review de Batman Eternal Tome 1
Les points positifs :

  • Scénario ambitieux et réussi
  • Des réapparitions réjouissantes
  • Des dessins au top !

Les points négatifs :

  • Les dessins de Bertram indignes
  • Beaucoup d’intrigues ouvertes

« Une guerre qui a pour enjeu l’âme de Gotham se joue en ce moment, dans l’ombre et en plein jour… » – Carmine Falcone


  • Scénario : Scott Snyder, James Tynion IV, John Layman, Ray Fawkes, Tim SeeleyDessin : Jason Fabok, Andy Clarke, Trevor McCarthy, Emanuel Simeoni, Guillem March, Riccardo Burchielli, Ian Bertram, Guillermo Ortego – Couleur : Brad Anderson, John Kalisz, Blond, Guy Major, Tomeu Morey, Dave McCaig, Dave Stewart, Jreomy Cox

Voilà un livre qui tombe à point nommé, en effet j’étais frustré d’avoir vu cette astérisque dans Batgirl : à voir dans Batman Eternal… Non, je déconne, en fait ce qui m’a frustré, c’est la nullité crasse du numéro. Par contre l’aperçu de Batman Eternal, vu dans le Batman #28 (dans le Batman Saga #31 en VF), m’avait un peu fait peur en mettant en scène notamment Harper Row, personnage dont je ne suis pas fan, épaulant Batman armé d’un bazooka ! Mais Urban met encore une fois les petits plats dans les grands pour respecter la continuité autant que faire se peut en faisant sortir ce livre juste après le dernier kiosque Batman Saga, bien joué ! Le choix de la sortie librairie permet de sortir l’intégrale des 52 numéros en quatre tomes, ce premier contenant Batman Eternal #1-13, et évite sûrement un casse tête éditorial en cas de sortie kiosque. Mais Batman Eternal, qu’est-ce donc ? C’est une série hebdomadaire (donc qui finit par coûter une blinde à la fin du mois en VO et qui achève de vous fâcher définitivement avec votre banquier, si ce n’était déjà fait) aux allures de blockbuster.

Pourquoi un blockbuster ? Parce que le ressenti dès les premières pages c’est que les 52 numéros de cette séries vont être exploités à fond pour nous présenter une histoire tentaculaire, mettant aux prises de nombreux noms du Bat-verse ! Et n’espérez pas avoir des réponses dans ce premier tome, puisque seules des questions seront posées.

Batman eternal 1

Tout commence par l’arrestation de James Gordon, responsable d’un terrible accident dans des conditions scabreuses, et par la réapparition d’une figure du crime organisé de Gotham : Carmine Falcone dit « le Romain ». Il va alors impulser une guerre aux « masques », qui dominent ce qu’il considère comme son territoire, et en particulier le Pingouin figure de proue du crime organisé « masqué ». Voilà pour l’intrigue principale, mais à cette intrigue s’ajoute tout un tas d’intrigues secondaires qui viennent enrichir, voire complexifier le récit. Batman tente de reconstruire sa « famille » suite à l’attaque sur elle du Joker et la mort de Damian et Dick, des intrigues se déroulent dans un commissariat central de Gotham pour le moins divisé, le Pr Pyg qui… En fait on ne sait pas très bien ce qu’il fait, comprendre voudrait dire qu’il faut se pencher sur la psyché du bonhomme ce dont j’ai passablement envie, mais il sème la destruction dans tout Gotham et même le monde magique semble en ébullition puisque Batwing et Le Spectre enquêtent sur un maléfice qui semble prendre forme…. Je pourrais aussi citer Catwoman, Stephanie Brown, Vicky Vale… qui ont elles aussi ont fort à faire. Bref c’est l’anarchie sur fond de guerre des gangs.

