la question de savoir si la décision relève du souverain ou du peuple. Mais la réponse n’est pas donnée, puisque chaque personnage du récit n’a pas la même façon d’aborder politiquement la chose : si Aquaman souhaite la paix entre les peuples, Mera bien que soutenant Arthur est plus en faveur d’une politique de détente, tandis qu’un groupuscule comme Nemo est pour un arrêt des relations entre les deux mondes. Ainsi, Aquaman doit faire face à plusieurs menaces : celle émanant de son propre peuple ne voulant pas de cette cohabitation, mais aussi la méfiance des Américains qui, l’occasion faisant le larron, se décident à regagner du terrain en s’avançant vers les océans. Il faut d’ailleurs noter que le titre de l’arc “Inondation” tient un double sens : si bien sûr le titre fait allusion à l’attentat terroriste de Black Manta provoquant une inondation au sein de l’ambassade, c’est aussi toute la relation entre Atlantis et la terre qui prend l’eau. Relation percée de toute part.

Aquaman

Mais Aquaman n’est pas seul dans cette tâche qui l’attend puisque Mera tient une place prépondérante dans l’histoire. Si elle ne se range pas totalement du côté des arguments de son Arthur adoré, elle croit en lui autant que lui croit en elle et au bien fondé d’une relation pacifique entre le monde dans lequel il vit, et le monde duquel il vient. Mera est clairement dépeinte comme une femme forte et sûre d’elle sauvant Arthur à plusieurs reprises, et n’hésitant pas à risquer sa vie pour lui. On la voit aussi déterminée quand il s’agit de discuter avec des hommes politiques, ne reculant devant rien, ni personne.

Aquaman

Aquaman, le maltraité

Si le développement politique est intéressant, il est regrettable que l’auteur cherche tant bien que mal à faire descendre Aquaman de son piédestal, avec des références au passé un peu gênantes par moment, et surtout celle sur son rapport à la Justice League. Dan Abnett cherche – pour une raison inconnue et qui à mon sens n’apporte pas grand chose au récit sauf peut-être dans l’action avec Superman – à le rabaisser à un rang inférieur, en l’écrivant même comme un sous-membre de l’équipe de superhéros la plus connue de DC. Ce qui s’avère regrettable après tout le mal que s’était donné Geoff Johns dans la réhabilitation du roi Atlante.

Par ailleurs, le récit pêche (!) un peu aussi par ses dessins. S’ils ne sont pas laids, les dessins du trio (avec alternance sur les numéros) de Brad Walker, Scot Eaton et Philippe Briones ne sont pas non plus mémorables, ne rendant pas forcément grâce à Atlantis, et à son monde fourmillant normalement de détails. Il faut dire que la colorisation n’aide pas à attirer l’oeil bien que l’aspect visuel de l’action sur la terre ferme est plutôt au rendez-vous – sans être grandiose toutefois.

Aquaman

En définitive, le Rebirth d’Aquaman commence plutôt bien puisque sans être surprenant, Dan Abnett a le mérite de poser des bases solides pour le récit à venir. Et bien que le côté artistique est un peu en dents (de la mer) de scie, il n’en reste pas moins que les thématiques politiques abordées apportent son lot de réflexions sur la société.

Twelve

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