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Les points positifs :

  • Un point d’entrée moderne efficace sur l’équipe
  • Le fanservice efficace
  • Quelques scènes vraiment réussies
  • Fonctionne si on accroche à l’esprit série B

Les points négatifs :

  • Un ensemble graphique irrégulier
  • Not my Harley Quinn ?
  • Le story-telling qui part dans trop de directions

« Les clowns, je fais pas. » – Deadshot


  •  Scénario : Adam Glass – Dessins : Federico Dallochio, Ransom Getty, Andrei Bressan, Cliff Richards, Clayton Henry, Ig Guara Encrage : Scott Hanna Couleurs : Val Staples, Alan T. Passalaqua Couvertures : Ryan Benjamin, Ken Lashley, Ivan Reis, Paul Renaud
  • Suicide Squad Tome 1 – 08 avril 2016 – 160 pages – 15 € – DC Renaissance – Contient « Suicide Squad Vol. 1 Kicked in the Teeth #1-#7 »

Au commencement du relaunch, la Suicide Squad faisait encore partie des séries en marge du catalogue DC. D’aucuns diraient qu’il en a toujours été ainsi, et ce serait cependant ignorer l’excellent run de John Ostrander, véritable père de l’équipe telle qu’on la connaît aujourd’hui (en terme d’esprit plus qu’en terme de composition), et dont la qualité générale est à admettre parmi les grands moments de l’histoire de l’éditeur. Cette partie là du Skwad est également prévue au planning des publications Urban, et dans la même idée de parcours didactique établi par l’éditeur, l’arrivée en VF de la série « moderne » consacrée à l’équipe joue le rôle d’un bon point d’entrée pour des lecteurs plus habitués à un trait et un style d’écriture moderne qui voudraient découvrir l’équipe avant d’approfondir sur ses très grands récits.

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Accompagnons le mouvement et présentons le concept à ces nouveaux entrants : la Suicide Squad est une équipe de super-vilains, formée par le gouvernement sous la direction d’Amanda « The Wall » Waller, leader tyrannique d’une bande de malfaiteurs contraints et forcés. Après avoir été incarcérés, les profils de ces seconds couteaux de l’écurie DC ont été mis ensemble, en vue de réaliser des missions sous la menace d’être tués en cas de désobéissance ou de tentative d’évasion (au moyen d’une bombe placée en eux). Un regard porté à la composition de l’équipe explicite mieux que par des mots l’attrait de cette promesse pour le moins cynique, avec des vilains plus losers que malfaisants, ambigus et moins identifiables que les grands personnages du panthéon de l’éditeur. La Suicide Squad se présente comme le confluent d’une série survival, d’exploitation, où la violence et le grotesque de situations périlleuses où se place l’équipe crée d’emblée une empathie pour ces bras cassés costumés, certains plus doués que d’autres.

On peut considérer le volume d’Adam Glass comme un pur produit de série B – presque parodique de ce qu’on s’attend à trouver dans une série de super-héros, et à ce point centrée sur la mise en danger de ses personnages que l’ensemble tire sur l’actionner trash ou le film de genre dans pas mal de cas. Évidemment, ce ne sera pas forcément ce qu’attendent les vieux fans d’Ostrander, dont l’héritage et surtout le talent évoluaient à une autre échelle. Reste que la série se lit sans déplaisir, à partir du moment où on accepte le contrat.

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La popularité du personnage d’Harley Quinn, exceptionnellement présente au début des New 52 dans cette série plus que dans le reste des annexes du Bat-verse, est aussi un point qui pourra segmenter : d’abord, parce qu’Harley s’éloigne de sa caractérisation classique (temporairement) pour se mettre aux couleurs de cette promesse hard boiled souvent pleine de gratuité. Si vous n’êtes pas fans de la Harley aux postures sexy, ou préférerez toujours celle du dessin animé, celle-là risque de vous déranger. D’un autre côté, le succès de la série s’explique (en VO comme en VF, j’imagine) par la popularité du personnage auprès du public, comme d’autres figures marquantes de la Squad (Deadshot en particulier). Le fanservice et la collection impressionnante de seconds couteaux s’empilant au long des pages est l’un des moteurs du plaisir de lecture, ajouté au risque que chacun court de se faire tuer à tout moment – superflu dans le cas des figures de proue, évidemment.

