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Dossier – Le Major Malcolm Wheeler-Nicholson, aux origines de DC

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Sommaire

Vous allez certainement vous demander qui est ce type, et quel rapport il peut y avoir entre un militaire et les comics, et cela va vous paraître évident. Aujourd’hui on vous parle du créateur de National Comics, et donc, de DC Comics. Allez trouver un meilleur moyen de fêter la nouvelle année après ça. Parce que beaucoup l’ont oublié, et que nombreux sont ceux à s’attarder sur les personnages fictifs et non pas sur l’industrie et ses personnalités ayant permis, et permettant encore aujourd’hui, à ses personnages de vivre entre les pages des comics. Et tout cela malgré cette petite lutte de sa petite fille Nicky Wheeler-Nicholson Brown, mais aussi son petit-fils, Ian Wheeler-Nicholson, à qui l’on doit un site Internet lui étant dédié. Cela fera cette année 83 ans que le « Old Man » a lancé sa machine à vendre du rêve. On lui devait bien ce modeste hommage.

1. Un petit homme dans les Grandes Lignes

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Malcolm Wheeler-Nicholson naît le 4 Janvier 1890, à Greenville dans le Tenessee, d’une famille d’origine anglaise. Son père meurt 4 ans plus tard, après la naissance de son petit frère. On ne connait rien de son père à l’exception qu’il était anglais tout comme sa femme. Suite au décès de son mari, elle part à New-York et devient journaliste avant de trouver du travail dans un magazine pour femmes, ce qui l’emmènera à Portland. Cependant, une figure paternelle lui manquait, à lui et son frère. Un professeur, venu de Londres, que les deux frères adorèrent par la suite, et finirent par le présenter à leur mère. S’en suit une certaine romance qui s’installe entre eux. Il parlera toujours de cet homme comme étant son père, et se vantera souvent du fait qu’il soit originaire de Londres.

Lui comme son jeune frère auront droit à une culture digne des aristocrates. Ils dévorent les livres qui les entourent, et baignent grâce à leur mère dans un milieu favorable à l’apprentissage. Ce qui développe grandement leur curiosité et multiplie leurs connaissances. Ce qui est assez étonnant puisqu’ils vivent assez modestement. La famille passe ses vacances dans un ranch dans l’état de Washington, au nord-ouest des Etats-Unis, où Malcolm entretient une autre passion, celle des chevaux. Il y apprend à monter et dresser les chevaux. Dès lors un contraste se forme entre l’homme de lettres assez fermé, et cet engouement pour la vie et le monde extérieur. Il est ensuite accepté à l’école de Manlius Pebble Hill School. Une école ayant pour objectif d’entretenir le savoir et de développer une pensée critique. Incluant également un programme militaire, qui a su intéresser Malcolm Wheeler-Nicholson. En 1917, il rejoint la cavalerie en tant que second lieutenant. Il est ensuite considéré comme étant le plus jeune Major de la cavalerie, ou l’un des plus jeunes, cela variant selon diverses versions.

Catch 22

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Il intègre alors la cavalerie de John Pershing, un commandant des forces armées réputé pour les nombreux affrontements qu’il a mené, qu’il s’agisse de la révolution Mexicaine comme la première guerre mondiale. En lien avec cette révolution, la cavalerie a pourchassé Francisco Pancho Villa. Après quoi, le Major Malcolm Wheeler-Nicholson se créé une obsession pour cette figure représentative de la révolution Mexicaine et cherchera à plusieurs reprises à repartir pour cette chasse à l’homme. En vain. Cependant cette obsession restera un secret pour ses enfants. Il pourrait s’agir du fait de vouloir faire ses preuves au front dans ces premières expéditions qui allaient mener à une guerre violente. Si le Major Malcolm Wheeler-Nicholson était un homme de lettres il cherchait l’expérience du terrain, et comparait ce qu’il vivait avec ce qu’il pouvait apprendre des manuels et autres livres d’aventures ou liés à l’apprentissage de stratégies de combat. Il savait faire la différence entre apprentissage et application, ainsi que les associer pour en tirer les bénéfices. Il est ensuite envoyé en Sibérie diriger une unité d’artillerie et une troupe Cosaque, et supervise des opérations aux Japon au même moment. Il multiplie les opérations, mais durant tout ce temps, ses réflexions le perturbe. Pourquoi participer à ces guerres ? Pourquoi envoyer des gamins aller au front sans aucune préparation ? C’est évident, ils sont ici pour mourir. Et le Major refuse cela.

