Gotham-Central-Tome-3-CV
Les points positifs :
  • Une ambiance polar très réussie.
  • Les personnages sont bien travaillés (surtout Renée Montoya).
  • Des intrigues très bien ficelées.
Les points négatifs :
  • Un manque d’unité graphique dans ce tome (mais je pinaille).
  • Des arcs narratifs un peu moins bons que ceux des précédents recueils (oui, je cherche la petite bête).
  • Une couverture mal choisie (oui, je cherche des défauts).

« Enlever le signal ne change rien. Je continuerai ce que j’ai à faire. » – Batman


  • Scénario : Ed Brubaker, Greg Rucka et Judd WinickDessins : Michael Lark, Stefano Gaudiano, Cliff Chiang et Jason AlexanderEncrage :Stefano Gaudiano, Cliff Chiang, Jason Alexander, Kano et Gary Amaro  Couleurs : Lee Loughridge
  • Gotham Central Tome 3- 27 mars 2015 – 296 pages – 22,50€ – DC Classiques

Si vous avez lu les deux tomes précédents, vous savez que la série Gotham Central s’inscrit parmi les meilleures du Bat-verse, toutes époques confondues. Le postulat de départ est simple, les scénaristes nous proposent de suivre le quotidien des flics de la ville qui abrite le chevalier noir dans leurs enquêtes. Ces derniers sont loin d’être aussi habiles que ce cher Bruce Wayne et leurs enquêtes leur donnent beaucoup de fil à retordre. C’est l’occasion de porter un regard sur ces personnages très humains, avec leurs défauts et leurs qualités, aux prises avec une ville qui les dépasse et avec quelques membres de la rogue gallery de notre homme chiroptère favori.

Après un deuxième tome très réussi, qui nous avait notamment proposé une excellente histoire qui mettait en scène le plus célèbre des ennemis de Batman, le clown prince du crime lui-même, ainsi qu’une intrigue qui tournait autour du Chapelier Fou (dont Urban Comics a étrangement décidé de consacrer la couverture de ce troisième recueil), nous retrouvons nos flics préférés du GCPD, alors que Gotham est une fois de plus au bord de la crise. C’est en effet en parallèle du crossover War Games, qui touchait à l’époque de la parution de la série au format single aux Etats-Unis, l’ensemble des titres Batman, que se déroulent les événements qui nous sont relatés ici, ce qui a pour principale conséquence la fin de la collaboration entre le super-héros et les forces de l’ordre, ce qui affectera de différentes façons les officiers que l’on voit ici.

Ce sont différents récits qui s’enchaînent à la manière des épisodes d’un très bon cop show télévisé qui nous sont proposés dans ce tome, et toutes les histoires ont leur intérêt. Qu’il s’agisse de la première, qui s’intéresse au duo Renée MontoyaCrispus Allen, de celles consacrées au personnage de Josie Mac, qui se révèle être en possession d’un très étrange pouvoir qui l’aide dans ses enquêtes (on a d’ailleurs droit à une histoire issue de Detective Comics, qui vient habilement compléter celle que l’on nous propose dans Gotham Central, ce choix éditorial est à saluer) ou de toutes les autres, qui sont toutefois moins emblématiques et viennent créer de petites pauses dans le récit, ce qui reste bienvenu. L’univers de Batman est une fois de plus bien exploité et l’on nous montre différents personnages qui ont marqué l’histoire du caped crusader, comme Catwoman, ou d’autres bien plus confidentiels, que seuls les fans hardcore ont déjà croisés, comme c’est le cas de Black Spider, qui sera malgré lui au centre de la première affaire.

Le véritable point fort de ce tome est exactement le même que celui des tomes précédents, à savoir le traitement des personnages. C’est en effet avec une finesse incroyable que sont écrits les différents membres de la police de Gotham, qui semblent être beaucoup plus que de simples êtres de papier. On croit véritablement à l’existence d’une Renée Montoya ou d’une Josie Mac, tant elles semblent proches de nous, et l’on comprend bien leurs hésitations et leurs pensées. Les héros de la série Gotham Central sont largement plus proches de nous que les encapés dont nous avons l’habitude, et c’est probablement le vrai tour de force des scénaristes. Ajoutons à cela des intrigues bien ficelées, qui se déroulent à un rythme assez lent, mais très approprié, et qui se révèlent riches en suspense. Il est assez rare que l’on devine le fin mot de l’histoire dès les premières pages d’un arc, et rien que pour cela, je ne peux que tirer mon chapeau aux auteurs.

Graphiquement, les dessinateurs sont tous à la hauteur, bien que Michael Lark, qui signe la plupart des dessins des numéros issus du titre Gotham Central, soit clairement le plus en forme. Cliff Chiang est un peu moins à l’aise dans les pages de Detective Comics et il faut avouer qu’il souffre un peu de la comparaison, mais j’ai personnellement apprécié cette redécouverte de travaux antérieurs de cet artiste talentueux qui a fait les belles heures du titre Wonder Woman version New 52. Les dessins sont donc parfaitement en adéquation avec la diégèse, et c’est donc un savant mélange qui saura plaire aux amateurs de polars.

Ce tome 3 de Gotham Central est clairement un must-have. Cette série est une véritable réussite, qui se doit de figurer dans toute bibliothèque d’amateur de comics, surtout dans celles des fans de Batman. Le titre nous montre l’univers du chevalier noir sous un tout nouvel angle, à travers le regard de personnages passionnants, Renée Montoya en tête. Fans de polar, ou tout simplement amoureux de Gotham City, il est temps de vous replonger dans ce titre majeur.