1. C’est quoi DC You ?

2. Les nouvelles séries

3. Les mini-séries

4. Les retardataires

5. Les ex-New 52

6. Et pour l’avenir ?


Les nouvelles séries

On commence par les nouvelles séries lancées par DC Comics, et qui comme je le précisais avant, étaient censées tout avoir droit à au moins douze numéros, histoire que les équipes créatives aient le temps et l’espace pour pouvoir raconter ce qu’ils avaient envie. On y retrouve de tout, des titres blockbuster comme JLA de Bryan Hitch, d’autres qui profitent du succès de certains auteurs comme Starfire qui a droit au tandem de scénaristes d’Harley Quinn, et d’autres titres bien plus farfelus comme Doomed ou The Omega Men. Que valent toutes ces séries pour le moment ?

Batman Beyond

Plus que d’être un véritable nouveau titre, Batman Beyond se propose d’être la suite directe de The New 52 : Futures End, qui s’était finie de façon très abrupte et décevante avant le lancement de Convergence. Mais de cette dernière série hebdomadaire, Dan Jurgens n’en retiendra que la partie concernant Tim Drake et son combat contre Brother Eye, dans un futur à sa merci ou presque. Exit donc toutes les intrigues secondaires de Futures End – du moins pour le moment ? Passé cet amer constat, le titre commencera par conclure, donc, la série hebdomadaire tout en proposant des éléments qui s’inspirent allègrement et de la série animée du DCAU (avec certains concepts plutôt bien repris, d’autres un peu plus bancals) mais également de la continuité présente du DC You, et ce de façon assez maline. Mais passé le premier arc, c’est à présent que les véritables enjeux pour le titre vont se révéler, car il faut que Jurgens puisse raconter quelque chose d’intéressant, en jouant habilement sur la fibre nostalgique des fans de Batman Beyond, tout en profitant des grosses différences qu’il a avec la série originelle (les liens entre les personnages, l’identité du Batman) pour proposer une histoire originale. Du côté graphique, le titre a au moins le mérite d’avoir une vraie personnalité avec un Bernard Chang qui se montre régulier, avec néanmoins quelques faiblesses. Ce premier bilan donne donc dans l’optimisme, mais on attend vraiment les prochains mois pour voir si le “revival” de l’univers du côté canonique plutôt que Digital First se montre payant.

Bilan DC You - 1

Black Canary

Enfin Black Canary a eu droit à son propre titre sur la dernière année. Après le lancement de la Batgirl de Burnside sur les chapeaux de roue, Dinah a eu droit à son histoire, pleine de Rock n Roll, de baston mais surtout, pleine de fond avec une histoire qui nous ramène à l’époque des Team 7. Un groupe de musique en tournée, un mystère, des ninjas à ses trousses, son ex-mari amnésique qui vient à la rescousse, ça pourrait partir en vrille mais pourtant cela reste bien ficellé, on prend plaisir à lire. L’équipe créative s’amuse avec une nouvelle histoire mais respecte quand même le personnage et son histoire passée (elle au moins n’est pas bafouée). Cette nouvelle série peut même peut-être donner envie aux lecteurs d’en savoir plus en se dirigeant vers Team Seven ou encore vers Birds of Prey et Suicide Squad (avec l’histoire de Kurt Lance). De plus, les planches sont très originales avec le style d’Amy Chu très prononcé et très brut, convenant très bien à l’ambiance “Rock n Roll ça dépote et ça cogne du titre”.  Pour une nouvelle série solo, c’est franchement à garder sous la main en cas de pénurie de lecture !

Bilan DC You - 2

Constantine : The Hellblazer

Après une piètre prestation dans le DC Proper, John Constantine retrouve un semblant d’indépendance dans la non-continuité des séries DC You. Initialement présentée par Tynion IV et Ming Doyle comme un retour au héros de Moore plus qu’à celui d’Ennis ou Ellis, l’impression est différente une fois le numéro sorti du blister. Cet exorciste là reprend en grande partie la formule établie par Batgirl. Des récits plus courts, plus autocentrés, une certaine tendance à mettre la vie intime et amoureuse du personnage au premier plan, et un éloignement graduel du long terme et des intrigues apocalyptiques chères à Moore, pour aller vers quelque chose d’apparence plus légère. En surface, cependant, puisque ce Constantine parvient intelligemment à faire la transition avec son Hellblazer d’antan : des récits de sa vie de jeune musicien, le rapport à ses conquêtes qui disparaissent tragiquement, un quotidien de chasseur de démons et son adresse à la bouteille et au smart-talk, on retrouve, à l’instar de Midnighter, les qualités d’un héros capable de tenir debout et d’être fidèle à son esprit sans oublier de se moderniser. C’est assez beau, quoi que les meilleurs numéros sont à attribuer à l’extraordinaire Vanesa Del Rey (qui mériterait une ongoing, quelque part), et les trouvailles graphiques rendent justice à l’imaginaire et au bestiaire associé à l’exorciste. A découvrir si vous voulez aborder le personnage sans commencer par le début.

