Critique de Justice League - Throne of Atlantis - BLURAY
Les points positifs :
  • Garde un peu de l’efficacité de sa source
  • Aquaman au premier plan
  • Il y a de l’action
Les points négatifs :
  • La relation entre Orm et Arthur anéantie
  • L’attaque des Atlantes qui se fait attendre durant tout le film, pour décevoir
  • Vulko absent

“I bet you like cuban food.” – Hal Jordan


  • Justice League : Throne of Atlantis – 13 Janvier en digital – 27 Janvier en Blu-Ray/DVD – France : 25 Février
  • Blu-Ray/DVD et Téléchargement Digital –  72 minutes – 14,99€

Après l’invasion de Darkseid inspirée du premier arc de la version New 52 de la Justice League, c’est au tour de la fameuse attaque atlante de se voir adaptée en film d’animation, reprenant avec liberté le superbe event Throne of Atlantis, qu’on retrouve en français dans le troisième tome de la série Justice League dans la collection DC Renaissance. Après un Justice League : War bourrin qui avait été diversement apprécié au sein du staff (retrouvez les avis de de Nathko et Harley sous ce lien), quel verdict pour ce deuxième pas dans l’univers des New 52 en animation DC ?

Attention : cette review contient des spoilers sur le contenu des comics dont s’est inspiré ce film, et de légers sur le film en lui-même !

La tension gronde dans la ville d’AtlantisOrm, avec le concours du mystérieux Black Manta, cherche à entraîner le peuple sous-marin dans une guerre contre la surface, mais la reine Atlanna s’y oppose. Est-ce que le conflit pourra être évité ? Et qui posera ses fesses sur le trône d’Atlantis à l’issue de celui-ci ?

De grandes libertés par rapport au comics

On sera extrêmement surpris des libertés prises par rapport aux comics ! Les scénaristes choisissent ici d’écarter le personnage de Vulko. Dans l’event d’origine, c’était lui qui était à l’instigation des attaques de la surface sur Atlantis, cherchant à tout prix à remettre Aquaman, le roi légitime, sur le trône. En plus de surprendre le lecteur par une révélation inattendue, ce personnage évitait le rôle du grand méchant puisqu’il restait animé de bonnes intentions, et sauvait par la même occasion Orm, le leader de l’attaque des Atlantes, de la caricature, puisqu’il était au fond légitime qu’il mène au combat son peuple attaqué par les habitants de la surface. L’absence de Vulko réduit Orm dans ce film d’animation à un personnage beaucoup plus terne, complètement dépourvu d’honneur ou d’amour fraternel, contrairement à ce qu’on retrouvait dans le comics. Qu’on s’entende : un écart par rapport au support d’origine n’est pas en soi un défaut, ici il se justifie probablement par souci de concision puisque ça aurait obligé les scénaristes à présenter un personnage de plus. Hélas le résultat en est une grande simplification des motivations respectives des partis en conflit. Orm y est vraiment méconnaissable par rapport à ce qui apparaissait comme un des vilains les plus réussis des New 52.

S’il ne prend la peine d’introduire Vulko, le film s’attarde en revanche sur les origines d’Aquaman. On assiste dans quelques flashbacks à des scènes tirées de son enfance, où on montre au spectateur les rapports compliqués qu’Arthur Curry entretient avec sa mère. Son existence partagée entre la surface et la mer est au centre du propos, et dans cette optique le film constitue une bonne introduction au personnage d’Aquaman, terriblement discret sur le petit écran jusqu’ici.

Axé avec accent sur l’action

En revanche, le comics montrait mieux sa transformation d’exilé en roi d’Atlantis. Ici, la transition se fait extrêmement rapidement, on n’observe pas de stade intermédiaire entre le désir de retrouver une vie normale qu’il partage à Mera et son ambition de commander aux Atlantes. Et ça n’est pas le seul problème de rythme. Le film dose ainsi bizarrement son intrigue, l’attaque des Atlantes en tant que telle ne survient qu’à la cinquantième minute et ne dure qu’une petite dizaine de minutes, là où elle prenait quasiment toute la place dans les comics. Vous vous demandez : mais qu’est-ce qu’ils mettent le reste du temps ? C’est presque difficile à répondre tant le reste du film, constitué de petites escarmouches anecdotiques, est peu mémorable. On relèvera aussi la répétitivité des scènes d’action : un petit groupe d’Atlantes qui attaque un sous-marin, un petit groupe d’Atlantes qui attaque Cyborg, un petit groupe d’Atlantes qui attaque Aquaman à son phare, un petit groupe d’Atlantes qui attaque Aquaman sur une île et d’où vient le tirer la Justice League, autant de petites scénettes orientées action qui s’oublient dès leur achèvement, et qui imprègnent le film d’une violence ambiante un peu trop marquée, retirant les plus jeunes du public-cible.

