Profitons donc de cette belle chronique qu’est Showcase pour parler de la Doom Patrol. S’il est, chez DC, une équipe de super-héros méconnue du grand public et qui mérite un peu d’exposition, c’est bien celle-ci. Nous sommes en 1987 et le deuxième volume de la série débute, sous la plume de Paul Kupperberg et les crayons de Steve Lightle.  C’est donc la deuxième incarnation de l’équipe qui est présentée, puisque la première est tombée honorablement au combat lors du dernier numéro du volume précédent.

Le but de ce comic-book n’est pas de présenter une nouvelle équipe, puisque cela a déjà été fait dans le 94ème numéro de Showcase (la bande-dessinée, pas notre chronique) mais de lancer un nouvel arc narratif, tout en résumant rapidement l’histoire de la Doom Patrol. Ce n’est pas une mince affaire, mais il faut reconnaître que la densité de la narration de Kupperberg l’aide à réussir ce pari. Il se passe en effet plus de choses dans ce single que dans tout un arc de Scott Snyder, imaginez un peu (oui, je fais dans le tacle facile et je ne m’en excuserai pas).

Le livre qui nous intéresse aujourd’hui s’ouvre sur les lamentations d’Arani Desai, une super-héroïne indienne aussi connue sous le nom de Celsius (et membre de la Doom Patrol, évidemment) qui se lamente sur le fauteuil roulant de feu Chief Niles Caulder, ancien leader de l’équipe. Le scénariste en profite pour nous rappeler le sacrifice des membres de la patrouille (puisqu’à l’époque la mort des personnages avait un impact et semblait être plutôt durable) on se souvient alors, les larmes aux yeux, du destin d’Elasti-Girl, de Negative Man et du Chief, ainsi que du traumatisme de Robotman, seul survivant de cette horrible tragédie. Tout est parfaitement clair et on embraye rapidement sur la présentation de la deuxième version de la Doom Patrol, celle qui nous intéressera tout particulièrement. Cette seconde incarnation est composée de Celsius, Robotman, Tempest et Negative Woman.

Cependant, les activités de l’équipe ont cessé, comme on le comprend bien vite, alors que l’on nous montre notre ami Cliff, mieux connu sous le nom de Robotman, qui s’est clairement retiré de ses activités héroïques, puisqu’il passe son temps à se balader à cheval, tel un cowboy du Far-West (et surtout tel un robot qui porte des vêtements civils, mais ça c’est une question de suspension volontaire d’incrédulité, il faut s’immerger dans l’ambiance du comic-book pour l’accepter, ce que l’on finit par faire sans problème, c’est probablement pour ça que l’on passe pour des crétins quand on en parle aux non-initiés, mais je m’égare). Toujours est-il que notre ami métallique se voit dérangé par Celsius qui détruit un hélicoptère sur sa propriété, ce qui met en rogne ses passagers, qui ne sont autre que des agents du gouvernement, qui ont tôt fait de s’en prendre à nos amis. Evidemment, le sieur Robot n’est pas bien content des agissements de son alliée, mais il est rapidement choqué par la révélation qu’elle va lui faire.

Niles Caulder aurait survécu ! Le Chief lui-même serait un rescapé, au même titre que Cliff ! Evidemment, notre héros est tout d’abord dans le déni, mais le doute semble permis (on est dans un comic-book, après tout, et ressusciter un mec charismatique en fauteuil roulant, ça se fait beaucoup chez la boîte d’en face, alors pourquoi pas ?). Un bon numéro n’existant pas sans antagoniste, on découvre que les agents étaient envoyés par Kalki, un vilain bien rétro rappelant les méchants de la licence masters of the universe ( et qui n’est autre que le père d’Arani, on est dans les années 80 et Empire Strikes Back est passé par là), tant il peut vous tuer uniquement à l’aide de son schéma de couleurs. Il tue donc un mec, pour bien montrer qu’il est impitoyable (Bwahahahaha !) et l’on retrouve Robotman, en civil (aussi discret que Raphael des Tortues Ninja et caché sous le même type d’impair, façon satyre, et un feutre) qui cherche à convaincre Tempest de reformer l’équipe et de se lancer à la recherche du Chief. Celui-ci finit par accepter et l’on retrouve notre petite troupe sur les lieux où la Doom Patrol originelle a connu son funeste destin.

Cependant, ils ne trouvent pas d’indices concernant l’éventuelle survie de Niles, mais uniquement une alliance appartenant à feu Rita Farr, aka Elasti-Girl, ce qui a pour effet de faire fondre en larmes (autant que faire se peut) l’ami Robot. Mais ce moment de recueillement est de courte durée, puisque nos héros sont attaqués par Kalki et ses sbires, et le vilain se saisit de Cliff, qui semble en bien mauvaise posture. Voilà un cliffhanger bien inattendu !

Qu’adviendra-t-il de la Doom Patrol ? Le Chief est-il encore en vie ? Vous pouvez le découvrir en lisant les aventures de cette équipe maudite, et plus particulièrement l’intégralité de ce deuxième volume, qui contient notamment l’excellent run de Grant Morrison. Pour en revenir à l’actualité, on se retrouve très bientôt avec le début d’un nouveau volume, sous l’imprint Young Animal, signé Gerard Way, dont on espère beaucoup chez DC Planet. Espérons que de nouvelles aventures passionnantes attendent Robotman et ses potes.