Bilan DC You - 3

Cyborg

On était en droit de douter de l’intérêt d’un titre consacré au personnage de Cyborg, qui, depuis le début des New 52, n’avait servi qu’à téléporter ses coéquipiers à divers endroits, à la manière d’un Scotty de Star Trek. Il est évident que le titre avait toutefois un peu de potentiel, tant le personnage bénéficie d’un véritable capital sympathie, mais il fonctionne clairement mieux au milieu des Teen Titans qu’en solo. Ivan Reis était le seul véritable atout de la série, et le fait qu’il soit de plus en plus absent n’a pas du tout aidé à relever le niveau de qualité de ce comic-book. Reste une sorte de petit blockbuster sur papier, qui a le mérite de faire apparaître les Metal Men, mais qui repose sur une histoire de “Techno-Virus” digne des pires films de science-fiction low-cost diffusés sur la chaîne Syfy… Cyborg n’est pas forcément un véritable naufrage, mais c’est un titre anecdotique qui sera rapidement oublié.

Bilan DC You - 4

Doomed (annulée)

L’idée de départ de Doomed ne semblait pas si idiote, en reprenant un concept du crossover Superman : Doomed et en voulant jouer sur un ton léger et parodique d’un récit super-héroïque à la Spider-Man. Dans les faits, on suit un jeune de Metropolis un peu simplet qui est contaminé par le virus Doomsday et essaie tant bien que mal de concilier ceci avec sa vie quotidienne. Outre un aspect graphique assez sympathique aux premiers abords, les enjeux du titre sont hélas vite retombés. Pourtant Scott Lobdell avait quelques chouettes idées, et un ton parfois loufoque efficace, mais les faibles ventes du titre ont dû précipiter son annulation, puisqu’au lieu des douze numéros promis par l’initiative DC You, le titre s’arrête à son sixième en retombant dans une ambiance super-héroïque très banale, alors que l’éditorial essaie de faire croire que Doomed avait été prévu dès le départ pour être une mini-série. Un coup d’essai qui aurait pu marcher, mais qui est tombé à l’eau. Franchement, même en TPB, pas sûr que ça vaille la peine d’y investir du temps (ou de l’argent). Tout n’est pas perdu pour l’artiste Javier Fernandez, puisqu’il est resté avec son compère Scott Lobdell sur son autre titre, Red Hood/Arsenal.

Bilan DC You - 5

Dr. Fate

Sur le papier, ce Dr. Fate avait tout de la série représentant au mieux l’initiative DC You. Un personnage tout nouveau sous le casque de Fate, un artiste très loin du style mainstream dominant et une ambiance lorgnant du côté du comics indé pour attirer un public différent. Dans les faits, l’espoir n’aura, hélas, été que de courte durée. La faute, en grande partie, à des scripts de Paul Levitz pas très inspirés, tirant en longueur la plupart des situations et à un rythme poussif qui n’a jamais permis à l’histoire de réellement décoller. La série a, au moins, le mérite d’avoir fait un réel pari graphique et de ce côté-là, c’est payant. Il n’y a plus qu’à espérer qu’à l’avenir le fond rattrape la forme pour offrir un vrai titre unique dans le roster des séries DC.

Bilan DC You - 6

Earth 2 : Society

Comme certains autres titres, Earth 2 : Society n’est pas complètement nouveau, mais subit simplement un changement de titre (et vaguement d’équipe créative) pour poursuivre l’histoire d’Earth 2 : World’s End et Convergence. Après le gros event, les super-héros de cette Terre se retrouvent avec une nouvelle planète à habiter, et tentent de rebâtir une société. Mais tous n’ont pas les même intentions et des oppositions apparaissent bien vite. On appréciera sur les débuts de la série sa forte identité graphique mais Daniel H. Wilson a beaucoup de mal à passionner avec son histoire, à cause d’une narration parsemée de flashbacks assez lourde, l’utilisation d’ennemis qui commence à traîner en longueur, et une ambiance maussade avec des super-héros bien trop colériques et bagarreurs pour s’attirer la sympathie. Le premier arc, assez décevant au final, s’est achevé et c’est le suivant qui aura la lourde tâche de passionner, d’autant plus que le job de scénariste revient maintenant à Dan Abnett. M’est avis qu’il n’est pas impossible que le titre ne continue pas plus de six numéros cette année.

