Parmi les récits perdus de Superman, Krisis of the Krimson Kryptonite est un arc qui avait reçu à sa sortie un accueil plutôt chaleureux. Procurant au personnage un moyen de maintenir ses ventes après l’événement qu’a été Exil. Avant d’entamer Krisis of the Krimson Kryptonite, les avant-propos de Roger Stern sont à lire. Le scénariste précise ses intentions, et définit le statut du personnage et de son background avant l’ouverture du premier numéro.

Et pour cause, cet album commence avec le recueillement de Perry White et sa femme, sur la tombe de leur fils : Perry White Jr. étant en réalité le fils de Lex Luthor. D’un autre côté, Lois et Clark se sont grandement rapprochés, Roger Stern, parmi ses autres précisions indiquait qu’avec les autres scénaristes de Adventures of Superman ou Superman, ensemble ont pris la décision de tenter de créer un point de non-retour dans leur relation. S’ajoute à ça l’utilisation de la Kryptonite Rouge, aux effets encore indéfinis et oubliée depuis le Silver Age.  Alors que la Kryptonite Verte vient d’infecter Lex Luthor venant de perdre l’une de ses mains remplacée par une prothèse recouverte d’un gant noir. Beaucoup d’éléments variés, trois grandes questions en couverture, et derrière ce sentiment de renouveler ses idées, et de bouleverser le statut-quo, réside un hommage au Silver Age.

Cet hommage s’effectue à travers la Kryptonite Rouge, la caractérisation d’un Lex Luthor machiavélique, et uniquement machiavélique. Le soucis des conséquences se fait absent, comme si le plan prévu ne pouvait mener qu’à la direction escomptée et qu’aucune autre possibilité ne pouvait être envisagée. Ce qui ne correspond pas réellement à la vision actuelle de Lex Luthor, et sur ce point, certains lecteurs pourraient être rebutés. Les amateurs des séries animées incluant Superman TAS ou encore Justice League Unlimited seront ravis de trouver là des comics ayant inspiré les scénaristes pour ce qui est de l’infection due à la Kryptonite Verte, ou encore des personnages comme Turpin et Hamilton. Ce récit, aux premiers abords anecdotiques, derrière de grandes questions ressemblant à des promesses intenables se trouve l’essence même du bon comic-book de Superman. Une focalisation et une avancée dans le couple Lois & Clark, une intrigue en progression continue qui trouve, même dans l’attente un fonctionnement dans la quête d’une solution dors et déjà estimée comme temporaire. L’implication de Starman est justifiée et tient un rôle bien plus important que le simple guest sans autre intérêt qu’une poignée de main amicale.

On y trouve la représentation même du comics classique avec le schéma, dans le premier numéro, de l’élément perturbateur sorti de nulle part jusqu’à ce qu’il soit arrêté par vous savez qui. De grandes lignes classiques, jouant sur les codes du Silver Age, et ses éléments (Mr. Mxyzptlk, Kryptonite Rouge) dont les scénaristes ont consciences. On verra Mercy se moquer de Lex pour parler à son morceau de Kryptonite par exemple. Un second degrés présent qui rend acceptable l’apparition soudaine et incohérente de certains éléments. Comme un McGuffin à l’effet hypnotique créant, autour de lui, les périples que devra surmonter le héros. La conclusion est tout aussi intéressante qu’au final ce récit n’apparaît que comme étant un moment important dans la vie de Superman et Clark Kent. Un premier numéro amenant des complications dans sa vie, il tente de résoudre, et témoigne d’une opposition complète entre l’apparition insensée de cette Kryptonite Rouge, pour une « résolution » plus vraisemblable, entre Superman et Clark. S’ajoute à ça plusieurs thématiques intéressantes sur les motivations du premier voleur, création de nuances entre l’acte d’un mal pour des raisons justes. Quelques brèves subtilités qu’il ne faut pas négliger à la lecture, créant cette richesse derrière cette casquette d’histoire classique de Superman.

Concernant la partie graphique, les noms suffisent. Curt Swan, John Byrne, Jerry Ordway, malheureusement sur un même numéro spécial, et puis Dan Jurgens, bien plus présent sur l’album, en pleine ascension. La présence du même coloriste permet une unité sur ce plan. Difficile de trouver une faille dans ces pages. Seule la représentation des personnages à l’époque pourrait en gêner certains. Un Lex Luthor avec de l’embonpoint, la représentation même du monde à l’époque. Référencé, accessible, et au final assez moderne dans sa représentation avec un Superman musclé, un affrontement explosif, sans tomber dans la violence permanente actuelle, Dan Jurgens réussit à faire la part des choses entre divertissement gentillet et représentation iconique moderne.

Bien plus subtile qu’un Truth, plus ancré dans ce qu’est l’esprit de DC Comics, un univers où les super-héros se côtoient. Krisis of the Krimson Kryptonite pourrait tout aussi bien s’intituler « Deux semaines dans la vie du plus grand super-héros ». Sans être un récit culte, les scénaristes n’en avaient pas même la prétention, ils ont écrits une histoire, ont réussi leur(s) pari(s). Effet nostalgique garanti, une petite pépite accessible à tout amateur dans les bonnes odeurs de cartons remplis de comics d’occasion.

Très Bon / 10 Notre avis
{{ reviewsOverall }} / 10 Votre avis (0 votes)
Les +
Bon traitement de l'histoire
Accessible à tous
Charme des années 80
La fine fleure de l'époque
Les -
Pitch déjà vu
Ce que vous en pensez... CONNECTE-TOI POUR DONNER TON AVIS !
Order by:

Sois le premier à donner ton avis.

User Avatar
Vérifié
{{{ review.rating_title }}}
{{{review.rating_comment | nl2br}}}

Voir plus
{{ pageNumber+1 }}