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Dossier – DC Rebirth : premier bilan

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Sommaire

Nous avions commencé l’année 2016 avec un premier bilan consacré à la période DC You de l’éditeur DC Comics, sans nous douter que dans un délai très court ledit éditeur allait arrêter cette initiative après un an d’existence et nous proposer un évènement, un relaunch, un reboot ? du nom de Rebirth. Après un teasing de la part de Jim LeeDan Didio ou Geoff Johns sur les réseaux sociaux, relayés en masse par les médias internet, le rideau est tombé, littéralement, au cours de la WonderCon du mois de mars 2016. DC Comics présente alors un relaunch, oui, avec de nouvelles séries, de nouvelles équipes créatives, de nouvelles politiques de publication, et un enjeu majeur affiché : reconquérir le coeur des lecteurs partis depuis les New 52.

Alors qu’il a été lancé en juin dernier, la fin d’année (et le lancement du crossover Justice League vs Suicide Squad, qui va certainement lancer une seconde phase éditoriale pour ce relaunch) nous a donc paru une bonne occasion de vous livrer un gros dossier, de ceux que vous aimez à lire tranquillement au chaud chez vous, pour proposer un premier bilan du relaunch Rebirth. D’autant plus que le relaunch va bientôt s’exporter en VF avec Urban Comics, et une dernière partie sera consacrée à ce volet pour que nos lecteurs non anglophones ne se sentent pas lésés. J’invite malgré tout les lecteurs qui ne seraient pas à jour de faire attention à la lecture dudit dossier car il y aura forcément certains spoilers qui seront présents – un mal pour un bien, que voulez-vous.

Je vous propose également, pour une piqûre de rappel et pour ceux qui ne sont pas présents sur le site depuis très longtemps, de retrouver nos deux derniers dossiers « Bilan » qui étaient consacrés à la fin officielle des New 52 et le premier que nous avions consacré à l’initiative DC You.

Une fois ces clés en main, vous devriez pouvoir attaquer cet article sans soucis, et je vous retrouverai donc quelques pages plus loin pour la conclusion.

Bien entendu, la rédaction d’un tel dossier ne se fait pas seule, et j’en profite pour saluer mes collègues rédacteurs n00dleSledgy7WatchfulZeppeli et JEG qui sont venus me prêter main forte, et à mon Julien qui me fournit toujours de belles images de couverture pour les dossiers !

Bonne lecture à tous !

1. Rebirth : présentation

Pour définir correctement ce qu’est Rebirth pour DC Comics, il faut dans un premier temps se remettre dans le contexte de 2015. Après un event qui se voulait historique et qui l’a sûrement été par sa médiocrité (je vous parle de Convergence), l’éditeur profite de son déménagement pour faire un soft-relaunch, une initiative éditoriale du nom de DC You. Pour la faire simple, le but officiel de DC est de procéder à une sorte de vibe « indé » sur la plupart de ses titres, en proposant des concepts différents sur les titres les plus mainstream, en accordant plus de libertés créatrices et en apportant de nouvelles séries qui vont s’aventurer dans les coins les plus obscurs du DC Universe, auprès de certains personnages les plus oubliés.

DC You : une fin difficile

Au sortir des six premiers mois, notre premier bilan de DC You faisait déjà état du demi-échec (qu’on a envie de relativiser, même si honnêtement, on peut sûrement parler à présent d’échec complet) de l’initiative, avec un éditeur qui sur la fin 2015, début 2016, se recentrait sur des valeurs sûres (BatmanSuperman) et ré-aménageait ses projets de mini-séries les plus à risques. On pourra trouver plusieurs explications pour savoir ce qui n’a pas fonctionné dans l’initiative. En premier lieu, une communication assez hasardeuse sur le relaunch en lui-même (la campagne de marketing avait commencé un mois avant le lancement…). Ensuite, un lancement de 24 numéros #1 au même moment qui, ajoutés aux titres « obscurs » et aux concepts « bizarres » (un Batman en armure, un Superman sans pouvoirs), n’aura pas encouragé les lecteurs, anciens et nouveaux, à se ruer dans les comic-shops. Il faut croire que le lectorat de DC Comics, malgré tout, n’aime pas trop être chamboulé dans ce qu’on lui propose, et de nombreux titres qui ont poussé l’éditeur à prendre des risques (The Omega MenPrezBat-Mite, etc…) n’ont finalement pas payé. On se rappellera que les chiffres de ventes sous DC You étaient assez faibles, et en pourcentage, ridicules par rapport à la concurrence. Enfin, la volonté de liberté créatrice de l’initiative – et son fameux « on s’en branle de la continuité » a poussé à beaucoup de confusion, avec notamment Geoff Johns qui faisait son Darkseid War de son côté sans prendre en compte ce qu’il se passait ailleurs. Et lorsque le boss de DC Comics ne veut pas s’impliquer dans les nouveautés d’une initiative éditoriale, c’est qu’il y a peut-être un souci.

Mais avec DC You, et par extension la période depuis le lancement des New 52 en septembre 2011, un mal plus ancien était ancré dans les publications DC. Si on peut reconnaître à l’éditeur une grosse prise de risque en décidant de rebooter complètement son univers (avec les exceptions que l’on connaît), ça s’est accompagné de sacrifices de certaines valeurs et certains aspects du DC Universe qui en font son essence, et qui ont manqué à tout le monde : aux lecteurs, bien entendu, mais aux équipes créatives aussi. Le rajeunissement des personnages, une période de 5 ans pour laquelle il serait impossible de construire de vraies relations entre les héros et héroïnes DC ; d’ailleurs la disparition totale de certaines relations emblématiques de l’univers, l’impossibilité d’en forger de nouvelles (vous vous rappelez de Batwoman ?), sont autant de facteurs qui, associés aux faibles ventes de l’éditeur, ont du conduire ce dernier à se remettre profondément en question et à aller de l’avant.

Dossier Rebirth - 2

Un relaunch, pour les ramener tous

Tous ? Mais qui ça ? Les lecteurs, bien entendu ! D’une part, ceux qui ont déserté depuis les New 52 et qui ne se priaient pas de le faire remarquer. D’autre part, les nouveaux lecteurs potentiels, ceux à qui il fallait faire une porte d’entrée, chose pour laquelle un relaunch est approprié. Un relaunch donc, c’est un peu ce qu’on utilisera comme terme pour définir Rebirth, que j’aimerai aussi sous-titre comme une « amende honorable » de DC Comics ainsi qu’une certaine « culture du compromis ». Amende honorable, car par le biais de ce relaunch, DC va reconnaître (par les voix conjointes de Dan Didio et Geoff Johns) que durant les New 52 il y a eu des directions prises qui ont causé du tort à l’âme de l’éditeur. Et une culture du compromis car Rebirth n’est pas un retour en arrière total : it’s not a reboot. And it never was. Si l’on comprend que les New 52 n’existent plus, les cinq dernières années de publication ne sont pas effacées. Au contraire, la majorité des évènements ont bien eu lieu (certains seront juste passés sous silence), et une bonne partie de l’univers pré-New 52 est aussi ramené sur le devant. De fait, on se retrouve avec un relaunch qui tente de mélanger ce qui a le mieux fonctionné lors du reboot avec ce qui manquait le plus fortement à l’univers DC – et qui était présent avant 2011.

Mais comment présenter un tel relaunch aux lecteurs ? A l’inverse de l’initiative DC You, l’éditeur va construire ce relaunch de façon plus étendue au cours du temps. Premièrement, toutes les séries ongoing qui ont débuté en septembre 2011 et n’ont pas été annulées depuis s’arrêtent à leur numéro #52, publié au mois de mai 2016. Les autres titres connaissent également tous (ou presque) une annulation ce mois-ci. Un one-shot d’ouverture appelé DC Universe : Rebirth #1 est publié fin mai. Long de 80 pages, ce récit de Geoff Johns est illustré par les auteurs les plus en vue du mainstream chez DC (Ethan Van SciverGary FrankIvan Reis…) et propose le nouveau point de départ de l’univers DC, avec un grand nombre de révélations qui font écho à d’autres éléments dévoilés dans les derniers numéros d’autres séries (et surtout : Justice League #50, mais on y revient après) et un fil conducteur massif qui est teasé et qui sera amené à être développé au fil des deux prochaines années. Après quoi, l’éditeur distille au long du mois de juin jusqu’à août ses nouvelles séries ongoing qui ont la particularité d’être toutes présentées par une one-shot Rebirth avant d’aboutir à leur véritable premier numéro.

Autre changement de taille également avec ce relaunch, c’est le passage d’une bonne partie de ces nouvelles séries à un rythme de publication bi-mensuelle. On peut y voir une forme d’adaptation par rapport au concurrent direct qui propose aussi pour certains titres un rythme supérieur au mensuel et équilibrer le marché. Avec ce rythme, DC Comics propose également moins de séries différentes, ce qui lui permet de se recentrer sur une galerie de personnages et d’avoir une offre plus « conservatrice », qui se concentre sur l’essentiel (grosso modo, les membres de la Justice LeagueBatmanSuperman et leurs familles, et quelques autres). Autre fait important, si toutes les séries annoncées repartent au numéro #1, deux exceptions de taille sont faites pour Detective Comics et Action Comics, titres historiques de l’éditeur, qui repartent à leur numérotation originelle, comme s’il n’y avait pas eu de reboot en 2011. La symbolique est très forte, premièrement pour dire que la période New 52 est « effacée », secondement parce que DC se retrouve avec les deux titres à la numérotation la plus longue de l’histoire du comicbook, et enfin parce que le rythme bi-mensuel va permettre d’atteindre rapidement le #1000, et vous vous doutez bien que ce moment sera une belle occasion de marquer le coup.

Enfin, DC Comics revoit également sa politique de tarification puisque l’ensemble des ongoing Rebirth sont vendues à un prix de 2,99$ ce qui est attractif pour le lectorat, bien qu’on se rende compte qu’avec deux numéros par mois il faille payer du coup 6$ (mais : pour 40 pages de comics, alors qu’avec un rythme mensuel et un 4$, on paie 8$ pour la même quantité). Une politique qui voit bien sûr des exceptions se faire pour des numéros spéciaux ou certains titres plus vendeurs comme All-Star Batman, mais qui n’a pour le moment pas encore connu de mauvaise surprise. Enfin, à côté des ongoins Rebirth, DC propose comme précédemment différentes mini-séries sur des personnages plus annexes, et qui rappellent par moment l’époque DC You.

The Road to Rebirth

Attention, à partir de ce paragraphe vous entrerez dans une zone de spoilers, passez donc à la page suivante au cas où…

Il va sans dire que les semaines précédant le relaunch ont été sujettes à de gros bouleversements dans l’univers DC, ce qui s’est surtout traduit dans les pages de plusieurs séries. Techniquement, deux mini-séries que sont Superman : Lois & Clark ainsi que Titans Hunt ont permis d’aborder quelques pistes pour arriver au one-shot de Geoff Johns : d’un côté, le Mr. Oz que nous avions déjà croisé dans les pages du Superman écrit par Johns, justement, refait son apparition ; de l’autre, les Titans prennent conscience d’avoir été une équipe autrefois, sans qu’ils réussissent à s’en souvenir – et sans comprendre ce qui est à l’origine de leur perte de mémoire. Cette perte de souvenirs sera un élément central pour Rebirth.

Ce sont dans les pages de Superman et ses titres liés que se déroulent un autre évènement de taille : la mort du Superman New 52 qui se fait au cours du crossover Last Days of Superman. Un fait hautement symbolique puisque ce Superman avait été souvent critiqué par les lecteurs, et le fait qu’il va alors être remplacé par le « nouveau » Superman (qui est donc le pré-New 52) ne pourrait être plus explicite. Enfin, le dernier numéro de Justice League par Geoff Johns, qui vient apporter la conclusion à Darkseid War est également très riche en révélations : d’une part, on nous apprend qu’à la question « quelle est l’identité du Joker » la réponse est qu’il en existe trois dans l’univers DC : le Joker original, celui de The Killing Joke, et celui de Scott Snyder et Greg Capullo. Dans les faits du numéro, on voit également Darkseid renaître sous une forme enfantine, Mobius (l’Anti-Monitor) mourir, Owlman et Grid se faire éliminer par une entité mytérieuse mais surpuissante, et on nous révèle que Wonder Woman a un frère jumeau. Ca fait beaucoup à encaisser, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas encore fini.