Bilan DC You - 7

JLA

Bryan Hitch aux commandes d’une série Justice League (plus ou moins) hors-continuité, ça a le mérite d’être alléchant sur le papier, et c’est avec une curiosité certaine que l’on a pu découvrir l’écriture de ce dessinateur bien connu. Soyons clairs, il ne s’agit pas du tout d’un titre immanquable, mais ça reste plutôt sympathique. L’intrigue tourne autour d’une invasion kryptonienne de la terre, menée par le dieu Rao, qui compte bien étendre son culte sur la planète bleue. On a droit à un titre qui repose sur un concept intéressant, qui pose les jalons d’une véritable réflexion sur la religion et le fanatisme, thème fort actuel au demeurant, et qui a le mérite de porter un regarde nouveau sur la Justice League, dont la caractérisation diffère légèrement de celle à laquelle on est habitué, sans être totalement “out of character”. Et que dire des dessins ? En dehors d’un numéro filler, tous sont signés Hitch, et il faut avouer que le bonhomme n’a rien perdu de son talent, c’est franchement beau et l’on atteint parfois le niveau de perfection qu’il avait sur des titres comme The Authority. Sans être une référence absolue, JLA a su nous proposer un titre estampillé JL qui a le mérite de nous proposer quelque chose d’original, et il serait dommage de passer totalement à côté, c’est assurément à essayer, mais ne vous attendez pas à un chef-d’oeuvre absolu.

Bilan DC You - 8

Justice League 3001

Dans la temporalité des comics, on oublie souvent le passage du temps. Sauf chez Giffen et DeMatteis, qui ont remarqué qu’après un an de Justice League 3000, l’an 3000 était passé. Une conscience du temps qui ne les empêche pas du tout de servir exactement la même écriture que dans des séries vieilles de vingt ans, mais le paradoxe sied à ces deux auteurs, capables de moments d’humour extraordinaires, et plus récemment, d’un sérieux solennel, voire sacrificiel. Les premiers numéros de la série mettent du temps à trouver leur rythme, bien que l’ensemble reste bien écrit, drôle, et bien illustré par Howard Porter, avant une période molle servant de transition avec le nouvel arc en cours, qui définit une nouvelle Justice League – féminine – sur les restes de l’ancienne. Par deux vétérans de la plus célèbre des équipes, et parce qu’il faut soutenir ce genre de projets bizarres, 3001 reste un très bon titre, rare, et qui a trouvé la meilleure manière de faire du neuf avec du vieux : raconter les mêmes histoires dans 1000 ans en priant très fort pour que personne ne remarque rien. Hé, mais en plus, ça marche !

Bilan DC You - 9

Martian Manhunter

Depuis le lancement des New 52, beaucoup de fans pestaient contre DC à la vue du rôle mineur que jouait le Martian Manhunter dans l’univers global. Il aura finalement fallu attendre près de quatre ans et le lancement de DC You pour, enfin, revoir notre martien favori à la tête de sa propre série. Pour le coup, c’est sous la plume de Rob Williams que J’onn J’onzz évolue. En effet, tout en jouant avec les thèmes fort qui accompagnent le personnage depuis des années (la solitude, le désir d’être accepté…), l’auteur est parvenu à imposer sa patte sur l’univers du Manhunter avec un mélange des genres plutôt agréable. Prenez alors un peu de récit super-héroïque classique, ajoutez-y un pincée de S-F paranoïaque et pour le fun balancez en guest des membres de la Justice League et vous obtenez ce Martian Manhunter nouvelle version. Forcément, il ne s’agit pas peut-être pas du titre qui représente au mieux la tentative de DC d’attirer un nouveau public mais peu importe puisque l’ensemble fonctionne à merveille. Au final, sous ses aspects très mainstream, Rob Williams livre donc une série pleine de personnalité et qui s’impose comme une des meilleurs nouveauté de l’année dernière.

