Critique de Garth Ennis presente Hellblazer tome 3
Les points positifs :
  • Qualité graphique globale bonne
  • Une première partie bien sympathique
  • Une dernière partie bien malsaine
Les points négatifs :
  • Des moments creux
  • Certaines planches étrangement dessinées
  • Un peu moins magique et mystique que les tomes précédents

« Nous sommes, semble-t-il, les heureux propriétaires d’un cochon-bandeur. » – Rick


  • Scénario : Garth Ennis – Dessin : Steve Dillon, Johns Higgins, William Simpson, Peter Snejbjerg & Glyn Dillon Colorisation : Thomas J. Ziuko, Stuart Chaifetz & Nonméfranchmen Keskonsanbrenle

Le premier avril nous aura offert des tonnes de blagues, comme un tracker qui irait dans l’espace ou la SnoopaVision de youtube. Mais au beau milieu de tous ces poissons est publié le troisième et dernier tome de la série Garth Ennis présente Hellblazer. L’heure est donc à la conclusion et aux réponses : Kit va-t-elle revenir ? Satan va-t-il régler ses comptes avec Constantine ? Et c’est donc avec l’esprit plein d’interrogations qu’on entame le dernier tome centré sur les aventures du sorcier le plus célèbre du monde des comics, après un deuxième tome qui a obtenu la note parfaite au scénario. Ce tome contient Hellblazer #72-83, #129-133 ainsi que Hearthland et Vertigo Winter’s Edge #2.

John a décidé d’aller à New York pour mettre de la distance avec les évènements récents, notamment sa séparation avec Kit Ryan. Mais les bonnes vieilles habitudes sont tenaces… Alors qu’il est plongé malgré lui dans un cauchemar compilant tous les côtés sombres des États-Unis, il croise le célèbre ex-président Johns F. Kennedy.

C’est le Constantine qu’on aime

Il y a énormément à dire sur cet album, mais la première chose retenir c’est que cet album est dans la droite lignée des deux précédents. On retrouve ainsi notre gros salopard de John Constantine, on retrouve le côté horrifique et malsain, les personnages forts, et tout le reste. Comme le deuxième, celui-ci est constitué de pleins d’intrigues différentes. Certaines sont à fond dans la magie et l’horreur, notamment celles avec Midnite et le démon qui a un concombre de un mètre, mais, par rapport aux précédents, le côté et magique et mystique est plutôt en retrait. En effet le tome préfère se concentrer sur le développement des personnages et les interactions entre ceux-ci.

Commençons par le côté magique/horreur. La couverture montre bien sûr un monument américain, mais il y a seulement la première histoire qui se passes aux États-Unis, et en plus elle est plutôt courte et anecdotique. Malgré tout, ce petit trip à travers ce que j’appellerais le « cauchemar américain » est bien sympathique et nous permet d’entamer ce tome de 500 pages avec entrain et sans aucune difficulté. De plus, le personnage de Kennedy est décrit de manière très drôle et originale. Il y a cependant quelque chose qui gêne, c’est la critique de la société américaine. Oui, oui, on a compris, les méchants américains ont tué les gentils indiens, et les riches capitalistes veulent tuer les bébés phoques en afrique… Le message est louable, mais il est dépourvu de toute originalité.

Même si le côté est malsain est cher à la série, et qu’on aime bien ça, il y a une reproche à faire : était-il vraiment nécessaire d’y inclure un monstre avec un cocotier de 10 décimètres ? Assurément non. Relisez cette histoire en remplaçant le démon par un autre sans carotte de cette taille. Vous voyez bien que ce dernier n’apporte rien, si ce n’est la scène où un type meurt en se faisant enc… Hé, c’est pas pour rien que c’est écrit « Pour lecteurs avertis » sur la quatrième de couverture ! Surtout que cette banane de 100 centimètre apporte un gros problème : bien évidemment, le dessinateur ne peut pas la dessiner (oui parce que voilà, quand même, on parle d’une sacrée asperge). Du coup, chaque fois qu’on voit le monstre, le dessinateur trouve toujours un angle pour cacher le baobab, et ça se voit. On voit très bien la censure qui a été faite autour de la courgette de 1000 millimètres, et il aurait mieux fallu ne pas la mettre afin d’éviter cette censure.

Il est temps de rendre des comptes

Ce tome, étant le dernier de la série, doit aussi apporter une conclusion aux intrigues lancées par les précédents et inachevées, notamment l’histoire avec Satan. Pour ceux qui n’ont pas suivi dans le fond : depuis le premier tome,  Le Premier des Trois voue une haine sans fin à Constantine car celui-ci l’a humilié à plusieurs reprises. On se doutait bien que ça devait bien finir un jour. Et oui, le troisième tome apporte une fin à toute cette histoire. Je ne vais rien vous spoiler, mais ce climax est à vrai dire fort décevant. Elle est bien construite : ce n’est pas une seule histoire qui conclut tout, elle est en fait fragmenté en plusieurs parties disséminées à travers le tome, et qui débouche finalement sur la conclusion. On sent bien la tention qui monte, que Constantine va bien tôt être dans la merde face au Diable. Mais le dénouement est clairement en-dessous des attentes, on était en droit d’espérer une conclusion un peu plus spectaculaire. Dommage.

