Lorsqu’un auteur reste longtemps sur une série, on appelle ça un run. Il arrive, lorsque l’auteur en question est particulièrement talentueux, qu’il laisse sa marque de manière indélébile, si bien qu’on se souvient du passage de cet auteur à un tel point que le run est considéré comme une mini-série à part entière par les éditeurs DC et Urban. En effet, ces derniers publient l’intégral de certains run sous la forme d’une mini-série, en numérotant « tome 1 » le premier arc par l’auteur, et ce même si ce dernier n’a pas débarqué au numéro #1. DC leurs consacre même des omnibus entiers, et Urban une collection à eux seuls, la fameuse DC Signatures. L’équipe de DC Planet a sélectionné pour vous les 10 meilleurs runs DC et Vertigo.

Attention toutefois, vous avez intérêt à vous débrouiller en anglais, car vous serez obligés de passer par la VO pour vous en procurer certains.


10. « Justice League International » par Keith Giffen & J. M. DeMatteis

Publication : mai 1987 – mars 1992
Détails : Justice League #1-6, Justice League International #7-25, Justice League America #26-60, Justice League Europe #1-8, Justice League International Quarterly #1
Review : Zeppeli (tome 1)

Un jour, DC arriva devant Giffen et DeMatteis et leur dit « Écoutez, je vous aime bien, je vous met sur le titre Justice League. Par contre vous n’avez pas le droit d’utiliser les héros les plus connus, faut pas pousser non plus. ». Les deux auteurs assemblent donc une ligue qui fut récompensée par un « Si ça c’est pas l’idée la plus chelou du monde » Award, en réunissant Guy Gardner, Blue Beetle, Booster Gold, Dr Fate et j’en passe. Une équipe constituée de membres de seconde zone, sauf Batman, Shazam et Black Canary (les deux dernier ne vont cependant pas rester).

Avec cette équipe improbable dans les mains, les auteurs vont cependant nous offrir un des runs majeurs de DC de la fin des années 80. Le manque de super-star au casting est compensé par une caractérisation profonde et originale des personnages, notamment Blue Beetle et Booster Gold, les deux personnages n’apparaissant dans aucune autre publication à cette époque. Le titre est connu pour son humour et ses personnages décalés. Il cultive en effet le comique de situation, ne manquant pas d’arracher un sourire au lecteur. Mais cela n’empêche pas le titre d’être sérieux et dramatique par moment. Chez Urban, un seul tome du run est publié, les suivants ne devraient pas tarder.

9. « Fables » par Bill Willingham, Mark Buckingham & Steve Leialoha

Publication : juillet 2002 – avril 2015
Détails : Fables #1-149
Review : Nathko (tome 1, 2, 3, 4), Biggy (tome 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 1001 Nuits de Neige), Deiimo (tome 14), Blue (tome 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23)

Un peu de silence, s’il vous plaît. Vous avez ici un des runs les plus longs qu’ait connu l’histoire des comics, avec au compteur 149 numéros pour plus de 13 ans de publications. Le concept de l’histoire est le suivant : tous les personnages de contes (le petit chaperon rouge, Barbe-Bleu, etc) ont été chassé de leur pays natal par un mystérieux individu, l’Adversaire, et se sont réfugiés dans un quartier de New York, Fabletown, où ils vivent désormais au milieu des humains normaux. L’histoire est principalement centré sur le personnage de Bigby (abréviation de Big Bad Wolf, soit le grand méchant loup), devenu shérif de cette communauté, et Blanche-Neige, l’assistante du maire.

L’histoire démarre progressivement, prenant le temps de bien développer les personnages principaux à travers quelques histoires sans réelle connexion. Puis, petit à petit, le scénario tisse un fil rouge centré sur ce fameux Adversaire, et l’histoire en prend des proportions plus qu’épiques. Une des forces de la série est sa galerie de personnage. Tous sont très bien développés, presque tous ont droit à leur moment de gloire, passant souvent de rôle mineur à rôle principal, si bien que n’importe quel personnage peut être considéré comme la star de la série. Malgré sa taille, le run est intégralement publié chez Urban en 23 tomes.

