Review TV : Gotham, saison 1, épisode 12

Les points positifs :
  • Des histoires de mafia
  • La complicité Bullock/Gordon
  • Les décors et ambiances réussies
  • Un freak-on-two-weeks
  • Bruce Wayne aux abonnés absents
Les points négatifs :
  • L’Electrocutioner raté
  • Une résolution expédiée
  • De moins en moins d’emphase
  • Une Gotham City qui ne tient pas ses promesses

“You think you’ve been careful so far ?” – Harvey Bullock

  • Réalisé par Eagle Egilsson  Écrit par Ben Edlund  19 janvier 2015

Chose promise, chose due, la saison des séries TV a officiellement repris et ce qui était la semaine dernière un retour se change en habitude à reprendre : Gotham est encore là, avec sa dose hebdomadaire de flics, de mafieux et de faux raccords, dans ce douzième épisode diffusé hier soir aux Etats-Unis. On y retrouve la suite de ce qui avait été engagé il y a deux semaines à l’Asile d’Arkham, et la conclusion d’un arc longue durée entre le clan Falcone et les hommes (et femmes) de Fish Mooney, avec les deux trois fils rouges de d’habitude et le cliff de fin (ben oui, sinon, les gens pourraient ne pas revenir la semaine suivante). Vous êtes prêts ? Bien. Alors allons y.

Évadé d’Arkham grâce à son emprise sur un détenu assez costaud, Jack Gruber alias The Electrocutioner sème la panique dans les rues de Gotham City. Après avoir négocié son retour dans l’équipe avec le commissaire du GCPD, Gordon reprend l’enquête pour arrêter le fou dangereux. Pendant ce temps, du côté des familles, Fish accélère son plan visant à destituer Carmine Falcone, en “enlevant” la jolie (très !) mais traîtresse (aussi) Liza, ne la rendant au Don que si celui-ci quitte la ville, voire le pays. Tout ne se passera évidemment pas si bien pour chacune des deux parties, et la conclusion fera bouger quelques lignes dans les échelles de puissance de l’underground Gotham-ique. Une intrigue passable dans le cas de l’enquête policière – lâchons même une déclaration solennelle : c’est foncièrement absurde et il serait temps de cesser d’intégrer à la truelle des personnages hors-normes (car issus de comics) dans une série aux allures ou aux ambitions réalistes.

Gotham S01E012 "What The Little Bird Told Him"

Le bât blesse complètement ici, dans le choix d’un Electrocutioner armé d’un taser et d’une dynamo sur le plastron. Sans être un expert en la question, une enfance magnifiée par C’Est Pas Sorcier et le Bus Magique m’a appris deux trois trucs sur le comportement de l’électricité propagée dans l’atmosphère – et à priori, les règles de la science ne s’appliquent pas ici. Ce n’est pas forcément grave, juste un peu gros, et pas forcément nécessaire. L’intérêt de la mythologie Batman, pour beaucoup de gens, tient à ce que son héros et les vilains qu’il affronte soient pour la plupart dépourvus de pouvoirs. C’est aussi pour ça que c’est un bon choix pour une série TV, car le budget effets spéciaux s’en trouve du coup réduit. Et donc, pourquoi choisir (à tant de reprises) des vilains qui sonnent toujours comme hors sujet ? C’est dommage, surtout que les personnages préférés du public sont – apparemment – ceux du type Riddler ou Penguin, dont la particularité est justement d’être les moins fantasques, ici comme en comics.

Restons sur la partie flics : le duo Harvey/Jim fonctionne toujours aussi bien, une complicité réelle étant née entre les deux acteurs au fil des épisodes. Chacun joue son rôle, et même si la direction d’acteurs n’a jamais été un point faible de la série, on apprécie les efforts de McKenzie pour s’affirmer, en tant qu’acteur et que personnage. Je regrette toutefois le choix d’un commissaire effacé, avec des manières de bureaucrate rigide (voire de tueur en série) qui n’amène pas grand chose au schmilblick global, et ne ressemble en rien au ripoux fainéant Gillian Loeb de Year One. En dehors de ça, qu’ajouter sur Nygma et sa rom-com avec l’archiviste à lunettes qui n’ait déjà été dit ? Aha. That’s a riddle.

