Red Hood and the Outlaws : Rebirth #1 review
Les points positifs :
  • Un bon récap de la vie de Jason Todd
  • Le côté borderline du Red Hood remis en avant
  • Dexter Soy, artiste Ô combien sous-estimé
Les points négatifs :
  • On a pas déjà lu ça 10 fois cette année ?
  • Et… ils sont où les Outlaws ?

“I missed what happened next. Because I was dead.” – Jason Todd


  • Scénario : Scott Lobdell – Dessins : Dexter Soy – Couleurs : Veronica Gandini – Couverture : Giuseppe Camuncoli

S’il y a bien un titre pour lequel on a du mal à comprendre la longévité, il s’agit bien de Red Hood and the Outlaws – qui était un temps passé par la case Red Hood/Arsenal, une fois que Starfire en ait eu marre de toutes les conneries vécues sous la plume de Scott Lobdell. On se dit d’ailleurs souvent que l’auteur doit avoir un gros dossier chez quelqu’un d’important chez DC Comics pour continuer d’être engagé par l’éditeur, alors que ses travaux sont plutôt médiocres. Lobdell est capable de produire des numéros sérieusement horribles (qui se rappelle de H’El on Earth ?) comme de très bonne choses – enfin du moins, qu’il est capable d’assumer ses délires. Doomed, la mini-série dont vous ne vous souvenez plus, démarrait assez bien comme parodie de Spider-Man, et Red Hood/Arsenal avait livré de très bon débuts, quand le titre ne se prenait pas au sérieux. C’est là dedans que Lobdell arrive à se débrouiller. Manque de bol, ce one-shot d’introduction est on ne peut plus premier degré.

Attention, cela ne veut pas dire que le tout est mauvais. Rebirth oblige, il faut revenir aux fondamentaux des personnages avec ce genre de one-shot, qui sera d’ailleurs une très bonne porte d’entrée pour les débutants, puisque nous avons droit, grosso modo, à un résumé de la carrière de Jason Todd, avec les moments iconiques de sa vie repris sur quelques planches, de sa rencontre à Batman, à sa mort sous les coups de Joker, jusqu’à son nouveau statut de justicier borderline. Scott Lobdell arrive d’ailleurs très bien à jouer sur le côté “je peux franchir la ligne” du personnage et surprend, au fil d’une page ; mais Jason Todd est en interaction étroite avec Batman depuis quelques temps. Un signe d’apaisement entre les deux certes appréciable, mais qui me laissera toujours sur ma faim quant à mon envie d’avoir notre propre Bat-Punisher dans les publications DC Comics. En dehors de ce résumé pour les novices, une vague intrigue, mais qui correspond bien au personnage du Red Hood, est lancée, et on s’arrête assez vite pour se dire à bientôt et à dans deux semaines.

Autant vous dire, donc, que si vous êtes un lecteur acharné de DC Comics, vous pouvez largement passer votre chemin sur ce numéro. La caractérisation des personnages est assez maîtrisée, et en même temps après avoir passé quatre ans dessus il serait incroyable que Lobdell ne connaisse pas Jason Todd du bout des doigts. Ici, la relation entre le jeune homme et son mentor passe énormément par des notions humaines, qui rend touchant les instants perdus qu’ils ont vécu, cachés maintenant chacun derrière leur masque. Le problème, c’est que les origines de Jason Todd, et notamment à cause d’Arkham Knight et ses comics dérivés, j’ai l’impression de me les être farcies 4-5 fois cette dernière année – parce que Lobdell aime naturellement s’en servir pour ré-activer le trauma dans ses séries. Un certain sentiment de lassitude s’empare, d’autant plus que ces origines n’apportent véritablement rien de neuf à qui connaît l’histoire de Jason Todd.

Second problème : le titre mentionne deux Outlaws, dont on ne voit pas la couleur. Alors certes il aurait été sûrement difficile de présenter Artemis et Bizarro d’emblée en seulement vingt pages, mais c’est une promesse qui du coup est absente, et pour moi assez gênante puisque la dynamique de ce trio est ce qu’il y a de plus important pour la réussite du titre. Si on peut s’attacher à Todd, ne connaissant pas les deux prochains personnages, comment nous donner envie de revenir pour lire la suite ? Je me doute que l’introduction des Outlaws devrait se faire petit à petit dans les, disons, deux prochains numéros, mais pour une one-shot introductif, c’est un coche loupé à noter.

Enfin, terminons par le point fort de ce fascicule : les dessins. Je suis Dexter Soy depuis quelques années, quand je l’ai découvert sur un arc de Justice League Beyond 2.0 qui m’avait déjà laissé pantois d’admiration, et cet artiste, dont on entend pas vraiment parler (puisqu’il s’agit encore plus d’un “yes-man” de l’industrie qu’autre chose. J’veux dire, on ne lui a donné majoritairement que des titres Digital First à faire chez DC, et Batman : Arkham Knight Genesis était son premier travail sur papier, avec un numéro de Red Hood/Arsenal) alors que merde, cet artiste a réellement du talent. Son trait est précis et assez anguleux pour très bien coller à l’ambiance sombre qui colle au Red Hood. Le design des personnages a de la personnalité et sa composition est loin d’être en reste, j’en veux pour preuve cette sublime splash page qui rend hommage à A Death in the Family, qui est criante de classe et d’émotion en même temps. A ce niveau là aussi, les expressions faciales sont très réussies. Quant au découpage, il est, il faut le dire, plutôt classique, mais la façon dont Soy met ses personnages en place et les angles choisis offrent une très bonne dynamique. En gros, je vous dirais de prendre ce numéro pour découvrir cet artiste et le soutenir, il fait partie de ceux qui méritent de grimper plus haut, clairement. A souligner aussi, le superbe travail de colorisation de Veronica Gandini qui met en valeur les dessins de Soy et se marie très bien avec.

Nouveau lecteur, bienvenue, si tu ne connais rien de Red Hood, ce numéro à bas prix est pour toi ! Lecteur expérimenté, pas la peine d’y accorder ton attention, il n’y aura rien de neuf pour toi, et en plus les Outlaws du titre ne sont pas encore présents ! En revanche, si tu as un peu d’argent à donner, je te conseille quand même de prendre ce titre pour soutenir le travail de Dexter Soy, un artiste talentueux et qui s’applique, et qui mérite vraiment de prendre du galon chez DC. On attendra du coup dans deux semaines pour voir quelle formule Scott Lobdell veut donner à sa série !

3 Commentaires

  1. Je m’attendais à rien du tout et j’ai été positivement surpris ! Les deux inconvénients majeurs que tu cites (à savoir l’absence de Bizarro et Artemis ainsi que la n-ième origin story de Red Hood) ne m’ont pas dérangé. Dans le #1 de la série, ça m’aurait embêté aussi. Mais ici, c’est un one-shot Rebirth et selon moi cela change les règles du jeu.
    En tout cas, j’ai bien aimé l’écriture de Lobdell sur ce numéro. Red Hood est un personnage qui fonctionne beaucoup mieux en solo. C’était énervant à force cette bromance que DC essayait de nous imposer avec Arsenal, je trouve que ces deux personnages ne fonctionnaient pas ensemble.
    Maintenant, je suis curieux de voir ce que donnera cette “Dark Trinity”. Peut-être que Red Hood accompagné de deux autres personnages aussi borderline que lui, ça marchera. Pour finir, oui, Dexter Soy, c’est plutôt agréable à regarder !

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