8. « Preacher » par Garth Ennis & Steve Dillon

Publication : avril 1995 – octobre 2000
Détails : Preacher #1-66
Review : Harley (tome 1, 2, 3), Corentin (tome 4, 5)

On connaît bien le duo Garth Ennis/Steve Dillon pour leur travail sur Hellblazer, mais c’est ici une autre de leurs pépites qui nous intéresse. La série raconte l’histoire d’un prêtre d’une petite ville perdue au milieu des US qui se retrouve en possession du pouvoir de Dieu, et qui part à le recherche de ce dernier, en compagnie de son ex-petite amie (qui est devenue une assassin professionnelle) et d’un vampire irlandais. Voilà. Des questions ?

La série est un peu construite comme un western, qui est une référence assumée de l’œuvre. On y retrouve ainsi certains lieux iconiques, comme la Monument Valley. Même John Wayne est présent dans l’oeuvre ! La série est connue pour sa galerie foisonnante de personnages hauts en couleurs, comme Arseface, totalement défiguré après une tentative de suicide, ou Saint Killer, mandaté par deux anges pour tuer Jesse (le prêtre et héros de l’histoire). Certains de ces personnages secondaires ont même eu des spin-off à eux, toujours avec Garth Ennis au scénario. Mais c’est surtout pour ses personnages principaux et la relation qu’ils entretiennent qui accorde à ce run le statut de chef-d’œuvre.

Le run est disponible en cinq tomes chez Urban. Attention cependant, cette série est fortement déconseillée aux mineurs, certains passages étant extrêmement trash et violents, et ce pas toujours graphiquement. Donc s’il vous plaît, ne laissez pas ce truc traîner dans une école primaire.

7. « Swamp Thing » par Alan Moore

Publication : janvier 1984 – septembre 1987
Détails : The Saga of Swamp Thing #20-58, 60-61, 63-64, Swamp Thing Annual #2
Review : ArnoKikoo (tome 1)

Lorsqu’on parle de comics, difficile de passer à côté de Alan Moore. Si le monsieur a marqué l’histoire avec des récits comme The Killing Joke ou Whatever happened to the Man of Tomorrow, il est rarement resté longtemps sur une série. Mais des runs, il en a eu, dont un sur la Créature des Marais.

Le run a marqué les esprits avec Anatomy Lesson, le deuxième numéro écrit par Moore après avoir succédé à Marty Pasko, qui réécrit complètement les origines de la Créature. L’auteur nous apprend que la créature n’a jamais été Alec Holland, et qu’elle n’est qu’une abomination qui se prenait pour lui (Geoff Johns va d’ailleurs allègrement se torcher avec cet héritage dans Brightest Day). Tout au long de son run, Moore va nous faire voyager avec ses personnages magnifiquement bien écrits, comme on peut le voir avec la relation qu’entretiennent la Créature et Abigal Arcane. Swamp Thing, c’est un récit riche, empli de romance, de magie, et parfois d’horreur. Cela vous fait penser à Constantine ? Et bien sachez que c’est durant les pages de ce run que ce personnage a été créé ! L’auteur va même de temps en temps faire un coucou à l’univers DC, avec quelques numéros qui font apparaître, entre autres, la Justice League.

Mauvaise nouvelle pour ceux qui ont du mal avec la langue de Shakespeare, le run est totalement inexistant en français. DC l’a cependant intégralement publié en six tomes, nommés Saga of the Swamp Thing.

6. « The Flash » par Mark Waid

Publication : mai 1992 – septembre 1997
Détails : The Flash #0, 62-129
Review : MadAsAHatter (Born to Run), TheRiddler (The Return of Barry Allen), n00dle (Terminal Velocity, Dead Heat, Race Against Time)

Le run de Mark Waid sur le bolide écarlate (Wally West. Et oui, Barry Allen était mort dans Crisis on Infinite Earth, rappelez-vous) débute avec l’arc Born to Run, une sorte de Flash Year One qui présente les origines de Wally, et raconte ses débuts en tant que Kid Flash aux côtés de Barry. Waid va aussi profiter de son passage pour développer la relation entre Linda Park et Wally. Si son prédécesseur, Bill Loebs, a décrit cette relation comme étant de l’amitié, Mark va pousser le bouchon plus loin et accoucher de la romance qui a marqué les esprits puisque Linda est désormais connue pour être la copine de Wally.