Gotham S01E012 "What The Little Bird Told Him"

Le vrai point fort de cette semaine réside dans les intrigues entre mafieux. De scènes clichés filmées comme des hommages en sous main au cinéma de truands, jusqu’à la résolution qui fera avancer un peu ce poids mort traîné par la série depuis pas mal d’épisodes maintenant – avec cette nouvelle page blanche à redéfinir pour les Gotham City mobs, dont la Guerre finalement assez tranquille est encore à définir dans les semaines à venir. Au jugé, l’intrigue de cette semaine reste accrocheuse et assez bien servie par les acteurs. Le cliffhanger final fera plaisir aux nostalgiques des premiers récits chronologiques de Batman, puisqu’il ouvre une intrigue en forme de clin d’oeil global à Jim Gordon et sa relation compliquée avec les femmes. Mais sans Sarah Essen. Ce qui est logique, dans le microcosme de la série.

Voilà pour l’intrigue. Et la réalisation alors ? Hein ? Je vais vous dire : il n’y a rien à dire. De scènes classiques sans grandes envolées, la série va vers du plus rapproché, trop studio et sans ambitions. On sent les limites du décor, on perçoit presque avec chaque contre champ la place attribuée à l’équipe technique – le tout reste vraiment basique, et on se contente d’apprécier la qualité des décors et des éclairages (et parfois, de la musique, quand elle va bien). Si la série était un ersatz moderne des Sopranos, elle aurait une scène parfaite pour des scénarios de haute volée. Mais là, c’est juste Gotham, donc l’ambiance y est, mais ça ne décolle pas plus que ça. Comme d’habitude, les transitions se font par des plans aériens (c’est posé, maintenant, faut s’y faire), on retrouve les mêmes lieux et mêmes costumes un coup sur deux chez certains personnages, et quoi que la série ait clairement un budget conséquent, soit il est mal dépensé (“on va faire un méchant avec des éclairs, et il électrocute les gens, et il a de grenades éclairs, haha, trop fort!”), soit il s’est vu réduit suite aux audiences en dessous des attentes de la chaîne – résultat, on ne retrouve pas tout le temps la Gotham City que l’on aime, et qui tenait accroché le fan le plus féru. La série peut mieux faire à bien des niveaux.

Gotham S01E012 "What The Little Bird Told Him"

Concluons sur l’habituelle ouverture (mais si, vous allez voir, c’est bien), pour rappeler que si la série reste sympatoche à suivre dans l’ensemble, on est loin de la pépite qui casse trois pattes au premier palmipède venu. Néanmoins, débarrassé de David Mazouz, des fils rouges enfantins avec Alfred, “Cat” ou Barbara Kean (Hein ? Elle est dans l’épisode ? Vraiment ?), le tout se dépatouille pas si mal de la formule posée par les dix premiers épisodes. Si le public américain n’était pas tant demandeur de produits pré-formatés, on pourrait espérer que la série se mue en affrontement flics-mafias et que les vilains “clin d’oeil ultra relou au monde des comics parce qu’on a la licence” pouvaient s’atténuer, Gotham pourrait même rattraper les séries CW (haters gonna hate) dans le plaisir de fan et le rendez vous hebdo qu’elles proposent pour les consommateurs d’adaptation de comics. Voire de fans de séries TV en général, vu que le potentiel est là.