Dossier Rebirth - 3

I love this world. But there’s something missing

Car le one-shot DC Universe : Rebirth #1 est une mine de teasers et de révélations en tous genres, à tel point qu’il serait possible de faire un dossier à part entière sur ce numéro. Essayons donc d’en extraire l’essentiel. En filigrane, il faut comprendre que Geoff Johns fait une sorte de mea culpa (vis-à-vis des erreurs des New 52) par la voix de son narrateur principal qui n’est autre que Wally West qui fait son grand retour dans l’univers DC. Il nous retrace une bonne partie de l’histoire de son univers (Crisis on Infinite Earths y est mentionné) et tente de s’ancrer à nouveau dedans au cours des 80 pages qui composent ce numéro. Ce qui constitue une occasion d’aborder plusieurs personnages et de lancer plusieurs pistes pour le futur du DC Universe. On y voit notamment un énorme teasing d’un retour probable de la Justice Society of America (puisqu’un Johny Thunder bien âgé est présent) et de la Legion of Super-Heroes, deux équipes qui sont absentes des pages de DC depuis quelques temps. Les notions d’héritage, également très chères à l’éditeur, sont évoquées, avec notamment Ted Kord qui prend sous son aile Jaime Reyes – les deux partageant l’identité du Blue Beetle, alors que Ryan Choi alias Atom, quatrième du nom, doit venir en aide à Ray Palmer, qui serait emprisonné dans un mystérieux « microverse ». Les relations de couple emblématiques de DC sont également remises en avant, par le biais de Green Arrow et Black Canary, dont on ressent l’affinité même s’ils sont censés ne pas se connaître. Et nous assistons à la demande en mariage d’Arthur Curry à Mera, hautement symbolique puisque Dan Didio avait mis un véto sur le mariage entre super-héros avec les New 52.

Alors que Wally West assiste au retour d’éléments manquants au DC Universe depuis cinq ans, il nous donne également un début d’explication sur ce qui a causé le « manque » dont il parle pour cet univers. C’est là que Geoff Johns fait les pas les plus importants pour l’établissement du fil conducteur de Rebirth. Il retourne en arrière jusqu’à la fin de Flashpoint et nous sert une gigantesque retcon pour expliquer les New 52. En effet, lors du retour à la timeline principale, alors que tous les lecteurs avaient vu le personnage de Pandora faire se rejoindre les univers DCWildstorm et Vertigo, il nous est apporté une toute autre révélation. Une entité supérieure a profité de ce moment là pour littéralement voler une dizaine d’années à l’univers DC – ce qui explique pourquoi tout ce qui avait été construit a été oublié par les personnages de cet univers. Lors de cette explication, on nous fait miroiter de terribles éclairs, une sorte de main gigantesque, et les indices quant à l’identité de cette puissance machiavélique nous sont donnés à côté. Comble de la symbolique, le personnage de Pandora, qui est en somme le totem des New 52, est littéralement pulvérisée, histoire de bien appuyer le propos de « cette période est bien finie ». Mais cette fin ne sera pas sans rappeler une certaine scène de… Watchmen.

Lier Watchmen à la continuité de DC ? Sans que nous en ayons encore la preuve formelle, c’est en effet l’idée la plus folle de ce one-shot Rebirth. En effet, de nombreux indices sont disséminés au cours du numéro. Il y a l’exécution de Pandora, qui ressemble à s’y méprendre avec le triste sort de Rorscharch. Il ya le thème du temps qui est abordé, et un très fort « we’re being watched » de lancé alors que Batman découvre dans sa Batcave le badge ensanglanté du Comédien. Et le numéro se conclut sur Mars, avec des rouages d’une horloge qui se mettent en place, et que sont restituées la dernière phrase de Watchmen, lorsque le Dr. Manhattan parle à Ozymandias. D’aucuns font alors beaucoup de spéculations. Il se pourrait que Dr. Manhattan soit la puissance qui a réussi à voler dix ans d’existence au DCU lors de la remise à zéro après Flashpoint. Il se pourrait que Mr. Oz, qui vient déclarer d’ailleurs au « nouveau » Superman que ce qu’il croit être est faux, soit en fait Ozymandias. C’est un gros pari que de tenter d’inclure l’oeuvre d’Alan Moore dans l’univers DC, et si les pistes sont bien présentes, il faudra encore attendre quelques temps avant de les voir se confirmer.

Après cette introduction très riche, les différentes ongoings et mini-séries de DC Comics peuvent être lancées. Et il est temps pour nous maintenant d’aborder les différents titres sortis, et de récapituler ensemble lesquels ont su tirer profit du relaunch pour proposer quelque chose de nouveau, d’en dégager les thématiques principales, bref, de faire un bilan titre par titre, qui devrait vous donner une indication de la direction dans laquelle chaque série se trouve. A l’heure de cloture de ce dossier, les pistes élaborées dans le DC Universe : Rebirth #1 n’ont pas encore été beaucoup développées. Mr Oz a refait son apparition et a capturé conjointement Doomsday puis Tim Drake, pour des raisons encore inconnues. A priori, les prochaines pistes seront données dans le crossover Superman Reborn, à venir au printemps prochain.

– ArnoKikoo

2. Les titres Batman

All-Star Batman

Fidèle à la notion de All-Star, Scott Snyder revient sur le personnage de Batman sur ce titre où le scénariste possède une liberté totale. Ce titre a la particularité d’être séparé des aventures qu’on pourrait lire dans les titres “officiels” comme Batman ou Detective Comics. On est sur un comics “d’auteur”, sur quelque chose qui serait certainement plus agréable à lire en format relié, mais qui reste très appréciable actuellement. Si on pouvait reprocher à l’auteur de s’être profondément inspiré d’oeuvres majeures de l’univers de Batman lors de son run, il n’en est rien ici. On suit à un rythme effréné une poursuite sans fin entre Batman, Double-Face et d’autres ennemis surprises qui feront leurs apparitions.

Le titre est entre une sensation de déjà vu par ce système de road-trip entrecoupé de flash-backs, une sorte d’interaction entre le passé et le présent. Un fil rouge permettant de maintenir un semblant d’explication, pas encore révélée, entre toutes ces scènes d’action. Et c’est bien cette action qui vaut le coup dans ce titre. Les New 52 ont su nous montrer par Detective Comics un Batman bien trop axé sur l’action, face à un ennemi peu développé. Snyder a l’intelligence de prendre des ennemis déjà développés ou dont il suffit d’une intention. De plus ce contexte d’action donne au titre plus un aspect de survie de l’homme chauve-souris. Si la chose n’est pas inédite, l’ensemble de ces éléments font que ce titre a un intérêt certain dans un contexte bien différent de ce qu’on pourrait voir sur des titres plus populaires. Même s’il possède un quelque chose qui donne comme l’impression d’avoir là une suite non-officielle de son run.

Loin d’être un must-have, ce titre est appréciable par son aspect indépendant, pour une action ininterrompue, et l’univers Mad Maxien planant au dessus de Batman. Snyder se joue des représentations aux limites de l’acceptable avec Batman, lui conférant des armes impensables sans jamais toucher aux principes. All-Star Batman est un défouloir assumé et efficace, il ne reste plus qu’à espérer que Scotty ne foire pas sa conclusion.

Dossier Rebirth - 4

Batgirl

Le changement d’équipe créative qui accompagne le relaunch pour Batgirl ne s’accompagne pas forcément d’un changement de direction. Pour le premier arc pourtant, l’auteur Hope Larson tente une approche plus exotique en envoyant le personnage loin de Burnside, le quartier hype de Gotham qui a redonné sa gloire à Batgirl (malgré les réticences d’une partie du lectorat), c’est à dire à l’autre bout du monde, en Asie. Là-bas, elle rencontre un dénommé Kai qui, surprise, se révèle être un ami d’enfance de Babs (ha bon ?) et en devient un potentiel love interest.

En poursuivant dans une lignée un poil girlyHope Larson ne convainc pas encore sur le personnage, et notamment car le personnage de Kai enlève une certaine part de personnalité à Batgirl. Parce que soyons francs, ce n’est pas elle qu’on verrait s’accrocher constamment pour un autre mec, d’autant plus qu’on voit très bien que Larson l’a placé là de façon très poussive. En résulte un premier arc qui n’apporte pas grand chose au personnage, et la suite ne laisse pas forcément rêveur puisque Batgirl va être amenée à rencontrer le fils du Penguin (re : ha bon ?) qui est présenté comme un potentiel ennemi… et love interest, encore une fois. Clairement, il y a un correction à faire dans l’orientation du titre.

On aura néanmoins pu profiter sur les premiers numéros (le titre est mensuel) de l’artiste Rafael Albuquerque, qui n’est pas hyper présent sur les titres mainstream de DC Comics, même si là aussi le constat sera un peu amer. Certes, Batgirl profite de la patte d’un artiste qui a beaucoup de personnalité, mais ce dernier ne semble pas très inspiré et propose des planches qui ne sentent pas l’effort de finition, avec de nombreux arrière-plans qui sont bien vides. Au mois de janvier, un nouvel artiste débarque pour le remplacer, et après ce début mitigé, il sera temps de voir si Batgirl réussira à s’envoler à nouveau.

Dossier Rebirth - 5

Batgirl & the Birds of Prey

En plus d’un titre solo, Batgirl apparaît dans un autre titre mensuel avec ses deux partenaires des Birds of Prey. Barbara et Black Canary enquêtent ensemble sur un mystérieux hacker qui sait tout sur le passé de Batgirl en tant qu’Oracle et qui va même jusqu’à reprendre ce pseudo pour vendre des informations aux criminels de Gotham. En chemin, elles vont rencontrer Huntress, qui a quitté Spyral pour venger sa famille des familles mafieuses, et décideront alors de rassembler leurs forces pour vaincre un ennemi commun. Elles vont donc toutes les trois traquer Oracle, affrontant en passant un trio d’homme-serpents, ennemis naturels des oiseaux.

Au premier abord, voir à l’écriture deux scénaristes de télévision avec peu d’expérience si ce n’est une web-série et un épisode d’un show de la CW (ne fuyez pas tout de suite) peut créer quelques doutes quant à la qualité du titre, qui aurait pu finir par ne viser que les jeunes filles, comme l’a fait la Batgirl de Burnside. Finalement, il s’avère que si elle ne plaira pas à tout le monde, cette lecture évite ce problème et vous sera plutôt agréable. Julie et Shawna Benson ont réussi à créer une dynamique de groupe qui fonctionne bien, se créant autour d’une menace commune, pimentée par les méthodes divergentes entre Babs et Dinah et Helena, beaucoup plus expéditive. Au vu de l’histoire et des dialogues, on vise clairement les jeunes par contre, mais l’absence de romance (pour l’instant du moins, car Nightwing arrive bientôt) évite vraiment une niaiserie commune aux comics girly, comme dans l’ongoing Batgirl par exemple.

Le titre ne se préoccupe pas de gros enjeux ou de scénarios complexes, mais se repose plutôt sur la caractérisation des personnages, offrant de bonnes scènes à Black Canary ou à Huntress, notamment dans un numéro dédié à l’exploration de son passé, ce qu’elle n’avait pas eu droit dans Grayson. Batgirl est quant à elle surtout exploitée à travers la remise en question de son identité, semblablement à Dick Grayson ces derniers temps. Batgirl and the Birds of Prey est au final une lecture plaisante si vous avez un tant soit peu d’intérêt pour les personnages que le titre met en avant, mais vous n’y trouverez rien d’indispensable.