On reproche parfois à Barry Allen d’être plat. On peut discuter de cette affirmation, mais pour ce qui est de Wally West, l’auteur nous offre une caractérisation aux petits oignons. Cela se voit dans le plus célèbre arc du run, The Return of Barry Allen, dans lequel le lecteur voit toute l’admiration que Wally porte pour son mentor. Le run est aussi parsemé d’autres arcs cultes, comme Dead Heat, qui fait apparaître Bart Allen alias Impulse dans la série, ou encore Terminal Velocity, où Waid va considérablement approfondir le concept de Speed Force (ou Force Véloce en VF).

Le run est très mal édité en VO. Pendant longtemps, il n’y avait que cinq TPBs qui se couraient après. Mais depuis fin 2016, DC s’est mis à le publier intégralement sous le nom The Flash by Mark Waid. Trois tomes sont sortis pour l’instant. Quant à la VF, rien n’est disponible chez Urban, et ce dernier n’a encore rien annoncé.

5. « JLA » par Grant Morrison

Publication : janvier 1997 – mai 2000
Détails : JLA #1-17, 22-26, 28-31, 34, 36-41, 1’000’000
Review : Leonidas (tome 1), Watchful (tome 2)

On colle un des plus grands auteurs de comics sur la série réunissant les plus grands héros de l’écurie DC. Le résultat pourrait-il être autre chose que jouissif ? Après les départ de DeMatteis et Giffen de la série Justice League (qui, je le rappelle, n’a pas vraiment de gros membre), DC décida de donner un nouveau départ à la série, et en confia les rênes à Grant Morrison, qui cette fois avait le droit d’utiliser tous les gros membres. Ce fut la meilleure décision qu’ait pris DC en cette fin des années 90.

C’est bien simple, ce run est tout ce qu’on demande à une série de super-héros, et bien plus. C’est dramatique, épique, parfois drôle, chaque personnage est très bien utilisé, très bien caractérisé, les histoires sont variées et font intervenir masse de vilains, dont certains on été créés durant ce run, comme le fantastique Prometheus. La série est aussi un hommage au Silver Age, avec des histoires parfois complètement barrées comme seul Morrison peut en écrire. L’auteur connaît très bien l’univers DC et déborde d’amour pour ce dernier, et ça se voit dans son travail. Mais l’exploit le plus ahurissant de Grant est surtout d’avoir réussi à faire quelque chose de cool… avec Superman Bleu ! Aussi, c’est durant cette période que sera publié One Million, probablement le meilleur crossover de l’époque.

En VO, la série entière a récemment subi une réédition en neuf tomes. Le run de Morrison s’étend sur les trois premiers et le début du quatrième, le reste est composé du run de Mark Waid et du travail d’autres auteurs mineurs. En VF, Urban semble avoir pris l’exemple de DC et publie aussi la série entière, avec pour l’instant trois tomes au compteur (dont deux de Morrison).

4. « Gotham Central » par Greg Rucka & Ed Brubaker

Publication : février 2003 – avril 2006
Détails : Gotham Central #1-40
Review : Biggy (tome 1), TheRiddler (tome 2), Zeppeli (tome 3, 4)

Gotham Central, c’est Batman sans Batman. Ou plus exactement, c’est tout l’univers du croisé encapé sans ce dernier. La série se concentre en effet sur les flics du GCPD, qui passent donc du rôle de simples figurants à ceux de héros. Oui, héros, car il y en a dans le GCPD, même sans super-pouvoir. Meurtres, preuves, interrogatoires, suspects, corruption, … Gotham Central est à vrai dire une série policière, avec tous les ingrédients classiques, mais dans l’univers sombre et dangereux de la ville la moins recommandable du monde, Gotham City.

