Les années 90, cette bonne odeur de vieux papier, les débuts des grands artistes d’aujourd’hui, ces muscles ultra-développés, ces dessins réalistes (Rob Liefield, oblige) et le comics de cette semaine, qui n’a rien à voir avec tout cela, hormis le fait qu’il se situe dans cette période.  Bien loin de la beauté et l’intelligence de l’image que l’on peut se faire des comics des années 90, ces années-ci ont aussi accueilli les débuts de Vertigo. Oui, on parle souvent de ce qui fâche, mais on oublie bien trop vite les bons côtés de cette décennie. Quand on parle de Vertigo en 90, on pense de suite à Sandman, mais non, ce n’est pas tout à fait le cas. Cependant, on reste dans l’esprit. Et même dans l’univers. L’unique différence, est l’absence de Gaiman. Et bon dieu, ce que ça se ressent ! L’heure n’est plus aux lamentations, mais à la chronique. Accrochez-vous, va falloir suivre le bus magique. Showcase Time !


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The Books of Faerie # 1, écrit par Bronwyn Carlton et dessiné par Peter Gross, publié en Mars 1997. Cette série traite du personnage de MaryRose, qui va avoir un sacré problème d’identité, vous allez voir. Ce numéro est bourré d’élément, il ne pose pas son univers et énumère les informations à une grande vitesse. Je dois dire que je ne connais que très peu l’univers de Sandman, et donc pas du tout quel personnage peut être déjà apparu dans la série principale. C’est donc en lecteur néophyte que j’ai lu ce premier numéro. Et croyez-moi, je pense bien avoir raté quelque chose. La première page se déroule dans le présent, à Londres, donc à mon avis, dans l’univers de Sandman actuel. On y trouve une sorte de fée apparemment Reine avec son mari Tanlin, venant d’apprendre que Titania a eu des enfants d’un autre homme, et que ces enfants n’ont aucun lien avec le monde des fées. Sans transition, dans le passé (aucune date précise), on découvre MaryRose avec sa grand-mère, qui lui demande d’aller chercher du bois pour allumer un feu, et lui précise bien de faire attention aux lumières des fées, que celles-ci peuvent l’emmener dans un monde terrible et dangereux.

Évidemment, il n’y a pas d’histoire sans action stupide, et MaryRose ne fait rien d’autre que suivre ces lumières qui l’emmènent à Faerie, un monde peuplé de fées et de mystères. Les lumières que MaryRose suivait se transforment en fées de couleurs distinctes et lui proposent de manger, miel, lait et mûres. C’est alors qu’apparait derrière elle, la reine Dymphna qui lui explique que ce monde est sans danger (toujours faire confiance à une reine sortant d’un buisson derrière soi). Elle décide de trouver un nouveau nom à MaryRose qu’elle appellera désormais, Rosebud. Toujours sans transition, les années ont défilé et l’on apprend que Rosebud a appris à manier la magie et par la suite que le roi revient de la guerre. La reine le retrouve et ensemble, fêtent son retour lors d’un banquet. Amadan, le messager de la cour, s’intéresse fortement à Rosebud et il pourrait bien comploter un quelconque méfait. Le lendemain, Amadan donne à Rosebud le collier de la reine que celle-ci a oublié. Elle l’accepte et part s’aventurer dans la forêt autour du château. C’est alors que Rosebud surprend le roi et la reine en train de se disputer, et voit le roi tuer la reine, car elle ne pouvait lui donner un enfant, un héritier.

Image Books of Fearie

La nuit tombée, Amadan rejoint le roi pour lui confirmer que Rosebud serait une reine idéale et qu’elle pourrait lui donner l’héritier qu’il désire. Rosebud se marie donc, et choisit le nom de Titania. A ce moment précis, Amadan s’adresse aux arbres afin de leur annoncer la nouvelle, précisant que cette reine n’enseignera ni la magie, ni l’utilisation des plantes médicinales, et qu’elle a grand besoin d’un héritier. En 24 pages seulement, ce premier numéro contient beaucoup trop d’informations, le titre n’a pas le temps de présenter son univers, ni créer un quelconque lien avec ses personnages. Ainsi, plus jamais nous n’aurons de nouvelle de la grand-mère de MaryRose.

Totalement à l’opposé du comics d’aujourd’hui, l’intrigue avance très vite, au dépend du lecteur qui se voit embarqué dans l’avancé d’une intrigue concernant des personnages qu’il ne connait pas forcément. L’univers en lui-même est assez classique : magie, trahison, manipulation, etc… Question illustration, certaines pages sont victimes d’une colorisation incroyablement laide avec de mauvais effets de lumière (en particulier la première page), alors que d’autres (dont celle avec les effets provoqués par les lumières des fées) sont absolument sublimes. De par le point de vue, la course de MaryRose et les lumières créant l’effet de spirale, comme un tunnel Boom à travers lequel elle fuit sa vie actuelle. En bref, The Books of Faerie semble plus réservé aux connaisseurs de l’univers de Sandman, et ce premier numéro ne semble pas en être un bon point d’entrée. Seulement, un bon spin-off, révélant de nombreux éléments sur le personnage de Titania. Il est seulement dommage que ce premier numéro semble n’être qu’un amas d’éléments à propos du personnage, et de retournements de situations, plutôt qu’un numéro d’introduction présentant l’univers de Faerie.