Sans vraiment réagir, et certainement aussi par amour de l’aventure et du voyage, Malcolm Wheeler-Nicholson compare les armées qu’il rencontre durant ses expéditions et voyages. Prend des notes, et cherche le rôle que tient son pays dans les guerres auxquelles il participe. Il tient tout de même un journal, écrit des lettres, où il dénonce les injustices qu’il relève dans ce système. Son implication dans ces événements devenus quotidiens, manifestes des horreurs banales. Après la première guerre mondiale, il est envoyé étudier à Paris à Saint-Cyr. Il retourne aux Etats-Unis avec l’intention de devenir général, et ramène avec lui sa femme, Elsa Björkbom, avec qui il s’est marié à Paris en 1920. Elle venait d’une très bonne famille de Stockholm et a été la première femme à avoir étudié à l’université d’Uppsala. Elle est décrite comme très belle, très cultivée, mais aussi comme une mauvaise cuisinière. Elle était à Paris, pour étudier la peinture, et sa soeur, étudier la langue, toutes deux issues de l’aristocratie Suédoise.

L’ambition a toujours été présente chez le Major, mais la franchise est un trait de caractère aussi admirable que dangereux. Il était remarqué aux yeux de ses supérieurs comme brillant et un fin stratège, mais sa franchise, son attachement à la vie des autres et son franc parler quant au système dont il avait remarqué la corruption ont fait qu’il n’a jamais pu atteindre un grade supérieur. Le Major le savait, et il a ensuite écrit une lettre qu’il a souhaité publier dans The New-York Times. Cette lettre, qui sera publiée par la suite, est adressée directement au président des Etats-Unis de l’époque : Warren Gamaliel Harding. Il poursuit également en justice le général SladenMalcolm avait conscience des risques qu’il prenait, mais la cour martial n’était rien comparée au malaise ressenti et les souvenirs des guerres rencontrées.

Un soir, alors qu’il était resté près de sa femme malade, à Boston, il est rentré tard au baraquement qui lui, était situé à Fort Dix, dans le New Jersey. Ne pouvant avoir accès à l’entrée principale, il est passé par une fenêtre. Un garde l’a surpris et a tiré. Force est d’avouer que c’est tout de même bien con de tirer sans prévenir dans les couloirs d’un baraquement, et qui plus est, sur un major. Malcolm est hospitalisé, et en relation avec la lettre écrite, et la connaissance du grand public des risques et du système militaire, la famille pense de suite à une tentative d’assassinat afin de faire taire le Major Malcolm Wheeler-Nicholson. L’année suivante, en 1922, il sort son premier livre The Modern Cavalery. Un essai sur le rôle de la cavalerie à une époque où la guerre n’a de cesse d’évoluer, notamment avec l’apparition des voitures, mais aussi de stratégies militaires. Un livre qui n’a de cesse d’être réédité de l’autre côté de l’Atlantique. Il publie également un roman Death at The Corral. Cette même année, il se rend à la cour martiale, et en sort victorieux. Cependant, la victoire n’est que de courte durée, l’année suivante, la peine de Sladen est essuyée par la Cour Suprême l’année suivante. La balle qu’il a reçu a touché sa tempe et ne laissera comme séquelle qu’une cicatrice,  qui selon les dires de son fils, Douglas Wheeler-Nicholson, est tombée avec le temps derrière son oreille.

