1. Sous influences de soleil levant

2. Till Death Do Us Part !

3. Ombres et Lumière

4. Lone rider and the Dark Horse

5. Tragédie Urbaine

6. Hell & Back


Till Death Do Us Part !

wolerine-miller

I will throw all my best efforts into it, my thoughts and political observations, but ultimately I want to create a narrative that keeps you turning the pages and leaves you with a sense that this thing has a reason for being there.

En parallèle de son travail sur Hell’s Kitchen, Miller réalise avec Chris Claremont le premier volume de Wolverine, un de ses rares travaux en tant que simple artiste. Publiée au format d’une mini-série en quatre au tournant de l’année 1983, l’oeuvre utilise avec intelligence le pan Japonais du griffu, qui resservira plus tard à Claremont à de nombreuses occasions. C’est aussi à cette époque que Miller publie son premier travail chez DC, avec la mini Ronin, en 1983.

Au cours d’un déjeuner avec l’éditrice Jenette Kahn, Miller lui soumet un projet à nouveau inspiré de son amour du film de sabre et de féodalité Japonaise. Partageant la même passion, Kahn lui propose d’éditer la série, ce que Miller n’accepte que sous certaines conditions : un papier de qualité, l’absence de publicités et le droit de conserver la propriété intellectuelle de son récit. A l’époque loin de la qualité des impressions de BD à l’Européenne, et dans un marché encore aveugle à l’intérêt de volumes reliés, l’éditrice accepte ce qui sera un précédent en terme de droits d’auteurs chez DC Comics et dans l’édition à l’Américaine.

frank_miller's_ronin_1_47

La mini est publiée en six numéros de 48 pages, dans une édition de grande qualité. Elle retrace comment un Ronin, samouraï déchu suite à la mort de son maître, est projeté dans le futur par un démon malfaisant. La série, considérée comme majeure dans l’oeuvre du scénariste, est son premier essai sur un autre de ses grands thèmes, le futur déliquescent. Partageant son gout pour les thèmes orientaux et sa critique des pouvoirs et de la société Américaine en faillite, Ronin marque les débuts de Frank Miller en auteur indépendant, maître de ses personnages et de son intrigue, et plus au simple service d’un éditeur ou de héros qu’il ne possède pas. Un statut qu’il reprendra la décennie suivante, après avoir laissé au genre super-héros certaines de ses plus grandes oeuvres.

A noter, si les ventes de Ronin n’ont pas été à la hauteur des attentes de DC, l’oeuvre est acclamée à sa sortie pour son story-telling intelligent et la qualité de sa production. Beaucoup vantent le travail de détail offert par Klaus Janson, et les couleurs de Lynn Varley superbement retranscrites sur ce papier de qualité. La série aura laissé derrière elle une des inspirations du Samurai Jack de Genndy Tartakovsky, célèbre animateur responsable du Laboratoire de Dexter ou de la première série Clone Wars. Le pitch de Jack reprend l’idée du samouraï projeté dans un futur cyberpunk par son adversaire démon, Tartakovsky rend d’ailleurs hommage au 300 de Frank Miller dans un épisode inspiré de la Bataille des Thermopyles.

Indirectement, une autre inspiration née de la prise Asiatique du scénariste sur Daredevil aura contribué quelques années plus tard à la création des Tortues Ninjas de Kevin Eastman et Peter Laird. Parodique sur de nombreux points de l’origin-story de Matt Murdock, la série reprend en partie la violence et l’iconographie urbaine de Daredevil, en copiant au passage le clan ninja inventé par Miller, The Hand, qui devient ici, The Foot. On peut également noter, dans les liens entre l’auteur et le Japon, qu’il a contribué à la popularisation du manga Lone Wolf & Cub aux Etats-Unis, en réalisant les couvertures de l’oeuvre de Koike & Kojima. Une série plus tardive, Big Guy & Rusty the Boy Robot, rend également hommage au Tokusatsu d’Eiji Tsubayara et à Astro Boy, célèbre personnage d’Osamu Tezuka.