Le Bulletin Météo – Comprendre The Wild Storm #1-2

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La série The Wild Storm débutée en 2017 est un reboot de l’univers Wildstorm avec Warren Ellis à l’écriture et Jon David-Hunt au dessin. Dans le bulletin météo, nous allons chaque mois vous aider à vous y retrouver dans cette série déjà dense (pour deux numéros au moment de publication, le 3e étant de sortie ce 19 avril) et dont la narration peut perdre pas mal d’entre nous. Et pour commencer, petit rappel historique.

Previously : c’est quoi Wildstorm ?

Pour comprendre ce qu’est Wildstorm, faisons un peu d’histoire des comicbooks. Il y a précisément 25 ans, plusieurs dessinateurs stars de Marvel et de DC se sont rendus compte que leurs noms vendaient tellement qu’en publiant des oeuvres dont ils possèderaient les droits ils pourraient à la fois librement exprimer leur art (soit : faire des femmes encore plus sexy et des mecs toujours plus badass) et se faire tout autant, si ce n’est plus, d’argent que chez les Big Two. Alors que Jack Kirby se battait pour faire reconnaître son rôle dans la création de nombreux personnages, nos dessinateurs ont décidé de créer une maison d’édition qui ne possèderait que son logo sur la couverture, pas plus. Cette maison d’édition révolutionnaire s’appelle Image Comics.

Parmi les fondateurs d’Image Comics se trouvait Jim Lee dont les titres étaient publiés sous la bannière Wildstorm, un univers de super-héros qui a su capter l’esprit de son temps. Alors que chez DC les super-pouvoirs riment avec aventure, chez Marvel avec fardeau, chez Wildstorm les super héros sont la caste supérieure. Ces super-héros étaient plus grand que nature, des soldats travaillant pour des organisations privées, gouvernementales ou inter-gouvernementales. Ils garantissaient la paix dans un monde dominé par les complots et les guerres intergalactiques.

Après un succès initial très important et la publication d’un nombre tout aussi important de titres (dont WildCATs, Gen13, ou Stormwatch), Jim Lee a vendu Wildstorm à DC en 1999. DC a continué à faire vivre les titres Wildstorm dans leur propre univers durant plusieurs années. Cet univers a connu quelques chamboulements, notamment après Infinite Crisis où l’univers Wildstorm est devenu la Terre-50 du Multivers DC et s’est accompagné d’une nouvelle direction pour la gamme. Ce remaniement s’est avéré éditorialement compliqué, pour des raisons de retard, les titres phares WildCATs et The Authority écrits par Morrison ont été annulés respectivement aux numéros 1 et 2. En 2009, l’univers avait encore pris une nouvelle direction, post-apocalyptique, avec l’histoire World’s end, un nom qui sera malheureusement approprié étant donné qu’en 2010 la publication des titres Wildstorm s’arrête.

Cependant, DC n’avait pas abandonné ses personnages et a décidé de les inclure à son reboot de l’univers DC principal qui a suivi l’event Flashpoint en 2011. Au final, la greffe n’a jamais réussi à se montrer pertinente. À l’exception du personnage du Midnighter dans le titre Grayson, peu de titres ont exploité cette partie de l’univers après les premiers mois du reboot.

Nous re-voila en 2017, DC tente une troisième itération des personnages WildStorm avec le relaunch de l’imprint, piloté par Warren Ellis, qui a écrit parmi les oeuvres les plus marquantes du label (PlanetaryThe Authority pour ne citer qu’elles), et qui va lancer une nouvelle dynamique avec un premier titre – sachant que trois autres ont été annoncés, sans qu’une date de publication ne soit encore prévue.

The Wild Storm : bienvenue en 2017

Mais alors faut-t-il connaître l’histoire des précédentes versions de cet univers pour lire The Wild Storm ?

Non. Si vous êtes un ancien lecteur, la première page de The Wild Storm s’adresse à vous. Comme Lucy Blaze, effacez de votre tête ce que vous pensez être l’univers Wildstorm en lisant ce titre, c’est un nouveau monde. Après 25 ans d’histoires, la monture The Wild Storm arrive à se distinguer tant au niveau graphique, qui privilégie un style clair et détaillé au style des années 90 et 2000, qu’au niveau  écriture avec une ambiance moderne.