2. De ma baïonette je ne ferai couler que l’encre

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Le Major aura cinq enfants : Antoinette qui naîtra à Stockholm en 1922,  Marianne en 1923, puis Malcolm, son premier fils, en 1927, son deuxième fils Douglas en 1928, et enfin Diane en 1932. Il se tient à donner à ses enfants la même éducation et le même rapport à la culture que celui que sa mère lui a offert. Douglas comparera même son lieu de vie au séminaire de Oxford. Il insiste de même sur le fait que ses parents ne portaient pas souvent attention aux devoirs liés au programme scolaire, mais plus à des discussions en rapport aux livres qu’ils lisaient et sur les thèmes littéraires qu’ils ont pu remarquer ou non au cours de leurs lectures. Il voyait cependant ses parents comme un couple solide, unis dans les moments les plus difficiles et très affectueux l’un envers l’autre. Ils retourneront souvent vers la famille de Elsa à Stockholm, mais également en France dans les années 20 où ils vivent un certain temps et où Douglas se fera ses premiers souvenirs, entre les murs d’un château. Malcolm est vu comme un père aimant, il s’agit d’un homme passionné par Bach, Thaikovsky, les films de Lawrence Oliver (qui s’est lancé dans la réalisation avec Henry V en 1944, mais avait déjà joué dans Rebecca réalisé par Hitchcock), même si son film préféré était The Lives of a Bengal Lancer. Malgré tout, il dénigrait en général la culture populaire, et ne manifestait qu’un léger intérêt pour les émissions radios comme The Green Hornet ou The Lone Ranger. Un autre paradoxe propre au Major.

Malcolm Wheeler-Nicholson a toujours eu cette envie de publier, et lance en 1925 Wheeler-Nicholson, Inc publiant ainsi un journal d’informations. S’ajoute à cela, en 1929, la découverte des magazines Adventure, Argosy, et de The Popular Magazine, dans lesquels seront publiés ses histoires inspirées de ses aventures et expériences militaires dont celle en Sibérie publiée en Décembre 1929 dans le magazine Pulp, Adventure. Il écrit des centaines d’histoires différentes au cours de sa vie, toutes relevant d’un travail de recherches ou d’une forme de vécu. Sa femme, Eva, lit ses textes et les juge si ils sont bons ou non à publier. Elle est la seule voix dont il accepte d’entendre le jugement et qu’il prend en considération. Si il est passionné par les lettres, Eva est bien plus apte à porter un jugement sur le fruit de son travail. Il a également écrit sous de nombreux pseudonymes. La majeure partie de ces histoires ont été rééditées dans le recueil « The Texas-Siberia Trail » il y a trois ans.

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Il se lance donc dans l’écriture de nouvelles mais aussi de comic-strip dont l’adaptation de Treasure Island (L’île au Trésor) de Robert Louis Stevenson, dessiné par Sven Eleven dans le magazine New Fun. Il adaptera également sous ce format les Trois Mousquetaires de Dumas, bien plus tard, en 1936. Se lancer dans la publication et écrire ramène très peu d’argent, la famille vient à vivre des moments très difficile, Malcolm était très mauvais en ce qui concernait l’administration. Il en vient à écrire 20 à 25 histoires en une année pour répondre aux besoins de sa famille. La grande dépression arrive au pire moment, mais c’est là que le Major décide de se lancer dans la publication de comic-books, malgré tous les échecs qu’il a essuyé avec son journal qu’il n’a eu de cesse de relancer, et les difficultés qu’il a rencontré, il restait un être clairvoyant. Sur cette idée, le couple place toutes ses économies pour créer National Allied Publications, Inc.

Plusieurs raisons font que le « Old Man » persiste. Son intuition en rapport au contexte, avec le marché du comics qui est en plein essor, mais surtout le fait de créer. Ecrire des histoires était une nouvelle passion, mais créer son produit l’intéressait bien plus. Par ce fait, il souhaitait permettre aux comics d’atteindre le statut d’art. Il voulait créer une nouvelle forme d’art. Et instaure avec cela une nouveauté dans le milieu du journal. National Comics Publication ne se lance pas seule, derrière se projet se tiennent donc Malcolm Wheeler-Nicholson, mais aussi Bill Cook et John Mahon. Ces deux hommes ne resteront pas longtemps, et finiront par monter leur propre boîte. Malcolm cherchait un soutient et une assurance de la part de ses artistes en tant qu’employé et co-éditeur.

