Les points positifs :
  • Une histoire classique, mais poignante
  • Patrick Gleason au dessin
  • Un Tie-In divertissant
Les points négatifs :
  • Tales of the Corps, dispensable

« Vous êtes des Lantern. Les Lantern meurent. » – Kilowog


  • Scénario : Peter J. Tomasi, Geoff JohnsDessin : Patrick Gleason, Chris Samnee, Ivan Reis, Eddy Barrows, Rags Morales, Myke MayhewCouleurs : Randy Mayor, Gabe Eltaeb, Nei Ruffino, John Kalisz, Andy Troy
  • Green Lantern Corps : Blackest Night – Juillet 2011 – 296 pages – Prix 29€ – Panini Big Books – Collectionne : Green Lantern Corps #39-46, Blackest Night : Tales of the Corps #1-3

Ndlr : la review concerne bien l’ouvrage VF paru chez Panini mais les images servent d’illustration proviennent de la VO.

Ah, tu te rappelles, cette douce époque où DC se résumait en 2 magazines, et où tout se résumait par DC Universe. Où les mini-séries étaient regroupées en un 100%, où l’éditeur nous perdait dans ses publications, où les séries se poursuivaient dans les Hors Séries d’un autre magazine. Panini, tu nous manques parfois. Et dans cet exemple (mais surtout pour ces 2 semaines, dédiées au héros le plus vert de l’univers), on va parler d’un album regroupant les histoires du Green Lantern Corps durant Blackest Night. Dans la collection « Big Books » de l’éditeur, qui était considérée comme une collection permettant de publier un long arc complet, ou un run, dans un format souple et très épais. C’est sûr que c’est très différent de ce que peut proposer Urban maintenant. C’était le moment nostalgie, maintenant, place à la review !

Sorti en juillet 2011, ce petit pavé de 296 pages regroupe les épisodes de Green Lantern Corps 39 à 46, par le désormais célèbre duo, Peter Tomasi et Patrick Gleason, et Blackest Night : Tales of the Corps 1 à 3, écrits par Tomasi et Geoff Johns, accompagnés de nombreux dessinateurs. Ces deux séries ne se complètent que par le crossover qu’elles représentent et par leurs liens via la caractérisation des personnages comme Kilowog ou Arisia.

image 1

Commençons par le commencement, avec Green Lantern Corps. Comme je l’ai dit, le duo d’artiste n’est pas nouveau. Seulement, nous les retrouvons bien avant qu’ils ne possèdent la réputation qu’on leur connait aujourd’hui. A titre comparatif, je dirais qu’il est aussi efficace et talentueux que dans la série Batman & Robin, dans ce registre militaire cosmique. Nous restons dans l’idée d’un tie-in à Blackest Night, où l’on confronte les personnages face à leurs défunts. Le tie-in mêle donc cet aspect à celui d’origine de la série. La base d’un tie-in. Seulement, Tomasi explique l’arrivée du corps des Green Lantern de telle sorte que cela en deviendrait aussi important que les deux séries principales.

Et c’est une force que l’on connait de l’auteur. Là où Geoff Johns élève son personnage afin de lui redonner son statut de mythe, et de personnage emblématique, Tomasi assume ce statut de série secondaire, et profite des libertés accordées, non pas pour changer le statu-quo, que chacun espère, mais pour faire ressentir au lecteur le sentiment de danger, tout en l’impressionnant, en l’amenant dans des situations désespérées.

Pourtant, cette histoire n’a rien de particulier, en dehors de son déroulement. Son pitch est des plus simples. On assiste a un résumé de la vie de Guy Gardner et Kyle Rayner, que l’on suit en train de discuter, et faisant face pour la première fois à une nuée d’anneaux noirs sillonnant l’espace, à la recherche de porteurs. L’on passe alors du personnage d’Arisia à celui de Kilowog, servant de soutien et permettant au lecteur de suivre la progression et surtout la régression des forces du corps face à la horde de « zonzons » cherchant à absorber toute énergie produite par les sentiments. Et bigre, c’est ici que réside le talent du bonhomme ! Tomasi sait comment faire passer ces émotions. Des rebondissements, passant d’un problème à un autre. Le problème majeur étant l’attaque des Black Lantern. Les anneaux prennent donc possession des corps des Green Lantern morts au combat, créant ainsi une nuée d’émotions diverses chez les vivants, créant un trouble moral. Tuer ou ne pas tuer ? L’adversaire était, et reste un allié, dois-je l’aduler ou le haïr ? Se fier aux apparences ou aux intentions ? On retrouvera des réactions différentes chez certains personnages, et, même s’ils finissent tous par s’entretuer (parce qu’on est dans un comics avec Kilowog, ça allait pas se finir au coin du feu avec un bouquet de rose), la démarche faite pour arriver à cette conclusion violente est intéressante chez chaque personnage.

