Décidés à vous proposer un contenu varié et complet, nous avons pris l’initiative de contacter l’artiste Szymon Kudranski, qui a notamment œuvré sur Penguin : Pain And Prejudice (La Splendeur du Pingouin en VF), Batman : The Dark Knight ou encore Green Lantern. L’artiste, polonais d’origine, s’est brièvement confié à nous par email.


En tant qu’artiste Polonais, comment êtes-vous entré dans l’univers des comics ?

Tout d’abord, je ne me considérerais pas comme un Polonais. Je suis bien né en Pologne, mais je suis un artiste avant tout, je ne pense pas que la nationalité ou le lieu de sa naissance nous définissent. Tout ce qui importe, c’est de se connaître soi-même, et en ce sens la nationalité importe peu, il suffit de se savoir artiste. Je suis en mesure de connaître mes objectifs en ne restant pas aveuglé par mes valeurs nationales, culturelles ou sociétales. L’art est à mon sens un langage universel et prend le dessus sur tout. Sinon, aussi loin que mes souvenirs remontent, j’ai toujours voulu dessiner. J’aime dessiner et je dessine énormément, les comics me permettaient d’épancher ma soif de dessiner et s’accordaient à ma créativité. J’ai grandi entouré des comics, d’art, de musique et de films. Mon père avait une grande collection de comic books des années 60 et 70.

Green Lantern 19-001 Comment est-ce possible de vivre en Pologne et de travailler pour des éditeurs américains ?

Qui a dit que je vivais en Pologne ?! :) Tout ce que je peux dire, c’est que parmi tous les endroits que j’ai traversés, ceux où je me sens le mieux doivent être New York et ma maison. Mais heureusement, je peux travailler depuis n’importe quelle partie du globe. Internet, c’est le top.

Avec la reconnaissance actuelle de votre travail, êtes-vous en mesure de vous payer des Ferrari, ou pas encore ? 

Je préfère les Camaro.

D’où vient votre style atypique ?

Je pense que les artistes de ma génération ont grandi avec McFarlane et les autres types de chez Image. Plus tard j’ai découvert Bill Sienkiewicz, Dave McKean, Kent Williams, enfin David V. Mack, Alex Maleev, Ashley Wood, Ben Templesmith sont devenus mes héros. Plus le temps a avancé, plus j’ai reconnu le génie d’artistes aux styles différents.

Comment travaillez-vous ? Faites-vous tout à l’ordinateur ou retournez-vous parfois au bon vieux pinceau ?

Je mélange un peu de tout, ça va de mon imagination, au papier, pour finir sur l’ordinateur.

Combien d’heures de travail nécessitez-vous pour dessiner un numéro entier ?

Pfiou… un paquet ! Mais tout dépend du projet, par exemple sur Spawn ça allait vite parce que la série avait une ambiance très spécifique.

Batman - The Dark Knight (2011-) 019-012 Vous encrez également votre propre travail…

Ça devient la norme aujourd’hui, de plus en plus d’artistes le font. En tant que dessinateur, on sait précisément l’allure qu’on veut donner à telle ou telle scène.

La colorisation paraît particulièrement importante pour s’accorder avec votre style, pouvez-vous vous permettre de choisir votre coloriste ?

Encore une fois, tout dépend du projet. Certains éditeurs nous laissent avoir notre mot à dire, et dans ce cas je peux choisir avec qui j’ai envie de travailler.

Votre style se marie à merveilles avec les comics aux atmosphères nocturnes et ténébreuses, n’est-ce pas ?

Oui, j’adore dessiner mes personnages enveloppés d’ombres, 90 % de mes comics offrent un rendu dépourvu de contours. J’aime exprimer une ambiance, une émotion, avec les ombres. Mais ça dépend de mon humeur du moment aussi, qui a un grand impact sur mon art.

Est-ce que vous pouvez-vous permettre de choisir sur quoi vous travaillez ? Si oui, pourquoi avoir choisir d’atterrir sur Infinite Crisis : Fight For The Multiverse ?

Franchement, je peux sans problème fournir des illustrations pour la Bible avant de passer à un titre érotique de Manara. C’est juste que j’aime dessiner, et je pense que la pratique nous rend meilleurs peu importe ce qu’on dessine, il faut juste dessiner.

Comment se sont passés vos premiers contacts avec DC Comics ?

C’est un de mes éditeurs favoris, Mike Marts, qui est tombé sur mon travail, m’a donné du job.

Penguin_1_TheGroup_002 Vous avez à plusieurs reprises collaboré avec Gregg Hurwitz, quel type de partenaire est-il ?

Ce que j’apprécie chez lui, c’est qu’il a une vision très claire de ce qu’il veut, et me donne des descriptions détaillés des scènes que je dois monter. Il est ainsi plus facile pour moi de dessiner et de saisir le ton de l’histoire.

Quels sont les meilleurs types avec qui vous avez bossé ?

J’aime travailler avec tout le monde ! Mais si je devais nommer une personne dont je partage la vision et les idées, ce serait Todd McFarlane.

Vous vous êtes occupés de l’Annual de Green Arrow à paraître en septembre, vous pouvez nous en dire quelque chose ?

Seulement qu’il comptera 38 pages et aura un impact sur l’ongoing.

Quels sont vos plans pour le futur ?

Je bosse sur énormément de comics, j’ai une nouvelle série pour Archie Comics appelé The Web, et pas mal de one-shots comme Lobo #9, un prélude au film Civil War centré sur Iron Man, entre autres.

Question finale : vous aimez Behemoth ?

Est-ce qu’ils ont des chansons sur Guitar Hero ?