Superman Univers #11
Les points positifs :
  • Un event qui sait s’installer…
  • Lois & Clark, le quota comics de haute qualité du mag
Les points négatifs :
  • … Peut-être un peu trop
  • Les petits défauts habituels de Tomasi sur certaines séries

Comme toujours notre magazine, qui tend à s’éteindre, nous offre un sacré contenu pour un prix moindre, de 5.60€. Coïncidence étant que ce magazine se terminera sur les derniers jours de Superman. Un nouvel événement dont nous allons découvrir la première partie dans ce magazine, ainsi que la suite du hors-série du mois dernier avec Lois & Clark.


Superman #51

  • Scénario : Peter Tomasi – Dessins : Mikel Janin – Colorisation : Mikel Janin

A peine vient-on de sortir du Règne de Savage qui aura été une sacrée plaie qu’on enchaîne avec Les Derniers Jours de Superman. Avec Peter Tomasi aux commandes de cet événement, il y a de quoi être dubitatif. On se rappellera le mois dernier de son épisode Superman/Wonder Woman, une catastrophe, un peu comme l’ensemble du titre jusqu’ici. Et pourtant. Le scénariste nous rappelle que nul besoin d’action, de gros méchants pour faire un bon numéro. On connait le scénariste pour ses capacités à écrire les relations entre les personnages, et on associe généralement cela aux rapports familiaux, mais il excelle tout autant en ce qui concerne le background du personnage.

On ne passe pas par quatre chemins, Superman va mourir. Il n’est donc pas question de tomber dans le pathos et écrire les dernières lamentations de Clark KentSuperman doit conserver le statut de sauveur et agir en tant qu’exemple. Il accepte donc sa mort. La comparaison avec All-Star Superman ou Whatever Happened to the Man of Tomorrow ? vont d’elles-même. Mais comparer mènerait à surestimer cette introduction ou à lui faire perdre sa force. Cette force, c’est cette découverte du ton donné à l’événement. Lorsque l’on pense à un événement menant à la mort de Superman, on pense à Doomsday, un personnage puissant, un combat acharné. Si je me réfère aux deux récits emblématiques c’est justement parce qu’ici il est question d’aborder la mort. Et Tomasi fait une parfaite étude du rapport avec la mort puisque la mort n’est pas un rapport unique avec soi. La mort est un poison qui nous recouvre et recouvre ainsi les liens aux autres. Tomasi fait donc une magnifique introduction, à son événement et à Rebirth puisqu’on retrouve les relations qui nous manquaient entre Superman et les personnages les plus proches de lui. Tomasi arrive à nous mettre dans une situation de tension, de suspense, avec un ennemi intriguant qui fait ici juste une apparition.

De son côté Mikel Janin livre un travail très appréciable. L’artiste à une palette très large en ce qui concerne les expressions, et le regard des personnages est particulièrement travaillé. En revanche, et là dessus j’ai toujours eu du mal avec l’artiste, les effets d’explosions ou de jeu sont douloureux pour les yeux. En revanche, je pense que beaucoup apprécieront la petite référence sur cette page finale avec un effet de dessin collé sur faux fond vert. On aurait presque regretté qu’il n’y ait pas une petite danse.

Note : 8/10

Batman/Superman #31

  • Scénario : Peter Tomasi – Dessins : Doug Mahnke – Colorisation :  Wil Quintana

On poursuit l’événement avec ce titre secondaire. Evidemment, il fallait une excuse à Superman pour aller toquer à la porte de son pote encapé. Cette excuse c’est retrouver Kara (aka Supergirl). Pour rappel, Supergirl s’est perdu dans les méandres des pires séries de la maison d’édition. En France la série s’est vu arrêtée en kiosque il y a un peu plus d’un an. Sans parler d’un combat fill-in à Gotham, on avait le cocktail typique du mauvais numéro. Et pourtant, derrière ce préjugé entretenu par les premières pages, Tomasi nous attaque dans le dos et nous prouve une fois de plus qu’il sait gérer la partie relationnelle.

C’est une double-claque, puisqu’une page traduit tout ce qui semblait être du remplissage et qui était le refoulement des émotions. Une maîtrise de la part de Doug Mahnke, qui livre un très bon travail ici, et de Tomasi. On enchaîne ensuite les retournements de situation ce qui donne au final un ton très bancal à ce numéro, mais qui définit cet arc au final comme une forme de Road-Trip où Superman devra aller de tel point à tel point, d’un team-up à un autre. C’est à la fois dommage, et évident puisqu’on retrouve un Batman fidèle à lui-même par son absence de sentiments, et donc une relation et un manque de réaction tout à fait crédible, et même fort. Mais ceci dans un contexte évident, avec des ennemis sans aucun charisme, qui apparaissent comme pour rappeler qu’il s’agit d’une série secondaire. Un remplissage qui n’était pas du tout nécessaire et qui brise tout ce qui aurait pu faire de ce chapitre un très bon épisode.

Note : 6/10

Action Comics #51

  • Scénario : Peter Tomasi – Dessins : Paul Pelletier – Colorisation :  Tomeo Morey

Superman retrouve Kara, à une vitesse incroyable d’ailleurs. Un épisode qui se focalise sur la relation entre Superman et Supergirl. Et heureusement que Tomasi a su relever la notion d’héritage kryptonien, sans en faire un élément barbant, parce que ce numéro témoigne bien de l’absence de relation entre les deux survivants. Une relation qui était bel et bien présente dans l’ancien univers et qui créait chez Superman cette notion de famille. Une notion qui était bien plus forte, incluant même Power Girl, que chez Batman.