Image 2

L’histoire met en avant les relations de Kyle Rayner et en particulier sa situation actuelle avec Soranik Natu. Dans l’objectif d’opposer le présent au passé, les progressions des personnages sont des plus intéressantes. La défense d’Oa étant primordiale nous avons l’équipe déjà présente faisant face à cette sorte « d’attentat », avec pour seul objectif : survivre. Puis, l’équipe de Kyle et Guy, se dépêchant de rattraper les anneaux se dirigeant vers Oa, et Arisia, coupée de tout, qui découvre cette situation et tente de participer à la lutte.

Guy Gardner est le Green Lantern du secteur 2814, que j’ai le plus de mal à apprécier en tant que Green Lantern, mais que j’aime énormément en tant que personnage de second degrés. Cet album m’a réconcilié avec le rouquin. Cette histoire a le mérite de mettre en avant les émotions de chacun, les poussant jusqu’à l’excès, jusqu’à la perte totale de contrôle. N’être animé que par une idée poussant à des actes incontrôlés, et parfois même, immoraux. Une chose qui rappelle la situation de John Stewart, il y a quelques années. Green Lantern Corps est loin des séries très développées, et ne s’accorde aucune originalité. Seulement, sa manière de s’exposer et de livrer un tie-in aussi intéressant que divertissant, fait qu’il possède le scénario parfait pour ce que la série doit être, et doit représenter.

Patrick Gleason honore le titre avec des personnages humains dans leurs réactions et permet ce partage d’émotions de par ses visages et leurs expressions. Cela, en plus de splash-page incroyables. Il est un artiste du moment que j’apprécie le plus, et dont j’apprécie jusque là tout travail de sa part. De l’onde de choc, au regard effrayé, de la larme au coin de l’œil, à l’esprit d’unité retranscrite sur chaque membre d’une même équipe, ce dessinateur a su faire passer les émotions du texte à l’image. Si je me devais de lui faire un reproche, il s’agirait de quelques rares petites cases qui manquent de détails, mais ce serait chipoter, et je ne suis pas du genre à hurler dès que je vois un défaut, surtout de cette envergure.

image 4

Passons maintenant, à la seconde partie de l’album : Blackest Night – Tales of the Corps. Cette partie, moins imposante, est également bien moins intéressante et passionnante que la première, même si elle reste néanmoins sympathique. Ces trois numéros sont des recueils d’histoires courtes racontant les origines de certains personnages secondaires. Ainsi, Tomasi et Johns nous racontent une fois de plus les origines de Carol Ferris, mais aussi de Bleez, Saint Walker, Arisia, le recrutement de Kilowog, ou encore la naissance du Corps de Mongul.

Ces histoires gagnent en intérêt de par l’attachement que le lecteur peut avoir avec le personnage. Et même si ce critère est à prendre en compte en permanence, il est d’autant plus vrai ici. Car seules les histoires traitant de Saint Walker et de Kilowog m’ont vraiment intéressées. Cependant, je me dois de reconnaître le côté positif dans la répartition des artistes. Bleez bénéficie d’un style assez 90′, un peu stéréotypé, qui colle au scénario assez cliché et simpliste. Chris Samnee arrive à faire naitre l’insouciance de Kilowog aux yeux du lecteur dans une histoire poignante de la tête la plus dure du corps, tout en gardant cet aspect massif et puissant. Je pense que c’est d’ailleurs pour cela que l’on retrouve ce même artiste dans les pages de l’histoire consacrée à Mongul.image 3

Ces épisodes sont sympathiques, mais à réserver aux plus ardus des collectionneurs, ou aux plus grands fans de Kilowog. Leur présence est à ne pas négliger, car l’histoire d’Arisia permet de mieux comprendre certains passages de cet arc du Green Lantern Corps.

Bref, cet album annoncé comme épisodes supplémentaires faisant référence à Blackest Night, se révèle être un arc remplit d’action. Divertissante, cette histoire embarque le lecteur dans une guerre qui n’est pas encore la sienne, mais dont le danger se rapproche de plus en plus. Une lecture à conseiller pour tout amoureux des porteurs d’anneaux et de ce riche univers auquel nous consacrons ces deux semaines.