Maintenant, derrière cette promesse de série edgy pas inintéressante se dissimulent de vrais problèmes qu’on ne peut pas juste accepter dans la promesse globale, à commencer par un énorme manque de direction. Passé son exercice de trashouillisation, le scénariste tombe rapidement dans les millions de pièges supposés par une série d’équipe, à savoir : en faire trop, et jamais assez. Les épisodes s’enchaînent sans réel élément liant, la direction d’ensemble ne semble pas obéir à un schéma narratif dirigiste, et la présence dans ce volume du tie-in à Death of the Familly (indispensable au suivi de la série en VO) n’arrange rien. On peut en dire autant du défilé de dessinateurs, souvent symptôme d’une série sans réelle prise éditoriale et qu’on traite par dessus la jambe en colmatant les fuites de numéros en numéros. Graphiquement, la Suicide Squad New 52 manque d’identité, et le scénario se perd dans une vision de long terme indéfinie.

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Cela étant dit, quelques scènes fonctionnent plutôt bien, avec par exemple la révolte des prisonniers de Belle Reve, le traitement général de King Shark, ou (certains aimeront plus que d’autres) la réinterprétation de Mad Love sous cet étrange angle too much. En soi, il faut tout de même dire que la Suicide Squad et l’après relaunch aura rarement brillé, et que la série a plus d’intérêt en prévision du film (qui reprend une bonne partie de son roster et de ses designs) ou pour se préparer aux classiques qu’en tant que lecture seule. Ou peut-être pour les joueurs de Call of Duty, allez, soyons tolérants.

Suicide Squad arrive donc en VF par l’intermédiaire des publications Urban Comics, un choix qu’on imagine plus justifier la parution future d’autres bonnes séries consacrées à l’équipe, et par le prisme d’un film aujourd’hui très attendu. En tant que bande-dessinée, la série se pose comme la frange hardcore, violente et hyper gratuite du joli panthéon DC, et la parenthèse fanservice de lecteurs en quête d’une série publicité avant le long-métrage, ou entre deux aventures plus proprettes de super-héros établis. Pas mal de points diviseront – on espère au passage qu’Urban saura, comme pour Green Arrow, sauter par dessus certains des vrais mauvais moments de la série pour aller chercher les derniers essais de la série New Suicide Squad plus intéressants (surtout le dernier en date) – mais pour les néophytes et les Harley-addicted, ou ceux qui aiment la violence et rêvent de voir les personnages se faire boiter plus souvent, le contrat est rempli. 

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5 Commentaires sur "Review VF – Suicide Squad Tome 1"

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zeppeli

C’est un petit plaisir coupable, mais j’avoue que j’ai bien aimé lire cet album. Heureusement qu’Urban Comics a choisi de publier aussi le run d’Ostrander, ça permet d’avoir deux visions bien différentes de cette équipe.

Destroyer

Perso j’ai pas trouvé ça terrible…j’espère que la suite sera mieux…

norad62

Je m’attendais à rien et j’ai était agréablement surpris par ce comics, les personnages sont intéressant et on découvre la sucide squad avec plaisir.

Hâte de voir la suite surtout vu la fin du tome !

trackback

[…] un symptôme des projets de petite envergure qui ne marqueront personne. Mais, si vous vouliez la suite du volume 1, réjouissez vous : c’est à peu près […]

trackback

[…] 1 de la série Suicide Squad proposé dans la collection DC Renaissance (notre review à retrouver par là). Une bonne façon de concilier le film avec l’esprit du comicbook dont il s’est […]

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