En enlevant les deux tiers des défauts coutumiers, Gotham s’allège et laisse davantage de place à ses intrigues en fil rouge pour exister convenablement. Dommage, il reste le troisième tiers : un fan service idiot, qui ne fera plaisir à personne, et alourdit l’intrigue en ajoutant un peu de surnaturel à un cadre qui ne colle pas. On savoure néanmoins, en utopiste, l’idée qu’il y a mieux à faire, et que dans un coin de notre tête, chacun d’entre nous aurait des idées pour faire de Gotham une série TV vraiment réussie. En l’attente, c’est un “meh”, un “meh++”, parce que même les ficelles sont là, et les défauts reviendront. 


UN DEUXIÈME AVIS C’EST BIEN AUSSI !!

L’ambiance de la série Gotham est particulière, et parfois comme dans cet épisode, j’aimerais qu’elle soit un peu plus sombre. Bon on retrouve toujours les anecdotes et les coups douteux liés à la présence de Cobblepot, mais côté Eletrocutioner, j’aurais aimé quelque chose d’un peu plus dur. C’est dommage car le fil rouge est intéressant et mieux développé que d’habitude. C’est d’ailleurs très agréable de voir les événements se lier et avancer de façon un peu plus sure.

Par contre, il y a des passages que je trouve plutôt assez inutiles. Oui je vais radoter, mais le côté Barbara est assez pénible. Je veux bien qu’il faille développer le personnage mais bon, là, je trouve que ça fait trop. Surtout quand on est au milieu d’une histoire mille fois plus intéressante. C’est dommage et surtout très agaçant. Après, on a droit aux personnages qui font toujours les mêmes boulettes, genre Fish Mooney, et même là je trouve ça un peu lourd. Après ça reste un épisode sympathique et plus recherché que le reste, et c’est bon de voir l’histoire principale continuer son chemin en évitant le freak of the weak trop rapidement expédié. Et puis bon, j’ai beau critiquer Fish Mooney, elle reste liée à l’un des meilleurs passages de la série depuis le début…

– Harley

8 Commentaires

  1. Que dire de plus qui n’a pas était encore dit …

    Pour ma part, j’ai bien aimé l’histoire de la mafia ainsi qu’avec Cobblepot. Pour l’instant c’est le seul qui sort du lot et qui vaut le coup de suivre son histoire.

    Pour ce qui est de Barbara, je trouve que pour l’instant elle ne sert pas à grand chose, surtout pour la voir deux minute à l’écran est au final on apprend rien du tout … Pour Nygma, j’attends de voir plus et surtout quand il passera du côté des criminels car pour l’instant son personnage est futile au GCPD. Peut être comprendra t-il que jouer l’intello à lunette avec les femmes ne débouche sur rien, mais il reste quand même un côté de sa personnalité que j’adore, je veux bien sur parler des énigmes et son enthousiasme envers elles !

    Pour finir je trouve aussi dommage que l’Electrocutioner soit si vite expédié, j’aurais pensé pourtant qu’il aller au moins rester encore 3 épisodes. De ce fait, je pense qu’ils vont opter pour introduire un nouveaux personnage ou débuté l’histoire d’un personnage. Pour ma part, je penche pour Victor Zsasz ….

  2. SPOIL (ouais on sait jamais je suis prudent)

    Ce qui me chagrine dans cet épisode c’est au final le peu de dangerosité que représente l’Electrocutioner, je m’attendais à un peu plus de victimes de sa part, et à le voir en liberté un peu plus de temps, là à peine ressorti, à peine re-rentré.
    Aussi je trouve ça dommage qu’ils résolvent déjà le problème du boulot de Jim, au final le changement n’a eu que peu d’influence sur le reste, et moi qui aurait aimé voir un peu plus d’Arkham me voila dans de beaux draps.
    Par contre la partie avec Falcone est juste excellente, là rien à redire la dessus.