Dossier Rebirth - 6

Batman

Il était forcément attendu au tournant, Tom King est le successeur à Scott Snyder sur le personnage fétiche de DC Comics. Et comme pour son prédécesseur, l’auteur aura ses fans et ses détracteurs. Dans un premier temps, King diminue le rôle du Chevalier Noir (ou plutôt, le remet en question) en amenant dans sa ville un couple de super-héros, Gotham et Gotham Girl, qui sont eux capables de véritables prouesses dues à leur super-pouvoirs. Très vite les choses dégénèrent, notamment à cause de l’action du Psycho Pirate, que Batman ira récupérer dans un second temps sur l’île de Santa Prisca, en compagnie d’alliés de fortune.

Il y a certainement beaucoup de choses à dire sur ce début de run, même si ça ne fait pas si longtemps que King opère dessus. L’auteur exploite au maximum le Bat-verse en amenant une quantité de vilains oubliés qui datent de différentes périodes de l’histoire, et en proposant de nouvelles origines à des vilains très connus, tels que Calendar Man ou tout récemment pour Bane, qui revient tout doucement à une caractérisation classique vis-à-vis de sa dépendance au venomCatwoman et Batman ne sont pas en reste et voient leurs histoires bouleversées, l’une en devenant à priori une tueuse de masse (237 morts, tout de même), l’autre en ayant eu des pulsions suicidaires après la mort de ses parents. Des éléments qui ne laissent pas indifférents ; mais ce qui frappe déjà dans l’écriture de King, outre son rapport aux personnages, c’est sa façon de planifier son histoire sur le long terme. En vérité son premier arc se découle en trois grandes parties et on peut voir que des éléments qui semblent parfois insignifiants sont remis en avant quelques semaines après et révèlent toute leur importance. On reconnaît ici un auteur qui maîtrise son propos, comme il a pu le faire auparavant sur Grayson ou The Omega Men.

Graphiquement; le Chevalier Noir est aussi desservi par des artistes talentueux. C’est David Finch qui a ouvert le bal sur le premier arc et quoique puissent dire ses détracteurs, à raison, au vu de ses récentes performances (il n’était pas au mieux sur Wonder Woman), l’artiste profite d’un encrage pas trop étouffant et d’une mise en couleurs de Jordie Bellaire qui magnifie son dessin. L’autre artiste régulier est Mikel Janin, qui laisse exploser son talent dans des compositions hyper travaillées, et l’artiste est clairement à des sommets qu’il n’avait pas encore atteintes précédemment. L’ensemble fait que Batman reste encore et toujours une valeur sûre de DC Comics – en témoignent les chiffres de ventes qui n’ont toujours pas baissé, et ce après plus de dix numéros.

Dossier Rebirth - 7

Batman Beyond

Le cas Batman Beyond est assez particulier. Dan Jurgens propose une ongoing en continuité directe avec le précédent titre du même nom, et a profité des derniers numéros sous DC You pour rectifier le tir dans les modifications qu’il avait apportées à son univers. Par quelques retournements de scénario, il replace Terry McGinnis (qui, finalement, n’est pas mort) dans le costume de Batman, fait disparaître littéralement Tim Drake (on suppose qu’il est capturé par Mr Oz) et place une ellipse temporelle entre les deux séries pour laisser Neo Gotham se reconstruire et ressembler plus à la ville que les fans de la série animée connaissent. Le Rebirth est ici bien présent, et le moment pour repartir sur des bases plus saines, et plus proches de l’essence de l’univers Beyond.

Du coup, on reste dans un certain classicisme pour le moment (la série a débuté plus tard que les autres et le premier arc est à l’heure actuelle, encore en cours) avec le retour d’éléments classiques de cet univers, tels que les Jokerz et l’un de leurs leaders, Terminal, qui a néanmoins un projet assez fou : ramener le Joker originel à la vie. Dan Jurgens propose un mélange d’action futuriste et de reconstruction d’un univers qui a pas mal souffert de l’esprit Futures End pour une série qui peine encore à véritablement décoller. Elle profite néanmoins d’une partie artistique travaillée et qui colle à l’esprit de science-fiction de l’univers Beyond. A l’heure actuelle, il faudra encore patienter quelques mois pour dire si le tir a été véritablement corrigé ou pas, mais on peut encore laisser au titre le bénéfice du doute, et espérer qu’il aille dans la bonne direction.

Dossier Rebirth - 10

Detective Comics

Revenu à sa numérotation originale, Detective Comics devient sous Rebirth un titre d’équipe qui, contrairement à sa précédente itération, ne fait pas la part belle au Chevalier Noir. Au contraire, Batwoman fait son retour dans les pages de DC et devient le co-leader d’une nouvelle équipe composée de Tim DrakeCassandra Cain (Orphan), Stephanie Brown (Spoiler) et… Clayface ! Une équipe assez originale dont l’auteur James Tynion IV utilise le potentiel au maximum et pas simplement comme faire-valoir pour Batman, qui a un rôle assez effacé. Batwoman s’impose comme la présence forte de l’équipe, et les autres personnages gravitent avec justesse et dynamisme. Le premier arc opposait l’équipe à The Colony, un groupe militaire employant des soldats sur-armés imitant l’arsenal de Batman ; et après le crossover Night of the Monster Men qui voyait la ville envahie par des gigantesques monstres, c’est au tour du Victim Syndicate de s’attaquer à l’équipe : un groupe de personnes qui ont été des victimes collatérales des affrontements de Batman contre les autres vilains dans la ville.

Detective Comics est assurément l’un des titres les plus forts du groupe Batman avec des histoires qui profitent d’un scénario travaillé, des interactions qui font mouche et des évènements marquants. Ainsi, Tynion n’hésite pas à faire disparaître l’un des membres emblématiques de l’équipe et de lui trouver un remplaçant, tout en développant les conséquences de cette disparition. Les responsabilités de Batman et Batwoman sont partagées et le personnage profite tellement bien de son exposition qu’elle aura droit à sa propre ongoing au mois de février prochain.

Il faut également reconnaître à Detective Comics une équipe artistique solide. D’un côté Eddy Barrows allie un dessin classique avec des passages qui ne sont pas encrés et directement colorés à la peinture, pour des effets de contraste parfois saisissants et quelques planches vraiment magnifiques (Clayface qui regarde ses vieux films au cinéma…) ; de l’autre côté Alvaro Martinez propose lui aussi un style très mainstream certes, mais travaillé, précis et qui rend honneur à la galerie de personnages présente. Dans la catégorie présente, et à l’ensemble des titres RebirthDetective Comics a clairement profité du relaunch pour s’imposer comme une nouvelle valeur sûre de l’éditeur.

Dossier Rebirth - 8

Nightwing

Après avoir été démasqué dans le monde entier en tant que Nightwing, Dick Grayson s’est fait passer pour mort afin d’infiltrer pour le compte de Batman Spyral, une organisation secrète qui cherche à s’approprier tous les secrets du monde. Mais voilà, être un super-héros, être Nightwing, ça lui manquait. Grâce à un dispositif qu’utilise Spyral, l’Hypnos, les mémoires ont été effacées, et Dick Grayson peut redevenir Nightwing. Les pierres à ce retour ont été posées tout au long des différentes séries précédant Rebirth, à savoir Batman and Robin Eternal et le satellite Hypnos, Grayson et son dernier Annual où il efface les dernières mémoires sans oublier Titans Hunt où il reprenait déjà le costume de Nightwing.

Si Rebirth prend son sens, c’est bien avec ce titre. Difficile de ramener Titans sans son chef. Mais aussi, malgré le succès de la série Grayson, l’identité de Nightwing manquait à beaucoup, lecteurs comme auteurs. Comme je disais, le succès était là pour Grayson, donc retrouver un de ses auteurs ne fut pas une grande surprise et peut-être un soulagement pour certains. Timothy Seeley commence donc par installer son héros dans son nouveau costume tout en le gardant connecté à ses anciens alliés espions avant de peu à peu l’installer dans sa propre ville désormais aussi emblématique pour Nightwing que Gotham pour Batman, Blüdhaven. Ville qu’il va réintroduire aux lecteurs, visuellement et structurellement, afin de rendre hommage sans plagier.

L’avantage de ramener Nightwing sur le devant de la scène c’est aussi de le remettre dans sa famille, côtoyer ses camarades Robins, surtout le dernier avec lequel il est proche, ou Batgirl, remettant ainsi en avant une romance toujours en suspens. Mais ce que va surtout traiter Tim Seeley , c’est le rapport avec son mentor Batman avec lequel il est toujours comparé. Seeley ira jusqu’à mettre un terme à cette comparaison et nomme son premier run « Better Than Batman ». Un titre qui peut être pris de plusieurs façons et qui traitera le sujet autant pour Dick que pour le lecteur.

La série semble réunir les ingrédients à succès de la série Grayson tout en ramenant ce qui faisait le succès de la série Nightwing avant les New 52. A croire que ce qu’il manquait à la série Grayson était simplement un nom de Super-héros… Tim Seeley fait du neuf avec du vieux. Essayant de conclure ce qu’il avait entamé dans Grayson tout en inventant un nouveau bestiaire dans l’entourage de Nightwing et le replacer dans Bludhaven. Si on pouvait voir que l’auteur aimait Dick dans Grayson, il aime aussi Nightwing et cherche à faire plaisir aux lecteurs autant qu’à lui-même.

Dossier Rebirth - 9

Pour conclure…

Si le groupe des titres Batman ne connaît pas de véritable ratés, on remarque facilement que certains titres sortent du lot, comparés à d’autres qui ont encore du mal à tirer leur épingle du jeu ou à convaincre totalement. Ainsi, All-Star BatmanBatmanDetective Comics et Nightwing proposent chacun des aventures très plaisantes à lire. Une chance pour les lecteurs VF, puisque l’ensemble de ces titres seront proposés dans le futur kiosque Batman Rebirth d’Urban Comics

– ArnoKikoo, JEG, Sledgy7, Watchful

3. Les titres Superman

Action Comics

Action Comics retrouve l’un de ses plus grands scénaristes avec Dan Jurgens, accompagné de Patrick Zircher, Tyler Kirkham ou encore Art Thibert et Stephen Segovia. Un des titres majeurs de la maison, Action Comics retrouve sa numérotation d’origine, et avec ceci le désir de redonner au titre son ambiance particulière d’antan. Et associer le temps passé et Action Comics, ça donne Doomsday. Un choix particulier, peut être pas le plus judicieux, mais permettant un retour à la case départ et une justification pour que notre Superman fasse son apparition. Puisque quitte à rechercher le succès passé pour Action Comics, autant ramener le véritable Superman, son icône, ses valeurs.

C’est donc tout un esprit qui est recherché par le titre, associé à l’aventure, et bien sûr l’action. Peut-être l’un des seuls défauts du titre, les numéros consacrés à l’action au point de nous demander si vraiment derrière toutes ces sublimes pages, et ces ondes de choc, un intérêt est conservé derrière. Cela n’est valable que pour le premier arc. Par la suite le titre démontre qu’il ne s’agissait que de l’introduction des personnages puisqu’on s’intéresse ensuite au personnage de Lois. Une confrontation entre les doubles de chaque univers, un mélange des situations, quelques quiproquos, mais une mise en place efficace, quoiqu’un peu longue. Pour cela on peut remercier le rythme bi-mensuel, sans quoi le titre Action Comics aurait pu lasser.

Action Comics a su retrouver son esprit là où il était, c’est à dire perdu il y a de cela 5 ans. Dan Jurgens a réussi le pari de le ramener, n’en déplaise à ceux qui espéraient un titre d’aventures, ou tout simplement quelque chose de neuf. Néanmoins ce retour à l’esprit passé pourrait faire évoluer le titre en quelque chose de meilleur, même s’il reste jusqu’ici un titre correct et surtout très beau. Un titre qui a su tenir ses promesses, et tenir un certain cap vers l’installation des rôles de Superman et Lois dans leur profession respective tout en suscitant un intérêt par des interactions. Aujourd’hui, l’aventure est lancée, les enjeux ne tarderont pas à se présenter, et déjà, Superman Reborn est annoncé.

