On entame la dernière année d’Injustice, toujours avec Brian Buccellato au scénario. Après une Année 4 qui commençait clairement à montrer des signes de fatigue, il est temps pour l’auteur de raccorder tout ce coprorium au début du jeu Injustice. Cette cinquième nous permettra-t-elle de finir en beauté ? Voyons ça. Cet album contient Injustice Year Five #1-7.

Alors que Superman désespère de capturer Batman, que ce dernier est privé de l’aide des dieux grecs pour mettre le kryptonien hors d’état de nuire, et que les pénuries de pilules de Lex commencent à se faire ressentir, les deux camps vont être contraints de recruter parmi leur anciennes némésis.

Le filon est épuisé

Jusqu’ici, la structure générale de la série ressemblait à ça : Batman cherche un allié pour mettre Superman à terre, mais cet allié échoue. Durant l’année 2 c’était le Green Lantern Corps, l’année 3 les magiciens et sorciers, et l’année 4 les dieux grecs. Cela donnait lieu à des histoires variées et permettaient d’explorer tout le DC Universe. Ici, l’auteur retente la combine avec les vilains, mais ça ne marche pas.

Alors que les précédents tomes arrivaient à multiplier les retournements de situation et à nous tenir en haleine durant douze numéros, ici l’histoire avance très lentement. Le scénario s’attarde sur plusieurs personnages à la fois, et les connecte d’une manière brouillonne et confuse, comme un film qui aurait été charcuté au montage. Batman ne fait que recruter les Rogues (non, non, et non, jamais je ne dirai Lascars), et à la fin il fait exploser des bâtiments, et Superman de son côté tente un truc avec Bane et Killer Frost, mais dans les deux cas, ces deux trames qui sont censées être majeures semblent éclipsées par des combats balancés dans tous les sens sans réelle logique. À la fin, le statu quo est le même qu’au début.

Le seul élément qui rythme ce récit, ce sont les combats. Évidemment, on ne lit pas du DC pour voir Deathstroke et les Teen Titans jouer aux échecs, on veut de l’action, mais cette dernière est ici ridiculement mise en scène. Ils sont tous construits de la manière suivante : un personnage random apparaît, s’énerve, combat, le personnage random disparaît. Ces combats n’ont aucun enjeu, les protagonistes se battent littéralement pour rien, et, même s’ils permettent une lecture rapide de l’album, ne sont même pas distrayants pour deux sous.

Am-stram-dram pic et pic et co-lé-gram : Hawkman, à ton tour

C’est un autre problème du tome. Injustice a toujours eu vocation à caser un maximum de personnages du DC Universe. Dans les années précédentes, on les prétextes utilisés fonctionnaient la majorité du temps, mais ici l’auteur n’en cherche même pas pour expliquer la présence de tel ou tel personnages. Hawkman, Solomon Grundy, Doomsday, … On dirait que Buccellato les a tirés au hasard dans un sac, sans aucune logique avec l’intrigue. Ils débarquent de nulle part (Doomsday tombe du ciel. Littéralement. Sans aucune explication.), commencent un combat inintéressant, perdent, et disparaissent. Ils cassent le rythme de l’histoire, et n’apportent rien vu qu’on éprouve même pas de plaisir en les voyant, tant ils sont mal caractérisés.

Car oui, la caractérisation est plus qu’affreuse. Taylor arrivait bien à écrire ses personnages. Sans être un maître en la matière, il parvenait à rendre beaucoup de protagonistes un minimum attachants en un nombre réduits de pages. Ici, c’est la catastrophe. Les personnages randoms dont je parlais plus haut ? Toujours la même chose : ils sont énervés et se battent comme des ploucs. Les méchants ? Ils sont énervés, se battent comme des ploucs, et passent leur temps à hurler « je vais te tuer ! ». Ils n’ont aucune âme, ce sont juste des punching balls. Quant aux héros, ce sont tous des enfants plus qu’immatures. Ils veulent toujours taper sur tout et sont ultra susceptibles, s’énervant dès qu’on les contredit. Les seuls personnages calmes, comme Damian Wayne ou Catwoman, agissent d’une manière incohérente. C’est bien simple : sans les costumes, il est quasiment impossible de reconnaître les personnages. Et aucun n’est intéressant ou attachant.

Et les dialogues n’aident pas. Durant l’années 4 les dieux n’arrêtaient pas de dire « tu oses ? », « tu oses me contredire ? », « tu oses me toucher ? », mais ça avait un minimum de sens, car ils sont imbus d’eux-même, cela fait partie de leur personnalité. Mais ici, les héros font la même chose, et c’est juste ridicule. Vous pouvez arrêter de vous énerver et de vous battre littéralement pour rien ? Le reste des dialogues recèle aussi de perles de stupidité. Un extrait entre le Parasite et Hal Jordan : « – J’ai hâte d’arriver au milieu tout mou… – Au milieu tout mou ? Dégoûtant ! Et pour info, c’est toi le monstre moche aux mauvaises manières, et c’est moi qui envoie les répliques qui tuent. ». Bon dieu, je crois que je suis en train de deviendir plus con.

Le seul et unique point positif du tome est de faire apparaître Bizarro. Le personnage est le seul à être correctement écrit, et le mystère qui entoure son apparition nous promet quelques retournements pour la suite. Mais il ne sauve pas ce tome du naufrage complet.

Si Injustice était une série TV, cette année 5 serait la saison de trop. L’auteur ne se donne aucune peine pour trouver des enjeux cohérents, l’intrigue n’est pas palpitante et systématiquement interrompue par des combats inintéressants, les personnages sont balancés totalement au hasard et sont horriblement mal écrits. Il n’y a rien dans ce tome qui faisait la force de la série, pas même le plaisir de rencontrer autant de personnages. Plus qu’une perte de temps.

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De nouveaux personnages apparaissent...
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... Mais ils sont introduits n'importe comment
L'histoire patine
Caractérisation aux fraises et dialogues cons
Pleins de combats inintéressants et sans enjeu
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1 Commentaire sur "Review VF – Inustice Année 5 : première partie"

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darthfry

C’est sévère, mais relativement juste…

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