La Justice League international, équipe boudée par les éditeurs et peu connue en France, s’est vue introduite discrètement dans deux hors séries pour bénéficier de sa propre série de volumes dans la collection DC Essentiels. Un premier album comprenant un petit crossover ou l’équipe a croisé le chemin de la Suicide Squad. Le second non moins épais est sorti, et affirme plus encore le ton recherché par le duo de scénaristes à la tête du titre.

Format massif, et autres lourdeurs

On se trouve face à une équipe qui a fait ses premiers pas, et ce volume sonne comme une concrétisation du ton frais et léger qu’on a pu entrevoir dans le premier, par un humour primant sur le reste. Les récits possèdent à la fois cet humour délirant, cachant des réflexions sérieuses, jusqu’à donner une nouvelle vision à certains personnages qu’on pensait jusqu’alors intouchables (j’imagine que personne n’avait pensé montrer Darkseid en train de lire Mein Kampf). Certaines images, ou blagues sont très drôles, et Justice League International est assurément le titre le plus drôle de l’univers DC Comics. Le premier volume possédait déjà un humour présent à travers des scènes frappantes. L’humour tend à se montrer de plus en plus envahissant et supprime tout cet aspect « frappant » qui faisait tout le charme du premier volume.

Le tome qui nous intéresse s’ouvre avec l’Annual #2 où le Joker s’acharne sur l’équipe de la Justice League. Un numéro hilarant, relevant du génie, où les rires s’enchaînent. Cette formule fonctionne, mais s’essouffle par la suite, avec une succession de situations délirantes et gags débordants de chacune des pages. L’indigestion est rapide. Dès le premier arc, la lecture devient pénible dans une lecture continue. Ce problème n’est donc pas de l’ordre des artistes présents, mais d’un format qu’on pourrait qualifier d’incompatible à cette série. Chaque numéro a une parfaite gestion de l’intrigue, et un humour surprenant. Outre le format, Justice League International est une série qui doit se vivre, qui pourrait tout à fait retrouver une impression régulière dans un magazine, et ferait du titre une expérience plutôt qu’un simple comic-book à publier parmi d’autres, en plus d’en améliorer la qualité de lecture.

On ne change pas une équipe qui gagne ?

Passons aux qualités – déjà connues – du titre. Keith Giffen et J. M. Dematteis signent avec JLI leur plus grande oeuvre. Elle a comme qualité majeure ses dialogues, des répliques et running gags à ne plus savoir quoi en faire – d’où cette notion d’indigestion. L’écriture sonne vrai, pour y implanter cet esprit « entre amis », et s’accorde avec ce type d’ambiance qui sent bon la binouze et le canapé usé. Le tout sans pour autant dégrader le mythe érigé des personnages tels que Superman, Batman, ou comme dit précédemment Darkseid. Le titre se veut méta, et à une époque où il ne s’agissait pas d’un style d’écriture abusé par toute une ligne éditoriale, on peut dire que ça fonctionne à la perfection. Des références plus ou moins subtiles, et dont la plupart sont disponibles dans les publications d’Urban à travers quelques albums anthologiques ou le fameux Crisis on Infinite Earths : Le Compagnon que je recommande chaudement.

L’absence totale de statu quo fait partie des qualités dont on ne parle pas assez souvent concernant le titre, et pourtant à partir des quelques premiers épisodes, l’intégralité des histoires racontées verront une modification constante de la situation des personnages. L’instabilité est constante, presque gênante, où l’équipe se retrouve divisée, et où le seul moment de répit sera un ajout de membres de l’équipe par des entretiens mémorables, d’une seule question, d’Oberon. Une équipe qui se réorganisera pour un prochain volume, et qui sait, une publication d’une autre équipe, variante de cette JLI ?

Les deux compères sont toujours accompagnés de Kevin McGuire au dessin, qui sera remplacé sur quelques numéros par Mike McKone et Ty Templeton, non moins talentueux, qui ont su conserver le style de McGuire sur le titre. Aucune perturbation de ce type, l’album est dans sa représentation très homogène. Il n’y a aucun point négatif à relever. McGuire sait animer tout type de scène, donner vie et humanité à chaque personnage, et amplifier avec justesse telle ou telle émotion ou effet au bon moment et de la meilleure des manières. On retrouve des couleurs vives comme on en rêve aujourd’hui qui concordent avec cette ambiance folle étendue sur ces 400 pages. Que demander de plus ?

Répliques cultes, histoires originales, humour à foison, ce second volume de la Justice League International présente une variation de l’équipe d’origine assez osée, qui s’affirme complètement dans son aspect le plus délirant. N’espérez simplement pas lire ce volume d’une traite, sous peine de gâcher votre plaisir. La Justice League International se situe à cette limite entre le ton et la légèreté d’une site-com et la forme spectaculaire d’un blockbuster, tout en maîtrisant une écriture nous rapprochant au maximum de chacun des personnages.

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Une équipe composée de personnages très différents
Un titre imprévisible
McGuire à son meilleur
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Un humour parfois lassant
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Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

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2 Commentaires sur "Review VF – Justice League International Volume 2"

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Milank

J’ai adoré c’est cool, très bien rythmé, parfois d’une étonnante pertinence, souvent surprenant, et toujours drôle !

Sasahara

le premier tome m’avait aussi fait cet effet-là: si on en lit trop d’un coup c’est l’indigestion, à cause de l’humour potache et des dialogues décalés; mais j’ai pris le tome 2 quand même… et je vais le savourer à petite dose !

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