Disclaimer : cette chronique est basée sur un précédent Trash Talk consacré à la série Gotham, et à l’excellent travail de Republ33k sur les chroniques Please Hollywood du réseau Arts. Parce que quand les collègues ont de bonnes idées, ce serait dommage qu’ils les gardent pour eux.

A quoi ressemble le monde cloisonné des adaptations modernes ? Pour un fan de BD, les dernières années auront été, selon la couleur de son drapeau, une opportunité exceptionnelle de voir la culture comics sortir d’un placard où l’élite et la norme culturelle l’avait enfermée, ou bien un immense nivellement par le bas d’où ne seront sorties qu’une poignée de dollars et de nouvelles raisons de détester l’appareil Hollywoodien. A cet égard, DC aura été dans l’ascenseur express du grand et du bizarre, perdu entre la dernière grande saga de super-héros sur écran (j’ai besoin de la nommer ?), une galerie d’adaptations contestables sur le petit écran, et un début laborieux dans le sillon de la logique Marvel Studios – comprenez, univers partagé.

Sans jeter la totalité des projets à venir au feu avant d’en avoir seulement vu la moindre image, l’inconscient collectif du fan finit par se résigner. A titre personnel, j’ai renoncé à voir mes cinéastes préférés adapter un jour mes héros préférés, parce que les majors préfèrent les travailleurs aux visionnaires, les réalisateurs qui n’essayeront pas de s’imposer à ceux qui auraient tellement à dire (mais peut-être trop). Mais imaginer n’a jamais fait de mal à personne, et c’est d’ailleurs l’un des héros de Vertigo qui vous en parlera le mieux. Si des fans passionnés ont réussi avec une maigre campagne Kickstarter à donner vie à un petit bout du Gotham by Gaslight de Mignola, ou si Dini a réussi à faire de son côté la meilleure « histoire de Batman » de ces dernières années avec Dark Night, la preuve suffit à donner espoir dans la capacité de ceux qui veulent à, peut-être, un jour, réaliser.

Or, étant donné que les projets qui seront évoqués ici ont un pourcentage risible mais potentiel à exister concrètement (si les planètes s’alignent, les variables du hasard convergent et que quelqu’un consent à offrir son âme à une divinité païenne lambda), mettons que tout ça traitera autant de films imaginés que de films potentiels. Bref, cette nouvelle chronique est simple : sous quelle forme le DCEU (ou DC au cinéma, plus simplement) serait de nature à me séduire moi ou les autres rédacteurs des papiers suivants. C’est arbitraire, c’est chiant et ce sera sans doute élitiste, mais hé, sérieusement, vous êtes vraiment si nombreux à avoir adoré Suicide Squad ?


1. Avant propos

2. Réalisation

3. Scénario

4. Casting

5. Postface


Sandman Theatre #1 : Harley & The Birds of Prey

1. Avant-propos

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En marge de la promotion du dernier morceau en date de l’appareil DCEU, la belle Margot Robbie s’exprime sur la possibilité d’un spin-off consacré à son personnage d’Harley Quinn, dans un film dédié. Personnage populaire en BD et mise en avant par l’éditeur sous tous les angles possibles, Harley était en toute logique l’une des mieux placées pour hériter de son long-métrage en solo. Ne manquait que la volonté effective de porter le projet, et la validation par les pontes d’Hollywood de sa rentabilité sur grand écran. Suicide Squad réussit au box office – c’est déjà ça – et le film devient alors un projet officiel.

En présentant la chose, la jeune femme de 26 ans explique avoir été séduite, dans ses recherches pour le rôle, par les nombreuses autres héroïnes de l’écurie Gotham, avec qui la Harley de papier s’allie ou s’oppose régulièrement. Un terreau riche de bonnes histoires, servies par Gail Simone ou Paul Dini dans les séries Birds of Prey, Gotham Girls ou Gotham City Sirens. A l’heure où les studios aiment se faire concurrence sur des terrains de plus en plus improbables (premier film de super-vilain, premier film de super-héroïne, premier film de super-héros afro, etc), l’argument marketing plus ou moins cynique d’être les premiers à dégainer un female-lead-only movie a de quoi séduire la Warner, en recherche de succès surprises après les scores décevants de héros établis – Man of Steel et Batman/Superman.