Dossier Rebirth - 11

New Super-Man

Conséquence directe de la fin du crossover Last Days of Superman, ce titre est présenté par l’auteur Gene Luen Yang et nous propose de suivre un Superman installé en Chine. Kenan Kong a hérité de super-pouvoirs, et est pris à parti par une organisation gouvernementale de Chine qui cherche à créer sa propre Justice League (avec donc un Bat-Man et une Wonder Woman qui offrent un trio dynamique et aux interactions franchement drôles). Mais l’auteur ne veut pas juste transposer des super-héros dans un autre contexte, il intègre également toute sa culture, et oppose notamment le gouvernement à des opposants politiques qui ont également leur propres super-héros. Mais qui est véritablement « méchant » ? Gene Luen Yang y va dans la nuance avec, donc, un récit assez politisé, et aussi très humoristique puisque le personnage principal voit beaucoup de fun dans ses nouvelles capacités.

C’est l’un des seuls titres Rebirth à nous présenter un personnage totalement inédit dans l’univers DC. Bien entendu, Gene Luen Yang profite du contexte pour ré-amener des personnages asiatiques connus tels que les Great Ten ou encore instaurer les Freedom Fighters of China. Le récit est surprenant de qualité, parce qu’il verse dans un joyeux mélange d’action, de politique, d’humour et de parodie, avec cette Trinité chinoise qui ne sait pas si elle doit se prendre tellement au sérieux ou pas. Et les éléments dramatiques ne sont pas en reste également, Gene Luen Yang voulant beaucoup jouer sur l’aspect familial de son protagoniste principal.

En termes artistiques, New Super-Man profite des services du jeune talent Viktor Bogdanovic qui avait déjà séduit sur la mini-série Suicide Squad Most Wanted : Deadshot. L’artiste adapte son trait pour cet univers mais reste précis, avec des planches détaillées et un style qu’on commence à bien lui reconnaître, qui rappelle beaucoup ce que peut faire Greg Capullo, tout en sachant s’en démarquer. Si New Super-Man est un des titres Rebirth qui a encore assez de mal à se vendre, il n’en reste pas moins de bonne qualité, et une des découvertes surprises de l’année.

Dossier Rebirth - 12

Supergirl

DC a profité du succès relatif de la version télévisée des aventures de la dernière fille de Krypton pour relancer son titre avec Rebirth, et l’on sent que le show a clairement inspiré cette nouvelle mouture des aventures de Kara. C’est ainsi que l’on retrouve le personnage de Cat Grant dans un rôle similaire à celui de la série live, et que l’on s’intéresse davantage à la vie “humaine” de notre héroïne. Cependant, l’éditeur n’a absolument pas oublié ce qui se passait dans le run précédent, et l’on sent une volonté de revenir sur cette intrigue impliquant le Cyborg Superman, dont l’identité a changé depuis le reboot de l’univers DC lors des New 52, puisqu’il s’agit de Zor-El, le père de Supergirl.

Le récit est riche en action et a le mérite de donner un peu plus de background à l’univers de Superman, en rendant presque tangible l’existence de la civilisation kryptonienne. Lire les aventures de la cousine du premier des super-héros peut s’avérer être plaisant, mais il faut toutefois noter que le titre semble s’adresser avant tout aux néophytes et aux lecteurs qui ont suivi la version récente des aventures de la belle, en laissant un peu de côté les vieux de la vieille (qui peuvent toutefois se contenter de quelques clins d’oeil plus ou moins réussis). Cependant, le défaut principal de la série reste son style graphique, très brouillon, qui semble plus proche du trait d’une série indé visant un public mature, alors que l’on ici dans un produit formaté pour adolescents et jeunes adultes, qui aurait mérité un dessin plus mainstream et plus lissé.

Dossier Rebirth - 13

Superman

Peter Tomasi nous fait le plaisir de s’attaquer à la famille Kent, devenue Smith, après nous avoir fait le même coup pour les Wayne. Deux univers différents, et un style d’écriture similaire, mais pas tout à fait. Tout d’abord les conditions. Dès le départ, le titre, avec le duo Tomasi et Gleason, promettait quelque chose de bien différent que ce que peut être Action Comics. Quelque chose de plus stable. Et cette stabilité est principalement causée grâce à la présence de Jon. Le titre Superman joue sur ces échanges entre la figure paternelle et le regard de l’enfant.

Si on a avec Action Comics les aventures de Superman, on a avec Superman les aventures de la famille, et tout ce qui relève des sentiments d’intégrité au sein d’un univers qui n’est pas le leur. Mais aussi, les soucis liés au rôle de père, ce qu’il faut faire, ce qu’il faut leur apprendre. Et surtout cette écriture soulignant le fait qu’il ne suffit pas d’être un symbole pour le monde, pour en être un pour son fils. Tomasi fait de son titre une série appréciable, qui manque de scènes marquantes, de climax dans la relation entre les deux hommes, et donc souffre de la comparaison avec Batman & Robin. Le titre conserve néanmoins un certain esprit. Associer cette écriture de Tomasi concernant les relations entre un père et son fils, alors qu’il se prend conscience que celui-ci doit grandir, évoluer et découvrir un monde dangereux, alors que justement Damian était un danger.

La relation est plus classique mais Jon est attachant et une différence est remarquée entre les deux titres. Ce titre est pour le moment un certain substitut pour Tomasi afin de parler de Jon et de faire un peu de publicité pour le titre Super Sons, qui se fait attendre, mais surtout, il est le moyen d’intégrer Jon à cet univers rempli de super-héros. En dehors de Jon, c’est tout le background de Superman qui a l’opportunité d’apparaître, et c’est certainement ce qui fait le succès du titre. Et au final, c’est ça l’esprit perdu de l’univers DC. On a perdu les dialogues entre Superman et Supergirl, les apparitions multiples de Krypto en personnage secondaire, des moments anodins dans la vie du héros mais qui font que son quotidien est stupéfiant à nos yeux. Et Superman a pris la bonne direction pour retrouver tout cela.

Dossier Rebirth - 14

Superwoman

Si on m’avait dit, quelques jours avant sa sortie, que ce titre m’intéresserait, je ne l’aurais pas cru. Superwoman est en effet l’une des bonnes surprises de Rebirth. Changeant très rapidement de direction après un premier numéro coup de point, la série a su s’imposer comme étant fort proche du style DC “à l’ancienne”, avec une écriture dense et des enjeux très “comic-booky”, à mille lieues des produits semblant être faits pour ressembler à des scripts de cinéma, à livrer clés en main aux studios de Burbank.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, l’histoire est simple : on nous fait d’abord croire que l’héroïne éponyme sera la Loïs Lane New 52, mais cette dernière passe très rapidement l’arme à gauche et l’on comprend bien vite que la protagoniste sera en fait Lana Lang, que l’on avait suivie avec plaisir dans la série Action Comics de Greg Pak. Phil Jimenez fournit un travail remarquable sur ce titre, qui a le mérite de mettre en relief un personnage relativement méconnu de l’univers DC, qu’il réinterprète d’une bien belle manière. Toujours riche en surprises, Superwoman est un comic-book qui mérite que l’on s’y intéresse, ne serait-ce que pour sa qualité graphique et son côté “classique” qui nous ramène au feeling DC de la fin des années 90 / début 2000 que de nombreux fans recherchaient depuis bien longtemps.

Dossier Rebirth - 15

Pour conclure…

Le groupe Superman, sans aucun doute, a grandement profité du relaunch Rebirth, et on peut même dire que le retour de « l’ancien » Superman a été salvateur a bien des égards, et est certainement l’un des symboles les plus forts du relaunch. On a pu voir chez DC cette volonté de ramener l’ancien couple – et de supprimer définitivement celui des New 52 – et malgré des sorts abrupts, tout cela semble fonctionner, et pour DC, et pour les lecteurs. L’ensemble des titres du groupe arrive de plus à proposer des variations intéressantes sur un thème commun, et seule Supergirl semble avoir encore du mal à s’affirmer, l’influence de la série tv étant peut-être trop importante. Il faut néanmoins souligner qu’on a à présent deux titres « Super » avec une leader féminine en tête d’affiche, et avec l’importance grandissante de Lois Lane, on peut être content de voir ramenées ces héroïnes sur le devant de la scène chez DC. Les développements par rapport au fil rouge de Rebirth sont apparus à quelques instants, notamment dans Action Comics et Superman – qui iront donc se retrouver logiquement lors du crossover Superman Reborn, qui risque de bouleverser certaines fondations de ce nouvel univers. Affaire à suivre…

– ArnoKikoo, Watchful, Zeppeli

4. Les titres Justice League

Aquaman

Après un début de run très efficace au début des New 52, le personnage d’Aquaman était sur le déclin, en dépit de quelques efforts pour redorer son blason, en lançant le titre Aquaman and the others, ou en l’impliquant dans des storylines pseudo-ambitieuses. Ce semi-échec a probablement fait réagir les responsables éditoriaux, fort heureusement pour le lectorat. Ainsi, alors que l’on craignait au départ une pâle copie du run de Geoff Johns sur la série, Aquaman version Rebirth a su s’imposer comme un comic-book efficace, qui a le mérite de rendre honneur au personnage en mettant en avant son rôle de leader politique tout autant que son statut de super-héros.

Le titre semble parti pour nous proposer une storyline longue et ambitieuse, qui met en scène tous les personnages emblématiques de l’univers de notre ami Arthur Curry, qu’il s’agisse de ses alliés ou de ses ennemis. On sent une véritable volonté de donner de l’épaisseur au mythe de l’atlante et de continuer la politique de revalorisation de ce héros, qui doit bientôt faire ses débuts sur le grand écran (dans une version radicalement différente). Si l’on peut reprocher quelque chose à cette série, c’est son écriture décompressée, typique des comics modernes, qui rend la lecture bien plus agréable au format TPB qu’en single, mais ça reste totalement accessible, peu importe le support. Notons aussi un graphisme auquel il faut un peu s’habituer, tant le trait et le design général sont proches de ce qui se faisait dans les années 90, mais ça reste parfaitement regardable. Il faut donc suivre les aventures du héros orange et vert, qui ne s’est jamais porté aussi bien depuis 2011.

Dossier Rebirth - 16

Cyborg

On se demandait déjà pourquoi Cyborg avait obtenu son titre solo lors de la période DC You, quelle ne fut pas notre surprise au lancement de cette série estampillée Rebirth… Soyons clairs : quasiment rien n’a changé. On retrouve notre pote Victor Stone dans des aventures en demi-teinte, qui le confrontent à des ennemis plus ou moins liés à des technologies cybernétiques et à de nombreuses crises existentielles, qui commencent vraiment à plomber le comic-book, alors qu’il n’en est qu’à ses débuts. Notons d’ailleurs une évolution constante des pouvoirs du héros, qui pourrait annoncer des choses pour le film (comme cette capacité à faire disparaître son “armure”, ce qui faciliterait beaucoup le travail des réalisateurs et permettrait d’économiser quelques précieux milliers de dollars pour les effets spéciaux).

On sent que le héros fonctionne bien mieux en équipe qu’en solo, et l’on se demande vraiment pourquoi DC persiste à vouloir mettre en avant Cyborg alors qu’il n’a pas les épaules pour porter un titre à lui seul (surtout quand on se souvient de son rôle crucial dans les New Teen Titans de Wolfman et Pérez. Notons la direction pleine de clichés que prend l’arc actuel, qui met en scène une Cyborg féminine, dans une histoire fort peu inspirée, qui relève du mauvais récit d’espionnage high tech. Evitez cette série, dans la mesure du possible.