S’il avait échoué jusque là, il cherchait de l’aide pour combler ses difficultés à gérer sa petite entreprise. En 1934, il écrit la première aventure de Bill Barnes sous le pseudonyme de George L. Eaton. Un héros célèbre dans la littérature Pulp. Il lance sa société en automne et publie le premier comic-book, le premier single. Mais c’est en février 1935 que New Fun apparaît. Le premier comic-book uniquement composé d’histoires inédites. Un gage de qualité dans le milieu, et surtout, du jamais vu. Le titre connaîtra une évolution, en More Fun, More Fun Comics. Il développera un second titre, New Comics, qui deviendra New Adventure Comics, puis Adventure Comics. Le même Adventure Comics qui verra les aventures de Superboy et la Légion des Super-Héros quelques dizaines d’années plus tard. Les problèmes ne tardent pas à arriver, le milieu des comics n’est pas une source de revenu conséquente. Les artistes n’étaient pas toujours payés, et lorsqu’ils venaient réclamer leur du, le Major trouvait une parade ou partait en tournant le dos. Le soucis étant que l’un de ses artistes à temps plein, Creig Flessel, assurait aux jeunes artistes qu’ils seraient payés à temps. Plus tard, Creig Flessel dira de Malcolm Wheeler-Nicholson qu’il était un homme aux nombreux rêves, mais qui n’avait pas l’argent pour les réaliser.

3. Orgueil et vérités

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Flessel n’avait pas tort, et le Major le savait. Il courait après l’argent, après le temps jusqu’à ce qu’un dénommé Donenfeld se présente comme un imprimeur et désireux de travailler avec lui. Le Major lui demande s’il ne voudrait pas investir dans sa maison d’édition. S’en suit un arrangement en rapport avec la distribution et bien sûr, l’impression dont Donenfeld se chargera. Il demande également au Major d’accepter Jack Liebowitz en tant qu’associer. Malcolm était assez crédule, se croyait en la passion des deux hommes. 1937, la compagnie change de nom pour Detective Inc suite à l’association entre le Major et Jack Liebowitz. Apparaissent ensuite deux jeunes hommes avec un seul désir, donner vie à leur personnage. Il s’agit de Jerry Siegel et Joe Schuster qui cherchent à publier leur histoire de Superman. Jerry Siegel dira par la suite que sans l’aide apportée par le Major, ils n’auraient jamais pu être publiés. En effet, il s’occupait de la publication du premier numéro de Action Comics et plaçait de grandes espérances chez ces jeunes artistes. Avant cela, le Major leur propose de travailler sur l’histoire d’un nouveau personnage auquel il avait pensé : Slam Bradely. Le Major donne les traits caractéristiques du personnage aux scénaristes qui ont ensuite écrits et dessinés l’histoire imaginée dans le Detective Comics #1 en 1937. 

L’année suivante sort le célèbre Action Comics #1, numéro emblématique qui amène le genre super-héroïque. Malcolm est celui qui supervise la publication et le contenu du numéro, contrairement à d’autres témoignages. Malcolm présente la couverture finale du premier numéro de Action Comics à Donenfield. Ce dernier dit qu’il placerait beaucoup d’argent dans ce numéro. Malcolm lui répond qu’il aimerait qu’il remarque le travail créatif et pas uniquement la spéculation des bénéfices gagnés. Donenfield lui rappelle alors que si cette maison d’édition tenait encore debout, c’était grâce aux bénéfices qu’il produisait. Et il avait raison.

Seulement, Donenfield et Liebowitz préparaient la sortie pour le Major, comme ils le feront plus tard pour Jerry Siegel et Joe Schuster. Les deux compères placent à la tête de la maison d’édition Vin Sullivan, et ont poussé le « Old Man » vers la porte. Il refusera de quitter ce qui était sa création, jusqu’à ne plus pouvoir subir les coups bas de ceux qui devaient être ses associés. Ceci allant, selon certains dires, jusqu’à lui faire croire à plusieurs reprises à la faillite de la boite si il restait. Il finit par partir en espérant qu’un jour, des êtres aussi mauvais subissent ce qu’ils méritaient. Il ne cédera jamais son titre de créateur artistique pour autant. Petite anecdote : plus tard, Vin Sullivan dira qu’on lui a présenté Action Comics et qu’il était le seul à avoir vu le potentiel du personnage de Superman. Chose étrange, puisque à la même époque, Donenfield était annoncé à la radio comme celui qui a découvert Superman et disait être la seule personnage à croire en ce personnage. Il en va de même des conséquences, les versions sont assez floues, tout comme les questions de droits des personnages, qui seraient finalement revenus à Donenfield. Celui-ci ayant toutefois proposé à Malcolm de reste en tant qu’employé à 70.000$ l’année en tant que responsable des nouveaux projets. Il refusa.

