Review VF - Crisis on Infinite Earth : Le Compagnon 1
Les points positifs :
  • Une sélection parfaite
  • Riche en explications
  • Un retour aux classiques
  • Des artistes prestigieux
  • Indispensable à tout fan
Les points négatifs :
  • « Nom d’une flûte »

« Envole toi, Moule Magique ! » – Felix Faust


  • Scénario : Gardner Fox, Cary Bates, Len Wein, Gerry Conway, Roy Thomas – Dessin : Mike Sekowsky, Ross Andru, Dick Dillin, Rich Buckler, Georges Perez, Don Heck, Adrian Gonzales – Couleur : Adrienne Roy, Gene D’Angelo, Carl Gafford
  • DC Comics – Crisis : Compagnon – 1er Juillet 2016 – 544 pages – Prix : 35€ – Collectionne: Justice League of America #21-22 ; 29-30 ; 100-101 ; 107-108 ; 183-185 ; 207-209 Flash # 179 ; All New Collectors’ Edition C-58 ; All-Star Squadron #14-15

Le multivers et sa théorie des terres parallèles n’est pas apparue lors de cette première crise que peut être Crisis On Infinite Earths. Pour éviter cette petit confusion, ainsi que de nombreuses autres concernant les terres de l’univers, ou plutôt des univers DC, notre éditeur français adoré a eu la bonne idée de publier ce magnifique condensé de récits associant la Ligue de Justice D’Amérique et La Société de Justice ! De bonnes vieilles traductions de noms propres en perspective qui donne un bon sentiment de nostalgie des vieux albums Aredit/Artima qui se vantaient de proposer des albums intégralement en couleur.

On oublie le vieux papier, ces épisodes ont eu la chance surprenante de connaitre cette réédition en librairie ! Tout comme une anthologie, des petits paragraphes et présentations des numéros sont incorporés pour une meilleure compréhension du lecteur concernant ces épisodes, généralement pour spécifier la terre et ses particularités, mais aussi la présence de certains personnages ou équipes de héros comme les Combattants de la Liberté ou les membres de L’Escadron des Étoiles ! Outre le fait d’exposer l’utilisation des terres parallèles depuis sa création, l’intérêt est de découvrir toute cette évolution qui se réalise depuis presque la création de la Ligue de Justice. De la première collaboration avec la Société de Justice à un affrontement épique sur Apokolips en passant par la création du Syndicat du Crime, l’on nous dresse un véritable étendu des meilleures aventures liées à ce thème des terres parallèles. Il suffit pour cela de jeter un coup d’œil aux noms des artistes présents dans cet album pour succomber.

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S’il est vrai que les premiers numéros de Gardner Fox ont pris de l’âge, ils ne sont pas dénués de charme pour autant. D’autant plus que nous nous trouvons dans le début des années 60, et que si cet âge se fait remarquer, ces histoires restent toujours aussi plaisantes à lire pour quiconque s’intéressant aux origines de ces terres parallèles. L’on assistera également à la création des Sept Soldats de la Victoire, cette fois-ci assurée par Len Wein. L’on passe alors d’une narration très classique à celle de ce dernier, qui semble complètement différente. A travers ce numéro en question, le récit est raconté presque sous forme de conte fantastique. Comme si l’auteur avait une liberté absolue sur son titre, et qu’il pouvait justifier n’importe quelle action ayant lieu dans ces pages. Notre scénariste est d’autant plus étonnant qu’il semble parfaitement diversifier ses histoires qui restent toujours munies d’une richesse incroyable par la profondeur de l’univers et la description des aventures magiques et incroyables que ces héros réussissent à vivre. Si l’on pouvait s’attendre exactement au travail de Gardner Fox par l’idée que l’on peut se faire des premières aventures de la Ligue de Justice, l’on ne peut qu’être surpris de cette sélection de la part de l’éditeur, et encore plus des auteurs présents sur ces épisodes.

L’un des grands points forts de l’album est bel et bien Gerry Conway. Scénariste qui a su faire sa place et marquer bon nombre de titres d’importance dans le milieu, il a signé l’affrontement entre Superman et Shazam présent dans cet album. Ce long épisode spécial reste très classique et s’intègre parfaitement dans la lignée des récits au synopsis vendeur mais au résultat mitigé. Cette utilisation des terres parallèles n’est ici qu’un moyen de créer cet affrontement en question et n’a pas grand intérêt dans cet album, en particulier comparé à un autre des travaux de Conway publiés ici qui est son arc mettant en scène le retour de Darkseid après les événements du Fourth World de Jack Kirby. Cette histoire présente dans Justice League of America #183-185 est une preuve qu’il est possible de réaliser de bonnes histoires épiques en dehors de l’écriture de Kirby.