Dossier Rebirth - 17

Green Arrow

Bonne surprise de ce début de Rebirth, le lancement de la série Green Arrow a, jusque là, globalement séduit les lecteurs avec notamment des ventes qui ont quasiment triplées par rapport aux New 52. Au départ, le défi n’était pourtant pas gagné avec à la tête du titre le même auteur qui a terminé la version précédente légèrement en roue libre. Seulement, en recentrant son propos autour des grands axes qui ont fait le succès du personnage (l’aspect social et politique, la relation avec Black Canary…), Ben Percy est parvenu à remettre l’archer sur les bons rails. Le tout dans des histoires plutôt courtes (beaucoup d’arcs en deux ou trois parties) mais desquelles se dégage un vrai sens du fun sans pour autant prendre les lecteurs pour des imbéciles.

Une réussite dans le fond donc, malgré deux ou trois numéros un peu en dessous, mais aussi dans la forme. En effet, Green Arrow version Rebirth doit beaucoup à ses artistes et notamment aux deux principaux, Otto Schmidt et Juan Ferreyra qui amènent leurs styles uniques pour faire de la série une des plus belles bande dessinée de DC cette année. Deux artistes phénoménaux qui permettent, en plus, au titre de ne pas souffrir du rythme de publication bimensuelle. Pour le peu que l’univers de Green Arrow vous attire habituellement ou même si vous avez envie de tenter le coup pour la première fois, voilà un titre qui mérite largement le coup d’oeil.

Dossier Rebirth - 18

Green Lanterns

Comment apporter un peu de neuf à l’univers des Green Lantern ? En les multipliant par deux, pardi ! Sam Humphries est aux commandes de cette nouvelle série chargée de mettre en avant deux figures délaissées du GL-verse : Simon Baz, création des New 52 tombée dans l’oubli, et Jessica Cruz, nouvelle venue par Geoff Johns également, qui a été choisie par Power Ring post-Forever Evil et a la particularité d’être (d’apparence) une grande peureuse. Ces deux là, au caractère diamétralement opposé, vont devoir faire équipe pour protéger la Terre, avec la bénédiction d’Hal Jordan, parti à la recherche de son Corps à l’autre bout de l’univers.

Humphries transpose donc le principe du buddy movie avec ces deux Lanterns et leur oppose des menaces bien ancrées dans l’univers : on commence par les Red Lanterns puis par un mystérieux Phantom Lantern qui possède un anneau capable de canaliser tout le spectre des émotions (et des lumières). Le principal problème du titre jusqu’à présent est la grosse redondance au niveau de la caractérisation des personnages principaux, l’auteur appuyant systématiquement, à chaque numéro, les mêmes ressorts et les même travers. Ainsi on reproche constamment à Simon Baz ses origines et son passé en prison (ce qui était le principe depuis son apparition dans les New 52). Quant à Jessica c’est son incapacité à faire des constructions avec son anneau, et ses émotions qui prennent le dessus, qui sont toujours mises en avant. Malgré une équipe artistique qui fait des efforts, sans briller (sans jeu de mots) pour autant, Green Lanterns reste pour le moment assez faible d’intérêt, même s’il faut reconnaître qu’en termes de diversité, le titre fait coup double avec son duo de minorités.

Dossier Rebirth - 19

Hal Jordan & The Green Lantern Corps

Suite directe de son travail de la fin des New 52, Robert Venditti se sera attaché à faire du neuf avec du vieux durant ses premiers mois à la tête de la série Hal Jordan & The Green Lantern Corps. Du neuf avec la nouvelle situation de Hal Jordan et son anneau qu’il a lui même « forgé » mais aussi avec les quelques ajouts dans la mythologie des Lanterns. Du vieux parce qu’il faut bien avouer que la prise de risque aura été minime sur le titre avec beaucoup de thèmes et d’éléments déjà vu avant et notamment chez Geoff Johns. Avec le reste du Corps en retrait, malgré l’arc narratif autour du retour de ces personnages, c’est un univers contrôlé par le Sinestro Corps qu’a mis en place Venditti et c’est donc une énième opposition entre Jordan et le Korugarien qui a occupé la plupart des pages de ces six derniers mois de publication. Une opposition classique pour un arc très (et même certainement trop) long dans un comics qui a finalement fait le job sans jamais chercher à transcender ses ambitions de divertissement mainstream de base.

Le titre aura quand même pu s’appuyer sur des artistes expérimentés et notamment sur un Ethan Van Sciver de retour aux affaires pour proposer une partie artistique qui sied parfaitement à son univers. Même s’il est vrai que la présence de l’artiste a, aussi, participé à faire ressortir l’aspect déjà vu de l’ensemble. Pour épauler ce dernier, c’est Rafa Sandoval qui a illustré le reste des épisodes avec son coup de crayon fait pour l’action épique.

En résumé, les débuts Hal Jordan & The Green Lantern Corps dans Rebirth se sont faits sans trop de coups d’éclat mais sans grosses erreurs non plus et si le manque de finesse qui se dégage de l’histoire l’empêche d’en faire un indispensable de l’année, il s’agit d’un divertissement honnête… mais inoffensif.

Dossier Rebirth - 20

Justice League

Avant même d’avoir conclu son histoire sur le titre DC You JLABryan Hitch s’est occupé de reprendre la Justice League pour son Rebirth. Et force est de constater que le titre, pourtant censé être l’une des locomotives de l’éditeur, a bien du mal à faire son chemin. Hitch souffre peut-être d’un manque d’inspiration et a pour le moment proposé des histoires qui suivent toujours le même schéma de blockbuster lambda, avec des grosses destructions dans tous les sens, beaucoup d’action sans grande réflexion, et des résolutions expéditives qui enchaînent sur un autre cataclysme quelconque. Alors à côté il essaye d’intégrer le Superman à l’équipe, en lui opposant une méfiance sans pareil de la part de Batman, et essaye de jouer sur les interactions entre les différents membres de l’équipe (avec un rôle particulier pour Jessica Cruz).

Mais le titre pêche par son manque d’ambition, son manque d’originalité, des idées particulièrement bizarres (on peut hacker un anneau de Green Lantern maintenant…) et surtout, une partie artistique au ras des pâquerettes. Rarement le niveau aura été aussi bas pour Justice League qui était pourtant censé se payer Tony S. Daniel mais écope parfois de Bryan Hitch lui même ou Neil Edwards, qui rendent des planches avec des super-héros vraiment laids. Clairement, on ne tient pas là quelque chose qui soit digne de la Justice League et, de façon désolante, le titre est l’une des plus grosses déceptions du relaunch Rebirth.

Dossier Rebirth - 21

The Flash

Flash faisait partie de ces séries pour lesquelles Rebirth ne pouvait pas arriver trop tôt cette année. En grand besoin de changement après le travail de Robert Venditti, Van Jensen et Brett Booth, il fallait du sang neuf sur le titre. C’est comme ça que l’arrivée de Joshua Williamson a été présentée, avec un auteur affirmant être un immense fan de l’univers du bolide écarlate. Les choses ne pouvaient d’ailleurs pas mieux commencer alors que les lecteurs ont pu célébrer le retour du Wally West original dans la continuité. Loin de se reposer uniquement sur le passé, le premier arc de l’auteur était d’ailleurs très encourageant car proposant justement un mix entre des concepts bien connus des fans (intrigue autour de la nature de la speedforce, retour de Wally…) et la mise en avant de nouveaux personnages et vilains. Hélas la série a vite perdu de son élan en balançant des récits bien moins inspirés et surtout à l’écriture gênante. En plus de ça, le « vrai » Wally s’est, lui, exilé du côté de la série Titans, en disparaissant totalement de celle-ci.

Reste des dessins de Carmine Di Giandomenico qui apportent une vraie personnalité à l’ensemble. Là aussi, les problèmes sont vites apparus car l’artiste n’a, évidemment, pas pu illustré tous les numéros à cause du rythme de publication et Flash peine encore aujourd’hui à se trouver un second artiste aussi inspiré. Après 12 chapitres, Flash apparaît donc comme une série extrêmement inégale que ce soit en terme de narration ou au niveau des illustrations et il devient difficile de considérer Williamson comme l’homme de la situation.

Dossier Rebirth - 22

Trinity

A peine débutée, la série Trinity a déjà marqué son monde avec à sa tête un Francis Manapul inspiré. Jusque-là classique dans sa construction (un chapitre de présentation et les trois suivants centrés sur chacun des membres de la trinité DC), le titre brille pour l’instant pour sa compréhension des mythes qu’il investit et permet de montrer que la double casquette auteur/artiste va plutôt bien à Manapul. Forcément tout est encore très introductif ou en tout cas à l’état d’ébauche dans les thèmes et les arcs narratifs que le scénariste aborde mais demeure pour le moment à la hauteur des attentes.

De nombreuses interrogations restent, malgré tout, en suspens. Au sujet de la capacité qu’aura Francis Manapul d’écrire en solo sur le long terme, d’abord, mais aussi sur l’aspect graphique global. Si les numéros illustrés par Manapul sont des claques visuelles à chaque fois, l’artiste a déjà dû être remplacé pour les troisième et quatrième chapitres de la série. Il reste donc à surveiller si les artistes fill-in parviendront à maintenir le haut niveau artistique de la série et si leurs styles respectifs ne trancheront pas trop avec celui, inimitable, de l’ancien artiste de Flash.

En l’état, Trinity par Manapul offre une belle alternative à des titres « en équipe » qui cherchent leur voie comme Justice League par exemple, c’est déjà ça.

Dossier Rebirth - 23

Wonder Woman

Meredith et David Finch. Deux individus qui resteront dans les mémoires comme étant les créateurs de l’un des pires run des vingts dernières années sur le personnage de Wonder Woman. Forcément après ça il fallait mettre le paquet pour relever le niveau et, pour le coup, DC ne s’est pas moqué de nous en faisant revenir Greg Rucka (auteur, lui, de l’un des meilleurs run des vingts dernières années sur le personnage). Révélant qu’il ne pouvait pas dire non à la belle Amazone, l’auteur s’est empressé de proposer, non pas une, mais deux histoires autour du personnage en profitant de la publication bimensuelle. Ainsi, c’est un récit d’origine racontant le départ de Diana de Themiscyra suite à sa rencontre avec Steve Trevor et un autre suivant l’héroïne à travers sa quête pour retrouver le chemin de sa terre natale que met en place Rucka. Tout ça en traçant des parallèles entre ses deux récits et sans oublier l’intrigue plus large qui traverse la plupart des titres Rebirth.

Le résultat est une des meilleures séries du relaunch puisque l’auteur a parfaitement saisi l’essence de son personnage principal et qu’il fait preuve d’un savoir faire en matière d’écriture qui n’est plus à prouver. En plus de ça, graphiquement Wonder Woman version Rebirth n’a rien à envier aux meilleures séries sur le marché grâce à ses deux artistes : Nicola Scott et Liam Sharp. Avec des styles très différents, un côté solaire et positif pour l’une et une palette plus sombre et à l’imagerie s’inspirant de l’horreur pour l’autre, les deux dessinateurs apportent le petit plus qu’il faut aux scripts de Rucka.

Pour ses 75 ans, Wonder Woman a donc été gâtée avec une équipe créative qui a su faire oublier les horreurs récentes commises sur le personnage.

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Pour conclure…

C’est dans ce groupe là que l’on retrouve une belle disparité des titres au niveau de leur qualité, puisqu’on dispose de titres extrêmement forts (Green ArrowTrinityWonder Woman) avec d’autres qui peinent vraiment à décoller – voire sont carrément mauvais. Comble du comble, le point faible est le titre Justice League lui même, qui est certainement la déception du relaunch compte tenu de son importance pour l’éditeur, et on espère que DC saura corriger le tir d’ici la sortie du film qui lui sera consacré en novembre prochain. Chose amusante également, on cherche à comprendre ce qui a motivé DC à croire que Cyborg pourrait s’imposer en bi-mensuel alors que la série DC You avait déjà eu énormément de mal à se vendre. A ce jour, Cyborg est le premier titre (et le seul pour l’instant) qui a vu sa fréquence de publication diminuer pour retourner en mensuel dès le mois de janvier.

