Supergirl - Rebirth (2016) 001-000
Les points positifs :
  • Rapide entrée en matière
  • En continuité avérée
  • Le retour de Lupacchino sur Supergirl
Les points négatifs :
  • Un encrage qui tartine
  • Melting-pot de l’écriture comics et télévisée
  • Loup-Garou Kryptonien
  • Pas aussi ancré dans le Super-verse qu’on voudrait

“You can call me Kara, director Chase.” – Supergirl


  • Scénario : Steve Orlando – Dessins : Emanuela Lupacchino – Encrage : Ray McCarthy – Couleurs : Michael Atiyeh

La vague de sorties récentes aura été prolifique en terme de plastrons marqués du grand S rouge symbolique des kryptoniens. Entre homologues Chinois, versions féminines, Superman et fils et Superlex, les “Supermen” attendaient encore la plus canonique des porteuses annexes du costume, une certaine blondinette absente des publications depuis un petit moment. Si les fans du personnage auront survécu avec la série digitale consacrée (et ses quelques jolis numéros), pas sûr qu’ils accueillent avec joie ce nouvel essai, pourtant signé Steve Orlando – le génie de Midnighter – et Lupacchino, la talentueuse artiste qui officiait sur les derniers numéros de la série avortée, ou autres fulgurances sur une rouquine au nom d’aromate. Ce premier essai assez peu convainquant reste à tempérer, mais on a du mal à se dire que l’écriture n’est pas un minimum influencée par les exigences de marketing croisé.

Supergirl - Rebirth (2016) 001-009

Entrée en matière rapide, expéditive : Supergirl n’a plus ses pouvoirs (ah bon ?) et les retrouve (ah, ouf), pour pouvoir latter un kryptonien sorti accidentellement (sérieux ?) de la Phantom Zone, envoyé par le père de l’héroïne (say what ?) et parce que j’en ai marre de mettre des parenthèses partout, mettons que c’est un peu grossier et laissons là l’ironie. Ce premier numéro a quelques accents de la série télé éponyme : on y retrouve un entourage militaire typé “secret service” – le D.E.O. -, une future Kara goofy en immersion dans la société humaine, et des parents d’adoption qui manquaient à la dernière. D’aucuns diraient que tout ça n’est qu’un retour à l’ancienne continuité, et ils n’auraient pas tout à fait tort. Mais l’ensemble prend une allure de patchwork quand on y superpose une narration scolaire et ce premier “super-vilain” assez peu inspiré.

Le numéro pose son contexte trop rapidement, ce qui serait agréable vu la lenteur habituelle des titres Rebirth, mais la présentation est trop rapide et trop peu approfondie (voire pas du tout centrée sur l’héroïne qui a finalement assez peu de texte dans le numéro) pour convaincre. Cette maman qui reconnaît la langue de krypton (parce que c’est celui “de sa fille”, qu’elle a adopté il y a moins d’un an), ou cette Supergirl qui ne serait sur Terre que depuis “quelques mois” et implique donc que toute la série précédente n’a vraiment pas du rouler au même rythme que les autres séries DC, et enfin cette propension à vouloir manifestement éloigner le personnage de l’épicentre “super-verse” dont Action Comics serait le point de pivot, tout ça a quelque chose d’agaçant. Excusez ce langage vulgaire.

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Même constat aux dessins, un crève-coeur pour les fans de la dessinatrice : l’encrage de Ray McCarthy grossit le trait, d’habitude fin et élégant, et entoure ses personnages d’une allure “basique” de série passe-partout – soit parce que la dessinatrice laisse du vide sur les scènes d’action, soit parce que l’encreur cherche un rendu plus mainstream mal à-propos. Encore une fois, les couleurs manquent de recherche là où elles ont toujours été un des points forts du style de Lupacchino, en particulier sur Starfire, et si la série doit durer on espère que l’artiste de liaison sera mieux épaulée dans la mise en contours et en couleurs de ses crayonnés.

Bref, un premier numéro pas terrible et une double déception pour les fans du scénariste et de l’artiste (l’occasion de rappeler que le dessin dépend aussi de ces métiers de l’ombre auxquels les gens prêtent moins d’attention). En résumé, sans être nul, un premier numéro plutôt plat dont il faudra évidemment juger l’intrigue de long-terme avant de se prononcer. Sans faire de procès d’intention à l’éditeur, après avoir placé Andrew Kreisberg sur le titre Green Arrow, on peut se demander à quel point la “popularité” de mauvaises séries télé’ influence ou pas le destin éditorial de bons personnages comme Kara. Espérons que tout ça ne soit qu’une passade en attendant la suite. 

4 Commentaires

  1. J’ai hésité à prendre le titre pour varier un peu… Sinon, Corentin je te juge sévèrement (limite je demande l’expulsion de la piste) pour ce jeu de mot sur “la rouquine au nom d’aromate”. J’ai du chercher sur Google pour comprendre (et me faire aider de Lérhak le grand). :D Les juges annoncent pour cette blague un 2/10 ! Et c’est très cher payé… :D

    • La blague vient elle même du comics Starfire, c’est donc une référence de qualité, je m’applaudis de ce génie subtil et insolent. Puis si t’as cherché sur google t’as rien à dire xD

      • Génie subtil et insolent ! Là je m’incline. Bravo ! :D Y’a pas à dire, DCP c’est vraiment les boss !

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