La série brille par ses personnages forts, dont certains vous sont connus. Renee Montoya, Crispus Allen, Jim Corrigan, et j’en passe. Certaines histoires plongent profondément dans le Bat-verse, en mettant en scène des personnages tel que Mister Freeze ou le Chapelier fou, d’autres sont plutôt déconnectées de cet univers, avec notamment le fait que le commissaire interdise l’utilisation du Bat-signal pour éviter l’implication de Batman. Lire Gotham Central, c’est donner une autre dimension aux comics de super-héros, en se concentrant sur les dommages collatéraux, qui nous fait prendre conscience que si Batman est habitué à arrêter Mister Freeze, ce dernier n’en reste pas moins dangereux. Lire Gotham Central, c’est observer le Bat-verse d’un point de vue humain. La série est publiée en un omnibus de 900 pages chez DC et en quatre tomes chez Urban.

3. « Animal Man » par Grant Morrison

Publication : septembre 1988 – août 1990
Détails : Animal Man #1-26
Review :

Le travail de Morrison sur Animal Man était selon nous la meilleure œuvre qu’Urban n’a pas (encore) publié, il est donc logique de la retrouver ici. La reprise de ce personnage qui était alors quasiment inconnu du grand public fut le premier gros travail que DC confia au britannique. À l’origine, la série ne devait durer que quatre numéros, mais le succès fut tel que l’éditeur décida d’en faire une ongoing, tout en laissant beaucoup de liberté à l’auteur.

Le run raconte l’histoire de Buddy Baker, un père de famille ayant une vie plus ou moins normale, qui décide de devenir super-héros. Cette introduction plutôt cocasse dans le métier (pas de vengeance à chercher, pas de mission sacrée, etc), qui contribue certes au charme du personnage, va d’ailleurs être parfois raillée dans la série. Le run est connu pour deux aspects. Premièrement, le côté environnementaliste engagé. Morrison étant un végétarien convaincu, il utilise cette série pour exprimer sa vision du monde sur papier, tout en restant très loin du côté moralisateur d’un Captain Planet. Mais toutes les histoires ne parlent pas de ça, au contraire. Énormément parmi elles sont d’une rare originalité, comme celle qui fait intervenir Coyote de Bip Bip et Coyote (ce n’est pas dit explicitement que c’est lui, mais la référence est clairement là), ou (une de mes préférées) celle parlant de l’homme qui voulait devenir super-héros, mais qui a reçu un toucher mortel comme super-pouvoir, ce qui l’a contraint malgré lui à passer du côté obscur. Le deuxième aspect emblématique est le côté méta de l’œuvre, mais je refuse d’en dire plus pour éviter de gâcher la surprise. Bien que rattaché à Vertigo par la suite, la série est bien ancrée dans l’univers DC, en faisant apparaître la Justice League Europe ou même Superman.

Comme je l’ai dit, Urban n’a pas encore publié le run, et la probabilité qu’il le fasse est bien faible. Cependant, DC lui a consacré un superbe omnibus de 700 pages, avec toutes les couvertures de Brian Bolland en bonus.

2. « Sandman » par Neil Gaiman

Publication : janvier 1989 – mars 1996, décembre 2013 – novembre 2015
Détails : The Sandman #1-75, Sandman Overture #1-6
Review : Harley (tome 1, 2), TheRiddler (tome 3, 4, 5, 6, 7), Leonidas (Sandman Overture)

Le run de Neil Gaiman sur Sandman est considéré comme le meilleur run de tous les temps par la communauté CBR, il est donc logique qu’on lui attribue une telle place dans notre top. La série raconte l’histoire de Morphée, le maître des rêves. Le début raconte comment il s’évade d’une prison après des décennies de captivité, puis le suit en train de récupérer certains des objets lui appartenant. Par la suite, l’auteur nous présentera les six frères et sœurs de Morphée, parmi lesquels on trouve la Mort, qui est devenu un des personnages les plus populaire de DC, et va aussi approfondir la mythologie propre au personnage.