– ArnoKikoo, n00dle, Zeppeli

5. Les « inclassables »

Blue Beetle

Keith Giffen revient sur Blue Beetle, le retour de Ted Kord et un Scott Kolins fortement inspiré. Un ensemble bigrement alléchant pour le retour du scarabé bleu après l’échec mémorable du titre New 52 écrit par Tony Bedard. Et puis pour rappel, notre cher Keith Giffen n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a lui même donné tout l’intérêt de Jaime Reyes dans sa première ongoing suite à Infinite Crisis. Ca date, mais ce titre reste une très bonne série malheureusement un peu oubliée. On pouvait donc s’attendre à quelque chose de similaire. Et c’est bien là tout le problème.

Après quelques numéros, on a cette impression que le titre brasse de l’air. On sent le potentiel du titre, mais l’écriture très légère ne nous permet que d’apprécier l’ombre du personnage. Un rapport étrange entre le travail passé et présent de Giffen. Alors que le public recherche quelque chose de similaire, on finit par reprocher aux numéros sortis jusqu’ici de retravailler les thèmes déjà vu auparavant. C’est à dire les origines du scarabé, les rapports avec sa famille, et les multiples réflexions de Jaime. Le soucis étant surtout que l’écriture du titre ajoute d’autres défauts majeurs dont un background d’amis dans la confidence de son rôle de super-héros, et malheureusement Ted Kord qui est réduit à un sous Robert Downey Jr. alors qu’il était intéressant de confronter ces deux générations de manière plus approfondie.

Cependant, depuis le dernier numéro du titre, qui en est à son troisième numéro, le titre semble prendre une toute autre direction et créer une série d’interactions entre de multiples personnages mineurs de l’univers. Il est encore assez tôt pour savoir ce que peut devenir le titre, mais il est encore temps pour en changer la direction, ce que semble vouloir faire l’équipe créative.

Dossier Rebirth - 25

Deathstroke

Après deux ongoins, une New 52, une autre DC YouDC Comics tente un troisième essai sur le mercenaire le plus charismatique de son univers. Et au vu des catastrophes et ratés qu’ont été les deux premières tentatives, on pouvait s’attendre à nouveau au pire. Fort heureusement, ce n’est pas le cas. Christopher Priest offre certainement le récit le plus travaillé et le plus hautement qualitatif sur Deathstroke depuis… depuis très longtemps, depuis Marv Wolfman peut-être. Exit l’action à outrance, la série Z ultra-sanglante, on passe dans un récit moderne, un thriller politique qui joue sur tout l’historique du personnage, ses interactions avec le reste de l’univers DC, et bien entendu sa petite famille. Pour le coup, Rose et Jericho sont présentés sous un jour nouveau et la relation entre chacun est autrement plus conflictuelle qu’auparavant. Priest adopte aussi un système narratif atypique par rapport aux autres publications de l’éditeur, et développe une intrigue complexe qui s’étale sur une perspective de très long terme. Dense, riche, malgré le rythme bi-mensuel, il faut parfois y revenir aux numéros précédents tant chaque petit détail a de son importance.

Au niveau visuel, le constat est moins élogieux. Si Deathstroke profite d’artistes qui restent bons dans leur domaines (Carlo Pagulayan est très bien pour le mainstream), il ressort malgré tout une certaine simplicité dans l’apparence graphique, un côté terre à terre qui n’est pas déplaisant et qui tranche radicalement avec la grandiloquence des précédentes séries. Pour Deathstroke, le terme de Rebirth ne saurait pas être plus adéquat. Le titre est une excellente surprise du relaunch et l’on espère que Christopher Priest saura continuer dans la (bonne) direction qu’il a prise.

Dossier Rebirth - 26

Harley Quinn

On sentait que la série version DCYOU commençait à s’essouffler depuis quelques mois, avant même l’annonce de Rebirth. On imaginait alors que tout serait réinventé pour l’occasion et que l’on pourrait suivre avec plaisir de nouvelles aventures de notre anti-héroïne favorite (ou pas) dans un style un peu plus sérieux que cet enchaînement intarissable de mauvais gags. Mais c’était déjà avoir trop d’espoir pour ce relaunch. En effet, au début de cette nouvelle mouture, rien n’avait changé. Harley continuait ses frasques en compagnie de toute sa clique de personnages secondaires dont personne n’a rien à faire, dans un torrent de pages plus verbeuses que jamais, et de vannes pas toujours bien senties. C’est avec tristesse et résignation que l’on poursuit cette lecture, bien que l’on puisse parfois sourire à quelques traits d’humour bien sentis, puisque Conner et Palmiotti restent toujours talentueux dans ce domaine. La lassitude est là, et l’on commence vraiment à frôler l’overdose. Cependant, on peut toutefois noter une légère amélioration dans les numéros les plus récents. En effet, la présence ponctuelle de Poison Ivy permet de mettre à nouveau en relief la dynamique qui existe entre les deux personnages depuis Batman TAS. Ajoutons à cela l’arrivée prochaine du Joker dans la storyline, qui devrait redynamiser l’ensemble et nous proposer un peu plus de profondeur dans le récit, en ajoutant enfin ce que l’on espérait plus voir dans les pages de ces comics : un scénario.

Dossier Rebirth - 27

Red Hood and the Outlaws

On peut décemment se demander ce qui pousse DC à continuer de donner du travail à Scott Lobdell, et aussi cette volonté de vouloir publier à tout prix un titre Red Hood and the Outlaws. Pour le Rebirth, l’auteur prend néanmoins tout le monde a contre pied en proposant sa version « ratée » de la Trinité. Ainsi Jason Todd sera progressivement rejoint par Artemis, Amazone déchue, et un Bizarro. Pour le moment l’équipe n’est pas entièrement formée et son potentiel pas complètement révélé, mais il faut reconnaître à Scott Lobdell une forme de sursaut créatif. Car oui, cette version de Red Hood est la meilleure proposée par Lobdell. Alors qu’il ne savait jamais sur quel pied danser, il propose ici une intrigue qui reste sérieuse sur le fond, mais joue énormément sur le décalage avec son trio d’anti-héros, ce qui laisse place à de nombreuses situations comiques, des interactions vraiment tarées par moment et un certain sens de l’auto-dérision.

Scott Lobdell est un auteur qui a le mérite d’avoir des idées, et on lui a souvent reproché de ne pas savoir les appliquer. Avec Red Hood and the Outlaws version Rebirth, l’auteur tient enfin la recette pour faire fonctionner son équipe, avec un mélange d’action, d’humour, et un certain sérieux malgré tout. La grande force du titre tient aussi dans son artiste, le sous-estimé Dexter Soy qui impose son empreinte graphique sur le titre et réalise véritablement un sans faute, avec un style brut, précis et qui est sublimé par sa colorisation. Clairement, l’artiste gagnerait à avoir une plus grande exposition mais on profitera du fait d’avoir un Lobdell en forme pour vous affirmer qu’à l’heure actuelle, sans être un must-read, Red Hood est au moins un divertissement efficace et agréable à lire. Avant Rebirth, on n’aurait jamais pensé pouvoir écrire ça.

Dossier Rebirth - 42

Suicide Squad

Avec l’arrivée du film de David Ayer à l’été, DC Comics offre un relaunch d’envergure pour le titre Suicide Squad, qui n’a guère brillé dans ses différentes versions sous l’ère New 52 et DC You. L’éditeur lui administre Rob Williams, auteur qui a su faire ses preuves chez DC (Martian Manhunter) tout comme chez Vertigo (The RoyalsUnfollow), et comme artiste principal ni plus ni moins que Jim Lee, accessoirement co-éditeur en chef de DC Comics. Mais alors que le titre est annoncé en bi-mensuel, beaucoup se demandent si l’artiste arrivera à tenir la cadence. Bonne blague, il n’en sera rien, et DC trouve une parade à cela, en proposant toutes les deux semaines 12 pages assurées par Lee pour l’histoire principale, et 8 autres par un artiste invité, qui sont assurées par un artiste invité.

En découle un titre au fort potentiel qui reste jusqu’à présent inexploité à cause de ce découpage abrupt. Jim Lee fait ce qu’il peut aux dessins mais même à cet exercice il n’est clairement pas à son meilleur niveau. Les back-ups sont au mieux anecdotiques, au pire inintéressants et l’histoire peine à prendre son envol puisque Rob Williams n’a pas la place de raconter grand chose. C’est donc un premier arc assez bordélique qui est venu à nous avec un retour du General Zod (qui tient plus de la brute décérébrée que de l’officier militaire) et à une pseudo-disparition de l’un des membres du Skwad. C’est le second point qui blesse, avec une équipe qui correspond à celle du film, il est difficile de s’imaginer n’importe lequel des membres perdre la vie, ce qui enlève un sérieux impact dramatique sur le concept même de l’équipe. Le titre arrive à présent dans son crossover avec la Justice League et Jim Lee s’en ira au début de 2017. Gageons que Williams saura profiter pour faire rebondir ce titre.

Dossier Rebirth - 28

Teen Titans

A l’heure où j’écris ces lignes, trois numéros uniquement (le spécial Rebirth + deux chapitres classiques) ont été publiés par DC Comics. Il est donc bien difficile de cerner la série. Cependant, avec Ben Percy à sa tête, le projet semble entre de bonnes mains tant l’auteur a déjà montré avoir clairement identifié les nombreux problèmes qui ont pourri cinq années de publications autour des super-héros ado de l’univers DC. En remettant les choses à plat et surtout en injectant du sang neuf avec l’arrivée de Damian pour mener les Titans, le scénariste est parvenu à créer une nouvelle dynamique qui peut porter les enjeux de sa série et enfin pousser les personnages de l’avant.

Tout n’est pas parfait pour autant et cette renaissance nous a offert un petit motif d’inquiétude avec le départ de l’artiste Jonboy Meyers qui n’aura illustré que deux numéros. Un départ remarqué tant l’artiste avait déjà marqué cet univers de son style qui s’accordait très bien avec l’écriture de son auteur. Malgré tout, il faut bien avouer qu’une série intitulée « Teen Titans » n’avait pas aussi bien débuté depuis un long moment, tâchons alors de nous réjouir tant que c’est possible.

Dossier Rebirth - 29

The Hellblazer

Back to the roots. Cela aurait pu être le slogan lors du relaunch des aventures de Constantine. Exit le titre Constantine justement pour le retour de « The Hellblazer », retour  aussi d’un auteur britannique en la personne de Simon Oliver pour conter les aventures de ce bon vieux John et, enfin, arrivée d’un artiste au style plutôt loin du courant mainstream pour donner au titre un aspect unique. Ajoutons à ça un personnage principal caractérisé comme il le mérite, la présence, loin d’être anecdotique, de Swamp Thing et enfin l’utilisation d’un langage adulte mais hélas censuré (il ne faut pas déconner, on est dans le DC Comics proper quand même…) et les éléments pour que l’ensemble fonctionne sont tous là.

Devinez quoi d’ailleurs ? L’ensemble fonctionne ! La question reste maintenant de savoir pour combien de temps. Si ce Hellblazer version 2016 a de quoi réjouir les fans, nous en sommes pour l’instant toujours au premier arc. Un arc qui prend, en plus, bien son temps pour poser son univers et qui donne un aspect légèrement anecdotique à ce qui se raconte. Le comics est en tout cas l’occasion pour un Moritat en forme de prouver son talent avec un coup de crayon unique qui sert l’univers de John « Bloody » Constantine. Reste à savoir si Philip Tan (qui débarque en février sur le titre) parviendra à apporter une personnalité tout aussi forte au titre d’un point de vue visuel et, surtout, si Oliver sera en mesure de faire décoller le récit pour de bon.

Il y a donc encore du boulot pour faire de The Hellblazer un incontournable, mais ce qui nous a été montré jusqu’ici nous permet d’y croire.