On pourrait presque parler d’auto-critique quand à Supergirl et le sort que les New 52 lui ont réservés. Ce début agréable puis une descente aux enfers, interminable. Au final ce numéro, se résume à beaucoup de discussions et n’est intéressant que dans cette critique, si c’en est une, du personnage de Supergirl. Au final l’intérêt est cet héritage, et cette focalisation sur les ennemis qui dans leurs coins se manifestent de temps à autres. On en apprend ici bien plus que dans les parties précédentes, même si les intentions restent encore secrètes.

Le travail de Paul Pelletier reste très correct. Même si son encrage est très épais, et donne à son dessin un côté très similaire au travail de George Pérez dans les premiers numéros du titre Superman. Un style qui a fait hurler les fans, mais qui je trouve avait son charme. C’est donc très différent des travaux qu’on a pu voir de lui jusqu’ici, mais ça garde un certain charme. Un style plus ancien, qui gagnerait à être associé à une colorisation plus travaillée qu’ici.

Note : 6/10

Superman/Wonder Woman #28

  • Scénario : Peter Tomasi – Dessins : Ed Benes – Colorisation :  Alex Sinclair

On attaque la dernière partie de l’événement pour ce magazine. Nouveau Team-Up très prévisible, mais un team-up qui va très rapidement s’éloigner de la niaiserie à laquelle on pourra s’attendre. Contrairement aux précédents, cet épisode se focalise bien plus sur les tenants et les aboutissants de la situation, et la rencontre entre les raisons de l’événement et le couple. Les composants d’un lancement officiel de l’intrigue après trois numéros développant la situation et les réactions sur l’entourage.

Peter Tomasi se tourne vers une forme d’écriture automatique, simple, mais efficace. Le risque étant, ici pour ce format de magazine, de trouver que l’histoire attendue ne commence qu’ici. Là est un autre débat selon le regard porté sur le développement d’une situation et sur ceux d’un véritable événement bourré d’action avec une thématique à peine effleurée. Toujours est-il que les éléments sont bien utilisés, les questions soulevées ne sont pas explicites, le lecteur peut se faire ses propres attentes quand à la suite.

Les planches sont signées Ed Benes, et cet artiste c’est mon péché mignon. On dit souvent de Ed Benes que ses personnages féminins sont très sexualisés, école des 90’s et donc des bimbos à tout va. Cet artiste a de nombreux défauts mais sa représentation des personnages est celle qu’on peut se faire des héros, de leur perfection. Pour autant, l’épée de Diana passe de l’épée de War de Darksiders à une dague. Malgré tout, il garde cette représentation des héros qui m’ont émerveillé, et conserve par delà les années et les styles prisés d’une époque à une autre, fidèle à un style qui reste toujours agréable à voir. Loin de livrer un travail époustouflant, il reste agréable de retrouver Ed Benes, surtout lorsqu’il est accompagné de Alex Sinclair.

Note : 7/10

Superman : Lois & Clark #6-7

  • Scénario : Dan Jurgens – Dessins : Lee Weeks – Colorisation :  

Après un hors-série qui lançait le titre, Superman : Lois & Clark trouve sa place dans ce magazine pour ses derniers épisodes. Dan Jurgens poursuit l’adaptation des Kent de l’univers d’origine au sein de ce monde, et utilise ce système narratif très efficace. Il ne cesse de semer des éléments comme par exemple un nouvel ennemi, pour le réutiliser par la suite. Il joue sur divers tableaux, diverses situations créant une immersion et un intérêt pour chacune de ces situations.

Le portrait de famille est toujours aussi appréciable, et chacun trouve sa place au sein de l’intrigue. Pour ne pas dire que chacun a son histoire, sa propre évolution, que des événements viennent bouleverser. Une série qui ne trouve pas de statut-quo et qui donne tout le charme de la série. Puisqu’on trouve une famille perdue en quête d’un statut. Une situation calme, mais aussi un sentiment d’intégration. On retrouve comme dans le hors-série Lee Weeks aux dessins, et encore une fois, c’est magnifique. Mention spéciale à la scène de la super-ouïe parfaitement mise en scène par le dessinateur et écrite par Jurgens. Je n’aurais jamais cru pouvoir être impressionné par ce pouvoir qui a toujours eu cette place secondaire dans le personnage de Superman.

Note : 8/10

PARTAGER
Previous articleChecklist VO – Détails des sorties du 11/01/17
Next articleDes photos du retour de Supergirl – avec Kevin Smith – dévoilées
Étrange personnage constitué de framboises. La légende raconte qu’il aurait une quelconque appartenance à l’école du micro d’argent. Il consolide sa morphologie linguistique et cherche à se perfectionner dès que possible. Profondément inspiré par Françoise Hardi et Zizi Jeanmaire, il écrit par passion. Amoureux de culture, il n’a jamais su se détourner de son premier amour qu’est le monde des comics. Élevé dès ses premiers pas par Bruce Timm qui lui a montré la voie de la sagesse, il s’entraine depuis comme un samouraï et accumule les reliures, les brochures, et se (re)découvre au fur et à mesure des coups de cœur. Rapidement détourné de l’univers Marvelien moderne depuis Marvel Now, il ne jure plus que par Image et DC Comics. Le fan de comics qu’il est attend sagement le retour d’une époque pour le moins révolue où le fan de comics prône sur les lecteurs éphémères qui ne se limitent qu’aux grands personnages publicités ou adaptés le temps de quelques mois. Éternel insatisfait, il n’aime pas cette présentation, et tout ce que l’on doit en retenir est qu’il écrit par passion dans le but de la partager.

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz