Vous savez comment ça marche : on mate un truc, on ouvre le blocnote wordpress, on réfléchit cinq minutes, et on dit du mal d’un film DC pour que Disney continue de nous envoyer encore plus de pognon. Ceci afin de payer les paquets de lessives qui blanchiront nos toges et bures diverses, parce qu’il n’est pas question d’arriver débraillé au prochain congrès de presse réptiliano-illuminati franc-maçonno-bobo, qui se réunit chaque semaine pour promettre de haïr Batman et Warner, célébrer les films de Marvel et comploter tranquillou billou autour de tartes aux pommes et de chocolats chauds délicieux.

Mais, parce que les paquets de Bonus lavent toujours plus blanc, on se rend compte qu’il n’y a pas assez de films labellisés DC chaque année pour rentabiliser ce coûteux investissement militant. Comment se passer alors de nos après-midi goûter avec les copains, n’étant du coup plus légitimes fautes de reviews assassines à publier ? Simple question, utile réponse : en allant fouiller le passé. Puisque si vous n’avez pas aimé Suicide Squad, dites vous bien que ce cas d’école du processus Hollywoodien n’est que l’arbre biscornu devant une forêt de saules pleureurs tristounets, et que malgré l’abondance de nos critiques cinés, il reste encore une ou deux saloperies à déterrer, parce qu’en définitive, l’art ne s’oublie pas.

Fact Checking

C’est donc en cette semaine de festoche Cannois que seront critiquées de plus anciennes productions DC, avec pour commencer Swamp Thing 2, sous-titré en Français « Le Retour de la Créature du Lagon« . Dès le titre, ça déconne déjà, le film étant la suite de Swamp Thing nommé en VF « La Créature du Marais » et pas du lagon, mais pas la suite de Creature from the Black Lagoon, d’ailleurs traduit en VF par La Créature du Lac Noir. Cause Molière mise de côté, de quoi ça parle, Le Retour de la Créature du Lagon ?

Le film reprend peu ou prou dans la continuité du premier : on récupère certains acteurs, à commencer par Dick Durock qui incarne un Swamp Thing d’apparence plus végétal que sa première interprétation dans le film de Wes Craven, et Louis Jourdan, apparemment pas lassé d’enterrer sa carrière, qui reprend le rôle du professeur Arcane. Différents éléments de flashbacks établiront cette idée de suite canonique, quoi qu’à aucun moment le film ne se posera la question : pourquoi Arcane est il en vie, pourquoi n’a-t-il pas l’apparence du personnage en comics, et surtout pourquoi faire une suite au premier dont tout le monde se foutait déjà un peu ?

Le plot s’ouvre sur un pitch similaire au premier, dans un esprit de film Trauma super fauché où s’accumulent une batterie d’effets de genre ratés. Arcane est donc toujours en vie, et souhaite toujours obtenir des recherches d’Alec Holland une formule miracle qui lui permettrait de rajeunir. Lui et son équipe scientifique effectuent des tests dont le principe consiste à mélanger un être humain avec un animal, ce qui est logique quand on cherche à retrouver la formule d’un engrais miracle, et dont les résultats offriront la chaire à canon mutante que seront les adversaires du héros. Assez moches, dans des costumes dont les premières séries Power Rangers se foutaient déjà à l’époque, et dont le schéma scénique sera généralement le même : éviter au maximum d’utiliser les pouvoirs de Swamp Thing, qui se contente de mettre des gros pains dans de sales gueules, parce que c’est ça, un héros Américain.

Mais, Créature du Marais oblige, le chemin de ce croisé de la justice et des valeurs vraies ne sera pas solitaire, puisque c’est dans ce film qu’est adaptée à l’écran le personnage d’Abigail Arcane, incarnée par Heather Locklear qui remportera d’ailleurs un Razzie Award pour le rôle (voyez, déjà à l’époque, y avait complot). Fille adoptive d’Anton, celle-ci lui servira dans ses expériences grâce à son génome unique, et sera secourue par Alec, parce que les filles, franchement, c’est pénible mais faut bien un mec pour les délivrer.