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De l’autre côté de l’Atlantique, un réalisateur Danois en pleine promotion de son dernier film avoue dans un micro hasardeux être séduit par la possibilité de travailler sur un gros film Hollywoodien. Celui qu’il est venu présenter s’appelle The Neon Demon, ode à la beauté fascinante des égéries de la mode et des horreurs de son milieu, un métrage foncièrement féminin où se glisse une muse que l’artiste a en commun avec un Zack Snyder bien établi dans les bureaux d’Hollywood : Jena Malone, qui aura à peu de temps d’intervalle servi aux deux réalisateurs dans des oeuvres diamétralement opposées.

En posant le projet, Nicolas Winding Refn avoue à demi-mots avoir conscience de se priver de sa liberté créative – un sujet qu’il aura défendu dans le documentaire My Life réalisé par son épouse en marge d’Only God Forgives. Mais lui-même le dit clairement : il aimerait tenter l’expérience du « gros film Hollywoodien », et va même plus loin. Pour lui, l’important, c’est de faire Batgirl.

Entre la recherche d’un style jeune et énergique sur Flash, Warner est parti chercher Rick Famuiywa. Sur Aquaman, elle a opté pour le compromis de l’artiste/faiseur, avec James Wan, un homme de style capable de se mettre occasionnellement au service des studios pour la bonne cause et le fric. Doug Liman rentre lui aussi dans cette catégorie, bon réalisateur à la solde de projets pré-fabriqués où il insuffle en général le supplément d’âme (wink) qu’il aurait pu manquer en d’autres mains. Avec un Ben Affleck en réalisateur du futur Batman, l’écurie du DCEU prend peu à peu des couleurs et semble comprendre en parallèle de Kevin Feige que la logique de tentpoles n’a pas tant d’avenir que ça sur un marché de blockbuster hyper saturé – la première décision logique aura été d’embaucher Geoff Johns, dont les premières déclarations officielles appuient aussi dans ce sens.

En bref, le pari fou de voir l’auteur des Pusher et de Bronson aux manettes d’un all-girl movie ne semble pas si irréalisable, si tant est que le studio ait l’oreille bien tendue. Et donc, on a le droit d’en rêver ?

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The Bat
The Bat

Bon bah je crois que j’ai une nouvelle chronique préférée (ça en fait plein maintenant). Le scénario est assez séduisant et je trouve qu’introduire Batwoman dans les Birds of Prey est une excellente idée. Faire passer un message de diversité sans la lourdeur coutumière à certaines productions. Ensuite moi qui déteste Barbara Gordon en Batgirl, je ne souhaiterais pas la voir (c’est purement personnel). Peut-être en Oracle. Mettre en valeur le côté mafieux de Gotham à travers Two Face (en plus Mark Strong quoi) et Black Mask et laisser un peu plus en retrait le côté loufoque de la ville est une bonne idée. Néanmoins, en te lisant j’ai presque eu l’impression d’avoir un truc un peu « cliché » où les gentilles et les méchantes s’allient contre une menace plus grande. Si c’est bien fait pourquoi pas mais cela ne devient-il pas un schéma un peu répétitif ?
Ensuite j’ai une petite question vu que je ne connais Refn que de nom. Est-ce qu’il s’agit d’un réalisateur qui est plus dans des plans posés, des plans de contemplation qui est capable de filmer une rue ou des personnages assez longtemps sans dialogue par exemple, ou est-ce un réalisateur qui aime faire parler ses personnages pour raconter son histoire ?
Sinon super article Corentin !

