1. Introduction

2. Ère I : Le Golden Age

3. Ère II : Le Silver Age

4. Ère III : Le Bronze Age

Ère II : Le Silver Age

 

Showcase #4 (Octobre 1956)Même si avec le temps le Showcase #4, qui vit apparaître pour la première fois le personnage de Barry Allen, a acquis une célébrité folle, il est amusant de se dire que l’idée de ramener le Bolide Écarlate sous une nouvelle incarnation dans les pages du magazine Showcase émergea d’une simple réunion de routine au sein de DC Comics, durant laquelle certains auteurs rechignaient à ramener un personnage qui “avait déjà échoué une fois”. S’ils avaient su le succès que rencontrerait Barry Allen, ils auraient sans doute été plus discrets !

L’histoire, tout le monde la connaît : Barry Allen travaillait dans son laboratoire lorsque soudain, sans crier gare, un éclair frappe et projette moult produits chimiques sur le blond policier. Ses habits sont trempés, mais ça valait la peine parce qu’en plus de salir ses vêtements, l’accident lui a donné des pouvoirs fabuleux, il peut maintenant courir à toute vitesse ! Notons que la version dépeinte dans la récente série Flash de la CW est plutôt fidèle aux origines réelles. On retrouve d’ailleurs dans le Showcase #4 une scène où Barry voit une serveuse renverser son plateau au ralenti, tout comme dans le premier épisode de la série télévisée ! Relevons en revanche que la CW a repris la retcon apportée par Geoff Johns dans Flash : Rebirth, à savoir que la mère de Barry est morte alors qu’il était enfant. Au Silver Age, Monsieur et Madame Allen accompagnent leur fils dans le secret de ses aventures jusqu’à la Crisis, et n’hésitent pas à lui repasser son costume lorsque celui-ci est malencontreusement aspergé de produits chimiques étranges.

Flash #123 (Septembre 1961)Si on retient souvent le Flash #123 comme la première incursion de la notion d’héritage dans l’univers de Flash, on peut déjà la retrouver dans le Showcase #4, où on voit Barry Allen tenir dans ses mains le numéro … de la série Flash, qui annonce le brillant destin qui l’attend ! Ainsi, dès le départ, c’est Jay Garrick qui inspira la mission de Barry Allen, aussi bien concrètement, puisque les éditeurs ont récupéré le concept de Jay Garrick, que dans l’univers des comics, puisque Barry Allen lit les aventures de son prédécesseur. Il faut réaliser que cette sorte de mise en abîme, qui alla jusqu’à citer Gardner Fox comme l’auteur des aventures de Jay Garrick dans les pages de comics qu’il écrivait lui-même, fait preuve d’une modernité inouïe pour l’époque, Grant Morrison ne devait arriver que trente ans plus tard ! Cet aspect “meta” aura probablement inspiré l’auteur écossais, et se retrouvera souvent dans les histoires de Flash, l’exemple le plus célèbre étant le Flash #179 de Mai 1968 où Flash se retrouvait sur Terre-Prime et y rencontrait son éditeur Julius Schwartz qui l’aidait à construire un tapis-roulant cosmique ! Le numéro faisait par ailleurs explicitement référence aux premières incursions meta du Flash #123Gardner Fox était mentionné. Ce Flash #179 signait d’ailleurs la première apparition de Terre-Prime ! Elle reviendra quelques années plus tard, dans le numéro #228 de ce même titre, où cette fois le scénariste du comics Cary Bates se retrouva dans l’univers de ses histoires. Encore une fois, soulignons la phénoménale modernité de ces histoires datant d’une époque où Grant Morrison traînait encore sur les bancs de l’école.

Emporté dans la fièvre de créativité qui enflammait le Silver Age, John Broome ouvrit rapidement de nouvelles possibilités aux pouvoirs du héros le plus rapide de tous les temps. On vit ainsi très rapidement Flash apprendre à voyager à travers les dimensions ou le temps. Ceci dit, ces “améliorations” se faisaient toujours dans le respect de Jay Garrick, qui lorsqu’il intervenait n’était jamais présenté comme un personnage dépassé. En dépit des possibilités inédites qu’offraient ses pouvoirs, Barry Allen témoignait toujours un profond respect pour son prédécesseur qui rendait leurs rencontres d’autant plus émouvantes.

