Batgirl tome 1 couv
Les points positifs :
  • Un comics très girly
  • Une ambiance graphique à part
  • Dinah <3
Les points négatifs :
  • Un comics vraiment girly
  • On essaie un peu trop avec Instagram, Facebook et ce genre de trucs…

« C’est comme ça que je veux qu’ils me voient » – Batgirl/Barbara Gordon


  • Scénario : Cameron Stewart, Brenden FletcherDessin : Babs Tarr, Irene Koh Couleur : Maris Wicks, Hi-Fi

Urban publie le premier tome de la nouvelle série Batgirl, un run qui change énormément de tout ce qui a été fait auparavant et consiste en une sorte de pari par l’éditeur DC Comics de publier une série résolument orientée vers le (futur) lectorat féminin. La question est la suivante : ce pari est-il réussi ?

La réponse est plus complexe qu’un simple oui ou non. Dans le sens où cette nouvelle équipe créative a su s’approprier l’univers de Batgirl et en créer une mouture très «djeunz» et «girly», ils ont atteint leur but. Le revers de la médaille est que, en voulant créer une ambiance moderne et hipster, on tombe vraiment dans l’excès, voire les clichés… ce qui n’empêche pas de passer un très bon moment en lisant ce tome.

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Un autre avantage de ces premières aventures de la Batgirl de Burnside (nommée ainsi d’après le quartier de Gotham super-branché dans lequel elle habite et sévit) est qu’on évite l’origin story bien bateau et mille fois racontées. On entre dans le vif de l’affaire : Barbara Gordon emménage avec Frankie sa nouvelle colocataire, une programmeuse qu’elle a rencontrée alors qu’elle était en convalescence (à la suite des évènements rapportés dans The Killing Joke). Alors. oui je sais, colocation, identité secrète, tout ça… justement, Barbara Gordon ne pourra pas cacher longtemps à son amie Frankie qu’elle a une double-vie.

Ceci, ajouté aux émois amoureux de Babs : un mec embrassé en soirée, l’assistant de son prof qui lui colle aux baskets, un jeune policier (!) confèrent vraiment une ambiance proche des BDs ou romans pour jeunes adolescentes que je lisais dans ma prime jeunesse… Alors oui c’est sympa mais j’en regrette presque la très nerdy bibliothécaire Barbara Gordon qui ferme son clapet à Robin… ou la Batgirl de Bruce Timm et Paul Dini. Ou celle de Batgirl, Année Un.

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Côté graphique, on reste aussi dans une ambiance très féminine, avec des dessins qui me rappellent eux aussi les BDs pour adolescentes. Mais finalement, c’est clairement ce que DC essaie de faire sur ce titre. À quelque part, cela apporte de la fraîcheur dans les titres de la Bat-Family qui sont bien sombres et parfois glauques ces derniers temps (je parle de ce qui est sorti récemment en VF). Mais d’un autre côté, cela donne aussi l’impression que DC a essayé un peu trop dur d’attirer un nouveau lectorat, quitte à faire des changements radicaux.

Toutefois, le style de Babs Tarr ne me déplaît pas et colle tout à fait à l’ambiance de la série. La glitter fausse-Batgirl… quand même, faut le faire et, perso, je trouve ça totalement délirant et assez sympa ! Même si, dans la catégorie ‘Comics orienté jeune lectorat’, je préfère le style onirique de Karl Kerschl et Mingjue Helen Chen qui sévissent sur le titre récemment paru chez Urban, Gotham Academy.

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Le découpage n’est pas mal mais ne met pas vraiment en valeur l’action qui est déjà assez rare pour mes goûts. Comme je le dis assez souvent dans les podcasts, je ne suis pas une lectrice féminine typique et j’aime quand ça pète… et même si j’aime bien quand on se concentre aussi sur ce qui se passe dans la vie ‘normale’ des super-héros… un tantinet plus de punch n’aurait pas fait de mal à Batgirl.

J’avoue, j’en attendais plus de cette nouvelle version de Batgirl. Beaucoup en ont dit du mal et je ne serai pas aussi catégorique que la plupart de ses détracteurs. Toutefois, j’aurais préféré une Barbara Gordon plus forte, plus «badass» et qui ressemble moins à un personnage de Gossip Girl (même si j’ai eu mon temps d’adoration devant cette série). Ceci dit, cela ne m’a pas empêchée de passer un bon moment en lisant ce tome, ni de rire aux bons vieux jeux de mots à la DC comme «Pixtagraph».

Je garde espoir pour le prochain tome, en espérant que l’équipe créative aura remarqué que trop insister sur le fait «Eh, regardez, on connaît les réseaux sociaux et Batgirl aussi» ça fait assez dépassé et qu’un ou deux bon coup de poings dans la gueule ben ça en donne à un volume… Ainsi, le pari de DC est réussi… en partie. Reste à savoir si la série tiendra ses promesses sur la suite… et surtout si ça plaît au public cible. À voir !