Mon premier sentiment après lecture, c’est que Batman Eternal est avant tout une façon accélérée de rendre au Bat-verse l’intégralité de sa substance et de sa mythologie, en introduisant nombre d’absents depuis les New 52 et en leur redonnant un rôle dans le monde du Chevalier Noir. Une fois ceci dit, la question qui se pose est : est ce bien fait ?

batman eternal 2

La réponse est oui, même si certains doutes peuvent se faire jour. Tout d’abord le scénario est plutôt équilibré, juste ce qu’il faut de d’action et une mise en place progressive de l’intrigue qui évite de tomber dans la lourdeur. Pas non plus d’appesantissement sur les états d’âme un peu lourdingue comme cela a pu se voir dans d’autres séries, quand Jason Todd ou Tim Drake reprochent à Bruce la mort de Damian et Dick, ainsi que l’état de la famille, c’est à mot feutré et sans psychodrame sur vingt pages, c’est ainsi plus percutant et plus réaliste. Le scénario est ambitieux et plutôt prenant, néanmoins une fois le livre refermé on ne peut que se demander si il n’y a pas trop de pistes lancées et si nous verrons une conclusion acceptable à toute. Ceci dit les trente neuf chapitres restant sont une garantie suffisante pour  faire confiance à Snyder et James Tynion quatrième du nom, les scénaristes principaux, sur ce point. Finalement je ne trouve que peu de défauts objectifs à cette histoire. Même le personnage d‘Harper Row est bien exploité. Un scénario ambitieux, intelligent et plaisant qui ravira les fans de l’univers de  Batman ! De plus la multiplicité du nombre de chapitres permet de développer tranquillement tout les minis-intrigues sans les bâcler et les personnages sont plutôt bien caractérisés, un quasi sans faute.

Côté dessins, c’est la formule du dessinateur tournant qui a été choisie pour satisfaire la production d’un numéro par semaine, je ne vais pas pouvoir citer tout le monde, mais simplement distribuer les bons et mauvais points. Et le meilleur élève de la classe, et je suppose que ce n’est pas pour rien qu’il a été choisi pour les trois premiers numéros qui lancent la série, c’est bien évidemment Jason Fabok, avec ses dessins superbes qui conviennent si bien à l’univers du Chevalier Noir, ses visages parfaits et son sens du détail qui fait mouche. C’est tellement beau qu’on se prend à regretter qu’il ne puisse tenir le rythme pour signer l’intégralité de la série ! Le problème quand on commence une série avec un talent pareil, c’est qu’il sert de mètre étalon pour tout le reste et que les autres dessinateurs n’ont pas le droit à l’erreur. La bonne surprise c’est que la plupart des autres sont au diapason, citons Mikel Janin, Guillem March, Emanuel Simeoni et Andy Clarke qui signent des numéros de haute volée dans la lignée du boulot de Fabok. D’autres encore sont un poil en dessous mais signent un travail très acceptable tels que Trevor McCarthy ou Riccardo Burchielli.

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Par contre, on peut quand même regretter la présence dans ce roster de haut niveau, de deux artistes en moins bonne forme. Le premier c’est Dustin N’Guyen, qui déçoit avec ses dessins aux décors vides et ses visages à peine esquissés, il enchaîne juste derrière Fabok et la peur nous prend d’une chute phénoménale de la qualité graphique dès le quatrième épisode ! Mais comme dit plus haut, on est vite rassuré car ce chapitre reste une exception. Le bonnet d’âne revient lui à Ian Bertram. Franchement je me demande qui a eu l’idée de lui donner un chapitre dans cette série. son style est d’une laideur incroyable, et jure, non seulement avec les autres chapitres, mais avec l’ensemble de la production comics actuelle. Les décors sont vides, la colorisation de Dave Stewart semble avoir été faite aux crayons de couleur, les visages sont mangés par des yeux disproportionnés, c’est simple c’est tellement moche que certaines cases sont incompréhensibles. J’en veux pour preuve avec cette dernière scène avec Selina Kyle et Batman, où il semble qu’il pleuve sous le parapluie de cette dernière alors que partout ailleurs non. Ça ressemble à mes cauchemars, c’est indigne de la production de DC !

Un premier numéro très bon, qui prend le parti d’accélérer l’évolution du Batverse et d’introduire beaucoup de personnages peu présents jusqu’à aujourd’hui. Le tout est enveloppé dans un scénario à tiroirs respectueux des fondamentaux de l’univers Batman. Des dessins somptueux viennent compléter le tableau déjà plutôt élogieux. C’est excellent mais attention à bien conclure toutes les intrigues ouvertes et ne pas trop disperser le récit, tout en maintenant l’exigence au niveau du dessin. La suite se présente comme un numéro d’équilibriste que je suis impatient de découvrir !