Le Flash-verse se construit

C’est au cours du Silver Age que la mythologie de Flash à proprement parler s’est construite. D’une part l’idée d’un héritage entre les différents porteurs du costume, comme évoqué plus haut, et, d’autre part, la création de sa galerie de vilains. Songeons à Grodd tout d’abord, qui affronte Barry dans le Flash #106. Un singe comme ennemi, le concept peut paraître saugrenu mais il faut savoir que les gorilles connaissaient une popularité folle durant le Silver Age, on recense de nombreux personnages gorilles créés durant cette période, comme Monsieur Mallah ou Titano. Plus encore que Gorilla Grodd, le Silver marque également la création des Rogues, qui apparaissent successivement ainsi, entre 1959 et 1963, Captain Cold, le Mirror Master, le Pied Piper, le Weather Wizard, le Trickster, Captain Boomerang, la Toupie, Abra Kadabra et enfin Heat Wave. D’abord introduits séparément, ils se réunissent pour la première fois dans le Flash #155, qu’on peut retrouver dans la Super-Vilains Anthologie (même si certains numéros comme le Flash #130 semblent déjà annoncer une future réunion). Enfin, last but not least, le Professor Zoom et son sinistre costume jaune, où les couleurs de celui de Flash ont simplement été inversées si vous ne l’aviez jamais remarqué (le rouge devenant le jaune, le jaune devenant le rouge, le blanc devenant noir), apparaissent en 1963. En considérant l’impact qu’aura le méchant sur l’histoire de Flash, on peut mesurer l’importance de ce numéro !

Impossible de parler de cette période de la carrière du Bolide Écarlate sans mentionner sa femme Iris West. Créée en même temps que Flash dans le Showcase #4, Iris servait de générateur de tension aux débuts de Barry Allen qui tentait de protéger sa double-identité. Seulement, ses occupations de justicier le mettaient systématiquement en retard, ce qui avait pour conséquence d’agacer profondément Iris qui n’hésitait pas à souligner qu’elle pouvait le quitter quand elle le désirait, renvoyant l’image d’une femme forte et indépendante, à laquelle Barry était dévoué. Iris avait d’une part un rôle comique, puisqu’elle était l’objet de tous les rendez-vous auxquels Barry arrivait en retard, mais traduisait également l’intention des scénaristes de rendre leurs super-héros plus proches du lecteur, avec une romance continue de numéro en numéro dans laquelle il pouvait s’identifier.

On doit également à Iris l’arrivée de Wally West, son neveu, qui devient dès sa première apparition le jeune super-héros Kid Flash. Là encore c’était une manière de se rapprocher d’un lectorat constitué pour la majorité de mineurs, qui appréciaient de voir les aventures de Wally en bonus de leurs comics favori, partagées entre sa vie scolaire et son travail de justicier. Kid Flash, qui doit ses pouvoirs à un incident ironiquement identique à celui qui a changé la vie de son oncle, fut le premier à être mis dans le secret de la double-identité de Flash. Iris de son côté ne l’apprendra qu’après son mariage avec Barry Allen, qui survient en 1966 dans le Flash #165. Ce mariage est d’une audace inédite par le changement profond de statu quo qu’il amène dans une continuité à l’époque terriblement figée, où de telles transformations se plaçaient généralement dans des continuités alternatives, des ‘What if ?’ qui ne duraient que le temps d’un numéro. À titre de comparaison la relation entre Superman et Lois Lane mit beaucoup plus de temps à mettre Lois dans le secret de la double-vie de son amant tout d’abord, puis à conduire le couple à l’autel.