Évidemment, les personnages sont très bien écrits, et les histoires très originales. Mais ce qui fait la force de cette série, c’est à quel point elle est variée. Les histoires se passent à toutes les époques, à tous les endroits de la planète (et même ailleurs), et embrassent une variété fabuleuse de cultures et mythologies différentes. La révolution française, la réécriture d’un conte japonais, une histoire en pleine mythologie grecque, un voyage dans les enfers, … Même l’univers DC apparaît, avec des personnages comme Constantine, Etrigan, L’Épouvantail ou Le Martien ! Tous les genres, toutes les cultures, toutes les mythologies se retrouvent dans cette enchaînement fantastiques de récits qui débordent tous d’originalité, et ce tout en restant dans un registre magique et onirique. En lisant Sandman, le lecteur est emporté comme un enfant à qui on raconte un conte. Chaque histoires parvient à émerveiller, à surprendre, à faire frémir. Ce véritable travail de génie a valu pas moins de dix-huit Eisner Award à Neil Gaiman dans différentes catégories.

Après avoir quitté la série en 1996, Neil Gaiman revint en 2013 pour écrire une mini-série de six numéros, baptisé Sandman Overture. L’œuvre n’est pas la meilleur partie du run, mais elle vaut tout de même le détour, ne serait-ce que pour les splendides dessins de J. H. Williams III. Disponible en deux omnibus de 1000 pages chez DC (qui ne comprennent cependant pas Overture, qu’il faudra vous procurer dans un TPB séparé) et en sept tomes chez Urban (huit en comptant Sandman Ouverture).

1. « Batman » par Grant Morrison

Publication : avril – août 1990, septembre 2006 – septembre 2013
Détails : Legends of the Dark Knight #6-10, Batman #655-658, 663-683, 700-702, Batman and Robin #1-16, Batman: The Return of Bruce Wayne #1-6, Batman Inc. (vol. 1) #1-8, Batman Inc. (vol. 2) #0-13
Review : TheRiddler (tome 0), Biggy (tome 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8)

Le meilleur super-héros + le meilleur auteur de comics = le meilleur run édité par DC. Étiré sur sept ans et quatre séries (Batman, Batman & Robin, Batman : The Return of Bruce Wayne et Batman Incorporated, et ce sans compter l’arc Gothic, écrit par le britannique seize ans avant le début du run), le travail de Grant Morrison sur le Chevalier Noir compte parmi ceux qui ont marqué l’histoire de DC Comics. Fort d’une renommée populaire acquise grâce à ses passages sur JLA et les New X-Men, lorsque Grant Morrison s’attelle au personnage phare de DC Comics, il se fixe un objectif ambitieux : synthétiser près de soixante-dix ans de publications aux directions les plus incongrues. L’exploit, parfois opaque, souvent étonnant, s’apprécie davantage à chaque relecture.

Le tour de force de l’écossais est de ne pas basculer dans la nostalgie facile, mais de révéler le génie d’idées à priori datées en les réactualisant dans un contexte moderne. Des Man-bats ninjas, un Club des Héros, un Batman de Zur-en-Arrh aux couleurs improbables, … autant de concepts qui auraient pu faire sourire mais servent sérieusement la profondeur de l’histoire sous la plume de Morrison. En outre (et n’est-ce pas là le signe d’un grand scénariste ?) on lui doit l’insertion d’éléments dans la mythologie de Batman qui, non contents de faire date, gagneront sans peine le cœur des lecteurs, Damian Wayne en premier lieu. Disponible en neuf tomes chez Urban, sous le nom Grant Morrison présente Batman (qui inclue l’arc Gothic, dans le tome 0).


Et la Suicide Squad d’Ostrander ? Et le Green Lantern/Green Arrow de O’Neil et Adams ? Et Le Quatrième Monde de Jack Kirby ? Oui, je sais, il y a des tonnes et des tonnes de run mémorables, et dans un top 10, il y aura toujours des mastodontes qu’on va malgré tout évincer. Ainsi, on trouve ex æquo en onzième et douzième position les New Teen Titans de Wolfman et Pérez et le Hellblazer de Garth Ennis, suivis de près par la Wonder Woman de Greg Rucka et le Batman de Frank Miller.