4. Brand New Day

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Le Major s’en tira avec un pourcentage sur le magazine More Fun Comics. Mais également avec une période très sombre pour lui où sa femme tiendra un rôle très important, puisqu’elle l’aidera à relativiser et à retrouver l’inspiration et le goût de la création. Cependant, malgré tous ces événements, ses enfants ont toujours lu des comics, et son garage en était rempli. De comics, de planches originales, et autres éléments en lien avec la maison d’édition qu’il a créé, puisqu’il s’en servait comme studio. Dévasté et forcé par le manque d’argent, de nouveau,  Malcolm se met à écrire. Nous sommes en 1939, et la seconde guerre vient d’éclater. Le Major retrouve des centres d’intérêt qu’il pensait avoir perdu. Il se tourne vers la géopolitique, retrouve son engouement pour l’étude des stratégies militaires et déploie dans son bureau une immense carte du monde et achète chaque matin le New York Times et le Herald Tribune dans l’objectif de comparer. Il suit avec précision les nouvelles de ce conflit grâce à un poste de radio. Il se documente au mieux à la recherche de précisions. En 1941, Battle Shield of the Republic est publié, puis Are We Winning The Hard Way ? en 1943. Ces deux livres traitent des stratégies militaires utilisées, mais aussi de la morale, et la nécessité du combat, le bien et le mal au sein du département militaire, et le regard que cette institution porte sur l’homme et ses hommes.

Derrière ses écrits très critiques du système militaire, on peut y voir un sociologue aux pensées libérales. Un défenseur des droits de l’homme. L’aboutissement des idées fondées grâce à la littérature et à son vécu dans l’esprit d’un homme d’action à la conquête d’un monde meilleur, à commencer par une meilleure pensée, un meilleur système. Malgré tout, il aimait le monde qui l’entourait selon les dire de son fils Douglas. Après la guerre, il continuait d’écrire, il ne s’est jamais arrêté. Beaucoup n’ont pas été publié, mais il continuait. Eva, sa femme avait une santé fragile et il restait auprès d’elle. Lorsque sa belle-mère meurt en 1948, le couple part en Suède. Durant ce voyage, Malcolm pense à inventer un système de pistolet  à peinture. Ces années sont celles qu’il consacre à l’invention. Il y passe énormément de temps, mais cela échoue. Il pense ensuite à un système de construction de bâtiments, mais là encore, c’est un échec. Il retourne par la suite à l’écriture. Début des années 50, un magazine The Negro Digest lui demande d’écrire un article à propos d’une de ses opérations où il était à la tête d’une division afro-américaine, appelée la Troop K. Il accepte et écrit un article faisant l’éloge des capacités et de la culture de ses hommes. Un moyen pour lui de montrer qu’un soldat est un soldat, un homme reste un homme. Il continuera d’écrire des histoires en rapport avec ses opérations dont beaucoup ne seront pas publiées, surtout à la fin de sa vie. Il s’agira notamment de Westerns, dont la publication rapportait puisque le genre était très populaire. Les comics en auront beaucoup souffert. Malcolm Wheeler-Nicholson meurt en 1965. Sa famille refuse un enterrement militaire, et s’en tient à quelque chose de plus modeste, représentant bien plus les idées auxquels le Major était attaché.

Aujourd’hui, c’est en voyant ce qu’est devenu DC Comics que les enfants et les petits enfants souhaitent faire revenir le nom de Malcolm Wheeler-Nicholson. Pour le faire sortir de l’ombre et rétablir la vérité sur de nombreux points. Mais en découvrant au fil des recherches l’homme qu’il était, les aventures vécues, j’en viendrais à dire que sortir un passé aussi palpitant que celui de Malcolm Wheeler-Nicholson est en lien avec son désir de faire vivre l’aventure à un lectorat par le biais des lettres. Faire resurgir l’existence romanesque de cet homme, c’est propager des valeurs qui restent encore présentes à travers celles des héros de la firme. Et de ce point de vue, les comic-books ne pouvaient pas avoir de meilleur créateur que celui possédant déjà les valeurs libérales de nos héros avant même l’apparition de Superman.

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