Dossier Rebirth - 30

Titans

Titans n’en a pas encore fini avec son premier arc, et pourtant il aurait pu se résumer à quelques numéros tant Abnett semble limité dans son écriture. Le titre se voulait pourtant optimiste avec une équipe revenue de loin, et soudée. Les problèmes sont pourtant nombreux. On ressort d’un Titans Hunt médiocre, lui aussi écrit par Abnett, où ces personnages sont perdus (le lecteur aussi). On passe bien trop rapidement d’une équipe décousue à une équipe unie retrouvant le membre inconnu et perdu. Le tout manque de cohérence sur le plan relationnel, et veut jouer là dessus. Ce qui fait que les attentes sont faussées et on nous sert un simple titre où l’intérêt réside grâce au retour de Wally West qu’Abnett ne se lassera pas de nous rabâcher à de multiples reprises.

Après un début à la limite de la catastrophe, Titans se retrouve sauvé par le jeune bolide qui représente à lui seul l’union entre ces membres. Le titre est léger en contenu, comme en intérêt, à l’unique exception du lien entre Wally et ce qui gravite autour de l’univers Rebirth. Si quelques numéros peuvent sauver la face par l’absence des éléments les plus dérangeants comme une certaine relation amoureuse relevant de la niaiserie la plus extrême, créatrice d’un malaise incroyable. Qu’il s’agisse de l’écriture comme du style graphique, la série s’adresse aux nostalgiques des années 90. Un peu comme les quelques lecteurs perdus ayant lu le dernier Thunderbolts chez Marvel. Et cela n’a rien d’un compliment.

Dossier Rebirth - 31

Les à-côté de Rebirth

Doctor Fate

Doctor Fate trouve sa conclusion, ce qui reste un grand mot vis à vis de la série, après Rebirth. La série apparue lors de DC You qui avait divisé, avant de se perdre dans les séries dont tout le monde se fiche avait fini par voir son annulation programmée. Heureusement pour les quelques lecteurs, Levitz réussit à repousser l’annulation afin de terminer son arc avec son jeune artiste Sonny Liew. Rebirth lancé, Sonny Liew commençait déjà à accumuler le retard et venait juste de conclure le dernier arc avec une fin ouverte, laissant Khalid avec son mentor alors qu’il était sur le point de passer à un autre niveau. Où il allait, certainement, accepter son statut de héros, et terminer son apprentissage pour pouvoir comprendre et maîtriser les capacités du casque.

Ce titre était magique, non seulement pour son aspect mystique mêlé à un contexte social tendu, et ses représentations sous acides, mais aussi par sa vision d’un héros dont le but est de soigner cette Terre. Défendre non pas par la destruction, ce que tout autre héros est capable de faire, mais par la réparation. Seulement, après les retards accumulés par Liew, il est remplacé par d’autres artistes. Le titre ne perd presque rien de ses qualités, mais le titre verra sa fin dans un arc en deux parties sans aucun intérêt, et signera la disparition du titre et celle du personnage de Khalid. Si on peut se demander pourquoi DC a voulu prolonger le titre Dr Fate malgré le lancement de Rebirth, la réponse se trouve peut-être dans la présence du personnage aux côtés de Blue Beetle dans le one-shot de Geoff Johns. Gageons qu’on le retrouvera de ce côté là du DC Universe.

Dossier Rebirth - 32

Earth 2 : Society

C’est le second titre de l’époque DC You qui n’a pas été annulé avec l’arrivée du relaunch DC Comics, preuve que l’éditeur n’en a pas fini avec cette terre alternative, même si on ne sait pas quels sont ses plans exactement. Après avoir passé des numéros entier à tourner en rond sur le même thème, Earth 2 composant avec une rivalité entre ceux qui vont de l’avant et les passéistes qui préfèrent retrouver leur Earth 2 d’avant ConvergenceAbnett s’est emmêlé dans des intrigues redondantes tout en essayant de modifier à quelques reprises les statu quo. Tout n’était pas inintéressant, une certaine orientation politique ayant été donnée comme les Wonders étaient en charge (presque malgré eux) de la reconstruction d’Earth 2. Mais le temps a fini par faire son oeuvre et Abnett d’opposer une énième menace qui va, encore, re-façonner la planète.

A l’heure actuelle, Abnett entame ses derniers numéros avec un arc final qui a débuté de façon très encourageante mais qui laisse apercevoir une retombée dans les mêmes travers. Difficile donc de comprendre ce qui motive DC à continuer de publier cette série, qui se terminera officiellement en mars, et il est fort probable de toute façon que très peu de lecteurs aient poursuivi l’aventure du côté d’Earth 2. Une véritable relance de cet univers serait donc fort profitable, et à l’heure où a été teasée la Justice Society of America, il y a donc une direction que l’on pourrait souhaiter de prise pour une nouvelle série du même nom ! A bon entendeur…

Dossier Rebirth - 33

Gotham Academy : Second Semester

Gotham Academy : Second Semester est un ovni du relaunch, puisqu’elle a été lancée en même temps que les autres séries Rebirth et garde pourtant une marque bien distincte, en ne portant déjà pas le bandeau bleu sur ses couvertures, et parce que le titre poursuit exactement la direction qui l’a emmenée dans les New 52 à être un des précurseurs de l’initiative DC You. Pas de véritable relance, sinon dans le titre et avec un nouveau numéro #1, mais l’équipe créative reste sensiblement la même (seuls les artistes changent, mais le ton « dessin animé » est conservé). On reste donc dans ce mélange de Scooby-Doo, Harry Potter dans l’univers DC avec des personnages et une continuité assez propre, et si la série s’était parfois mêlée aux events de l’univers Batman, rien ne dit qu’à présent, elle poursuivra son chemin véritablement toute seule. Les fans de la première mouture ne seront en tout cas pas dépaysés, et les nouveaux arrivants auront peut-être envie de tester un titre qui continue de proposer une certaine fraîcheur vis-à-vis du Bat-verse, bien qu’on soit un peu en dessous de la première série en termes de qualité.

Dossier Rebirth - 34

Pour conclure…

Il est difficile, vous l’aurez vu, de faire des groupes distincts pour l’ensemble de ces titres et vous aurez également que parmi ces séries se cachent de jolies surprises, avec notamment Teen Titans et Hellblazer en passe de retrouver des lettres de noblesse, ainsi que d’autres titres qui convainquent à peine ou qui, personnellement, nous agacent malgré un succès commercial indéniable. Les 3 dernières séries (dont deux conclues ou en phase de conclusion) sont les restes de l’époque DC You et il nous fallait donc en toucher un petit mot, même si leur impact sur le reste de l’univers DC sera à priori minime (on attend de voir pour Earth 2 : Society). Quoi qu’il en soit, on a là un groupe hétéroclite qui montre que DC arrive à publier des séries de qualité inégale sur ses personnages plus ou moins populaires de son écurie.

– ArnoKikoo, n00dle, Watchful, Zeppeli

6. Et les mini-séries ?

Deadman : Dark Mansion of Forbidden Love

Deadman retrouve une ambiance sombre sous forme d’un huis-clos très intéressant, à la fois dans le même veine angoissante des récits de Moench, mais dans un autre contexte où on ne s’intéresse plus aux sentiments et la relation humaine du personnage, mais au contraire à l’absence de ces sentiments. Le personnage paraît déshumanisé et pour cause. Le récit introduit d’autres personnages interagissant avec celui-ci, et si on pouvait s’attendre à une catastrophe dans cette idée, nous sommes bien loin de l’échec. Deadman n’est au final qu’un personnage secondaire, ce qui peut troubler certains lecteurs habitués à voir le symbole du héros mis en évidence.

Pour avoir lu les deux numéros sur trois que composent cette mini-série, deux numéros de pas moins de 70 pages, sans être incontournable, elle reste néanmoins très bonne. Et permet au personnage de Deadman de retrouver le rôle principal qu’il mérite avec une équipe créative qui le met à l’honneur. Malheureusement, dès son annonce le titre est vite classé comme mini-série de seconde zone et sa publication semble n’intéresser que les lecteurs connaissant le personnage, un public intéressé par les titres Vertigo et tout ce qui se rapporte finalement à un genre lié à l’horreur et l’angoisse. Si le titre ne produit pas de véritables cris, il nous emmène dans un milieu, nous plonge dans une ambiance et réussit à nous faire frémir, enfermé dans cette maison hantée avec les personnages du récit. La série possède bien quelques défauts dans son écriture, en particulier en ce qui concerne ce système de publication très étrange où chaque numéro nous livre deux chapitres, l’un se focalisant sur Deadman et l’autre sur Berenice, celle capable de voir les fantômes. Le titre reste un bon titre du genre, ce qui est rare à trouver aujourd’hui.

Dossier Rebirth - 35

Death of Hawkman

Death of Hawkman une autre mini-série orientée vers le genre de la science-fiction, associant Adam Strange et Hawkman. Une idée intéressante mais qui a fait peur à certains lecteurs. Pourquoi ? Mais lisez donc la guerre entre Rann et Thanagar. Et si beaucoup se sont plaint de ce récit, ils étaient encore loin de s’imaginer de l’écriture de cette mini-série. On pouvait pourtant placer de bonnes attentes en ce qui concerne le retour de Adam Strange et même Hawkman qui a bien souffert des New 52 et n’a pas tiré son épingle du jeu dans Justice League United. Rebirth est une chance pour eux de revenir sur le devant de la scène, et pour les fans des personnages, espérer peut être une série ou mini-série en solo pour l’un des personnages.

On retrouve ce contexte de guerre entre les deux planètes, avec derrière tout cela une conspiration, et donc un boss de fin. Si Rann/Thanagar nous exposait les difficultés et les différences entre les deux peuples et donc héros, la mini nous présente un Adam Strange en pleine lamentation, et un Hawkman qui n’en a pas grand chose à faire qu’une guerre se prépare. L’histoire se découpe sous forme de teasers où on suit les personnages durant cette guerre, et d’autres passages où on nous explique comment ils en sont arrivés là. La guerre n’apporte que peu de choses si ce n’est créer une relation entre les deux personnages, une direction bien mise en avant avec Rebirth en ce qui concerne les interactions entre les héros. Et pour ce qui se passe avant cette guerre, il n’y a pas grand chose à retenir jusqu’ici. Bilan de cette mini-série pour le moment, à éviter, vous perdriez votre temps. Et c’est bien dommage d’atteindre un résultat pareil, alors que l’arrivée de cette mini-série était une bonne nouvelle.

Dossier Rebirth - 36

Midnighter & Apollo

DC n’a évidemment pas oublié le succès critique qu’a eu l’ongoing Midnighter et nous a offert pour le Rebirth une mini-série qui lui fait directement suite où l’anti-héros est rejoint par Apollo. Et quand on voit que Steve Orlando revient également, c’était évident qu’on était reparti pour passer un bon moment plein d’amour et de violence. Le couple vit tranquillement leur vie de super-héros quand Néron lui-même emmène Apollo en enfer, et Midnighter, qui n’est pas trop dans l’acceptation, décide de tout simplement aller le chercher. Il va donc falloir trouver les bonnes personnes à torturer et le bon moyen de rejoindre son compagnon.

Nous n’en sommes qu’à la moitié de la mini-série, mais l’écriture d’Orlando en fait déjà une des meilleures choses que le Rebirth nous a proposé jusque là. On y retrouve la même ambiance et les mêmes qualités que dans Midnighter, de beaux dessins, cette fois de la main de Fernando Blanco, mais toujours avec le coloriste Romulo Farjardo Jr., une mise en scène originale et de bons dialogues. Vous pourriez également apprécier voir Orlando utiliser le lore de l’Enfer chez DC Comics en faisant de multiples références aux écrits de Garth Ennis, comme l’utilisation du Mawzir et de l’Ace of Winchesters.

On ne pourra que lui reprocher sa violence encore un peu timide ou la discrétion d’Apollo, mais bon, soyons francs, en lisant cette mini-série, vous êtes venus voir cette pastiche de Batman sans tabous péter des genoux avec le sourire avant tout. Eh bien c’est ce que vous obtiendrez, mais au sein d’un comics intelligent. C’est ça la magie de Midnighter & Apollo.