L’ambiance de cette nouvelle version est bien différente de la précédente. Alors qu’en 1992 l’action était au centre du récit, ici le récit s’articule autour de personnages dans des bureaux bougeant leurs pions. En deux numéros la seule confrontation physique est un flashback raconté dans un debrief. La colère et l’énergie qui se dégageaient des planches de Jim Lee laisse place au trait de Jon Davis-Hunt plus enclin à nous partager l’anxiété de ses personnages. Les ruelles sombres propices aux malfrats sont désormais des bureaux aseptisés où se jouent le contrôle du monde entre des factions de bureaucrates.

The Wild Storm : résumés des numéros #1-2

L’univers de The Wild Storm tel que présenté dans ce premier diptyque met en scène trois factions : IO, une agence gouvernementale américaine qui cherche à gouverner le monde, HALO, un Apple local qui fabrique des téléphones et vend de l’énergie, et Skywatch, une branche des nations unies chargée de la sécurité planétaire.

L’événement central des deux premiers numéros de ce reboot est la rescousse par une mystérieuse personne en armure volante du CEO d’HALO, Jacob Marlow, qui a traversé la vitre de son bureau. Nous apprenons rapidement pourquoi c’est arrivé. Bien qu’un accident ou une tentative de suicide peuvent arriver aux meilleurs d’entre nous, Jacob Marlow a été victime d’une tentative d’assassinat commanditée par IO, qui a mal tournée. Quand l’agent d’IO est entré dans le bureau du CEO, Jacob Marlow y était déjà, et, surprise, ce dernier possède des super pouvoirs. Ces pouvoirs semblent consister en la projection de champs de forces. Une chose en entraînant une autre, pouf, fenêtre, et chute.

S’ensuit une réaction commune des trois factions de l’univers de The Wild Storm à la découverte de cette inconnue avec une armure volante : « Mais qui est cette personne en armure ? d’où vient cette armure ? » et « capturons là ». Ainsi semble commencer une course entre ces différents partis.

Nous avons été présentés à la personne qui porte l’armure : Angela Spica. C’est une ingénieure travaillant pour IO. La nature de ses recherches sont inconnues, mais sont très probablement en lien avec cette armure, qui serait un prototype créé en cachette à partir d’un engin volé par IO à SkywatchChez IO, c’est son directeur, Miles Craven, qui reconnaît son employée Angela Spica.

Du côté d’HALO, Jacob Marlow envoie une équipe CAT (Covert Action Team) constituée d’Adrianna Tereshkova, une personne pas très réveillée en tenue de cosmonaute capable de téléporter un groupe, Cole Cash, agent avec des flingues et des cartes, et Kenesha, agent avec une super mémoire. Angela est localisée par l’équipe, elle s’est rendue après l’incident à Camp Hero, une base désaffectée appartenant à IO.

Pour Skywatch, c’est le mystérieux Henri Bendix dirigeant cette organisation qui demande à Ms Trelane qui dirige la division « au sol » de Skywatch de retrouver cette armure. Elle envoie l’agent Zealot la retrouver après avoir entamé une bouteille de vodka. En parallèle Priscilla Kitaen, une star connue sous le nom de Voodoo, s’occupe en installant des panneaux publicitaires pour son nouvel album où avait eu lieu des enlèvements extraterrestres. On fait également la connaissance de Michael Cray, agent de « nettoyage » chez IO. Chargé d’assassiner Jacob Marlow, il a le pouvoir d’anéantir des organismes non humains en les touchant. Après avoir échoué sa mission, il apprend qu’il a une tumeur au cerveau incurable. Ce n’est pas son meilleur jour.

Les liens avec l’ancien univers Wildstorm

En l’état il est très difficile de voir où peut ou ne peut pas aller l’univers de The Wild Storm par rapport à ses prédécesseurs. Les personnages présentés dans les deux premiers numéros et leurs histoires dans les versions précédentes étant très riches, on va se contenter ici d’esquisser les personnages et leurs versions classiques. Cela devrait permettre d’avoir une idée générale tout en permettant de commencer à percevoir les différences. On rentrera plus dans les détails quand la série The Wild Storm les approfondira.