Avec quatre place sur dix, les séries Vertigo ont définitivement la cote dans le staff, même si les autres œuvres du label, comme Planetary par Warren Ellis ou Top 10 par Alan Moore, étaient loin derrière. Aussi, vous aurez sans doute deviné que notre auteur favori est Grant Morrison, l’écossais ayant réussi l’exploit de caser trois de ses travaux dans ce top, sans parler de sa Doom Patrol qui était bien partie pour y figurer. Quant à Geoff Johns, son Green Lantern et ses Teen Titans n’étaient pas trop à la traîne, mais son Flash et son Superman n’ont cependant pas convaincu.

Quant à vous, chers lecteurs, vous vous divisez en deux catégories : ceux qui ont lu au moins dix runs, et ceux qui sont arrivés encore trop récemment dans le monde des comics. Les deuxièmes peuvent voir ce top comme une liste de must-have à vous procurer dans les plus brefs délais. Quant aux premiers, on attends vos classements !

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31 Commentaires sur "Top 10 (selon nous) #27 : les runs préférés de la rédac’"

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aswered

Perso il y a aussi pour moi Flash de Geoff Jhons comme run mémorables surtout avec Scott Kollins aux pinceaux.

ian0delond

J’ai acheté les tp de Swamp Thing cette été et c’est en effet une très bonne lecture.

DarkChap
Je les ai tous lus à l’exception du Preacher d’Ennis, tout juste commencé il y a quelques mois, et je dois dire que c’est pas une mauvaise sélection! D’ailleurs, mon classement d’il y a quelques années est pas si différent que ça: 1) Justice League International de Giffen et DeMatteis 2) Batman de Grant Morrison 3) Swamp Thing d’Alan Moore 4) Sandman de Neil Gaiman 5) Gotham Central de Brubaker et Rucka 6) Fourth World de Jack « The King » Kirby 7) Planetary de Warren Ellis 8) JLA de Grant Morrison 9) Animal Man de Grant Morrison 10) Starman de James… Lire la suite »
50 nuances de Vitto

1) Teen Titans, Lobdell.
2) Superman, Lobdell.
3) Superboy, Lobdell.
4) Doomed, Lobdell.
5) Convergence, Lobdell.
6) Action Comics, Lobdell.
7) Redhood/Arsenal, Lobdell.
8) Redhood and the Outlaws, Lobdell.
9) Gotham City Sirens, Lobdell.
10) Teen Titans, Lobdell.

knightwing

Je me rends compte que ça fait déja trop longtemps que je n’ai pas relu le run de Morrison sur Batman…

mavhoc

Bon top, même si je regrette l’absence de Teen Titans de Perez. Puis grosse erreur sur Fable : ce n’est pas le run le plus long de l’histoire du comics, Claremont possède ce titre si je ne m’abuse. Et Peter David et son Hulk sont également au-dessus il me semble.

ian0delond

je me demande si Bendis sur Spider-Man a pas déjà dépassé Claremont sur X-Men (ça doit surement dépendre si on compte uniquement Uncanny X-Men ou un corpus plus étendu)…

Adam
Erf… je n’ai lu que le Swamp thing, gotham Central et le run de Morrisson sur Batman. Je vais peut être me prendre des cailloux mais le run de Morrisson fut vraiment une de mes lectures qui me laissera le moins de bon souvenir par rapport au nombre de page avalés. J’ai l’impression qu’il fallait déjà avoir une parfaite connaissance du chevalier noire (et pas seulement, les films la serie animé ou les œuvres cultes déjà publiées) pour apprecier. Mais surtout quelle super idée de faire l’impasse sur la publication de final crisis. J’ai du sauter des pages afin d’éviter… Lire la suite »
Mathieu

Erf, je savais qu’il n’y avait pas beaucoup d’amateur de cosmic chez DC planet mais là…
Et le run de Geoff Jhons sur Green Lantern on en parle ?
Je sais qu’un classement est subjectif mais le N°1, meilleur perso ? meilleur auteur de comics ? Perso le côté Batman brandé avec des variantes dans les pays du monde entier m’a pas fait délirer, Morisson est clairement pas mon auteur préféré.
D’ailleurs je vois que vous avez mis « Fable » (Vertigo), du coup j’ajouterai « Y, The Last Man » : Enorme !