Dossier Rebirth - 37

Raven

Une mini-série Raven, certainement une bonne idée, écrite par Marv Wolfman, assurément. Le personnage aura bien souffert avec les Teen Titans, une occasion donc de lui redonner sa profondeur et son mystère. Ou tout simplement sa caractérisation. Et tout cela va se faire sous le crayon jeune et dynamique de Diogenes Neves. Et c’est une bien belle association lorsqu’on donne au titre cet aspect très Teenage, plus proche au final du DC You que du Rebirth (après tout, l’intrigue se déroule entre les deux séries pré et post-relaunch), mais efficace pour ramener ce personnage du bourbier dans lequel il s’est enfoncé. Pour son synopsis, cela peut paraître classique. Raven devra faire face à elle même et agir contre sa volonté pour son bien et le bien des autres.

Il s’agit surtout de réintégrer une vie normale. Et Raven a un caractère complètement opposé à cela. Et cette opposition est un moyen de moderniser, de manière bien moins ridicule, Raven en l’introduisant dans un monde moderne. Et lier un scénariste auteur des plus grandes histoires du personnage, et un dessinateur au style moderne était la meilleure solution. Après 4 numéros, on est loin d’une mini-série culte, mais même pour le personnage secondaire, l’histoire est efficace et s’adresse à un public. La mini-série témoigne d’une recherche d’un public curieux à la recherche de ce type de série mettant en scène un personnage torturé, aux lourdes responsabilités et condamné à une éternelle solitude. Un titre qui a toutes les raisons de plaire, malgré une écriture de la part d’un Wolfman cherchant lui aussi à évoluer et plaire de nouveau au public moderne qui n’attendait rien d’autre que ce qu’il a pu faire autrefois.

Dossier Rebirth - 38

Sixpack & Dogwelder : Hard-Travelin’ Heroz

Après All-Star Section Eight lors du DC You, Garth Ennis revient s’amuser avec les mêmes personnages dans une nouvelle mini-série barrée qui se moquera avec plaisir du DC Universe. Vous y retrouverez Sixpack, tentant désespérément de motiver son équipe, alors que Dogwelder est parti explorer son passé et que deux autres membres, Bueno Excellente et Guts, ont des problèmes de couple (j’ai précisé que l’un est un super-héros violeur et l’autre un tas d’organes vivant ?). Cependant, notre bon vieux Constantine débarque dans ce monde déjà bien vulgaire afin d’aider Dogwelder à trouver sa voie, car il cacherait un grand héritage.

Quand un homme qui soude des chiens à sa main est un élu et que les autres Z-listers font face au Spectre, vous imaginez vers quel genre de titre vous vous dirigez. Son but est purement humoristique, et si possible aussi trash que le permet une mini-série chez DC Comics (c’est à dire pas tellement), le scénario n’étant qu’un prétexte pour se trouver dans des situations grotesques.

Sixpack & Dogwelder va donc attirer un public bien précis, notamment les fidèles de Garth Ennis ou les amateurs de subversion, mais si la mini-série précédente ne vous avait pas convaincu, il n’y a que très peu de chances que celle-ci vous plaise, d’autant plus que si elle contient quelques moments bien drôles, elle reste assez faible. Il semblerait que les Hard-Travelin’ Heroz ne soient qu’un passe-temps pour notre Ennis tant adoré, qui brille beaucoup moins que dans les années 90.

Dossier Rebirth - 39

Suicide Squad Most Wanted : El Diablo/Boomerang/Killer Croc/Amanda Waller

Après le succès (supposé) de la première mini-série Suicide Squad Most Wanted (dont le seul intérêt était la partie sur Deadshot), DC parie encore une fois sur la popularité de l’équipe et se risque à une seconde édition cette fois consacrée aux membres mineurs de l’équipe. Quelle triste erreur, car l’intérêt des membres de la Suicide Squad c’est de les voir interagir ensemble. Pris séparément, cette mini-série n’offre aux personnages des histoires qui n’ont que peu d’intérêt et se destinera aux fans les plus hardcore de l’équipe, bien que je doute qu’ils n’existent. On se demande qui a pu penser qu’une histoire en six numéros sur El Diablo réussirait à trouver son public, et quelqu’un a dû prendre cher aux bureaux de DC Comics (les chiffres de ventes peuvent en témoigner). C’est donc clairement un raté qui a été commis ici, et on doute que DC ne réitère l’expérience de sitôt.

Dossier Rebirth - 40

Vigilante : Southland

Avec ce titre également, on se demande ce que DC a en tête, à vouloir ramener sur le devant de la scène un personnage obscur, et on se demande si son utilisation dans Arrow y est pour quelque chose. Quoi qu’il en soit, le récit n’est pas dénué de qualité puisque Gary Phillips utilise sa propre histoire pour parler d’une Amérique actuelle dans laquelle la pauvreté fait des ravages, et où le racisme anti-noir est bien présent (l’histoire se passe à Los Angeles, ville Ô combien réputée pour la violence de ses policiers à cet égard). On nous propose donc un récit qui tient plus du thriller avec un wannabe super-héros (presque à la Kick-Ass, le fun en moins) avec une écriture assez travaillée et une artiste qui, on peut le voir à ses planches, se donne du mal. Mais que ce soit l’univers DC qui l’y oblige ou non, il n’y a hélas pour l’instant pas de grande originalité dans le récit, et les arguments pour ne pas aller lire du thriller à l’indé sont faibles. Reste une tentative honorable de proposer quelque chose de différent dans l’univers DC Comics et d’aborder des thématiques bien sérieuses. On regrettera que dans l’exécution, il n’y a pas eu un peu plus de volonté de porter cette mini-série plus haut que ce à quoi elle peut prétendre maintenant.

Dossier Rebirth - 41

Pour conclure…

En proposant des mini-séries en parallèle aux ongoing estampillées RebirthDC Comics donne une seconde vie à certains concepts du DC You ou à des personnages qui ne pourraient pas assurer une ongoing seule sur leurs épaules actuellement. Il y a des initiatives louables mais dans les faits, la plupart des titres ne sont pas vraiment excellents (exception faite de Midnighter & Apollo qui sort du lot) et on peut légitimement se demander de l’intérêt de l’éditeur à utiliser autant de papier pour ce genre de résultats. D’autant plus que le problème des mini, si la qualité n’est pas là, c’est qu’un grand nombre de lecteurs attendra directement le TPB. Remarque, c’est peut-être une stratégie qui paiera ?

– ArnoKikoo, Sledgy7, Watchful

7. Vers le futur…

Maintenant que vous arrivez à la conclusion de cet épais dossier, vous pouvez vous faire un avis sur ce que la rédaction a pensé des différents titres Rebirth, et le moment est venu de vous proposer une petite conclusion avant de se projeter vers l’avenir.

Globalement, il sera indéniable de reconnaître que le relaunch a fait le plus grand bien à DC Comics, en lui permettant de se redresser avec une véritable ligne directrice, amorcée par Johns, et de se recentrer sur ses personnages et ses valeurs, en proposant moins de séries (pour éviter les doublons et l’éparpillement), chose compensée par le rythme bi-mensuel qui permet d’avoir un rythme assez soutenu pour les histoires. Malgré une perte de diversité, malgré les mini-séries qui essaient de contrebalancer ce revirement « conservateur' », on observe une certaine forme d’équilibre, qui se voit notamment dans la répartition des titres Batman et Superman qui sont à quasi égalité (7 contre 5). Au niveau du suivi, le relaunch a eu un assez bon, voire bon succès critique qui s’est accompagné de formidables ventes, puisque DC Comics a trôné à la première place du podium sur le sol US pendant quatre mois de suite. Si la tendance s’est inversée, DC Comics vend plus de comics qu’à la même période des New 52, et place encore plus de 30 titres dans le Top 50 des ventes, des performances qu’on n’avait pas vues depuis bien longtemps.

Reste malgré tout quelques titres qui se cherchent encore et surtout deux grosses déceptions parmi ceux qui doivent porter fièrement la bannière de l’éditeur : Justice League et Suicide Squad. L’un parce que son auteur n’a pas d’idées et est accompagné d’artistes pour lesquels on se demande vraiment ce qu’ils font là ; l’autre parce que l’auteur est handicapé par la cadence de son artiste principal. L’un comme l’autre, on espère que le crossover Justice League vs Suicide Squad saura apporter suffisamment de changements pour que les titres repartent sur de bons rails en 2017. Une année qui va par ailleurs apporter trois titres très attendus et pour lesquels beaucoup d’espoir reposent : BatwomanSuper Sons et Justice League of America. La cohérence, c’est que chacune de ces séries ont été préparées petit à petit dans les pages d’autres titres (Superman pour Super SonsDective Comics pour Batwoman) et sont la preuve d’une véritable démarche éditoriale, qui pourrait bien être payante.

Malgré certaines craintes, le rythme bi-mensuel n’a pour l’instant pas encore causé de problèmes dans les publications (seuls Harley Quinn et Suicide Squad ont connu un retard ponctuel) et les équipes créatives réussissent à assurer leur tâche avec ardeur et sans que la cadence ne vienne (en apparence, du moins) causer trop de problèmes. L’année 2017 verra également d’autre mini-séries arriver, comme The Fall and Rise of Captain Atom ou encore Odyssey of the Amazons, et nous sommes encore en attente de connaître la nature de l’event estival de DC, qui selon toutes les informations recoupées, sera centré sur Batman (bah voyons), et orchestré par Scott Snyder et Greg Capullo. Quoi qu’il en soit, et même si tout n’est pas exceptionnel, on peut dire que Rebirth est pour le moment un relaunch qui redonne envie de lire du DC Comics, et on espère que l’éditeur saura gérer l’ensemble de ses publications sur le long terme.

Un petit mot ici juste pour vous rappeler qu’en dehors de cette ligne principale, DC Comics a proposé un nouvel imprint, DC’s Young Animal, une nouvelle ligne Hanna-Barbera et va relancer l’imprint Wildstorm avec Warren Ellis aux commandes. Il y a donc de quoi s’exciter pour les mois à venir même pour ceux qui ne veulent pas du super-héros classique (et on reviendra certainement vous parler de ces autres imprints dans des dossiers séparés !).

On terminera ce dossier avec le classique tableau récapitulatif des titres en parution (ou à paraître) chez DC Comics à l’heure de publication du dossier, avec en gras indiqués les titres qui seront présents (ou en tout cas, on été annoncés) chez Urban Comics au printemps/été 2017. Et vous vous rendrez compte que pour une fois, les lecteurs VF vont avoir droit à une grosse partie du catalogue VO. Si c’est pas chouette, ça…

Les séries existantes après 6 mois de DC Rebirth
1. Action Comics 27. Titans
2. All-Star Batman 28. Trinity
3Aquaman 29. Wonder Woman
4. Batgirl 30. Earth 2 : Society (fin annoncée)
5. Batgirl & The Birds of Prey 31. Gotham Academy : Second Semester
6. Batman 32. Deadman : Dark Mansion of Forbidden love (mini)
7. Batman Beyond 33. Death of Hawkman (mini)
8. Blue Beetle 34. Justice League vs Suicide Squad (mini)
9. Cyborg 35. Midnighter & Apollo (mini)
10. Deathstroke 36. Raven (mini)
11. Detective Comics 37. Sixpack & Dogwelder : Hard-Travelin’ Heroz (mini)
12. Green Arrow 38. Suicide Squad Most Wanted (mini)
13. Green Lanterns 39. Supergirl : Being Super (mini)
14. Hal Jordan & The Green Lantern Corps 40. Vigilante : Southland (mini)
15. Harley Quinn 41. Batwoman (à venir)
16. Justice League 42. Justice League of America (à venir)
17. New Super-Man 43. Super Sons (à venir)
18. Nightwing 44. The Fall and Rise of Captain Atom (à venir)
19. Red Hood and the Outlaws 45. Odyssey of the Amazons (à venir)
20. Suicide Squad
21. Supergirl
22. Superman
23. Superwoman
24.  Teen Titans
25. The Flash
26. The Hellblazer
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