Billy Batson
Billy Batson

Merci pour cette chronique Corentin où ton style d’écriture brille particulièrement pour décrire un projet cinématographique. Si je valide l’ensemble de tes arguments concernant Refn, je reste cependant toujours aussi dubitatif concernant la réussite d’un tel projet ; je précise que cela n’a rien avoir avec toi ou les efforts que tu as mis dans cet épisode. Ton synopsis est fort agréable à lire et, il faut l’avouer, serait la meilleure chose possible en terme de storyline pour un film dont la nature même est d’être un spin-off, mais force de constater que l’on tombe dans un schéma assez classique qui passerait sans problème dans une mini-série en comics mais dont le potentiel cinématographique serait sans doute bien moindre. Le problème vient sans doute (et encore une fois ce n’est pas de toi) du fait qu’Harley soit la meneuse du film et qu’autour d’elle, les Birds of Prey seraient « juste » ses reflets dans le miroir et que de base j’aurais été bien plus tenté par un film sur l’équipe féminine avec comme antagoniste la compagne du Joker avec autour potentiellement d’autres vilains. Concernant le casting, je valide sans soucis Chastain, Strong et Hendricks, mais je reste malgré tout dubitatif face au retour d’Anne Hathaway en Cawtoman : elle était excellente chez Nolan mais la comparaison avec Rebirth ne marche pas franchement ici et je serai davantage tenter d’avoir du sang neuf pour le rôle (Rashida Jones serai mon choix pour une Selina du même âge que Bruce). Je reste également perplexe face à Zoe Salanda en Huntress : physiquement elle ressemble au personnage tel qu’il est apparu dans les New 52 puis Rebirth mais le fait que l’actrice fasse déjà parti du MCU et semble partante pour y rester encore un bout de temps pose un certain soucis ; Ruth Negga serait bien plus adaptée à mon goût.
Je tiens malgré tout à te féliciter pour cette chronique Corentin pour laquelle tu as dû passer beaucoup de temps ; je pense juste que quoi qu’il en soit ce numéro n’était pas forcément moi et j’espère ne pas avoir été trop sévère, j’attends cependant avec beaucoup d’impatience la suite tant je sais que tu as un réel potentiel pour parler de d’autres projets. D’ailleurs, tu devrais faire un petit tour dans la partie fanfiction du forum qui devrait t’intéresser. Bonne continuation !

Ares
Ares

Eh bien, chacune de ces nouvelles chroniques est vraiment excellente. Superbe boulot, et c’est franchement très intéressant de savoir ce que toi (et d’autres membres de l’équipe) voudraient voir au cinéma. Chapeau ^^

alphacharliecho
alphacharliecho

Juste une phrase qui me gène HORRIBLEMENT : « Tant que l’histoire est bonne, est-ce que la continuité compte vraiment ? »
MAIS BIEN SUR QUE OUI ! Désolé de m’emporter un peu mais l’idée d’univers partagé c’est une grosse partie des comics superheroique, le respext de la continuité c’est un oeu le respect d’un auteur par rapport a tout ce qui se fait autour de lui, c’est des petits ou gros details qui feront la difference avec une ecriture attentionnée et une autres, c’est aussi revelateur des egos des ecrivains (salut s.snyder).
Apres je sais bien que c’est aussi assez contraignant mais cette idée de ne plus s’embeter avec la continuité c’etait le slogan du dc you et heuresement que rebirth vient corriger le tir et remettre en place la sacro-sainte continuité.
Pour moi et je ne pense pas etre le seul, une bonne histoire c’est bien mais quand on fait partit d’un univers partagé (et ici on parle bien du DCEU) le respect de la continuité ce n’zst pas un bonus et c’est le sel qui fait toute la saveur, c’est ce qui a fait le succès de marvel et de dc rebirth et l’insuccés des xmen au cinéma depuis quelque temps.
Apres je sais que ce n’est que mon avis mais cette phrase ma perturbé XD j’aimerais bien entendre l’avis des autres apres tout je differe peut etre totalement