Review VO – Batman #21 : « The Button » partie 1

Scénario : Tom King - Dessins : Jason Fabok - Couleurs : Brad Anderson
DC Comics - Batman #21 - 19 avril 2017 - 32 pages - 2.99 $

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Avant-propos : la lecture de cette critique se fait à vos risques et périls. Après mûre réflexion il me paraît évident qu’il est impossible de parler de ce numéro sans expliciter par moments clairement son contenu. Aussi, si vous êtes lecteur VF ou que vous n’avez pas encore lu ce numéro, vous rentrez en zone de spoilers à partir du 2e paragraphe. Vous êtes prévenus. 

Après quelques mois de teasing, une impatience non feinte s’empare des lecteurs du DC Comics actuel puisque, près d’un an après la sortie de DC Universe : Rebirth #1 de Geoff Johns, certains mystères à peine esquissés (ou suffisamment pour amener espoirs et craintes dans ce relaunch) vont être explorés dans ce crossover lié à l’intrigue principale du relaunch de DC. Il devient assez clair maintenant que le suivi d’un grand nombre de titres de l’éditeur permet d’avoir une vision globale de ce qui est en train de se passer (je ne saurais que vous conseiller d’aller faire un tour du côté de Superman Reborn, mais aussi du côté de Justice League et Trinity) à mesure que les héros principaux comprennent que quelque chose cloche – et/ou a cloché dans leurs vies récentes.

Mais revenons d’abord à Batman qui, quelques mois plus tôt, a découvert un mystérieux badge dans sa cave, et ce après l’arrivée impromptue d’un Wally West emprisonné depuis fort longtemps dans la SpeedforceBatman s’était promis, avec Barry Allen, d’enquêter sur la présence et la nature de ce badge, et c’est aujourd’hui que les choses commencent. Alors qu’il regarde un match de hockey sur glace, le badge entre en contact avec le masque de Psycho-Pirate et provoque une réaction fort étrange. Un autre Batman apparaît très rapidement, du fond de la SpeedforceBatman appelle Barry pour qu’il le rejoigne, mais dans la minute qui les sépare l’un de l’autre, c’est un autre personnage qui va faire son apparition. S’ensuivra un duel terriblement violent dont je préfère encore taire l’issue, mais qui devrait vous tenir en haleine tout comme vous pousser à vouloir lire la suite. Car vous l’aurez remarqué, on peut résumer le contenu du numéro assez rapidement ; et clairement en guise d’introduction, c’est très introductif, peut-être même trop. Bien sûr qu’il ne faut pas tout dévoiler dans un premier numéro de crossover, mais le lecteur que je suis est resté un peu sur sa faim.

Et pourtant, et pourtant. Il y a malgré tout beaucoup de choses à dire dès lors qu’on s’attache au delà des simples évènements. En premier lieu, le lien de ce début d’event avec la continuité récente, et notamment cette volonté de vouloir mêler Flashpoint et le début des New 52. L’intention était écrite dès le one-shot de Geoff Johns sorti l’an dernier, le créatif et l’éditorial tentent d’aller ensemble pour expliquer le(s) défaut(s) des cinq dernières années. En résulte donc le retour d’un personnage (teasé auparavant dans la série Flash), un bref aperçu de Thomas Wayne en costume – et il semble en fait normal de retrouver ces éléments puisque Johns en était déjà aux commandes à cette époque. Si on sait déjà que « quelque chose » est responsable de la « perte » d’une poignée d’années lors de la fusion des univers DCWildstorm et Vertigo lors des New 52, c’est l’identité de ce « quelque chose » qui reste encore plus ou moins secrète, et surtout qu’elle s’est visiblement réveillée – ou n’aime pas être dérangée. Malgré le teasing omniprésent (le badge, la lumière bleue), on ne sait pas concrètement de quoi il en retourne. Excitant et frustrant à la fois.

Parlons-en d’ailleurs, de ce badge. La symbolique de ce numéro est très forte à cet égard, puisque le badge en question est présent partout. De facto certes puisque Batman le tient et qu’il est un élément déclencheur, mais indirectement aussi. Dès les premières images, la crosse de hockey vient imiter la trace de sang sur le badge ; que l’on retrouve ensuite en affiche sur un poster dans l’Asile d’Arkham, sur les moniteurs du Chevalier Noir ; le tout culminant lorsque ce dernier crache une traînée de sang à la figure de son adversaire, qui devient littéralement une représentation (par les couleurs, et le sourire) du fameux badge. Il me faut alors parler de Watchmen, qui est là aussi très présent. Le lien du DC Universe à l’oeuvre d’Alan Moore est tissé/teasé depuis bientôt un an, et il s’accroît encore là. Les fans de l’oeuvre reconnaîtront à plusieurs passages des références à certaines planches de Dave Gibbons (comme le passage avec l’écran brisé) et la lumière bleutée qui accompagne un personnage dans les dernières planches est on ne peut plus explicite – en plus de ce qu’il raconte et de ce qu’on peut déceler dans sa pupille… On pourra toujours être réfractaire à cette idée (Alan Moore le premier) mais pour le moment je trouve que King, sous la houlette de Johns, s’en sort plutôt bien pour amener progressivement l’univers Watchmen dans les pages de DC. Du teasing, beaucoup, mais l’impression de rendre vraiment justice à la puissance d’un Dr. Manhattan qui serait amené à exister ou avoir une incidence sur un univers pourtant peuplé de super-héros.