Mais le Constantine de Garth Ennis n’est pas seulement de la magie, de l’horreur et des démons. C’est aussi des personnages forts et très bien développés. Et c’est le cas ici. En effet le scénario n’hésite pas à faire des bonds dans le temps pour approfondir des personnages décédés, comme Brendan, ou même d’autres qu’on connaît déjà bien, comme Kit. Ou monsieur Fronts (j’offre un pin’s à celui qui voie de qui je parle). En plus, Winter’s Edge, qui suit les pensées de Constantine alors qu’il réfléchit nostalgiquement au passé dans un bar, est fort plaisant à lire. Là encore, c’est toujours très bon, même si cela débouche sur un problème qu’est le suivant.

Des moments dont on se passerait volontiers

Un bon quart de l’album est plutôt ennuyeux et fastidieux à lire. Je penses notamment à l’histoire qui se centre sur la guerre entre les kaïras et les policiers dans les rues de Londres. C’est pas vraiment mauvais, mais les personnages nous sont plutôt indifférents, vu qu’on les connaît mal, et c’est affreusement long. Et ça ne sert finalement qu’à amener le Diable pour la fameuse conclusion décevante dont je vous parlais il y a deux paragraphes.

Mais la partie qui a été la plus longue et ennuyante, c’est avant tout Hearthland, qui se centre sur Kit qui est de retour à Belfast. Le principal problème avec cette partie est qu’il n’y a aucune histoire. On suit juste le quotidien de Kit de retour parmi les siens. Mais alors, allez-vous me dire, cette partie sert donc à développer des personnages ! Oui, mais, à part Kit, les autres personnages nous sont totalement inconnus. On suit donc juste une bande de potes lambda, avec en prime l’une qui trompe l’autre. Eh oui, on a droit à une CW-eserie dans cet album, avec Oliver Queen euuuh pardon : Rodney qui trompe sa copine Laurel euuuh pardon : Bernadette avec sa soeur Sarah euuuh pardon : Kit. Oui, Kit, la copine de Constantine, pique le copain de sa soeur. Vous parlez d’un développement.

Une partie graphique inégale

Le deuxième tome faisait honneur à Steve Dillon, qui lui devait beaucoup de pages. C’est encore le cas ici : une bonne moitié des planches sont de lui. Son trait est très beau et il n’y a pas vraiment de reproche à lui faire, c’est lorsqu’il ne dessine pas que ça tique. L’histoire qui relate la rencontre entre Kit et Constantine est dessiné par William Simpson. Ce n’est pas vraiment moche, mais certaines cases sont bizarre. Brendan ressemble un peu au Joker, Constantine a du rouge à lèvre et Kit n’a absolument pas la même tête que sous Steve Dillon, ce qui fait que la partie graphique de l’album est très hétérogène

Il y a aussi la dernière partie, qui est magnifiquement dessinée par John Higgins, que je ne connaissais pas jusqu’alors, et qui est très agréable à regarder. Par contre, la toute petite histoire avec Chas, dessinée par Peter Snejbjerg, est quant à elle beaucoup moins belle. Les visages sont très pâles, les fonds trop souvent unicolores et les personnages affichent des expresssions parfois très étranges. Jetez un oeil à la page 158 : on dirait que leurs yeux vont sortir de leurs orbites. Attention, dans l’ensemble cet album est beau. Il est cependant un peu trop hétérogène.

PS : Il n’est jamais question de végétaux dans cette review.

Ce n’est pas le meilleur tome de la série, mais il serait insensé de ne pas l’acheter si on a lu les deux premiers. Malgré certains passages beaucoup moins intéressants et palpitants, l’ensemble se lit sans difficulté. Les qualités qui ont fait la force de la série sont toujours présentes. Il y a toujours autant de diversité, de personnages profonds, de magie, de rêve, de violence, bref : tout ce qu’on aime, avec en plus un Constantine toujours aussi salopard. Est-ce que je recommande ce tome ? Non, je recommande la série entière.

4 COMMENTS

  1. Mais enfin, c’est l’acte de viol fait chair, évidemment qu’il a un machin d’un mètre ! Blague à part, cette histoire, « Son of a man », malgré qu’elle soit sortie bien après le reste, qu’Higgins et non Dillon en assure la partie graphique, et que John s’y adresse directement au lecteur de manière assez inhabituelle, représente à mes yeux la quintessence du run d’Ennis, voire du personnage de Constantine. Tout comme « All his engines » de Carey, c’est selon moi la porte d’entrée idéale pour découvrir le personnage.

    • Entièrement d’accord avec toi.
      Je crois que tu as résumé tout ce que j’avais à dire.
      Merci :)

  2. Le téléchargement illégal, c’est mal Mr.Leonidas :P
    (voilà c’est tout pour moi vu que je n’ai pas lu ça, bisous ^^)

  3. Ce tome est aussi bon que son predecesseur, et je dois bien admettre que l’histoire pseudo CW-esque sur Kit est une respiration génialement bien trouvée dans le récit. Oui y a pas Constantine dedans, oui y a pas de magie blablabla, mais Ennis donne du fond à son univers, réussi à donner de l’intérêt et une profondeur aux personnages secondaires, voire tertiaires ! Le frère de kit est énorme et c’est tout autant vrai de pas mal de personnages.
    Pour ma part c’est sans longueur que j’ai dévoré ce tome qui frise la perfection, s’il ne tape pas déjà dedans.

    Longue vie à J.C. ^^

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