1. Avant propos

2. Réalisation

3. Scénario

4. Casting

5. Postface


4. Casting

Le Ronin – Lee Byung-hun

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Je sais ce que vous allez me dire, et vous n’auriez d’ailleurs pas tort : Lee Byung-hun est Coréen et pas Japonais, on part sur du racisme ordinaire d’entrée de jeu. Byung-Hun a pourtant plusieurs facteurs en sa faveur. Âgé de 46 ans, il incarnerait ici le Ronin au bout de sa quête vers Agat, marqué par la vie et une longue poursuite du démon qui auront fait de lui le guerrier vagabond physiquement impacté par l’errance et la rancœur de son statut. Fort de son excellente prestation chez Jee-woon, notamment dans Le Bon, la Brute et le Cinglé, mais surtout A Bittersweet Life, l’acteur est un homme de talent à l’aise dans un registre western ou dans une posture plus dramatique, rêveuse et contemplative, et surtout excellent dans la mise en scène de l’action.

A double bonne raison, on peut ajouter à sa carrière sur la colline Hollywoodienne les deux films G.I. Joe, qui valent à eux seuls une revanche d’un acteur doué et réduit par le système à interpréter un énième Asiatique badass dans une grosse prod’ random un peu neuneu. Puis, sérieusement, mattez A Bittersweet Life, quoi. J’devrais pas avoir à vous le dire, normalement.

Agat / Mr. Taggart – Viggo Mortensen

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Si vous avez lu la première chronique, habituez vous : ces choix d’acteurs n’ont parfois aucune logique, et consistent aussi à me faire plaisir en plaçant dans ma tête des films imaginaires avec les acteurs que j’aime bien. Or, j’aime beaucoup Viggo mortensen, qui a d’ailleurs lui aussi déjà joué dans un film DC Comics que vous n’avez pas vu – sous David Cronenberg avec A History of Violence (vous voyez, le nom est en gras). Le personnage de Taggart est celui d’un homme bon, en fin de cinquantaine encore physique malgré ses cheveux blancs, désireux de sauver le monde par les avancées techniques et de ne pas employer ses inventions à des fins malfaisantes. Puis, possédé par le démon, il deviendra un despote appâté par l’idée de vendre ses brevets et d’embraser l’espèce humaine.

Proprement capable de jouer n’importe quel rôle, Mortensen a néanmoins une capacité comparable à son pote Ed Harris, celle de jouer des personnages moralement ambigus, des fois bien à l’aise dans des rôles de gentils, et à d’autres moments capables pour ses personnages d’une soudaine sauvagerie. Avec une gueule identifiable entre toutes, une certaine facilité à bosser avec les gros studios ou la science-fiction (hé, y a La Route quand même), l’acteur prêterait aussi sa voix à Agat, ce qui lui demanderait quelques cours de Japonais. C’est ce genre de films, exactement

Billy Challas – Thomas Mann

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Pour interpréter Billy, un acteur à la tête innocente et très infantile que je sors là-encore de la boîte « les films que j’aime bien ». Thomas Mann (toujours aucune parenté) est un jeune acteur que la plupart des gens ont découvert dans le très étrange Projet X, et que d’autres ont pu apprécier dans le film Me & Earl & The Dying Girl, un film de passage à l’âge adulte assez touchant rempli de références au cinéma, un joli message sur la vie et un John Berntal au sommet de sa forme.

La bouille de benêt de l’acteur servirait au rôle, d’abord innocent et victime du sort du jeune télépathe handicapé (malheureusement, Hollywod a assez peu d’acteurs réellement amputés des jambes et des bras à proposer pour l’occasion), tout en jouant sur un aspect d’enfant encore prégnant qui sert plus tard à certains rebondissements de l’oeuvre. Âgé de 25 ans, le jeune homme serait dans la tranche d’âge acceptable pour que son histoire d’amour ne tire pas vers quelque chose de difficile à assumer, même pour un bouquin de Miller (qui a aussi ses limites, faut juste savoir les trouver).

Vierge – Tilda Swinton

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Honnêtement, justifier ce choix m’apparaît comme une immense perte de temps – Tilda Swinton est une des meilleures actrices de sa génération, qui mérite mieux que le Constantine de Keanu Reeves pour égaliser sa présence au panthéon des adaptations de comics, un milieu qu’elle a déjà investi avec sa prestation récente dans Dr. Strange. Après une première collaboration fructueuse avec Joon-Ho, elle retrouverait un réalisateur à même de donner corps à son talent, ici seulement exprimé par la voix.

Doué d’une diction et d’une expression vocale inimitable, l’actrice rempilerait au passage pour la fameuse tradition de l’intelligence artificielle à l’accent britannique, et ne serait présente qu’à l’audio durant tout le film. Un peu comme Scarlett Johansson dans Her, mais en bien. Vous voyez l’idée.

Casey McKenna – Ruth Negga

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Pour faire plaisir au fidèle Jason Todd, qui ne va encore pas être d’accord d’ailleurs, ce sera Ruth Negga qui incarnera le personnage de Casey McKenna, réelle figure centrale de l’oeuvre de Miller, à la fois son Deckard et son Kaneda au féminin. A mi-chemin entre plusieurs cultures, McKenna est une femme forte comme l’auteur les aime : à l’aise dans l’action, elle est le capitaine des forces d’intervention de Verseau et le chef de son équipe de sécurité.

C’est elle qui fait avancer le récit, son interaction avec le Ronin est capital et conjugue un aspect sensuel à son rôle de guerrière (là-encore, si vous ne connaissez pas l’auteur) sans pour autant que ce dernier n’appuie trop dans la mauvaise direction. Jamais demoiselle en détresse (ou proue), Casey est le véritable héros de l’aventure, celle qui triomphe de tout et garde la tête hors de l’eau et du bizarre général de l’intrigue. Aussi, l’interprète de Tulip O’Hare passerait d’Afro-Irlandaise à Afro-Écossaise, dans le même rôle de nénette courageuse et plus capable que les hommes de son escouade un tantinet balourds.