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Les points positifs :
  • La caractérisation des personnages.
  • Des histoires plutôt bien ficelées.
  • L’ambiance de la série télévisée est respectée.
  • Accessible aux plus jeunes sans exclure les adultes.
Les points négatifs :
  • C’est plutôt inégal (mais rien n’est à jeter).
  • Une colorisation qui peut gêner.

« Sois maudit Batman ! Tu as tout gâché… » – Le Pingouin


  • Scénario : Kelley Puckett et Martin Pasko Dessins : Ty Templeton, Brad Rader et Mike Parobeck – Encrage : Rick Burchett –  Couleurs : Rick Taylor

 

Urban Comics décide donc de faire les choses à l’envers et nous publie le premier tome des comics tie-in à  Batman : The Animated Series après nous avoir sorti ceux qui complètent The New Adventures. Je vous avoue que j’étais plutôt impatient de redécouvrir tous ces épisodes que les gens de ma génération ont pu découvrir dans les vieux magazines publiés à l’époque chez Semic. Mon avis sera donc un peu biaisé à cause de ma nostalgie, mais je ferai de mon mieux pour juger cet ouvrage pour ce qu’il est. Alors, que valent vraiment ces aventures ? Sont-elles à la hauteur du show dont elles sont inspirées ? Faut-il impérativement posséder cet album ? Est-ce accessible aux plus jeunes ? Nous allons tenter de répondre à toutes ces questions qui vous torturent l’esprit (ou pas).

Reprenant les dix premiers épisodes de la série connue en VO sous le nom de The Batman Adventures, écrite majoritairement par Kelley Puckett (remplacé sporadiquement par Martin Pasko) ce premier tome nous propose de suivre des enquêtes inédites du chevalier noir, qui sera rapidement confronté à de nombreux vilains issus de sa rogue gallery classique, ainsi qu’à la pègre qui infeste Gotham. On y retrouve notamment Catwoman, le Pingouin, le Joker,l’Epouvantail et Killer Croc, qui ont tous droit à leur moment de gloire. C’est plutôt bien écrit et l’on ne se dit à aucun moment que l’on tient dans les mains un produit calibré pour des gamins qui n’auraient aucune maîtrise du Bat-verse (ou même de l’univers DC, on a d’ailleurs droit à un caméo assez surprenant, qui ne parlera qu’aux connaisseurs) ou d’une bande-dessinée qui prend son lecteur pour un abruti (c’est parfois le cas quand on lit des comics destinés aux enfants…). On y retrouve l’ambiance de la série télévisée et l’on peut même estimer que certains épisodes sont d’une violence un peu supérieure (ou, du moins, plus explicite) que dans la version TV. Rassurez-vous cependant, ça reste plutôt soft à ce niveau.

Ce qui fait la force de cette petite série, c’est la qualité du travail de caractérisation des personnages. Tous correspondent parfaitement à leur modèle issus du show, et l’on s’attarde assez sur la psychologie de chacun pour que l’on puisse comprendre leurs motivations (à l’exception du Joker, qui ne doit pas perdre de son mystère – bien qu’il soit un peu démystifié dans le film Mask of the Phantasm, mais c’est une autre histoire). On s’attache alors très vite à tout ce petit monde. Les différentes histoires proposées dans ce volume sont toutes intéressantes, bien que certaines soient vraiment très courtes, mais il est évident que le format et le public cible du produit imposaient cette contrainte, ne pinaillons pas. Certains épisodes sont d’ailleurs très réussis et fonctionnent comme des one-shots, comme celui consacré à Clayface, que j’ai trouvé extrêmement touchant. Le lecteur adulte peut donc trouver son compte dans cette lecture, qui reste toutefois accessible au jeune public, puisque les histoires sont simples (lorsque l’on ne cherche pas à les analyser davantage) et le travail éditorial d’Urban permet aux néophytes de s’immerger très rapidement dans l’univers de Batman grâce à de nombreuses fiches de personnages bien réussies.

Graphiquement, c’est plutôt efficace et l’on retrouve le style graphique « Dark-déco » qui a fait la réputation de la série. Tous les artistes s’en tirent avec les honneurs, même si j’avoue avoir une petite préférence pour le travail de Ty Templeton qui excelle dans cet exercice d’imitation. Seule la couleur peut gêner, puisqu’elle est beaucoup plus vive que dans la version animée et reste très typée années 90, ce qui ne dérangera pas ceux qui sont habitués à cette époque, mais qui pourrait surprendre les autres.

Batman Aventures commence donc plutôt bien avec ce premier tome qui a le mérite de nous replonger dans l’ambiance de la série animée, tout en nous livrant des histoires efficaces qui parleront même à ceux qui n’auraient absolument pas touché au show d’origine (mais je doute qu’il en reste beaucoup). Accessible au jeune public sans exclure le public adulte, cet ouvrage saura trouver sa place sur vos bibliothèques, il serait d’ailleurs dommage de passer à côté de l’offre de lancement, qui vous permet de l’acquérir pour seulement dix euros, foncez donc.