Bilan DC You - 10

Midnighter

Prenez Batman. Prenez Deathstroke. Enlevez Catwoman. Voilà. Vous avez le Midnighter. Un excellent travail de Steve Orlando et Aco entamé en début de DC You, après un retour en force par le biais de Grayson. On retrouve dans ce début de série les éléments constitutifs posés par King, Seeley (mais plutôt King) et Janin : l’envers du décor des politiciens de Earth-0, ses organisations maléfiques et ses patrons ripoux. Le Midnighter évolue de single en single, dans un récit lié presque seulement par la relation amoureuse qu’il entretient avec un jeune quidam lambda gay – ça reste lambda, bande de réacs – et des crossovers occasionnels avec son ami espion, l’agent 37. Tout est bien, c’est bien écrit, bien rythmé, fidèle à l’école d’écriture intelligemment violente des années ‘90, là encore rattrapée par la digestion éditoriale des derniers succès de DC, Batgirl et Grayson, tout en en étant le miroir inversé moins cucul (ou juste moins cul) et plus profond, derrière une couche de fausse gratuité. C’est donc un excellent boulot.

Bilan DC You - 11

Red Hood/Arsenal

Vous vous souvenez de Red Hood & The Outlaws ? Ce titre à la longévité assez exceptionnelle dans les New 52 malgré sa médiocrité ? Oubliez Starfire qui avait besoin de faire ses aventures et solo, et bienvenue à la suite directe de l’équipe (maintenant transformée en duo… mais pas pour longtemps !). Après un premier numéro très peu encourageant, Scott Lobdell a su trouver un fil directif assez intéressant pour son premier arc. Les deux parias s’improvisent comme super-héros sur commande, un peu à la Über, et les numéros sont très dynamiques, regorgent d’idées un peu folles (surtout visuellement) et de passages complètement barrés et très drôles. Certains numéros étaient vraiment un pur plaisir à lire, mais cette bonne surprise n’est hélas pas restée longtemps ; en fin d’année, des idées moins bien appliquées apparaissent, comme celle de faire rejoindre la Joker’s Daughter dans l’équipe, même si le personnage n’est pas aussi mal caractérisé qu’avant. La dynamique entre les membres de cette équipe s’annonce toujours aussi explosive, surtout avec ce petit grain de folie, et Red Hood pourrait bien rester l’un de ces titres qu’on lit par pur plaisir coupable, si on arrive à faire fi des défauts de narration inhérents à notre bon Scott Lobdell.

Bilan DC You - 12

Robin : Son of Batman

Après la fin de la série Batman & Robin, on retrouve “pitchoune” (c’est comme ça que l’appelle sa plus grande fan), Damian Wayne, l’enfant du Démon, ex Robin et ici ex membre de la famille Al Ghul et de son clan machiavélique. Ce pan des récits de Batman est souvent passé sous silence par les scénaristes qui lui préfèrent des aventures plus urbaines, et c’est pourtant là que Patrick Gleason, qui fait ses débuts au scénario, trouve l’inspiration d’un récit initiatique pour Damian en tant que héros solitaire, mais pas que. Le dernier héritier de la famille démoniaque va tenter de racheter les erreurs commises par celle-ci au cours de l’Année du Sang, rapidement rejoint par Nobody, la fille d’un de ses anciens ennemis avec laquelle il va tisser une relation d’amitié (c’est bon, ils s’aiment, soyez pas relous). Derrière de vraies erreurs d’écriture, Gleason parvient à créer un récit attachant et emprunt de sincérité. On retrouve beaucoup des qualités de caractérisation de Tomasi, dans un Damian plus mature, qui grandit, et se cherche entre l’homme et l’enfant, et qui commence à tracer sa propre route. Avec son style graphique poétique et coloré, loin des gratte-ciels de Gotham City, Gleason arrive à faire accepter ses maladresses en trouvant le ton juste, un récit imparfait mais qu’on finit par aimer, au devant de ses défauts.

Bilan DC You - 13

The Omega Men (annulée, puis sauvée)