Quant à l’attaque des Atlantes sur Metropolis, son ampleur n’équivaut largement pas celle du comics. Pour des raisons de moyens peut-être, à aucun moment on ne voit de vague gigantesque s’abattre sur la ville. Cette astuce permet une incohérence, puisque à l’approche d’une énorme vague, les autorités décident… d’envoyer l’armée. Des dizaines de chars et de soldats s’avancent donc dans Metropolis vers la mer pour voir le tsunami approcher, en le mettant en joue. Heureusement, au dernier moment, une armée atlante décide de leur épargner une mort d’un ridicule total en scindant les flots pour sauver Metroplis… avant de l’attaquer ? En termes de spectacle et de cohérence, toute cette scène, qui s’annonçait comme un des points forts du film, ne monte pas très haut sur l’échelle de Scoville, on en tire une certaine déception.

L’amour rend con, d’accord, mais Hal Jordan n’a pas cette excuse

Que reste-t-il à Justice League : Throne of Atlantis ? Retenons peut-être quelques blagues efficaces qui s’inscrivent dans une dynamique naissante au sein de la Justice League. Mais celle-ci souffre toujours de la caractérisation de ses membres : Hal Jordan s’entête dans son rôle de guignol, Batman a le charisme d’une huître protégée par une coquille de mauvaise humeur, Shazam, qui est censé avoir été vieilli par les New 52, est d’une immaturité abasourdissante. Côté Wonder Woman et Superman, ils se fanent dans leur romance à deux sous, qui convaincra ceux qu’elle avait déjà convaincus dans le comics (c’est-à-dire pas moi). Au moins Wonder Woman, tout à son flirt, en oublie d’être la brute décérébrée qu’on voyait dans Justice League : War. On retient peut-être Cyborg, qui était également un des personnages les plus réussis sous l’écriture de Geoff Johns, et Flash, qui n’est réussi que dans la mesure où il est quasiment effacé. Évidemment s’y rajoute Aquaman qui, comme expliqué précédemment, profite d’un développement plus approfondi.

Au niveau formel, l’animation, comme dans les dernières productions, est excellente et le niveau ne faiblit pas. Dans la lignée des directions esthétiques prises dans les derniers longs-métrages, on retrouve des visages anguleux aux relents japonais, mais ceux-ci sont toutefois assez discrets pour qu’on ne tombe pas dans un style trop exotique à la Iron Man : Rise of Technovore. La musique force sur les claviers sirupeux avec une facilité qui n’est pas toujours de bon goût. Son auteur, Frederik Wiedmann, fait preuve d’une insistance particulièrement envahissante dans les scènes d’amour entre Superman et Wonder Woman ou Aquaman et Mera. Le compositeur s’acquitte pour le reste du cahier des charges, mais n’atteint pas le niveau d’un Christopher Drake qui nous avait secoués sur l’adaptation de The Dark Knight Returns. Enfin la distribution des voix est plutôt réussie, on aurait presque aimé entendre davantage le timbre profond de Harry Lennix, le doubleur de Black Manta, qui avait d’ailleurs un rôle discret dans Man of Steel.

Bilan mitigé, pour ce Justice League : Throne of Altantis qui adapte mollement une des meilleures histoires de la Justice League New 52. Passant à côté de ce qui détachait l’event de la masse – à savoir le travail sur Orm et les motivations du peuple atlante, ainsi qu’un sens du spectaculaire approprié – les producteurs n’en font qu’une sorte de sous-blockbuster s’articulant autour de maigres scénettes d’action un peu tristes et de personnages creux. La déception est d’autant plus grande que, contrairement à Justice League : War, le matos était là. La question est de savoir si c’est encore un faux pas, ou la confirmation d’une baisse de qualité dans les longs-métrages animés de DC.

25 Commentaires

  1. Les vilains pirates…. Sinon j’ai été plus séduit par celui-ci que par JL War, et j’ai apprécier voir des liberté vis à vis du comics afin de ne pas regarder un copier/coller de ce que j’avais déjà lu. Bon anim pour ma part.

    • Pirate ? dispo sur iTunes (entre autres, depuis hier). Perso je préfère mater ça via la version physique mais je ne pense pas pouvoir attendre…

  2. vous ete un peu dur , il est excellent.Seul défaut pour moi un batman pas trop utilisé et le duo flash/green lantern parfait

  3. j’ai pas encore vu et je pense pas être trop difficile donc ça devrait le faire pour moi mais je dois reconnaître que ce qui m’avait scotché dans le comics c’était Orm, ses motivations et sa relation avec son frère: c’était génial ! Si ça ça passe à la trappe, c’est qd même triste :'(
    Les incohérences décrites ici semblent grosses mais j’attend de voir pour me prononcer.

  4. Assez d’accord avec la note le problème c’est que film est coincé entre l’origin story d’aquaman et le film d’équipe qu’avec seulement 1h10 beaucoup de choses sont expédiés . Sinon j’ai trouvé la scènes avec l’hologramme génial j’adorerais voir ça dans un film live .