Adam

Holly shit! Je me disais bien qu’il manquait quelque chose et Mathieu l’a fait remarquer. Vous n’avez mis aucun geoff Johns alors qu’il m’a fournit nombre de mes meilleurs lectures DC !!!! Rien que pour son passage sur GL et Superman. JE savais que je n’allais pas trouver la JL new52 (que je dois être le seul à apprecier) mais quand même. Il a su faire des histoires abordables pour un grand nombre contrairement à l’ecossais bipolaire.

Mathieu

Non tu n’es pas tout seul, j’ai adoré la JL New 52 d’origins à la Darkseid war en passant par le virus Amazo et Lex. Son rebirth de Flash est top aussi, il sait ce qu’il fait des mythes auxquels il s’attaque selon moi. J’ai mis en valeur le run sur GL parce que DC planet n’aime pas ou peu l’univers des GL (taunt inside ;) ce qui fait qu’ils font l’impasse sur Blackest Night et Brightest day (vu la durée de ce dernier event, c’est presque un run).

Amesephis

+1

Moonsorrow

Une question. On aborde Swamp Thing et Animal Man dans ce top, mais par rapport au run qui s’imbrique de Snyder et Lemire (et surtout celui de Lemire) on est tant à des années lumières de la qualité de ceux cités?

Parce que son Animal Man m’a mis une petite claque quand je l’ai lu…

J’avoue être content d’y voir Gotham Central qui a été surement à ce jour ma meilleure lecture.

J’aurais bien mis quelque part l’espèce de trilogie de Jeph Loeb « Un Long Halloween – Amère Victoire – Silence » qui m’a régalé aussi.

The Bat

Je n’ai pas encore lu le run de Lemire, mais il existe une composante dans le run de Morrison qui le rend particulier. C’est le gros twist de l’histoire, c’est impossible à évoquer sans spoiler. Mais à la lecture c’est absolument fantastique. Tu ne comprends pas tout le temps ce qu’il fait sur le moment, mais tout finit par se mettre en place et là c’est la claque assurée ;)

Sasahara

Le FLASH de Waid: deux albums VF parus chez Panini, à trouver en occasion.
Le « Swamp Thing » de Moore arrive chez Urban l’annnée prochaine, après être paru chez Panini aussi. Finalement le seul inédit de la liste c’est « Animal Man »?!

LPU

Oui très bon top, justifié et tout. Cependant, l’absence de Warren Ellis sur Stormwatch/The Authority/Planetary est difficile à comprendre. Les goûts, les couleurs tout ça…

Blue

Quasi personne ne lit du Stormwatch à la rédac, c’est aussi simple que ça ^^

LPU

C’est un tort !! Et le tort tue, c’est bien connu ;-)

jb681131

Très déçu de ne pas voir 100 bullets, Transmetropolitan ou Hellblazer dans votre top10.

Blue

Même chose que plus haut avec Stormwatch ^^

el_zanque

Merci pour cette belle sélection. Je rajoute (sauf erreur de ma part, il ne figure pas dans les commentaires), le run de James Robinson sur Starman, qui me fait lui pardonner beaucoup des horreurs qu »il a signé récemment…

Amesephis

– Sandman
– Preacher
– Watchmen
– Hellblazer
– Swamp Thing
– Suicide Squad (Ostrander biensur)
Ici commence les points de vue qui ne seront sans doute pas partagés :
– DK (run en cours mais j’adore leurs façon de maltraiter les héros, les dessins ( bien que ce soit limite de l’art des fois (voir WW sur fond rouge) et notre société (ouai surtout notre société)
– Year One bien que trop cours pour être réellement un run
– Kingdom Come

nomalez
Aaaaah, beaucoup trop de chose que je veux lire mais uniquement disponible en VO !!^^ Bon, je rajoute « Justice League International » à ma liste d’achat. A force de lire un peu partout que c’est genial, je vais finir par y croire! ^^ Surtout que je viens de finir « Crisis on Infinite Earths » alors je veux lire les run qui ont succédé à cet event. Content de voir Batman de Grant Morrisson a la première place! Une de mes meilleurs lectures sur le long terme! Un peu triste que le Green MLantern de Geoff Johns n’y figure pas. Il m’a fait… Lire la suite »
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