Dans la narration même, King profite des services de Fabok, au trait toujours impeccable, pour offrir des beaux moments de bande dessinée. On retrouve son découpage en neuf cases qui l’a rendu « célèbre » et permet de chouette compositions que le lecteur suit naturellement, le mouvement du dessin accompagnant celui de l’oeil. La décomposition de l’action, temporellement parlant, est aussi très travaillée et la seule chose qu’on pourrait reprocher à Fabok, c’est de nous offrir peut-être quelque chose de trop sanglant – je dis peut-être car personnellement ça ne me dérange pas. Enfin, ajoutons en bonus de ce numéro finalement assez chargé un teasing, en répétition là aussi, pour la Legion of Super-Heroes ; mais on peut se demander en vrai si Saturn Girl n’aura juste pas une incidence directement dans le titre Batman puisqu’elle y est déjà apparue à quelque reprise.

Batman #21 est un morceau de comicbook qu’il faut digérer. Une lecture rapide au premier abord, pour laquelle il ne se passe finalement que peu de choses, et pourtant. Une symbolique très chargée, le renvoi à Flashpoint (que vous aurez peut-être envie de relire, du coup – c’est mon cas), le liant à Watchmen, le teasing très fort, les dernières pages… Il y a à la fois beaucoup et en même temps si peu. Pour le moment, j’ai envie de dire que l’introduction est réussie dans son rôle de hameçon, et sans ça, Tom King nous montre malgré tout qu’il a toujours une très bonne façon de penser son storytelling et son découpage. Puis Jason Fabok aux dessins, faut-il encore vous le vendre ? En définitive, quelles que soient vos attentes, la première partie de « The Button » est à lire, découvrir, essayer. Parce qu’il se prépare des choses de plus en plus importantes, et si vous suivez l’univers DC, vous n’avez pas envie de passer à côté. Quelle que soit la finalité.

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Le "Badge" est partout
Jason Fabok, toujours aussi bon
Le teasing omniprésent
Chargé en références...
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... mais un peu vide en contenu
Alan Moore n'aime pas ça
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16 Commentaires sur "Review VO – Batman #21 : « The Button » partie 1"

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50 nuances de Vitto
Merci bien pour cette article. Pour ma part, cette introduction a totalement dépassé mes attentes, que ce soit pour la plume de King, dont le style est toujours aussi appréciable, ou les planches de Fabok qui, comme tu le fais remarquer, sont truffées de références à l’oeuvre de Moore et qui devient petit à petit une ombre planant sur le DCU. En terme d’ambiance, de tonalité, d’écriture, c’est vraiment un des meilleurs débuts de cross/event qu’on ait pu avoir ces dernières années. Eeeeet c’est déjà plus conséquent que ce qu’on a pu avoir avec Reborn. En espérant que l’on continue… Lire la suite »
Flycatcher

En parlant du storytelling de Tom King, on peut également souligner le fait qu’il soit très bon camarade dans cette écriture à quatre mains, bâtissant un pont d’or à l’égard de Williamson pour enchaîner sur la suite. Le numéro ne se conclut pas sur un bête cliffhanger.
Petite confusion au passage sur le masque du Psycho-Pirate/Dr Psycho dans ta critique ;)

Mocassin

Je me retrouve dans ta review. L’accent est ici largement mis sur la forme, par la narration de King et les dessins de Fabok, tous deux très en forme ici. En revanche, sur le fond, mis à part certains éléments ici et là, c’est un peu creux. J’espère donc que pour la suite, tout cela sera exploité.

The Obsessive

« Alan Moore n’aime pas ça »

En même temps, on peut se demander ce qu’il aime, celui là.

Sh@dow

L’originalité ? La créativité ? Éviter d’utiliser le travail des autres pour justifier le sien ?

50 nuances de Vitto

L’as-tu lu ? Parce que, à priori, rien ne laisse à penser que l’entreprise de Johns, King et Williamson va avilir l’oeuvre de Moore. ça reste un pur exercice de style, mais ce qu’ont fait Fabok et King demeure très appréciable, indépendamment du fait que cela pourrait avoir une quelconque incidence sur Watchmen.

Toran93

Petite question Arno. Ds ton introduction du parle de Justice League. De quel numéro en fait ?

The Bat
Enfin. Le crossover tant attendu est là. Celui qui doit donner du sens (mais pas tant que ça) au one-shot de Johns. Eh bien c’est une réussite pour moi. Un numéro introductif qui, même si le fond est un peu vide, est parfait au niveau de la forme. D’abord King qui sublime dans ce numéro ce que l’on aime chez Batman sans oublier de nous faire ressentir l’importance du crossover/event. Mais c’est niveau dessins que l’on prend une claque monumentale avec un Fabok au meilleur de sa forme. C’est du très grand Fabok que l’on a ici. C’est très violent… Lire la suite »
td1801

Graphiquement au top, certes un peu vide mais bon. J’ai hate de voir la suite. Je sens que le tpb va être un délice

ian0delond

Et si en fait ça a rien à voir avec les Watchmen ?

50 nuances de Vitto

Comme beaucoup, je pense que DC et Johns ont déjà leur issue de secours pour éviter la polémique et garder intact le sacro-saint Watchmen.

Jin54

Jsuis très hypé par l’issue.
De plus, meme si les révalations sur rebirth sont mineures (comme dans superman reborn…qui reste au moins une super histoire) j’aurais plaisir a lire une histoire tandem flash batman, et ca c’est fun :)

Roybean

Pour ne pas trop faire de redite, je me contenterai de dire que je rejoins totalement ta review. Une première lecture rapide, mais la seconde fut beaucoup plus longue, les détails étant nombreux :)
Une chouette lecture (et c’était super beau !) dont le final nous fait maudire l’attente du prochain numéro^^

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