On apprend rapidement grâce au personnage de Zealot que manipuler les gènes pour s’améliorer est possible dans cet univers et de la part de Voodoo que des extraterrestres sont intervenus à un moment de l’histoire de cette Terre. Si le ton est différent,  et bien que laissés en arrière plan, ces éléments font partie de l’ADN de Wildstorm et sont toujours utilisés aujourd’hui.

Dans l’univers original, le groupe rattaché à HALO, est appelé WildCATs. Il est constitué de survivants ou des descendants d’une équipe d’extraterrestres humanoïdes, des Kherubims, qui s’est écrasée sur Terre durant une guerre contre une autre espèce, les Daemonites. On y retrouve notamment Jacob Marlow (Lord Emp), Zealot et Voodoo (qui est à moitié Daemonite). Un membre de l’équipe de Jacob Marlow uniquement mentionné du nom de John correspond probablement au personnage de John Colt, un Kherubim.

Cole Cash, plus connu sous le nom de code Grifter, est pour l’instant relativement mystérieux. Il apparait comme un chef d’escouade consciencieux mais d’apparence débraillée. C’est un personnage qui est très iconique dans la version classique car basiquement c’est un bandana qui a des flingues. Il a développé des pouvoirs grâce à un sérum développé par le gouvernement : le Gen-factorDans les New 52, Cole Cash (il ne s’appelait pas lui même Grifter car fallait faire sérieux, mais tout le monde l’appelait comme ça quand même) était un bro-dude qui a travaillé pour une équipe de force spéciale (la Team 7), puis est devenu escroc, puis a été enlevé par des Daemonites qui lui ont donné des super pouvoirs car en fait c’était l’élu des Daemonites. Il a alors décidé de buter tout les Daemonites (car c’est pas cool de donner des super pouvoirs sans consentement même s’ils font de toi Jesus pour Alien capable d’utiliser six flingues en même temps grâce à tes pouvoirs de télékinésie).

On ne sait pas grand chose concernant Priscilla Kitaen à part qu’elle est ici une pop star intéressée par les aliens. Dans les New 52, l’histoire de Voodoo est le classique mélange d’hybride alien, clone et strip teaseuse. On retiendra surtout la partie hybride alien. Michael Cray a été exposé à un sérum conférant des super-pouvoirs, le Gen-Factor. Ses pouvoirs se sont manifestés après le développement d’une tumeur cérébrale.

On note quelques différences dans les équipes. Zealot est à la base un personnage rattaché, du fait de ses origines, au groupe de Jacob Marlow alors qu’elle est ici agent de Skywatch. Angela Spica, alias Engineer, n’a pas de liens avec IO, mais est un membre fondateur de The Authority, le groupe qui prendra la suite de Stormwatch.

Récapitulatif

Une ingénieure d’IO a une super-armure, se fait remarquer, et c’est la course pour la retrouver, entre un analogue d’Apple, une CIA-like, et le bras armé d’une ONU. 

Mais comme dans tout bon complot, on va résumer ça avec un tableau avec des épingles, des post-its et polaroids reliés par des fils en laine (en gros) – cliquez pour agrandir. On se retrouve bientôt pour décortiquer le 3e numéro !

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6 Commentaires sur "Le Bulletin Météo – Comprendre The Wild Storm #1-2"

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Roybean

Super chronique ! Un grand merci pour le coup de main pour y voir plus clair !

The Bat

Super ça va m’aider à m’y retrouver !
Merci

Blue

Bonne chronique GG well played ^^

aedemiel

Ok ok, super dossier, mais même après avoir lu les deux chapitres trois fois, et il y a un truc que je ne comprends pas.
Dans le premier chapitre, après que Angela ait parlé avec Craven, elle est interrompu par le serveur et elle lui dit « I will CUT you ».
Bon c’est sans doute très trivial, mais je n’arrive toujours pas à comprendre cette phrase? C’est une expression Américaine que je ne saisit pas?
C’est juste pour lui couper la parole?
Bref, WildStorm c’est super bien et j’attends ce prochain bulltin météo avec impatience.

cosmos

Son « I will CUT you » a en gros le sens de « toi, commence pas à me faire chier sinon je te plante ».

aedemiel

Okay, donc c’est bien ce que je pensais, merci.

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