L’écriture du scénariste reste très classique mais bénéficie d’une mise en page dynamique qui fait pencher la balance, laissant le lecteur savourer les idées dont fourmille le récit. Il est difficile de détacher de Gerry Conway de Roy Thomas une nouvelle fois, puisque celui-ci réalise ce véritable crossover en cinq parties alliant La Ligue de Justice, La Société de Justice et L’Escadron des Étoiles, qui feront face au Syndicat du Crime, le tout sur Earth Prime alors que la guerre fait rage. Dit comme cela, où l’on se dit qu’il s’agit du récit rêvé, mais déjà en cinq parties le crossover peine à tenir tant le scénariste cherche à associer l’action de tous les personnages qu’il souhaite maitriser tout en tirant profit de ses ennemis mais surtout du contexte sur cette terre. A trop avoir de bonnes idées, il finirait par nous étouffer avec.

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Parmi de nombreux récits l’on ne pourra s’empêcher de penser à quelques épisodes de la série animée Justice League pour les fans les plus ardus, de Légendes au Règne de Savage, l’on notera à travers ces épisodes l’influence qu’ils ont pu avoir tant sur les comics que dans les adaptations. Chaque série est touchée de près ou de loin au classique ici, seulement, la notion de classique est ici plus une notion de répétition. Pour exemple, la majeure partie des épisodes, pour ne pas dire tous, commencent par un problème de voyage d’une terre à l’autre. Il serait difficile de faire autrement d’autant plus lorsque l’on connait le rythme des aventures des épisodes de l’époque. Vous aurez certainement remarqué qu’un numéro de Flash s’est immiscé dans les épisodes présents du recueil. Il coupe justement avec cette introduction répétitive des aventures de la Ligue de Justice. Il faut dire qu’il s’agit certainement de l’un des épisodes les plus originaux qu’il soit. Pour en faire un bref résumé de l’importance de ce numéro et son lien avec l’album, Flash arrive par mégarde dans notre monde et le découvre de manière assez brève, allant tout de même jusqu’à rencontrer l’éditeur. Rarement un numéro a été aussi drôle, passionnant et kitsch à la fois. Si seulement certains scénaristes d’aujourd’hui pouvaient s’inspirer de cette folie et en imprégner leurs plumes.

Dois-je vraiment faire un topo, aussi mince soit-il, pour une quelconque partie graphique ? Il en est même triste de résumer cela à une partie graphique. Ce ne sont plus de simples dessins, mais un témoignage de l’histoire des comics créé par des artistes comme Mike Sekowsky ou Dick Dillin et George Perez. Si ces personnes ont atteints le titre d’artistes légendaires dans le milieu, il s’agit sûrement de ce style particulier qu’ils ont pour s’être démarqué, comme Dick Dillin, ou plus simplement, d’avoir participé à la fondation d’une équipe, elle même fondatrice d’un univers. Alors que Sekowsky a un trait légèrement maladroit, comme ne sachant pas vraiment de quelle manière représenter tel ou tel personnage, sans parler de l’évolution de l’apparence qu’a pu connaitre les personnages, Dick Dillin possède ce style de dessin donnant à ses pages l’esprit représentatif le plus proche que l’on puisse se faire de ces années tout en gardant cette stupéfaction à chaque page tournée par la multitude de détails fournis et cet esprit toujours « bon enfant » de l’époque, presque innocent.

Crisis Compagnon, c’est un titre un peu ridicule, mais le contenu vaut largement le coût demandé. Fan ou curieux, passionné ou amateur, ces histoires sont des pièces maîtresses dans l’histoire de l’univers DC Comics, de la simple lecture des terres multiples jusqu’à un élément mineur retrouvé chez Grant Morrison. Des épisodes qui ont inspirés les plus grands, après les avoir émerveillés une première fois dans leur jeunesse, et une seconde fois par l’effet de la nostalgie que certains retrouveront assurément en redécouvrant ces aventures, agrémenté d’une colorisation plus vive que celle des éditions Aredit de l’époque.