L’auteur Richard Gray a, le 11 août de cette année, sorti un livre retraçant l’évolution du personnage de Green Arrow, de sa création à aujourd’hui. Son nom : Moving Target: The History and Evolution of Green Arrow. L’auteur a choisi de revenir avec le site Comicbook.com sur l’évolution du personnage, donnant un aperçu de son livre. Petite synthèse.

La méconnaissance du personnage

Green Arrow est un super-héros qui a longtemps grandi dans l’ombre de Batman et Robin des Bois. Richard Gray explique que quand on ne fait pas partie de la trinité, il est difficile de s’imposer, et en conséquence ce sont souvent les mêmes images du héros qui reviennent : si ce n’est pas la version drôle avec la flèche gant de boxe du Golden/Silver Age, c’est celle du héros à la grande gueule des années 60/70. Ce n’est qu’à partir des années 80 qu’il a eu le droit à des runs personnels et qui ont permis une vraie exposition. Il est aujourd’hui reconnu par les auteurs comme un héros intéressant avec lequel travailler, jusqu’à même avoir droit à sa propre série TV.

C’est cette longue méconnaissance du personnage qui a donné envie à Richard Gray de plancher sur ce livre, afin de retracer l’histoire d’Oliver Queen à travers des chapitres la racontant purement, d’autres où l’auteur analyse et interprète les intentions d’artistes ayant travaillé dessus, à l’image de Neal Adams ou Trevor Von Eaden, ou encore les interroge, comme Jeff Lemire.

L’écriture par les auteurs ayant grandi avec les personnages

Au départ, les auteurs ne faisaient que créer ces personnages de comics, développaient des histoires, une mythologie. Au fil du temps, des enfants ont grandis avec ces histoires, et c’est eux qui ont fini par les raconter. D’après Gray, pendant les années 90 les auteurs s’amusaient à mettre de côté les personnages originaux pour les remplacer par des versions plus jeunes, comme ce fut le cas avec Oliver Queen qui fut remplacé par son fils Connor Hawke. A la fin de cette décennie et au début de la suivante, d’autres auteurs comme Brad Metzler, Judd Winick ou encore Kevin Smith ont entrepris de capturer l’essence des version originales et les ont réhabilités dans un esprit de nostalgie et d’hommage, d’héritage. Ce cycle consistant à faire du lecteur l’auteur fascine Richard Gray, car cela lui permet aujourd’hui d’écrire sur la longue histoire de Green Arrow.

Un personnage conscient de son univers

L’une des particularités de Green Arrow, c’est que c’est un justicier social, sociétal. D’après Gray, son statut de héros de second plan lui permet d’être un véhicule efficace pour les auteurs afin de traiter de sujets polémiques ou difficiles car la pression est moins présente, à l’inverse d’un Captain America qui devient un agent d’Hydra et qui enflamme la toile immédiatement. Mais ce qui permet surtout de traiter de tels sujets, ce sont les auteurs, comme Denny O’Neil qui voyait de ses propres yeux les problèmes de la rue, et allait s’y confronter de lui-même en parlant aux gens de la rue, pour finalement retranscrire tout cela dans ses comics.

Cependant, l’auteur fait part de son regret de voir que le personnage est désormais moins politique, même si sa version Rebirth l’ancre dans l’ère du temps en en faisant un Social Justice Warrior, ce qui lui sied parfaitement selon lui. Il attribue le retrait de ce trait au changement que le comic book a subit au fil des années, devenant plus grand public, étant détenu par de plus grandes compagnies. Néanmoins, il indique que cette politisation des comics n’a pas disparu et qu’elle se retrouve désormais d’avantage chez Marvel, qui a présenté des personnages plus représentatifs, là où Oliver Queen reste un riche homme blanc qui perd de temps à autre sa fortune.

Green Arrow par Jack Kirby

Finalement, puisque cette année nous fêtons les 100 ans qu’aurait eu l’auteur Jack Kirby, Gray revient également sur son travail sur Green Arrow. Selon lui, le King serait heureux de voir ce qu’est devenu le personnage. Tout d’abord, pour son origin-story de naufragé sur une île, que Kirby a inventée et qui est restée depuis. Mais aussi parce qu’il a introduit un tas de concept de science-fiction dans son run sur le personnage, qui ne plaisaient pas à Mort Weisinger, l’éditeur de cette époque, mais qui se sont révélés être preuves d’un bon instinct, puisqu’aujourd’hui, Green Arrow est ancré dans la technologie et peut très bien se retrouver dans des histoires cosmiques ou à travers le multiverse.

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