Etat Végétatif

A ce titre, cette suite contrairement au premier opus a le bénéfice de se situer juste après le run historique de Moore sur le personnage, ce qui en fait justifie sans doute plus l’envie de faire une suite que les maigres retombées économiques du premier. On récupère certaines idées, mais pas toutes – en fait, principalement celle du « fruit » de Swampy histoire d’avoir une scène de sexe (au deuxième rendez-vous, Abby est une fille de bonne éducation), mais vous pouvez vous carrer quelque part l’idée que la Créature a toujours été une plante, le Green, le Floronic Man, le message sur l’amour et tous ces trucs de hippies à la con.

Non, survit surtout dans ce film un constat alarmant sur ce niveau de série Z si mauvais qu’il en essaye d’être bon. Gorgé d’un humour douteux (parfois gras), le métrage essaye d’excuser ses défauts en se faisant passer pour ce qu’il n’est pas : un plaisir coupable. Il en a tous les défauts : un scénario prétexte, des inserts musicaux ratés (avec les mêmes quatre notes de trompette triomphante à chaque apparition d’Alec, avec des entrées de champs en pied qui nous rappellent une mise en scène des années ’40), des evil-sidekicks caricaturaux, des dialogues aux fraises, une écriture de personnage scandalante (au début du film, Abby lâche un « ah, si seulement les hommes pouvaient être des plantes », comme ça personne dans le public ne sera choqué qu’elle se tape un gros légume vert à la deuxième rencontre, hop, c’est placé), et aucune des qualités. On y trouve une accumulation de masse de trucs sensés avoir déjà marché ailleurs, comme si le film assumait sa posture de production poubelle random qui récupère un peu chez la Hammer, un peu chez Trauma, un peu chez les vieux sérials de super-héros un peu d’authenticité, barbouillé dans une écriture presque cynique qui ne fait pas d’effort et dont la réalisation pue le calvaire technique et l’absence totale d’envie.

On pourrait le résumer comme une grosse séance d’exploitation bon enfant, mais le rendu final tient plus d’une version nanarland du vice, une parodie du premier (déjà assez peu mémorable en soi) où on se fout d’à peu près tout. De bouts de ficelles en accumulations de clichetons absolument pas sauvés par l’acting ou le second degré, tout est mauvais. Et là où l’excuse du genre pourrait autoriser une certaine tolérance, ça ne fonctionne pas : Swamp Thing 2 n’est ni un film d’horreur, ni une comédie.

Parce que le film ne fait pas peur, il ne fait pas non plus rire. On en retiendra un générique composé des illustrations de Bissette et d’autres artistes de couverture posées sur la chanson Born on the Bayou (ce qui en soi ridiculise plutôt la série mais a le mérite de mettre en valeur la BD plus que le film), une créature esthétiquement plus proche de l’original, même si on est loin du compte, et, allez, à la truelle on va même être sympas et mettre la durée assez brève (1h18 de film, en comptant le générique d’ouverture) comme une qualité appréciable, parce que les blagues lourdingues les plus courtes le sont un peu moins. En dehors de ça, ce film n’a pas de sens et ridiculise l’un des personnages les plus atypiques de DC Comics, c’est une bombe au napalm sur un magnifique champ de coquelicots, une méchante grosse droite dans la tronche de MooreWein et des runs ultérieurs, un pesticide corrosif dans un océan de potentialité. C’est nul, un ratage intégral, c’est le fond. Du fond. Du fond.

Toutes oeuvres cumulées, il est difficile de trouver pire que ce Swamp Thing 2 au panthéon des films DC Comics, ajouté au fait que celui-ci soit sorti la même année que le Batman de Tim Burton. Sa seule réussite aura été d’être un métrage bien inoffensif (quoi qu’il ait engendré un dessin animé et une série TV dans la foulée, mais là c’est vraiment du domaine du surnaturel), que tout le monde a oublié et ce avec raison. Difficile de savoir si son existence est pour quelque chose dans l’absence du personnage des écrans depuis une vingtaine d’années – voire une trentaine – mais grosso modo, la palme de la plus grosse saloperie jamais née d’un décideur de cinéma avec un héros DC Comics est là, on a le droit de se réjouir d’avoir enfin le tenant du titre. On se lève et on l’applaudit, c’était vraiment nul mec, bravo. Vraiment. Super nul. T’as bien bossé.

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Acteurs et écriture désolants
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Blue

Prochain Off My Mind : Review et Catharsis, un mélange détonant. ^^

Doshu
Doshu

Ca donne méchamment envie. Merci pour l’économie de temps…1h18 de lecture en plus c’est toujours ça de gagné!