  3. En ce qui me concerne, je place sans difficulté cet épisode parmi les meilleurs réalisés jusqu’ici !
    L’intrigue sur la guerre entre mafiosi (ou plus précisément la guerre dans la famille Falcone) est bien développée, avec un final assez jouissif, surtout du côté du “petit oiseau” ! ^^
    J’ai bien aimé les prestations des acteurs en règle générale, comme par exemple Nygma, qui campe à merveille le rôle du “gars bizarre du GCPD”, ou Falcone, en vieux loup fatigué, qui finit par retrouver ses crocs et griffes !
    La réalisation m’a agréablement surpris à quelques reprises, comme dans ce tout premier plan, avec le journal qui virevolte suivi par le travelling de la caméra ! Le tout enjolivé par Johnny Cash (Johnny Cash enjolive toujours tout, ‘toute façon !) ? C’était du beau plan, ça, ma p’tite dame !
    Et comme à son habitude, Robin Lord Taylor est toujours aussi fascinant, en jouant un Pingouin jamais véritablement à l’abri, toujours sur le fil du rasoir ! Impressionnant !

    • Pareil pour moi, au vu de la critique de mon collègue, je n’en attendais pas grand chose, j’ai été agréablement surpris. Juste la résolution d’Electrocutionner qu’est un peu finie à la va-vite mais bon.
      Puis Penguin assure toujours autant, ça fait plaisir. Et ravi de voir ENFIN Falcone agir comme un vrai mec ^^

  4. Comme Strax je place cet épisode parmi les meilleurs mais les défauts restent toujours les mêmes (ainsi que les qualités d’ailleurs).
    Les acteurs s’améliorent enfin (Gordon n’est plus aussi mono facial) et ceux qui étaient déjà bons le restent.
    Enfin Falcone commence à ressembler au baron de la pègre qu’il est sensé être. Bon, ok il dit lui même à la fin qu’il s’était un peu ‘endormis’ mais il à tardé à se bouger le vieux.
    On va peut être être enfin débarrassé de Fish qui, excusez moi, n’est qu’un boulet prétexte a lancer une intrigue convenue et sans originalité.
    Le duo Gordon/Bullock marche enfin, enfin, depuis 2/3 épisodes tout de même mais ça ça fait plaisir.
    L’Electrocutioner était prometteur malgré les incohérences physiques mais il a été gâché comme tous les freaks dans les séries actuelles ou presque. Franchement il est un peu stupide ou bien ?
    Ne serais ce que de se balader avec un plastron Vadoresque avec toute l’électronique à l’air…il fait quoi si il se met à pleuvoir ? En ça, la résolution du problème par Gordon est logique par contre mais franchement…en plus l’acteur est bien charismatique je trouve, il a du potentiel mais gâché.
    Pour moi c’est ça Gotham, une série à gros potentiel, mais toujours gâchée par plein de détails plus ou moins gros.
    Il faudrait aussi que les scénaristes prennent enfin partie. Soit c’est une série mafia/flics avec des méchants bien charismatiques mais normaux et réalistes, soit une série comics avec des “super méchants”. Cette hésitation entre faire plaisir aux fans du Batverse et aux spectateurs lamdba est trop pesante. Il n’y à aucun parti pris.
    C’est une chose que CW (pas taper) à su très bien faire avec Arrow et Flash en prenant parti de faire un truc réaliste et très sombre pour Arrow et des méta humains dans une ambiance fun pour Flash.
    Personnellement j’aimerais que tout ça devienne plus sombre que ce soit dans l’image (à la Seven par exemple) ou dans les thèmes.Quelque chose de plus désespéré / torturé. Un Gordon qui se soucie enfin que sa vie parte complètement en sucette depuis qu’il est à Gotham (Sa femme se barre ? morf, je m’occupe de justice. Il est rétrogradé ? morf je m’occupe de justice etc…)
    Il faudrait aussi que la trame principale se regroupe mais elle est éparpillée façon puzzle sans sembler vouloir se rejoindre.
    Bref, Gotham semble s’améliorer au fil du temps mais c’est trop lent et du coup j’ai du mal à me projeter dans une saison 2 de meilleur qualité.
    Wait and see avec espoir.

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