Ce qui est appréciable avec ces récits complets proposés par Urban c’est qu’on se retrouve avec des séries que le lectorat VF n’aurait certainement jamais lues autrement. Poison Ivy : Cycle of Life and Death, mini série en 6 épisodes fait certainement partie du lot.

Poison Ivy est certainement l’un des vilains du Bat-Universe les plus intéressants quand bien exploitée. C’est l’intention affichée par Amy Chu en lui donnant son indépendance, du moins en essayant, mais est-ce que cela sera suffisant ?

On démarre bien puis on se plante

Pamela Isley s’est rangée, du moins elle a fait fi de son passé de criminelle et tente de reprendre son statut de brillante chercheuse aux jardins botaniques de Gotham. Malheureusement une série de crimes sur son lieux de travail va bouleverser cette nouvelle quiétude toute relative.

Si le début est très prometteur avec une Ivy en solo un peu différente, le tout s’effondre malheureusement assez vite. Les bases posées sont pourtant solides avec un bon (voire un très bon) début  mais une succession de soucis de caractérisation ou de problèmes dans l’écriture vont décevoir. Le pire est cette impression au niveau éditorial que DC n’avait pas eu toute confiance en cette série quand, en plus, la cohérence graphique se perd. Mais nous y reviendront.

Émanciper ainsi Pamela de sa relation avec Harley Quinn dès le premier numéro est une bonne idée tout comme l’intrigue sur les meurtres. Dans le deuxième numéro nous est introduit le personnage de Darshan et sa crête violette ridicule et qui se rêve en chanteur allant jusqu’à participer à la version Gotham de la nouvelle star. Ce personnage est insupportable de bout en bout, on ne comprend pas ses motivations et son importance dans l’intrigue. De son côté Ivy devient de plus en plus borderline (très discret de tuer un collègue en pleine série de meurtres même si c’est un goujat). Par un processus incroyable elle arrive à mettre au monde des bébés plantes humanoïdes qui grandissent bien rapidement et donnent leur nom au récit.

Si effectivement le début ne brillait pas par son originalité, loin de là, l’évolution du récit va clairement dans le too much et n’est guère intéressante sauf si vous aimez les histoires de babysitter. Il y a des fulgurances à plein de moments et je n’avais pas vu venir l’identité du coupable mais à la fin de cette lecture l’histoire parait tout de même bien anecdotique. Paradoxal quand je critique sur le début un côté trop terre à terre puis quand Amy Chu ose enfin nous donner de l’originalité tout ce qui nous est proposé se retrouve dans des personnages au mieux agaçants au pire insupportables et des situations ubuesques.

Une partie graphique qui manque cruellement de cohérence

Le manque de confiance ou de direction que l’on peut voir dans le récit se ressent aussi dans la partie graphique. Si les deux premiers numéros sont bien dessinés par Clay Mann (Ninjak…) et qu’Ulises Arreola se charge d’une colorisation qui, à défaut de totalement me convaincre, est cohérente, il n’en va pas de même pour la suite de nos affaires. Quand les dessinateurs et encreurs se suivent avec une cohérence presque inexistante (numéros #4 et #6) il y a forcément un hic. Et quand on lit le tout d’une traite cela saute aux yeux et ce n’est pas des plus agréables. Si quand nous avons Clay Mann aux manettes, les dessins sont un peu passe partout/blockbuster mais restent de qualité, les autres peuvent malheureusement livrer des planches assez laides avec un trait grossier. Cela va jusqu’à des incohérences type jeux des sept erreurs sur comment les personnages sont habillés par exemple d’un dessinateur à l’autre. Notre compère Leonidas à un faux raccord tout prêt devant lui.

J’avais lu les débuts de la série en VO et je comprends qu’Urban puisse pousser un récit qui malgré toutes les critiques que j’ai pu émettre est une lecture estivale qui n’est pas non plus désagréable loin de là. Avec une intrigue qui se disperse entre début assez consensuel et moments foutraques, on reste tout de même attaché à cette Ivy mise en avant et plutôt bien traitée, du moins de façon plus originale. L’approche Girl Power du titre est malheureusement à nuancer via une hypersexualisation de la plupart des personnages féminins. Ce n’est pas non plus abusé mais les poses lascives ou ce zoom sur une minijupe dès le numéro 1 n’ont parfois pas vraiment de justifications.

En guise de bonus nous avons une histoire du maitre Neil Gaiman absolument géniale tirée de Secret Origins #36. Une histoire courte que je ne vous ferai pas l’affront de spoiler car elle est tout en nuances et remarquable dans son écriture. Une jolie parade pleine de phéromones dessinée et encrée par Mark Buckingham.

Incohérent sur le plan graphique passé son troisième numéro et n’étant pas non plus à la hauteur des promesses que laissait envisager son début intriguant, cette mini-série consacrée au personnage de Poison Ivy déçoit forcément. Si le tout se laisse suivre non sans déplaisir on ne sait pas vraiment ce qu’Amy Chu a voulu nous raconter. Il est toutefois agréable de voir une Pamela Isley sous l’angle de la chercheuse brillante qu’elle est mais aussi son caractère imprévisible. Un personnage teinté de gris qui se cherche tout comme ce récit. Si vous voulez passer un moment agréable avec des passages plaisants mais un tout un peu boiteux vous n’hésiterez pas, ce n’est pas non plus une mauvaise lecture. Le bonus proposé à savoir une histoire de Neil Gaiman est quand à lui un vrai trésor de storytelling. 

Moyen / 10 Notre avis
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Les +
- Un début prometteur...
- Ivy en solo
- L'intrigue policière
- Secret Origins #36 absolument brillant
- Les dessins de Clay Mann...
Les -
-mais un récit qui s'égare...
- Le personnage de Darshan, insupportable
- Une bonne idée balayée de suite par une mauvaise
-...mais une cohérence graphique annihilée bien trop vite
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Grand gagnant du concours Picsou Magazine Batman et Robin (True Story), Superman de Donner est son film d’enfance préféré même devant les goonies. Il tombe dans la Batmania des années 90 ruinant ses parents au magasin de jouet. Il lit à l’époque toutes les sorties Image chez Semic et reste un amoureux de Spawn. Les années passent la passion pour DC grandi et surtout son univers cosmique. La vénération de les Légion des Super Héros et de Booster Gold peut commencer. La série hebdomadaire 52 a changé sa vie de lecteur de comics.

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WilliamOverdrive
WilliamOverdrive

D’un autre côté, Saga a prouvé que « les histoires de babysitter », ça pouvait être assez beau quand même !

Khajii
Khajii

Je viens de finir ce petit récit, certes ce n’est pas le récit du siècle mais je l’ai trouvé sympathique. Je n’ai pas trop ressenti les défauts cité dans la critique cela dit. Vous savez si il y aura une suite à ce récit ? (oui j’aime beaucoup poison ivy :p )