Il est évident que la partie cosmique de l’univers DC n’est pas très développée depuis l’arrêt des titres consacrés à la Légion des super-héros, et le tout pouvait quasiment se resumer aux titres estampillés Green Lantern. Fort heureusement, la série Omega Men est venue remédier à ce manque. Le titre commençait doucement comme un titre de science-fiction un peu provocateur, mettant en scène dès le début une vidéo de propagande montrant “l’éxécution” de l’ex-Lantern Kyle Rayner, et nous présentant une équipe de pirates sans foi ni loi qui compte bien s’imposer. Si Tom King a su faire de son titre une réussite, c’est grâce à un scénario hautement imprévisible, riche en rebondissements, qui se déroule dans un monde extrêmement riche, qui donne une profondeur nouvelle à la toile de fond de l’univers super-héroïque que l’on connaît. Ici, il n’est point question de défendre l’honneur et la justice, mais plutôt de s’en tirer à bon compte, en faisant parfois fi de la morale. L’aspect graphique et l’utilisation habile du découpage traditionnel en neuf cases, souvent employé, en fait aussi un titre qui se distingue sur la forme autant que sur le fond, et il est évident que l’on tient là un titre efficace, qui mériterait d’être un peu plus mis en avant par l’éditeur. On en attendant beaucoup de la suite, qui devrait se focaliser un peu plus sur l’errance de Kyle Rayner, qui a su gagner en charisme depuis le début des New 52, surveillons donc de très près ce comic-book.

Bilan DC You - 14

Starfire

Des roploplos oranges, le cauchemar du lectorat féminin engagé, et une équipe qu’on sent parachutée par le succès d’Harley Quinn pour renouveler l’exploit : Starfire hérite elle aussi dans le DC You de sa série solo. Et si le jeu de ces petits paragraphes de bilan est de faire le résumé des intrigues de chaque série, ne m’en veuillez pas d’être aussi elliptique, puisque, en gros : Starfire, humains, jeux de mots, ouragans, plages, dauphins, et : voilà. Intrigues légères, enjeux légers, la série Starfire ressemble à un comics de vacances qu’on lit avant d’aller se baigner (en regrettant d’avoir choisi cette année encore la Bretagne à la Méditérannée). Avec ses airs de fiction de bord de mer, Starfire reste un titre plaisant, souvent drôle et sympathique, avec ses limites et ses faiblesses selon ce que l’on en attend. En tant que fiction, elle reste limitée par son choix de narration très épisodique, et le manque d’un arc de long terme ou d’une orientation vraiment centrée sur l’humour, pour être autre chose qu’une déclaration d’amour à la candide alien orange, drôle, mimi et qui cherche à s’intégrer dans une communauté de gens super sympas où tout le monde est beau et accueillant. Reste les superbes dessins de Luppacchino, et une série qui fait le job, si on sait quoi en attendre, à savoir une page de publicité entre deux titres grim & gritty avec de jolis dessins et de l’humour. Pas un indispensable, mais un bon moment quand même.

Bilan DC You - 15

We Are Robin

Avec DC You, l’éditeur veut lancer des concepts novateurs ; We Are Robin fait partie de ces titres. Suite à la disparition du vrai Batman, et avec un Robin parti aux quatre coins du monde, la ville se peuple d’une nouvelle vague de justiciers, qui vient des rues, qui n’a aucun entraînement, recrutée par un mystérieux homme, et qui se revendique du sidekick le plus célèbre du DCU en portant fièrement le “R”. On surfe sur une vague rebelle, qui rappelle les mouvements sociaux récents tels qu’Occupy Wall Street, qui fait un usage très prononcé des réseaux sociaux, et qui arrive à vouloir se faire jeune sans trop tomber dans le cliché, d’autant que Lee Bermejo arrive à proposer une histoire assez forte en rebondissements, malgré un numéro fill-in qui était trop juste. L’incursion dans le crossover Robin War a hélas montré les quelques faiblesses du titre, qui aurait pu se contenter d’être une mini-série. Malgré toute leur bonne volonté en effet, ces apprentis Robin n’arrivent pas à la cheville de ceux qui ont officiellement porté le costume, et une fois que le vrai Batman sera de retour dans Gotham, je ne suis pas sûr de la pertinence d’un tel titre au sein du futur DC You. L’avenir nous le dira.

Bilan DC You - 16

Pour conclure…

D’un point de vue qualitatif, on peut dire que le bilan est globalement positif pour ces titres : on remarquera que chacun propose quelque chose de différent, ce qui est déjà une bonne chose en soi. Après dans l’exécution, il y a forcément des séries qui sont de meilleure qualités que d’autres, mais il n’y a pas eu de titre qui soit foncièrement détestable, malgré les faiblesses évidentes de certains comme Doctor Fate ou Earth 2 : Society.

Ici, on prendra surtout compte du premier couac de DC Comics par rapport à ses engagements pour les ongoing : en effet, Doomed sera stoppé au bout de six numéros (l’éditorial se défendant avec un prétexte que, en fait, le titre avait été prévu pour être une mini-série) et The Omega Men faillira connaître le même sort : annoncée comme terminée elle aussi au bout de six numéros, les réactions des fans sur les internets auront réussi à faire pression sur l’éditeur, qui permettra finalement au titre de continuer (au moins) jusqu’au numéro #12. Malgré tout, ce n’est pas ce qui fera remonter le niveau des ventes, mais le geste est là.

