J’ai, à titre personnel, une relation un peu conflictuelle avec la production de Warren Ellis. J’ai parfois du mal avec une certaine outrance gratuite qui émaille certains de ses écrits, qui vient probablement du fait du fait de découvrir ceux ci avec du retard et donc souffrent d’être datés des années 90. Néanmoins certains autres m’ont enthousiasmé et le meilleur exemple de cette dualité est Planetary dont le premier tome m’a profondément agacé malgré ses grosses qualités, mais dont le deuxième tome m’a conquis.

Tout cela pour dire que c’était avec une certaine impatience mêlée de crainte que j’ai abordé The Authority, récit culte pour certains et en particuliers les enfants de la fin des années 90.

StormWatch n’est plus. Victime des machinations de Bendix, des dissensions et des décès en son sein. Mais de ses cendres va naître The Authority, une équipe qui ne répond de ses actes auprès de personne, réunissant certains anciens membres de StormWatch et quelques nouveaux glanés ici où là par Jenny Spark qui semble plus être un leader de circonstance qu’autres choses, naviguant dans des univers parallèles à travers la plaie tout en restant ancrée à la Terre à l’aide du Porteur, un vaisseau à l’origine indéterminée.

C’est alors qu’une nation terroriste détenant une haute technologie va tenter de profiter du vide apparent laissé par la disparition de StormWatch pour mettre la planète à genoux et prendre sa revanche. La bonne occasion pour The Authority de prendre le leadership mondial dans la lutte contre le crime et pour Jenny Spark de mettre son management à l’épreuve.

Il semble qu’à l’époque, la série ait fait polémique pour l’extrémisme et la violence des anti héros de l’équipe. Alors certes parfois Midnighter fait parfois d’un peu de sadisme, mais il semble que le temps ait fait son oeuvre et avec un regard contemporain, ce comics n’est pas tellement pire qu’un Batman d’aujourd’hui. Alors certes la vision actuelle du Dark Knight doit probablement beaucoup à cette série, mais le fait que les compromis des héros de cette série paraissent maintenant normaux atteste de l’influence du titre sur l’industrie actuellement. Découvrir ce comicbook aujourd’hui enlève pas mal du choc de l’époque, car son propos s’est beaucoup banalisé, mais ça n’empêche pas d’y prendre quand même du plaisir.

Le tout fonctionne quand même extraordinairement, entre une Jenny Spark qui montre de grandes prédispositions à la fonction de chef malgré son apparente nonchalance affichée, la surpuissance du solaire Apollo, la violence et le sadisme de son compagnon Midnighter, la quasi omniscience de l’Ingenieure, le recul du Docteur… Le tout fonctionne parfaitement.

Et la résolution de cette première attaque met direct dans l’ambiance, on ne recule devant rien et même pas devant des dommages humains collatéraux pour résoudre un problème qui potentiellement pourrait entraîner bien plus de pertes humaines sans résolution rapide. Une modernisation du mythe des super-héros menée à grand coup de pompes dans l’arrière train en somme !

Une fois cette première menace mise de coté, on attaque dans le dur avec une intrigue qui nous en dira plus sur la jeunesse (lointaine, la dame étant quasi centenaire…) de Jenny Spark, qui dans l’ensemble reste une grande énigme. Énigme que l’on aura pas le temps de résoudre.

Si l’enrobage est quelque peu bourrin, il n’en reste pas moins un propos et un scénario intelligent, mais pas aussi alambiqué et parfois prétentieux comme a pu l’être parfois StormWatch. Vider le coté géopolitique, permet d’appuyer le coté indépendant et d’enlever une lourdeur au récit. C’est pourquoi The Authority se lit facilement, sans rien sacrifier à la profondeur.

J’ai eu un coup de cœur pour la mini-histoire qui clôt le livre où Paul Jenkins décrit avec intelligence et sans tomber dans la vulgarité comment l’Ingénieure a gardé un coté humain et certains des besoins qui vont avec….

Le dessin de Bryan Hitch est assez sobre mais parfaitement lisible et plutôt beau. Mais là où il fait merveille c’est lors des scènes grandiloquentes et d’actions. Avec juste le petit détail un peu gore pour être réaliste sans tomber dans l’horreur. Un bonus décrypte même comment Hitch construit une planche en plusieurs couches pour plus de spectaculaire.

Un combo scénario brillant et dessin à la fois beau et dynamique qui nous donne un mélange très efficace. Si StormWatch ou même Planetary pouvaient parfois souffrir de lourdeurs. Là Warren Ellis élague son propos et nous propose un concentré de son talent. Vivement le deuxième tome, parce que là j’ai été séduit !

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Un scénario mêlant intelligence, simplicité et action
Des dessins dynamiques
Une relecture moderne des super-héros qui a fait école
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