Lointain témoin des idées les plus étranges du Silver Age, Bat-Mite reviendra bientôt dans l’ère moderne des comics DC après l’événement Convergence qui se tient actuellement. Scénarisé par Dan Jurgens, la mini-série Bat-Mite débutera au mois de juin et verra le petit bat-lutin revisiter le DCU classique, dans l’idée de réparer et d’améliorer les super-héros tels qu’ils sont actuellement. Un processus d’écriture décrit par l’auteur comme « un éditeur devenu cinglé », et qui se réfère aux pouvoirs de Bat-Mite, être surpuissant issu de la cinquième dimension capable de plier la réalité à sa volonté (oui, comme Mister Mxyzptlk. D’ailleurs si vous arrivez à dire son nom à l’envers, vous gagnez un chocolat).

Interviewé par Newsrama, Jurgens a livré quelques directions et intentions vis-à-vis de la série. Il décrit celle-ci comme un récit « complètement fou », dans la veine des comics du type Harley Quinn où une liberté totale est donnée à l’absurde et aux rebondissement inattendus. Bien que le procédé d’écriture soit complètement différent, il espère à mots couverts que le succès de l’égérie DC Comics rejaillira en partie sur les projets comme Bat-Mite, ce qui pourrait permettre à la série d’aller au delà des six numéros prévus pour l’instant.

La première apparition du « nouveau » Bat-Mite se fera dans les pages de Convergence : Supergirl Matrix #2, via une petite histoire de huit pages en introduction de numéros (le concept et le listing ici). Le petit héros apparaîtra pour constater l’état actuel des héros DC, auxquels il trouvera à chacun un côté brisé qu’il tentera de corriger. Jurgens compare Bat-Mite au lointain cousin qui s’amène aux réunions de famille, casse les pieds de tout le monde, pille le buffet et vient vous parler même quand vous n’en avez pas envie. Vous voulez qu’il s’en aille, mais quand il décide de le faire, il fait quelque chose avant de partir qui vous fait changer d’avis (arrêtez de me regarder avec ces yeux perdus, je ne fais que traduire).

Un autre point avec lequel Jurgens pense renouer est l’aspect « fan-boy » de Bat-Mite vis-à-vis de son idole en cape. Loin d’être une créature rationnelle, le statut du personnage au sein du DCU est fortement lié à Batman, qu’il idolâtre et imite malgré le fait qu’il soit bien plus puissant que ce dernier. Cette admiration presque dérisoire servira à l’auteur de parabole pour évoquer le fandom internet et une satire de l’industrie des comics, notamment des bat-fans un peu trop extrémistes. L’auteur ironise ensuite sur la canonicité de ce comics, qui sera, on l’a bien compris, une petite bulle éditoriale auto-contenue, à l’image d’Harley Quinn ou de la future série Bizarro.

Quelques mots sont échangés sur Corin Howell, dessinatrice de la série aux côtés de Dan Jurgens. Un choix que le scénariste justifie par une symbiose essentielle entre la forme et le fond : le trait de Howell était le plus représentatif du ton de la série, en plus d’être une artiste « talentueuse et impliquée ». C’est donc tout naturellement qu’elle a rejoint l’aventure, ce dont l’auteur se réjouit avec les habituelles formules d’usage (« amazing ! Amazing ! »).

Voilà pour ce qui est du Bat-Mite de Dan Jurgens et Corin Howell, à paraître dès le mois de juin et en mini-pilote dès Convergence : Supergirl Matrix #2. Un comics pour les fans du silver age, de quatrième mur, d’absurdité narrative et de la cinquième dimension (quoi que ça veuille dire), en gros, le fan lambda de Grant Morrison quoi. Rendez vous en juin pour confirmer.