Parallèlement à l’introduction de tous ces personnages, auxquels on peut rajouter en mention honorable le Flash Museum et son conservateur Dexter Myles, le Silver Age fut également pour Barry Allen l’occasion de rejoindre les rangs de la Justice League of America, et ce, dès sa fondation en 1960 aux côtés de Martian Manhunter, Hal Jordan, Wonder Woman, Superman et Batman. Il ne quitta pas l’équipe jusqu’à sa fuite dans le futur peu avant les événements de Crisis on Infinite Earths. Au sein de cette team, il rencontrera également plusieurs fois son alter-ego de Terre-1, Jay Garrick.

Y a pas que Barry Allen dans la vie les gars

D’ailleurs, ce Jay Garrick, avec sa Joan, où en sont-ils pendant ce temps ? Eh bien alors que leur relation ne fut pas scellée par un anneau durant tout le Golden Age, dès son retour aux côtés de Barry Allen dans le Flash #123, on découvre que Jay Garrick s’est marié, quelque part entre 1949 et 1961. Vivent les mariés ! Le souvenir de Johnny Quick ne fut de son côté perpétué que grâce à des classiques du Golden Age insérés en bonus dans des numéros ‘giant size’ comme le Flash #160, mais on ne put lire durant cette période aucune histoire inédite mettant en scène le personnage. De Liberty Belle et de Max Mercury en revanche, niet, nada, pas un mot, pas une trace.

Quant à Wally West, le jeune prodige destiné à prendre le costume de Flash à la mort de Barry, il commença d’abord par l’abandonner ! En effet, dans sa première apparition dans le Flash #110 de Décembre 1959, il portait un accoutrement scrupuleusement identique à celui de son mentor. Pour des raisons pratiques, les dessinateurs décidèrent de le changer dans le Flash #135 afin que les lecteurs puissent plus aisément différencier le jeune bolide du vieux. Tout comme Jay Garrick pour la Justice Society of America et Barry Allen pour la Justice League of America, Wally se devait d’être en première ligne pour fonder une troisième génération de team de justiciers, et c’est ce qu’il fit dans le Brave and the Bold #54 de Juillet 1964, dans la toute première proto-version de la team où le nom Teen Titans n’était même pas encore mentionné. Là aussi, comme Barry qui resta fidèle au poste jusqu’à ses dernières heures, Wally ne quitta l’équipe que lorsque de sa dissolution, à la fin des années ‘70. Mais là, nous nous avançons déjà dans une autre époque !

17 Commentaires

  1. J’ai grandi avec le Timm-verse et donc Wally mais quand j’ai commencé les comics avec Barry il m’a toujours paru comme être naturellement le Flash principal, j’ai beaucoup plus de mal avec Wally.

  2. Excellent dossier, dommage de ne pas y avoir ajouter la mythologie apporté par l’ère Wally, Bart et le retour de Barry ou bien serait-ce un odieux teasing qui n’a que pour but de me faire baver sur ma chaise ?
    Ce mois sur Flash est décidément une excellente chose, il apporte une foule de dossiers particulièrement intéressants.

    • Hélas malheureusement rien de prévu pour la suite, il faut soit se tourner vers les reviews, soit attendre les 85 ans de Flash. Promis, en 2025, on s’occupe du Modern Age !

      • Tu es prêt à t’engager sur l’honneur, signer un traiter et tout ça ? :D
        J’attendrais dans ma boite au lettre, tu as jusqu’au 31 décembre 2025 !

  3. c’est génial chaque jour un petit dossier sur the flash et ça fait plaisir c’est du gros et du bon boulot :)

  4. Dossier très intéressant. J’ignorais que Flash avait vécu des aventures si sombres au Bronze Age !
    Maintenant il ne reste plus qu’à lire réellement tous ces vieux numéros.

  5. Dossier très bien construit, j’ai beaucoup appris, merci beaucoup ! Et comme mavhoc j’attends avec impatience un dossier sur le Modern Age de Flash !

  6. Souhaitant en savoir plus sur le personnage, je suis comblé ! J’ai pour l’instant lu tous les sujets le concernant sur le site et ne compte pas m’arrêter. Seulement, il va me falloir des relectures pour essayer de tout assimiler. Merci à DCP et à TheRiddler bien sûr.

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