    PS: n’oubliez pas à la fin il y a une scène post-générique

  5. Assez d’accord avec cette review. Pour moi, c’est le meilleur depuis les TDKR (tant j’ai trouvé Flashpoint, War et Son of Batman mauvais). On regrettera juste la caractérisation de Orm et le fait que nos héros DC tuent désormais sans le moindre remord.

    • Snif, Flashpoint est l’un des meilleurs animes qu’a fait dernière WB Animation (avec All Star), c’est une oeuvre mâture, les caractérisations sont bien écrites et développées, et la fin est sublime en plus d’être émouvante.

  6. Je viens de remarquer quelque chose dans le générique du début. Lorsque le premier dessin de Flash apparait, son symbole est l’éclair jaune sur fond rouge comme dans la série sur CW, au lieu d’être sur fond blanc.
    Ils vont finir par le changer très officiellement à ce rythme.

  7. Je trouve qu’au contraire ce film relève le niveau après les récentes déception (de mon point de vue), reste une animation parfois moyenne et la relation Superman/Wonder Woman… Ainsi que quelques petits soucis de cohérence mais sinon le film s’en tire bien (j’ai bien aimé les guerres de pouvoirs qui m’ont évoqué Game of Thrones parfois même si c’est pas non plus tant développé), il y a peut-être beaucoup à faire (trop à faire) en 1h10 de temps…
    Cela reste un bon divertissement avec quand même pas mal de bonnes idées et une ouverture plus grande sur l’univers DC Comics.

  8. La vache c’était nul.
    Je suis super déçu. On dirait que le film a pas été terminé qu’ils ont balancé le dvd alors qu’ils devaient encore bosser dessus. Que ce soit au niveau du montage, du scénar, des persos, de la bataille tout semble au stade d’ébauche.
    Pourtant j’avais kiffé JLWar mais là ça manque clairement de travail ! J’ai trop les boules.

  9. Moyen moins quoi, je suis bon public en général mais là c’était vraiment pas terrible.
    Un film d’introduction sur Aquaman aurait été plus judicieux pour ensuite adapter plus fidèlement cet arc, parce que là la transition Arthur paysan/roi est vraiment trop rapide et les enjeux ne sont pas aussi importants que dans le comics. (sans parler de la fin ridicule de Black Manta)
    La scène de fin me laisse perplexe : que vient faire Lex Luthor là ?

  10. Ca manque clairement de temps, tout s’enchaine un peu trop vite. Mais ça reste très sympa à regarder, avec des pistes intéressantes qui sont explorées (même si parfois juste effleurées).

    Personne ne parle de la référence à Steel ? Je ne connais pas trop le personnage, mais j’imagine qu’il devrait apparaître dans un prochain film.

  11. C’est manganisé à mort !!! c’est nul !!! dialogue ridicule, animation moisie, musique oubliable, DC vaut mieux que ça ! Déjà que JL War était pourri alors là ça n’évolue pas ! Le dernier bon film d’animation qu’on fait DC sera pour moi The Dark Knight Returns.

  12. Film qui se laisse regarder pour le focus sur Aquaman et certaines dynamiques de la Justice League. Le fait qu’ils se soient éloignés du comics est un bon point pour moi, car je n’avais pas envie de voir une adaptation copié-collé, même si cela fait perdre un peu de qualité à l’histoire.

  13. […] Après la récente confirmation des voix du film animé Batman vs. Robin qui sortira au printemps 2015, DC Comics lève le voile aujourd’hui sur le tout premier trailer de ce film adapté/inspiré de « La Cour des Hiboux » de Scott Snyder et Greg Capullo, scénarisé ici par J.M. DeMatteis et qui prend donc place pour rappel dans le même univers que Justice League : War, Son of Batman et Justice League : Throne of Atlantis. […]

  14. Je me rappelle d’une scène vers le début du film où on voit Orm quitter le palais avec Black Manta derrière lui, après qu’Orm se soit un peu disputé avec sa mère…Ca m’a choqué, puis j’ai éteint le cerveau et j’ai oublié le comic pour me concentrer sur le film et…surprise…ca passait pas mal. Bien sur la caractérisation de la JL est vraiment limite comme tu l’as souligné dans ta review TheRiddler et la musique est mal gérée. Au final on se retrouve avec une origin story d’Aquaman et sur son introduction dans la JL plutôt qu’avec les évènements de l’arc “Trone d’Atlantide” (aucune menace, je n’ai éprouvé aucun attachement pour les personnages, quasi aucun enjeu, bref, l’opposé du comics)

    Si ca peut donner envie à des petits nouveaux de se lancer dans l’univers Aquaman, tant mieux ils tomberont sur quelque chose de plus profond et mieux développé, mais en 1h15 ils ont fait ce qu’ils ont pu et le résultat reste bien divertissant malgré des bastons ridicules. J’en garderai un meilleur souvenir que JL War ou Son of Batman

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