AKCV
Les points positifs:
  • Un final grandiose.
  • Un gameplay toujours aussi efficace.
  • Un doublage de haute qualité (en VO, du moins).
Les points négatifs:
  • La Batmobile, un peu trop présente.
  • C’est la fin de la série Arkham.
  • L’identité de l’Arkham Knight, trop facile à deviner.

« Gotham, this is your only warning. Abandon the city, for I will unleash your greatest fears. » – Scarecrow


  • Développeur : Rocksteady – Éditeur  : Warner Bros Interactive Entertainement.
  • Batman Arkham Knight – 23 juin 2015 – PS4/ Xbox One/ PC 49,99-69,99€ (selon version).

La série des Batman Arkham s’est clairement distinguée sur la précédente génération de consoles, et a su s’imposer comme la meilleure adaptation de comics en jeu vidéo, bien que cela ne soit pas tellement difficile. Cependant, bien que les deux premiers épisodes réalisés par Rocksteady soient considérés comme quasi-parfaits, il n’en est pas de même pour Batman Arkham Origins, développé par Warner Montréal, qui n’est pas aussi abouti. Le retour des développeurs d’origine sur la franchise fait de ce jeu l’un des plus attendus de sa génération, et l’on nous a promis un final en apothéose, qui doit clore de façon magistrale cette épopée vidéoludique qui aura marqué l’histoire du jeu vidéo. Alors, pari tenu pour Rocksteady ?

Dire que le jeu s’est fait attendre est un véritable euphémisme, d’abord reporté, il a aussi vu son édition collector (vous savez, celle avec une statuette de la Batmobile) annulée, et sa version PC retirée de la vente sur Steam, cette sortie chaotique a de quoi nous laisser perplexe. Cependant, il suffit d’avoir le jeu en mains pendant quelques minutes pour que cette mauvaise impression s’estompe. Le jeu est la suite directe d’Arkham City et l’on nous propose d’incarner le chevalier noir alors que la ville de Gotham est sur le point d’être attaquée par le docteur Jonathan Crane, mieux connu sous son alias de Scarecrow (L’Epouvantail en VF), qui souhaite y déverser sa toxine de terreur. Cela contraint donc les autorités à faire évacuer la ville (comme par hasard, on connaît bien la franchise pour nous proposer des rues dans lesquels seuls des criminels circulent). Gotham est donc en proie au crime, et Batman devra affronter toute une armée paramilitaire sous les ordres de Crane, et d’un nouvel ennemi bien mystérieux : le fameux Arkham Knight (Chevalier d’Arkham en VF) qui donne son titre au soft.

Techniquement, la réalisation est de haute volée et l’on nous propose une map bien plus vaste que d’habitude, dans une Gotham aux rues plus larges, permettant ainsi une libre circulation en Batmobile.  La ville est tout bonnement superbe, et la première fois que l’on joue, et que l’on se perche en haut d’un point d’observation, l’on est tout de suite émerveillé par la vue de cette mégapole tentaculaire qui sera notre terrain de jeu (bien que le tout ne soit malheureusement pas exempt d’aliasing, mais c’est beaucoup moins prononcé que dans les épisodes précédents, et le frame rate reste plutôt stable, ce qui est appréciable). Le design de la cité du crime est parfait, mélangeant divers types d’architecture, du monument gothique à la pagode chinoise, en passant par le verre et l’acier, nous offrant ainsi un environnement riche et varié. De même, le gameplay est lui aussi diversifié, grâce à de nombreuses quêtes secondaires, qui nous proposent des activités bien différentes, courses-poursuites, combats contre des tanks à bord de la Batmobile, phases d’infiltration, traques aériennes, enquêtes sur de mystérieux meurtres… Il y en a pour tous les goûts, et n’oublions pas les fameux défis du Riddler (L’Homme Mystère en VF), qui ne sont pas en reste (ce qui risquera de décourager les moins patients d’entre vous, tant ils sont nombreux, comme à l’accoutumée). Il faudra d’ailleurs terminer l’ensemble de ces missions secondaires pour débloquer la « vraie fin » du jeu, alors préparez vous à passer du temps manette en main.