– ArnoKikoo, Corentin, Harley, n00dle, Zeppeli

19 Commentaires

  1. J’avais lu que l’arc Darkseid War n’ai pas vraiment hors continuité, c’est juste qu’il y a des séries actuelles qui se passe en même temps (cyborg) et d’autres avant (Batman, Superman). C’est vrai ?

    • J’aurai plutôt tendance à considérer que les séries Batman et Superman se situent au contraire après la Darkseid War mais rien d’officiel n’a été communiqué dessus.

    • Dans le cas de Batman, il y a un problème de cohérence. Dans le numéro spécial où Batman a la chaise de Metron, Alfred a ses deux mains. Or, il en perd une dans Batman Endgame. A moins qu’elle ait repoussée, on a donc envie de dire que ça se passe avant Endgame. De même, on a du mal à croire que le commissaire Gordon de ce numéro spécial a déjà endossé l’armure.
      Sauf que, dans Darkseid War, Batman apprend l’identité civile du Joker. Et donc, tout le jeu sur sa posture de “Pale Man”, lorsqu’il veut faire croire à Batman qu’il serait un monstre immortel du passé, ne tient pas s’il connaît son identité et sait que c’est bien un homme “normal”. Donc ça ne peut pas se passer avant non plus.
      C’est entre autres pour ça que l’histoire est difficilement situable sur le plan de la continuité.

      • Problème lorsqu’on laisse des scénaristes en roue libre. Et je préfère largement JLA que les titres Batman du DC You

      • Alfred, je suis quasiment certain d’avoir lu qu’il disait que sa main était conservée, mais qu’il ne voulait pas la récupérer tout de suite. Si le Joker, a été capable d’obtenir un nouveau visage, je doute que ce soit difficile pour Alfred de récupérer sa main.

  2. J’ai lu avec intérêt ce dossier, car j’ai pas vraiment suivi le DC YOU. Merci pour ce bilan/résumé bien structuré et accessible.

  3. Je suis d’accord pour dire qu’en terme de pub, DC a toujours énormément de mal à vendre ses produits. Il y aurait dû avoir quelque chose pour des titres tels que Prez, Midnighter, Gotham by Midnight, Titans Hunt (dont une grande partie du public ‘ricain pense encore que ça a un lien avec le pré-New 52, c’est dire … :/) ou encore Lois & Clark.
    Cependant, mettre le paquet en terme de comm’ sur le DCY aurait peut-être fait bien plus de mal à DC si l’on prend en considération l’état de bon nombre de séries.
    Très beau dossier sinon !

  4. Merci pour ce dossier complet. J’ai finalement bien fait d’arrêter de prendre des kiosques Urban Hormis Green lantern saga ( Qui va surement s’arreter de toute maniere) pour me centrer sur la librairie. C’est tout de même dommage que DC n’arrive plus à progresser et à faire de belles choses..
    Encore heureux qu’avant 2011, DC avait de belles histoires.
    Je vous laisse, je vais lire du Kirby !

  5. Chouette dossier. Merci pour ce bilan, plaisant à lire.

    Période DC YOU, je n’ai suivi assidûment que Prez, qui était vraiment une série excellente, et je suis vraiment triste que les ventes n’aient pas suivi. Et maintenant le dessinateur part chez Marvel…

    La seule série que je suis actuellement chez DC c’est Superman : American Alien, mais j’adore vraiment la série.

    J’avais essayé Black Canary qui était une série prometteuse et qu’il faudrait que je prenne le temps de continuer. Tout comme la série Batgirl dont j’avais bien aimé le premier arc de la reprise. L’arc Darkseid War de la Justice League avait vraiment l’air très bien aussi. Par contre Superman, j’ai décroché avec le changement de scénariste.

    Et y a des séries qui me plaisent un peu mais qui n’arrivent pas à me convaincre complètement comme Martian Manhunter, Starfire ou We Are Robin. Mais je les continuerais peut-être un jour.

    J’espère que DC aura de bonnes surprises à nous proposer en 2016. J’ai hâte de lire le Wonder Woman Earth One et Legend of Wonder Woman quand ce dernier arrivera en relié (parce que le format numérique avec les demi pages et les demi numéros, c’est pas possible).

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