Ces différentes quêtes sont l’occasion de revoir des têtes connues de l’univers de Batman, et l’on se plaît à affronter Firefly, le Pingouin, Double-Face et d’autres dont je ne révélerai pas l’identité. Cependant, il faut bien avouer que parmi toutes les missions qui nous sont proposées, beaucoup demandent d’être effectuées aux commandes du fameux Bat-Tank, si controversé. Il est évident que voir notre héros aux commandes de ce monstre rempli de canons a fait couler beaucoup d’encre, mais rassurez-vous, il ne nous est pas demandé de tuer la moindre personne, les munitions étant soit non-létales, soit utilisables uniquement contre des drones sans pilotes, petite pirouette scénaristique qui permet aux développeurs de s’en tirer sans s’attirer les foudres des Bat-fans (a priori). Il vous faudra bien une bonne quinzaine d’heures pour venir à bout de la quête principale, et le même temps pour boucler toutes les sidequests, assurant de fait une bonne durée de vie au jeu.

Scénaristiquement, c’est plutôt solide et digne de la fin de la série Arkham. J’évite de trop vous en révéler, mais on a droit assez tôt à une petite surprise qui nous suivra tout au long de l’aventure, permettant au jeu d’être toujours plus fun et toujours plus angoissant à la fois. La tension est palpable tout au long du titre et l’on se sent clairement impliqué dans cette dernière aventure du chevalier noir qui doit faire face à son destin et consacrer toutes ses forces à sa lutte contre le crime pour sauver sa ville. Seule la révélation de l’identité du fameux Arkham Knight tombe un peu plat, et il est un peu décevant de la découvrir, tant elle semblera évidente pour ceux qui ont une assez bonne connaissance des comics… Mais ne boudons pas notre plaisir, il est clair que le script a été travaillé, et l’on a cette fois droit à une bonne implication de la Bat-Family dans l’aventure, ce qui m’a agréablement surpris (ce qui occasionne d’agréables petites phases de « dual play » nous permettant de switcher entre les deux personnages à l’écran, et d’effectuer des éliminations en duo, assez spectaculaires). Cependant, ceux qui sont réticents à l’Arkham-Verse ne seront toujours pas convaincus par le design des différents personnages, qui semblent tous plus menaçants que leurs versions de papier, mais franchement, ça n’est qu’un détail (et beaucoup trouveront les nouveaux looks à leur goût, je n’en doute pas).

Le gameplay est efficace et il est très appréciable de pouvoir retrouver toute une panoplie de gadgets bien utiles, qui sera d’ailleurs améliorée par quelques ajouts. Le seul problème est peut-être le système de conduite de la Batmobile, très peu réaliste, qui devrait déplaire à ceux qui aiment jouer à des jeux de course, mais ça n’est pas véritablement gênant. Il faut cependant accrocher à ce système si l’on veut réellement apprécier le jeu, tant l’on passera de temps au volant de ce monstre d’acier.

Parlons maintenant de ce qui fâche : on ne retrouve pas pour le moment de cartes de défi, ce qui faisait vraiment office d’institution dans la licence, puisque celles-ci sont exclusives au Season Pass, proposé au pris de 40 euros (soit, beaucoup trop cher) en plus des « packs histoires » qui nous sont vendus comme des compléments importants au scénario du jeu. Mais tout cela n’est en fait qu’un joli petit discours de marketing bien rôdé, puisque les deux packs qui sont jouables pour le moment, à savoir celui d’Harley Quinn, qui doit secourir Ivy à Blüdhaven (avant le début du jeu, donc) et celui de Red Hood, qui affrontera Black Mask et ses hommes (qui se déroule après la quête principale) durent respectivement 30 et 10 minutes… Espérons que les DLC suivants soient plus convaincants…

Arkham Knight conclut efficacement la trilogie de Rocksteady, en nous proposant la formule que l’on connaît déjà, mais dans des proportions bien plus folles, dans une aventure palpitante, qui saura satisfaire les fans de la licence. Techniquement impressionnant, plutôt généreux en terme de contenu (hors DLC) et agréable à prendre en mains, le jeu s’avère être celui que l’on attendait, du moins si l’on est pas réticent à l’idée de devoir surexploiter la Batmobile.